Hangar à bananes

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Hangar à bananes
Hangar bananes 8.JPG

Le hangar à bananes sur le quai des Antilles

Présentation
Type
Hangar réaménagé en cafés restaurants
Construction
1949
Hauteur
L:150 m, l:50 m, H:6,5 m
Localisation
Pays
Département
Commune
Accès et transport
Autobus
 C5  [arrêt : Quai des Antilles)
 Luciole  (arrêt : Hangar à bananes)
Coordonnées
Localisation sur la carte de France
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Localisation sur la carte de Nantes
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Le Hangar à bananes est le nom couramment donné au « hangar 21 » du Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire, autrement nommé hangar Maurice Bertin, situé à Nantes, dans le département français de la Loire-Atlantique. Le lieu a été réhabilité à la fin des années 2000 et abrite différents restaurants, bars, café-concert, discothèque et lieu d'exposition.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le hangar se trouve en bord de Loire, le long du bras de la Madeleine, à l'extrémité ouest de l'île de Nantes, entre le quai des Antilles et le boulevard des Antilles.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le commerce de la banane connaît un essor après la Première Guerre mondiale, développement qui profite à Nantes, un des principaux ports français pour l'importation des produits provenant des colonies françaises[1].

Trafic de bananes[modifier | modifier le code]

En 1929-1930, un hangar spécialement destiné au stockage de la banane est édifié dans le port de Nantes[1],[2]. Les premiers régimes arrivent des îles Canaries[3].

Reconstruit en 1949 à l'initiative de la Chambre de commerce et d'industrie de Nantes[4], suite aux destructions causées par les bombardements alliés du 23 septembre 1943, ce hangar, long de plus de 150 m, large de 50 m et haut de 6,5 m totalise une surface d'environ 8 000 m2 d'entrepôts (7 819 m2 de surface utile[5]). Il est entièrement climatisé, conçu spécialement pour la réception des bananes et doté de matériels de manutention modernes pour l’époque[3]. Le bâtiment présente une façade caractéristique de l'architecture de la reconstruction d'après-guerre. Le fronton conservé porte le nom de Maurice Bertin, président de la Chambre de commerce et d'industrie au moment de l'édification du bâtiment et artisan de la renaissance du port de Nantes après la guerre[6].

Jusqu'au début des années 1970, ce hangar sert au stockage et mûrissement des bananes importées principalement par voie fluvio-maritime. Après la guerre, les bananes proviennent de la Guinée. Puis, après l'indépendance cette dernière en 1958 entraînant sa rupture des relations commerciale avec la France, le trafic se diversifie et les régimes arrivent de la Guadeloupe, du Cameroun ou la Côte d'Ivoire. L'indépendance des nouveaux États africains mettra un frein à ce négoce nantais au profit d’autres ports, malgré les avantages vantés par les autorités portuaires pour mettre en avant des qualités du port de Nantes, les compétences du personnel de manutention et positionnement géographique du hangar situé à proximité du Marché d'intérêt national et de la Gare de l'État[7],[3].

Manutention portuaire[modifier | modifier le code]

Avant la réforme de 1992 mettant fin à leur régime intermittent, les dockers se présentaient le matin en bas de la butte Sainte-Anne dans le quartier de Chantenay afin de se faire embaucher pour la journée. Le salaire était versé le jour même et en fin de semaine, les dockers allaient chercher le reste au bistrot. Chaque chef de panneau avait le sien et distribuait les « boni ». En 1967, le port de Nantes comptait entre 800 et 1 200 dockers. Il en fallait vingt pour décharger un bananier. Les régimes étaient emballés dans de la paille, du papier kraft, et pesaient entre 25 et 30 kg. En fond de cale, huit dockers remplissaient les norias, sortes de tapis roulants à godets qui descendaient vides et remontaient pleins jusqu'au hangar[8].

Dans le hangar, les régimes étaient triés selon la marque sous laquelle les bananes étaient commercialisées par les clients et les lots étaient transportés dans des chariots appelés « baladeuses » pour être stockés sous température dirigée. Les jours suivants, les dockers chargeaient les fruits dans les wagons du chemin de fer. Des vipères pouvaient se glisser dans les régimes. Le travail se faisait à cadence soutenue, afin de rester compétitif par rapport aux autres ports, notamment celui de Saint-Nazaire, et pour gagner plus d'argent. Un docker pouvait gagner en 1967 jusqu'à 1000 francs par jour[8].

Fin du trafic de bananes[modifier | modifier le code]

Le trafic de bananes prend fin à Nantes avant 1975. Le site est ensuite utilisé comme annexe de la raffinerie Béghin-Say située au sud de l'île de Nantes pour stocker du sucre[2]. À la fin du XXe siècle, le hangar à bananes fait toujours partie du domaine portuaire, on le destine à l'accueil d'activités de service liées à la mer[9].

À la faveur du glissement des activités du port autonome vers ses terminaux de Montoir-de-Bretagne et Saint-Nazaire, le hangar est peu à peu désaffecté et n'abrite plus que quelques bureaux jusqu'au milieu des années 2000.

Réhabilitation[modifier | modifier le code]

Des travaux de réhabilitation, entrepris entre septembre 2006 et juin 2007 dans le cadre du réaménagement de l'île de Nantes, donnent aux lieux une seconde vie. Grâce à une intervention architecturale volontairement a minima, le caractère emblématique de ce bâtiment, symbole du patrimoine portuaire nantais, est préservé.

L'idée maîtresse est de créer à cet endroit, véritable belvédère ouvert sur la Loire, le quai de la Fosse, Trentemoult et Chantenay, un lieu de vie où il est possible de manger ou prendre un verre en intérieur ou en terrasse, de danser et de s'amuser, avec différentes atmosphères, à l'image des entrepôts de Lisbonne.

Le hangar du port autonome est pour cela concédé à Néo Promotion, et les plans de réaménagement réalisés par l'agence d'architectes Roulleau, en partenariat avec Alexandre Chemetoff, chargé du réaménagement de l'île de Nantes. Le lieu, ouvert au public en juin 2007, offre un choix de bars, restaurants, une discothèque et un théâtre (le « théâtre 100 noms »[10]), ainsi que des espaces de loisir et 1 600 m2 dédiés à la biennale des arts plastiques « Estuaire », imaginée par Jean Blaise.

Situé à proximité immédiate de la grue Titan grise, les Anneaux de Buren, œuvre permanente de l'architecte Daniel Buren installée le long de la rambarde du quai des Antilles en 2007, font face au hangar à bananes.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Luc Flohic (dir.), Le Patrimoine des communes de la Loire-Atlantique, t. 2, Charenton-le-Pont, Flohic éditions, coll. « Le patrimoine des communes de France », , 1383 p. (ISBN 2-84234-040-X), p. 768.
  2. a et b Catherine Olart (photogr. Laurent Allenou), Nantes secret et insolite, Paris, Les Beaux Jours/Compagnie parisienne du livre, , 176 p. (ISBN 978-2-35179-040-3), p. 145.
  3. a, b et c [PDF] « Du côté du Hangar à bananes », sur http://www.archives.nantes.fr, Ville de Nantes (magazine Nantes Passion) (consulté le 8 juin 2015).
  4. [PDF] « La reconstruction de Nantes p. 46 », sur http://www.archives.nantes.fr, archives municipales de Nantes (consulté le 22 mai 2012).
  5. « Le hangar à bananes », sur http://www.caue-observatoire.fr, l'Observatoire des CAUE (consulté le 22 mai 2012).
  6. La Revue des Deux mondes, 1955, p. 26
  7. Histoire du Hangar à bananes
  8. a et b « Nantes. Les bananes de retour au hangar [galerie photos] », Presse Océan,‎ (lire en ligne)
  9. Michèle Collin (dir.) et al., Ville et port : XVIIIe – XXe siècle : Journées d'histoire et d'archéologie maritime (03 ; 1993 ; Marseille), Paris, éditions l'Harmattan, coll. « Maritimes », , 282 p. (ISBN 2-7384-2935-1, lire en ligne), p. 74.
  10. « présentation du théâtre 100 noms », sur theatre100noms.com (consulté le 30 novembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]