Yves Klein

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Yves Klein
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Naissance
Décès
(à 34 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Formation
Autodidacte
Mouvement
Avant-garde picturale de l'après-guerre, Nouveau réalisme
Père
Mère
Conjoint
Enfant

Yves Klein, né à Nice le , mort à Paris le , est un plasticien français.

Malgré une carrière artistique assez courte (1954-1962), il est considéré comme l'un des plus importants protagonistes de l'avant-garde picturale de l'après-guerre[1]. Il est notamment connu pour son bleu (IKB pour International Klein Blue), qu'il a appliqué sur de nombreuses œuvres.

Il recherche toute sa vie un travail pictural d'ordre spirituel, ce qui l'amena à intervenir dans l'espace public. Selon lui la peinture est « comme la fenêtre d'une prison, où les lignes, les contours, les formes et la composition sont déterminés par les barreaux ». Ses tableaux monochromes l'ont libéré de ces contraintes[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Recherche de spiritualité dans les arts martiaux et graphiques[modifier | modifier le code]

Né de parents artistes, Fred Klein[note 1] et Marie Raymond[note 2], il ne s’oriente pas immédiatement vers une carrière artistique. En effet, Klein fait ses études à l’École nationale de la Marine marchande et à l’École nationale des langues orientales à Nice de 1944 à 1946. À partir de 1947, il s'intéresse particulièrement au judo, qui à l'époque est considéré comme une méthode d’éducation intellectuelle et morale visant à la maîtrise de soi et non comme un sport, et rencontre durant son apprentissage Armand Fernandez, le futur sculpteur Arman.

Après son voyage en Italie à l'été 1948, Yves Klein peint des monochromes dès 1949, à l'époque où Lucio Fontana réalisait ses premiers monochromes perforés intitulés Concetto spaziale. En lisant La Cosmogonie des Rose-Croix de Max Heindel, il découvre également en 1947 la mystique rosicrucienne. L'enseignement ésotérique de la Rosicrucian Fellowship, dont il deviendra membre jusqu'en 1953, via le centre d'Oceanside en Californie[3], ainsi que la lecture de Bachelard, forgeront les bases de la pensée qui nourrira son œuvre. Les monochromes qu’il peint deviennent, pour lui, des objets de culte. Ses premières expériences picturales sont de petits monochromes sur carton réalisés en 1949 et exposés d'abord en privé, lors d'un séjour à Londres, où il perfectionne son anglais et apprend la dorure chez un artisan. S'inspirant du ciel qu'il avait signé de son nom sur la plage de Nice en 1946, il veut peindre un espace-couleur infini : le « monde de la couleur pure ». C'est évidemment sa marque de fabrique qu'il a choisi de représenter jusqu'à la fin de sa courte vie[4],[1].

Le 3 février 1951, Yves Klein part étudier l'espagnol à Madrid où il s'inscrit dans un club de judo. Il remplace un moniteur et remplit dès lors cette fonction régulièrement en devenant très proche du directeur de l'école Fernando Franco de Sarabia, dont le père est éditeur.

Avec l'aide de sa tante, il séjourne au Japon du 23 septembre 1952 à janvier 1954 afin de perfectionner sa technique du judo à l’Institut Kōdōkan de Tokyo où il devient ceinture noire 4e dan, grade qu’aucun Français n’a atteint à cette époque. Il entre également en contact avec la scène artistique japonaise puisqu'il organise sur place des expositions de ses parents : Marie Raymond expose ainsi avec Fred Klein à l’Institut franco-japonais de Tokyo du 20 au 22 février 1953, puis seule au Musée d’Art Moderne de Kamakura, et à nouveau avec Fred Klein en novembre au Musée d'art Bridgestone de Tokyo. Sans qu'il soit prouvé que Klein en ait eu connaissance, c'est également en 1953 que se tient la première exposition du Groupe de Discussion d'Art Contemporain, dans l'atelier de Jiro Yoshihara du quartier de Shibuya à Tokyo, avec certains de ses étudiants dont Shōzō Shimamoto, qui constitue les prémices du mouvement Gutai. Dans son manifeste de l'art Gutai de décembre 1956, Yoshihara précise en effet que les principes de ce mouvement, précurseur de la performance artistique, ont en réalité été initiés trois ans plus tôt[note 3]. Atsuko Tanaka, également membre du groupe Gutai, exposera des draps monochromes en 1955.

De retour à Paris en janvier 1954, il tente en vain de faire homologuer son grade japonais par la Fédération française de judo, puis décide de quitter la France pour Madrid où l’appelle Fernando Franco de Sarabia. La première présentation publique des œuvres de Klein fut la publication du livre d'artiste « Yves Peintures » en mai 1954, suivi de « Haguenault Peintures », recueils réalisés et édités par l’atelier de gravure de Fernando Franco de Sarabia, à Jaén. Parodiant un catalogue traditionnel, le livre présentait une série d'intenses monochromes en relation avec diverses villes où il avait vécu pendant les années précédentes. La préface de « Yves Peintures »[note 4] est composée de lignes noires à la place du texte. Les dix planches en couleurs sont constituées de rectangles unicolores découpés dans du papier et accompagnés de dimensions en millimètres. Chaque planche indique un lieu différent de création : Madrid, Nice, Tokyo, Londres, Paris. Yves Klein retourne à Paris en novembre 1954 pour publier son livre Les Fondements du Judo aux Éditions Grasset. En septembre 1955, il ouvre sa propre école de judo à Paris, au 104 boulevard de Clichy, qu'il décore de monochromes, mais doit la fermer l'année suivante pour des raisons financières non dévoilées[1].

Lorsqu'en mai 1955 il veut exposer un tableau monochrome « Expression de l'univers de la couleur mine orange » au Salon des Réalités Nouvelles qui se tient au musée d'art moderne de la Ville de Paris, on le lui refuse en lui demandant d’y ajouter une seconde couleur, un point ou une ligne[note 5]. Mais Klein reste inébranlable dans son idée que la couleur pure représente « quelque chose » en elle-même[1].

« Yves le Monochrome »[modifier | modifier le code]

Sa première exposition de tableaux monochromes a lieu au club des Solitaires le 15 octobre 1955 et passe pratiquement inaperçue. Il y expose des monochromes de différentes couleurs (orange, vert, rouge, jaune, bleu, rose), sous le titre « Yves, peintures ». Afin d'éviter toute touche personnelle et inscription de dessins les tableaux sont peints au rouleau.

En 1955 également, Claude Bellegarde expose sa série « période blanche à la galerie Facchetti à Paris. Pierre Restany s'intéresse à ses tableaux monochromes et fonde le groupe « Espaces imaginaires » avec Gianni Bertini, Hundertwasser, Bruning, Halpern et le sculpteur Delahaye. Il présentera ensuite Bellegarde à Yves Klein, alors que ce dernier commençait à peindre ses propres monochromes.

Début 1956, Klein fait ainsi la connaissance de Pierre Restany, lors de sa seconde exposition intitulée « Yves : propositions monochromes », qui a lieu du 21 février au 7 mars 1956 dans la galerie parisienne de Colette Allendy. Avec ce critique d’art, il noue un contact intense, une compréhension tacite, et cette relation deviendra une expérience de « communication directe » qui va marquer un tournant décisif dans la compréhension de son art. Dans sa préface, Pierre Restany expliquait aux visiteurs l’arrière-plan théorique du nouveau concept. Le problème du travail sur une couleur unique entre dans la conscience culturelle parisienne. Klein devient célèbre sous le nom d'« Yves le Monochrome »[1].

En automne 1956, il sélectionne un bleu outremer déjà existant, extrêmement saturé, mat et d’une absorption totale, qui est, selon Klein, « la plus parfaite expression du bleu ». À la suite de recherches et d’expérience avec un chimiste pour fixer l'intensité lumineuse de ce bleu, sans l'altérer, il crée l'International Klein Blue (IKB), symbole de la matérialisation de la sensibilité individuelle, entre étendue infinie et immédiate. « Les monochromes bleus » seront l’essence de la peinture monochrome du XXe siècle. L’IKB incarnera la dialectique entre la matière et l’esprit, le physique et le spirituel, le temps et l’infini.

Du 2 au 12 janvier 1957, sa première exposition à l'étranger, Proposte monocrome, epoca blu, se tient à la Galerie Apollinaire à Milan, où onze monochromes IKB de formats identiques (78 x 56 cm), mais de prix différents, sont accrochés à 20 cm du mur par des équerres pour produire un effet de saturation de l'espace, et dont l'un d'eux fut acquis par Lucio Fontana. Elle est suivie, en mai 1957, par une double exposition à Paris, d'une part à la Galerie Iris Clert, « Yves, Propositions monochromes », du 10 au 25 mai, d'autre part à la Galerie Colette Allendy, « Pigment pur », du 14 au 23 mai[2]. Le 31 mai 1957, la Galerie Alfred Schmela (de) de Düsseldorf ouvre ses portes avec l'exposition Yves, Propositions monochromes, avant de devenir le principal lieu d'exposition du Groupe ZERO. De 1957 à 1959, il réalise alors ses premiers reliefs-éponges en Allemagne pour le foyer du Théâtre de Gelsenkirchen.

Du 4 juin au 13 juillet 1957, l'exposition Monochrome Propositions of Yves Klein est présentée à la « Gallery One » de Londres. Le 26 juin, au cours d'un débat organisé avec Klein et Restany à l'Institut of Contemporary Arts, une polémique prend des proportions imprévues. La presse anglaise se fait largement l'écho du scandale provoqué par l'exposition.

Plaque commémorative au 14 rue Campagne-Première à Paris

« Mes tableaux sont maintenant invisibles », déclara-t-il alors. Et, de fait, son exposition de mai 1957 à la galerie Colette Allendy comportait notamment une salle entièrement vide intitulée Espaces et volumes de la sensibilité picturale immatérielle[2].

En 1960, il participe, dans son appartement du 14 rue Campagne-Première à Paris, à la création du nouveau réalisme avec Pierre Restany et la « Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme » est signée le par nombre de ses connaissances.

En avril 1961, il se rend pour la première fois à New York, où ses monochromes IKB, qui avaient déjà figurés à l'exposition New Forms - New Media tenue à la « Martha Jackson Gallery », du 6 au 24 juin et du 28 septembre au 22 octobre 1960, sont présentés du 11 au 29 avril lors de l'exposition Yves Klein le Monochrome à la Galerie Leo Castelli. À la suite du mauvais accueil de ses œuvres, aussi bien par la critique que par les artistes américains lors de ses conférences, il rédige le « Manifeste de l’hôtel Chelsea » afin de justifier sa démarche[note 6]. Du 29 mai au 24 juin 1961 son exposition est également présentée à la Dwan Gallery de Los Angeles.

Yves Klein, épouse le 21 janvier 1962 une jeune artiste allemande, Rotraut Uecker, rencontrée chez Arman en 1958 et sœur de l'un des membres fondateurs du Groupe ZERO, auquel il participe à partir de 1958 et dont il se rapproche en 1961.

La cérémonie de mariage, orchestrée par l'artiste en l’église de Saint-Nicolas des Champs à Paris, est suivie d'une haie d’honneur formée à la sortie de l'église par des chevaliers de l’Ordre de Saint-Sébastien, puis d’une réception à La Coupole où l’on sert un cocktail bleu aux invités, qui se termine dans l'atelier de Larry Rivers.

Klein meurt d’une crise cardiaque le , deux mois avant la naissance de son fils le 6 août[1]. Il avait subi un premier malaise le 12 mai 1962, à la suite de la projection du film Mondo cane de Gualtiero Jacopetti au festival de Cannes, dans lequel une de ses performance publique d'« anthropométries de l’époque bleue » réalisée pour ce film les 17 et 18 juillet 1961, où on le qualifie de « peintre tchécoslovaque »..., fut ridiculisée et dénaturée par son insertion dans une succession de séquences choc[note 7].

Il repose au cimetière de La Colle-sur-Loup dans les Alpes-Maritimes.

Œuvre[modifier | modifier le code]

International Klein Blue[modifier | modifier le code]

Article principal : International Klein Blue.
Photographie du lâcher de ballons bleus de 2007, appelé "sculpture aérostatique"
Sculpture aérostatique (2007), recréée pour le cinquantenaire de la performance de mai 1957.
IKB 191 - Monochrome bleu

C'est en 1956 qu'il met au point sa fameuse formule du lumineux bleu outremer (ou bleu ultramarin) qu'il baptise IKB, « International Klein Blue ». En utilisant un pigment outremer mêlé à une résine synthétique nommée Rhodopas, il découvrit avec l'aide d'Édouard Adam, un marchand de peinture parisien, un nouveau procédé permettant de conserver sa brillance au pigment qui, mélangé à l'huile de lin, avait tendance à devenir terne. Cette couleur, une variante synthétique du lapis lazuli utilisée pour peindre le ciel et la tunique des Madones du Moyen Âge, allait devenir célèbre sous le nom d'International Klein Blue (« IKB »).

Ses premiers monochromes IKB sont exposés en 1957 et inaugurent son « époque bleue ». Avec Proposte Monochrome, Epoca Blu (Proposition monochrome, Époque bleue) à la galerie Apollinaire de Milan en janvier 1957, Klein présenta 11 tableaux bleu IKB identiques. Les peintures étaient attachées à des tiges placées à 20 cm du mur pour accroître leur ambiguïté spatiale. L'exposition fut un succès commercial et critique et voyagea à Paris, Düsseldorf et Londres.

En mai 1957, Yves Klein célèbre l’avènement de « l’époque bleue » par la double exposition Propositions monochromes à Paris, annoncée par l'envoi de cartes postales bleues oblitérées de timbres IKB que Klein était parvenu à faire accepter par les services postaux, avec des peintures de feu utilisant des pigments bleus à la galerie Colette Allendy et un lâcher de 1 001 ballons le soir du vernissage à la galerie Iris Clert. Ce geste, que Klein qualifiera par la suite de « sculpture aérostatique », sera reproduit 50 ans plus tard sur la piazza du Centre Beaubourg, à l’occasion de la clôture de l’exposition que le Musée national d'Art moderne lui consacrera en 2006-2007.

Dans le cadre d'un contrat avec le théâtre de Gelsenkirchen, il travaille pour la première fois en 1957/58 avec des éponges teintes d'un bleu profond pour ses peintures murales. Il créera plus tard des reliefs-éponges et des sculptures d'éponges, censés représenter les spectateurs de ses œuvres imprégnés par l'intensité du bleu IKB. Il déclare en 1958 : « Grâce aux éponges, matière sauvage vivante, j'allais pouvoir faire les portraits des lecteurs de mes monochromes qui, après avoir vu, après avoir voyagé dans le bleu de mes tableaux, en reviennent totalement imprégnés en sensibilité comme des éponges ».

En 1958, il repeint en blanc les murs de la galerie parisienne Iris Clert et les éclaire d'une lumière bleutée dans le cadre de « l'Exposition du vide » (La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée, Le Vide). Les « Anthropométries », empreintes de corps de femmes nues et enduits de couleur bleue sur toiles blanches apparaîtront en 1960. De nombreuses « Anthropométries » ont été filmées comme de véritables événements, on peut en voir dans certains musées (Centre Pompidou entre autres).

Son bleu — l’IKB (International Klein Blue) — est officialisé lorsqu’il fait procéder à son enregistrement, le à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) sous l'enveloppe Soleau n° 63 471. Elle décrit un médium fixatif (une pâte fluide originale substituée à l'huile, liant utilisé traditionnellement en peinture) qui fixe du pigment bleu outremer no 1311.

En effet, Klein peint des monochromes, car il privilégie l’expression de la sensibilité plutôt que la figuration dans la forme : « Pour peindre l’espace, je me dois de me rendre sur place, dans cet espace même. Sans trucs ni supercheries, ni non plus en avion ni en parachute ou en fusée : [le peintre de l’espace] doit y aller par lui-même, avec une force individuelle autonome, en un mot il doit être capable de léviter » et « Jamais par la ligne, on n’a pu créer dans la peinture une quatrième, cinquième ou une quelconque autre dimension ; seule la couleur peut tenter de réussir cet exploit ».

Par ailleurs, il choisit de peindre en bleu à partir de 1957, car c’est la couleur la plus abstraite qui soit d’après lui : « Le bleu n'a pas de dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs elles en ont [...] Toutes les couleurs amènent des associations d’idées concrètes [...] tandis que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu'il y a de plus abstrait dans la nature tangible et visible. », faisant ainsi également référence au vide, car cela incite à l’imagination.

Le théâtre de Gelsenkirchen[modifier | modifier le code]

Relief éponge, 1959, au théâtre de Gelsenkirchen

Klein a commencé par se servir d’éponges naturelles dans son travail avant d’opter définitivement pour la peinture au rouleau à partir de 1956. Il dira en 1957 que l’extraordinaire faculté de l’éponge de s’imprégner de quoi que ce soit de fluide le séduira. Il s’aperçut de la beauté du bleu dans l’éponge et cet instrument de travail deviendra une matière première pour lui. Dès lors, il va travailler sur ces premiers reliefs-éponges, études réalisées pour le projet du foyer du Théâtre de Gelsenkirchen. De 1957 à 1959, Klein va être immensément encouragé dans l’expansion de ses activités par sa collaboration à la construction du théâtre de Gelsenkirchen. La musique, le théâtre et l’idée de l’œuvre d’art total seront pour lui des impulsions décisives avec le travail sur des reliefs-éponges dans des dimensions tout à fait inhabituelles pour l’époque. En décembre 1959, l’inauguration du théâtre marque le triomphe officiel de la « monochromie ». L’espace est entièrement empreint du bleu de Klein. Selon celui-ci, il est parvenu à faire de cet espace intérieur un lieu d'enchantement magique pour le public.

Vers une union de l'Avant-Garde internationale[modifier | modifier le code]

À la suite de son exposition « Proposition monochrome, Époque bleue » à la galerie Apollinaire de Milan en janvier 1957, l'ancien peintre Alfred Schmela (de) prend le parti d’exposer Yves Klein dès mai 1957 pour l’inauguration de sa galerie à Düsseldorf, alors que le climat général est encore à l’expressionnisme abstrait et, plus particulièrement en Europe, à la tendance de l'art informel que l’on a appelé abstraction lyrique. Cette galerie va vite devenir le lieu principal de l’orchestration du Groupe ZERO fondé par Heinz Mack, Otto Piene et Günther Uecker, dont Klein épousera, 4 mois et demi avant son décès, la sœur Rotraut, le 21 janvier 1962.

Klein est parmi les premiers Français à exposer en Allemagne dans l’après-guerre, qui enfermait alors les deux pays dans une totale absence de communications et d’échanges sur le plan artistique. En fait, Heinz Mack était déjà venu rendre visite à Yves Klein dans son atelier parisien dès la fin de l’année 1955, au cours de laquelle il fit également connaissance de Jean Tinguely, qui sera plus tard lui aussi impliqué dans les démarches du Groupe ZERO. À la fin des années 1950, Klein se rendra fréquemment en Allemagne, notamment pour les travaux qu’il réalise pour l’Opéra de Gelsenkirchen. Progressivement, les liens se tissent avec le groupe de Düsseldorf, dont il se sent de plus en plus proche. Klein expose même pour la première fois en compagnie des artistes allemands en avril 1958 lors de leur septième « exposition d’un soir ». C’est le début d’une collaboration qui va s’internationaliser de plus en plus. La même année, Piero Manzoni, qui s’intéresse aussi de près aux travaux de Klein et de Lucio Fontana, dont il a pu prendre connaissance à Milan, voyage aux Pays-Bas où il prend contact avec les futurs artistes néerlandais du Groupe NUL, proches de ZERO, menés par Herman de Vries, Jan Schoonhoven (nl), Armando (nl), Jan Henderikse (nl) et Henk Peeters (en).

Peu à peu, ce réseau international de l'Avant-Garde européenne s’organise jusqu’au printemps 1959, où Tinguely organise l’exposition « Motion in Vision - Vision in Motion » à Anvers ; tandis que Klein s'éloigne peu à peu des artistes du Nouveau Réalisme. C’est véritablement l’exposition fédératrice du groupe, qui réunit, entre autres : Bury, Mack, Manzoni, Piene, Soto, Spoerri et Klein, lequel réalise une performance en déclarant que sa seule présence physique sur le stand qui lui est attribué est l’œuvre correspondant à sa contribution. Le courant ZERO s’affirme. À partir de ce moment, beaucoup d’expositions collectives auront lieu et rassembleront les milieux artistiques des quatre villes principales : Amsterdam, Düsseldorf, Milan et Paris, notamment celle tenue au Stedelijk Museum d'Amsterdam en mars 1962, auquel Klein en désaccord sur le titre "Monochromes" un temps retenu refusera de participer, puis à nouveau en 1965, où il sera en revanche représenté post-mortem, ainsi que Yayoi Kusama et les membres du groupe japonais Gutai, pionniers de la performance contemporaine, que Klein avait auparavant fait découvrir aux autres mouvements du réseau. À partir du début des années 1960, Lucio Fontana expose même en compagnie de cette jeune génération qui, fort de son œuvre de théoricien, voit en lui un père spirituel. Sa participation au mouvement ZERO est en quelque sorte la consécration du groupe, ou, du moins, un soutien majeur de la part de cette figure, qui à l’époque est déjà reconnue de l’art contemporain.

« Ce n’est pas par l’effet du hasard que se réunissent et travaillent ensemble des individualités artistiques aussi fortes que Manzoni, Klein ou Piene. Le substrat de ce phénomène est une intuition commune qui fonde leurs relations personnelles et leurs recherches ».

Néanmoins, la mort similaire par crise cardiaque de Klein leader du Nouveau Réalisme, en juin 1962 et 8 mois plus tard de Manzoni, précurseur de l'Arte Povera théorisé en 1967, deux des trois principaux théoriciens de cette nouvelle avant-garde internationale avec Heinz Mack, entravera fortement cette collaboration européenne naissante ; tandis que le Groupe NUL hollandais sera dissout après la grande exposition de 1965 de l'ensemble de ces mouvements organisée au Stedelijk Museum. En 2015, le Stedelijk Museum a organisé une rétrospective pour célébrer les 50 ans de cette exposition historique, intitulée ZERO, Let Us Explore the Stars[note 8].

Son rapport au corps[modifier | modifier le code]

On ne peut comprendre la démarche d'Yves Klein sans l’arrière-plan d’autodiscipline, de communication intuitive et de maîtrise du corps que sous-entend le Judo. Klein entretient un rapport très particulier avec le corps dans son activité artistique. Ce rapport se situe à plusieurs niveaux :

Présence[modifier | modifier le code]

Tout d’abord la présence de corps nu (la grande majorité féminine) dans son atelier qui lui sont nécessaires pour sa création de ses monochromes avec sa couleur bleu IKB. Cette nudité, il l’utilise pour, dit-il, « stabiliser la matière picturale » (extrait de Dimanche). Il déclare souvent : « cette chair donc, présente dans l’atelier, m’a longtemps stabilisé pendant l’illumination provoquée par l’exécution des monochromes ». Cette présence s’installe à l’époque des premières cessions de zones, c'est-à-dire avant la fin 1958.

Il ne peint pas d’après modèle comme les artistes figuratifs mais en leur compagnie, qui selon lui, lui fait ressentir : « une atmosphère bon enfant », « un climat sensuel », ou « un climat affectif pur ». Ses modèles se baladent alors nues dans l’appartement, parfois en compagnie aussi de la femme de Klein, Rotraut. Cette sensation est explicitée dans une des citations de Klein où il la décrit : « Mes modèles riaient beaucoup de me voir exécuter d’après elles de splendides monochromes bleus bien unis ! Elles riaient, mais de plus en plus se sentaient attirées par le bleu. »

Action[modifier | modifier le code]

Klein comprend vite que leur simple présence dans son atelier est insuffisante. Même si elle imprégnait selon lui l’atmosphère qu’elles créaient dans les monochrome, cette imprégnation serait encore plus réussie si les modèles eux-mêmes peignaient le monochrome.

S'ensuivent donc ces œuvres que l’on qualifie d’« anthropométries », où le corps cette fois dans la peinture joue ce même rôle de « stabilisation » de la matière picturale. Une première séance publique (en petit comité) s’organise chez Robert Godet le . Celle-ci reste toujours en continuité avec les monochromes mais en constitue le second temps de l’évolution du corps dans son art. Lors de cette séance, un seul modèle féminin agit tel un « pinceau vivant » sur la toile, le corps enduit de couleur. Le modèle rampe sur la feuille de papier à même le sol sous l’œil d’Yves Klein qui, lui, le dirige et l’invite à passer sur les endroits où la peinture n’est pas encore appliquée. Tous moindres gestes du modèle ont été répétés au préalable et Klein donne l’initiative soit à lui-même, soit au modèle suivant ses différents écrits.

Klein désigne cet exercice comme une « collaboration ». Ce mot est très souvent présent et repris dans ces textes comme une obsession. Il déclare : « Je ne les ai jamais touchées, d’ailleurs c’est pour cela qu’elles avaient confiance et qu’elles aimaient collaborer, et aiment encore collaborer ainsi, de tout leur corps à ma peinture. »

Il dit voir « apparaître à chaque séance les « marques du corps » qui disparaissaient d’ailleurs bien vite car il fallait que tout devienne monochrome ». Cette citation évoque sa seconde activité, le judo, où il pouvait observer les marques du corps en sueur des judokas sur les tapis blanc poussiéreux, lors des grands combats, ou encore un type de dessin japonais fait à partir d’empreinte de poisson. Cette décision d’entreprendre les anthropométries est due aussi à un événement de son temps qui l’a marqué : les traces des personnes laissées sur les murs lors de l’explosion à Hiroshima, dont il réalisera par ailleurs une anthropométrie. Sur cette toile, on peut observer plusieurs traces de corps en mouvement

Empreintes[modifier | modifier le code]

Dans ce rapport de mouvement, Klein déclare que, comparé aux figuratifs, il libérait les modèles nus féminins, car il les laissait agir sur son œuvre alors qu’eux créaient leurs œuvres à partir de leur corps immobile.

Seulement les monochromes créés avec des pinceaux vivants ne laissaient pas perceptible la présence de la chair. C’est pourquoi Klein a progressivement mis au point la procédure des empreintes laissées par un modèle sur un support. Après plusieurs essais, estimant qu’il avait bien mis au point cette technique, il la présenta à Restany. Le , devant le critique accompagné d’un directeur de musée, un modèle dont le buste, le ventre et les cuisses ont été badigeonnés de peinture bleue, appose l’empreinte de son corps coloré sur des feuilles de papier placées au sol. C’est à cette séance que Restany trouve le terme « d’anthropométries de l’époque bleue ». Klein organise une soirée dans la galerie internationale d’art contemporain à Paris le , devant une centaine d’invités dont des artistes, des critiques, des amateurs d’art ou encore des collectionneurs.

Klein en habit de soirée donne un signal aux neuf musiciens présents à côté afin qu'ils commencent la symphonie monoton-silence, composée par lui-même en 1949 (et qui sera reprise par Pierre Henry sous le nom de symphonie monoton-silence no 2, offerte à Klein en cadeau pour son mariage), une seule et même note continue de vingt minutes suivies de vingt minutes de silence. À noter que Pierre Henry a composé plus tard les « noces chymiques », thème rosicrucien. Pendant ce temps-là, trois femmes commencent à se badigeonner les seins, le ventre et les cuisses de couleur bleue. Elles réalisent ensuite diverses anthropométries dont la plus connue est intitulé « Anthropométrie de l'époque bleue » (ANT 100), 1960. Il fait des répétitions, organise la mise en scène, invite des photographes et caméramen qu’il connaît, contrôle la diffusion des images. Néanmoins, même s’il pense tout faire pour faire passer clairement ses nouvelles techniques, des malentendus surgissent et il paraît pour certains masochiste ou obscène.

Il réalise aussi la série des « portraits-reliefs », moulages grandeur nature des autres membres du mouvement néo-réaliste, peints notamment en bleu IKB et se détachant sur un panneau doré à la feuille, qu'il n'aura pas le temps d'achever, ou utilise des statuettes en plâtre de sculptures célèbres, comme celles de la Victoire de Samothrace et de la Vénus de Milo peintes en IKB.

Pochoirs[modifier | modifier le code]

Par la suite, il diversifie ses méthodes et différencie les anthropométries statiques des dynamiques. Lors de la création des « statiques » le corps de la femme est simplement posé tel un tampon sur le support et y laisse son empreinte. Ces empreintes statiques de femmes et parfois d’hommes, ont souvent été groupées de manière à former, sinon une composition, du moins un ensemble. Les anthropométries réalisées sur des tissus renvoient à un objet de culte qui est le suaire de Turin.

Dans les images négatives, comme « Hiroshima », la peinture est projetée et le corps du modèle fait office de pochoir. L’anthropométrie dynamique consiste à faire ramper un modèle sur le support, laissant derrière lui une trace dynamique. Il a aussi convié plusieurs modèles à simuler une bataille où l’on ne distingue plus tellement les corps. Le processus lui-même est conçu comme un rituel. Il s’agit d’un rituel de passage de la toile blanche à la chair : « c’était la chair elle-même qui appliquait la couleur au support sous ma direction » puis de la chair à l’invisible. En réutilisant le bleu IKB, il reprend la couleur, réutilise l’espace conquis par l’immatérielle et évite la ressemblance au rose. Klein choisit aussi de ne pas représenter les mains pour les raisons suivantes : « Il ne fallait pas que les mains s’imprimassent, cela aurait donné un humanisme choquant aux compositions que je cherchais. » « Bien sûr, tout le corps est constitué de chair, mais la masse essentielle, c’est le tronc et les cuisses. C’est là où se trouve l’univers réel caché par l’univers de la perception. » (cette vision se rapproche de notions japonaises qui sont le Katas et le Hara).

Éléments[modifier | modifier le code]

Sous l'influence de ses lectures de Bachelard, Klein réalise au début de l’année 1961 la série des Peintures de feu, dans laquelle il cherche à imprimer les traces du feu sur divers supports. Déjà Alberto Burri avait utilisé en 1954-1955 la puissance de cet élément dans sa série des Combustioni constituée de couches de plastique brûlées. C’est au centre d’essais de Gaz de France de la Plaine-Saint-Denis, où on met à sa disposition un équipement industriel, qu’il apprend à maîtriser le feu et à effectuer des réglages précis pour en utiliser les différents degrés de puissance.

Dans ces Peintures de feu, comme dans les Cosmogonies, empreintes de la pluie et du vent sur la toile, qu’il réalise à partir de 1960, l’artiste convoque les éléments de la nature afin de manifester leur force créatrice. Mais ici il allie l’élément naturel au corps, les Peintures de feu étant réalisées avec l’aide de modèles nus que Klein utilise tour à tour. Il humidifie le support autour du corps pour déterminer les parties qui resteront en réserve et complète les traces de feu avec des empreintes de peinture. Mêlant ainsi les deux techniques, Klein joue avec les pleins et les vides des formes tracées alternativement en négatif et en positif.

Ainsi les empreintes des corps des femmes se révélaient sous l’action du feu. Les anthropométries servent alors de passage à double sens du visible à l’invisible, du matériel au spirituel et du charnel au divin. Elles le font en l’absence spectaculaire de l’artiste. À la suite de cette exploration des propriétés du feu, il réalise des sculptures en feux de bengale.

Avec ses Cosmogonies, l'artiste soumet la toile aux intempéries, sur le toit de sa voiture, lors de ses déplacements. En collaboration avec les architectes Claude Parent et Werner Ruhnau, il imagine dans ses Architectures de l'air de vastes constructions au toit maintenu en lévitation par de l'air pulsé, destinées à maintenir un environnement tempéré et contrôlé, où l'homme, comme dans un Eden retrouvé, ne serait plus soumis aux aléas climatiques.

Il peint également en IKB des reliefs géophysiques en plâtre de la France ainsi que des globes, ravi d'apprendre que vue de l'espace la Terre devrait paraître de couleur bleue.

Trois mois avant son décès, l’exposition « Antagonismes II : l’objet », présentée le 7 mars 1962 au musée des Arts décoratifs, expose des maquettes de l’Architecture de l’air et du Rocket pneumatique réalisées avec l'aide du designer Roger Tallon. Dans un diorama une pluie simulée est détournée par une lame d’air ; tandis que le Rocket, sorte de petit engin spatial mu par pulsation d’air, est destiné à disparaître dans le vide de l'espace.

Feu, air, eau, terre, les quatre éléments terrestres sont ainsi mis à contribution. Mais la mort prématurée de l'artiste interrompt ses recherches et expérimentations sur l'architecture de l'air et sur le thème de l'exploration de l'espace.  

Couleurs[modifier | modifier le code]

Le bleu n’est pas l’unique couleur présente dans les anthropométries, mais celles-ci peuvent être comme l’une de ces premières anthropométries, ANT121, datée vers 1960, qui est dorée sur fond noir. Les monochromes dorés sont nommés Monogold, essentiellement composés de feuilles d’or et de pièces de monnaie, représentent l’accès à l’immatériel, l’absolu et l’éternité. Beaucoup de suaires comportent la couleur rose et Klein peint également des monochromes roses appelés Monopink. En effet, le rose symbolise pour Klein le sang et le corps. De plus, cette couleur contraste avec le bleu.

Il déclare, pour ses anthropométries réalisées en utilisant le feu, que « le feu est bleu, or et rose aussi. Ce sont les trois couleurs de base dans la peinture monochrome, et pour moi, c’est un principe d’explication universel, d’explication du monde ». Les trois couleurs de base bleu, or et rose de son travail s’articulent également mutuellement et parfaitement dans le feu. En effet, lorsqu’on regarde la couleur d’une flamme, on distingue bien ces trois couleurs.

Il réalise ainsi différents triptyques utilisant ces trois couleurs primaires et les réunira également dans des sculptures comme Ci-git l'Espace (MNAM, Paris) constituée d'une dalle funéraire recouverte de feuilles d'or, d'une couronne en éponge IKB et de roses. Enfin, son œuvre Ex-voto sera la conclusion de son travail, réunissant toutes ses idées en une seule et même œuvre. Il l’a réalisée pour le sanctuaire de Rita de Cascia (it) à Cascia. Cette œuvre est composée de ses trois couleurs rose, bleu et or avec une liste des noms de toutes ses œuvres.

Performances[modifier | modifier le code]

Probablement influencé par les artistes du groupe Gutai fondé en août 1954, lors de son voyage au Japon en 1952-1954, Yves Klein est également l'un des précurseurs de la performance post-dadaiste en Europe, dénommée happening aux États-Unis par Allan Kaprow.

  • Lâché de ballons bleus en mai 1957 à la galerie Iris Clert
  • Exposition Le Vide à la galerie Iris Clert en avril 1958
  • Projet non abouti en 1958 d'éclairer l'obélisque de la Concorde en rose, qui sera finalement réalisé en 1983
  • Vente de Zones de sensibilité picturale immatérielle à partir d'un chéquier, contre paiement en petits lingots d'or jetés ensuite dans la Seine en 1959
  • Réalisation en 1960 de ses anthropométries en public au son d'une musique monoton de son invention (symphonie monoton-silence)
  • Le Saut dans le vide, dont le photomontage est publié dans la revue Dimanche en octobre 1960

Yves Klein est, par son œuvre et sa posture, l'une des grandes figures de l'art contemporain français et international. Il a été en avance sur son siècle, et conscient de la radicalité de sa position. Il a ouvert l’art sur l’immatériel. Pour lui, l’or, le rose et le bleu sont une seule et même couleur et forment une « trilogie chromatique » au complet.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Monochrome orange, juin 1955, pigment pur et résine synthétique sur toile, 50 × 150 cm, MNAM, Paris
  • Zone de sensibilité picturale immatérielle (cession à Jacques Kugel et Paride Accetti), 7 décembre 1959
  • Zone de sensibilité picturale immatérielle (cession à Alain Lemée), 8 décembre 1959
  • ANT 54 (1960-1961)
  • Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960
  • Anthropométrie suaire sans titre (ANT SU 4), 1960
  • Anthropométrie sans titre (ANT 8), ca. 1960
  • Anthropométrie sans titre (ANT 101), 1960
  • Monochrome bleu (IKB 3), 1960
  • Monique (ANT 57), ca. 1960
  • Ci-gît l’espace (RP 3), 1960
  • Symphonie Monoton-silence, 1960
  • People begin to fly , 1960, anthropométrie, pigment bleu sec et résine synthétique sur papier marouflé sur toile, 155 × 280 cm, Paris, musée national d'Art moderne, dépôt au musée d'Art moderne de Nice
  • Hiroshima, 1961
  • Peinture feu sans titre (F 74), 1961
  • Relief-éponge1961
  • « L’Arbre », grande éponge bleue, 1962
  • IKB 191, 1962
  • Portrait-relief de Martial Raysse, 1962, bronze peint sur panneau or, 175 9538⋅cm, Musée d'art de Toulon.
  • Vampire, 1962
  • Zone de sensibilité picturale immatérielle (cession à Dino Buzzati), Paris, 25 janvier 1962. 40e anniversaire
  • Vénus bleue, 1962

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1950 : Klein expose ses monochromes pour la première fois à Londres
  • 1954 : il expose à Madrid
  • 1955 : Yves, Peintures fut sa première exposition en France au Club des solitaires à Paris avec la présence de plusieurs monochromes.
  • 1956 : il organise l’exposition Yves, propositions monochromes à la galerie Colette Allendy de Paris. À la galerie Apollinaire de Milan, c’est du 2 au 12 janvier qu’Yves Klein présente désormais des monochromes seulement bleus dans une exposition intitulée Propositions monochromes de l’époque bleue ou Proposte monocrome, epoca blu. La même année, le 14 mai, l’artiste participe à l’exposition groupée Micro Salon d’Avril à la galerie d’Iris Clert à Paris, et expose aussi à la galerie Schmela à Düsseldorf et à la Gallery One à Londres.
  • Printemps 1957 : il expose en même temps à la galerie Iris Clert et à la galerie Colette Allendy
  • 8 avril 1958 : il développe le thème du vide à la galerie Iris Clert avec l’exposition La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée, mais plus connue sous le nom de l’Exposition du vide où il présente en fait une galerie vide. Toujours à la même année et à la même galerie, le 17 novembre, Klein donne l’exposition Vitesse pure et stabilité monochrome.
  • 1959 : une autre exposition a lieu à la Galerie Iris Clert. Il expose son travail à la Biennale de Paris.
  • Février 1960 : il prend part à l’exposition Antagonismes au musée des arts décoratifs de Paris. Puis il présente pour la première fois ses Anthropométries à la Galerie d’Art contemporain à Paris en mars. Il donne aussi l’exposition Yves Klein, le Monochrome du 11 octobre au 13 novembre à la Galerie Rive Droite à Paris.
  • 14 janvier - 26 février 1961 : une rétrospective de l’artiste a lieu au Musée Haus Lange à Krefeld. Par la suite, Klein expose à New York du 11 au 29 avril à la galerie Leo Castelli. Il participe ensuite à l’exposition À quarante degrés au-dessus de Dada à la galerie J à Paris du 17 mai au 10 juin.
  • 8 novembre 1994 - 8 janvier 1994 : deux grandes rétrospectives d’Yves Klein sont organisés aux musées Ludwig de Cologne et Haus Lange à Krefeld.
  • 5 octobre 2006 - 5 février 2007 : le Centre Georges Pompidou accueille l’exposition Yves Klein, corps, couleur, immatériel.
  • 2008 : exposition au Centre Georges Pompidou : Rétrospective sur le vide
  • 28 janvier - 22 avril 2012 : présentation d'une série de documents relatifs à Zone de sensibilité picturale immatérielle (cession à Dino Buzzati le 26 janvier 1962) dans le cadre de l'exposition Asche und Gold - Eine Weltenreise au MARTa, Herford (Allemagne).
  • 4 septembre - 6 octobre 2012 : exposition à la médiathèque de Fontenay-aux-Roses intitulée « Yves Klein et Fontenay-aux-Roses. » Celle-ci retrace la vie de l'artiste à travers des photographies, des œuvres de sa mère Marie Raymond, les nombreux liens entre le plasticien et la commune, lieu où Le Saut dans le vide fut réalisé et dont la rétrospective en fait une large présentation.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Yves Peintures, 1954, rééd. 2006, Éditions Dilecta, Paris (avec une postface de Denys Riout)
  • Les Fondements du Judo, 1954, rééd. 2006, Éditions Dilecta, Paris (avant-propos de Jean-Luc Rougé, introduction de Daniel Moquay et de Pierre Cornette de Saint-Cyr)
  • Vers l'immatériel, 2006, Éditions Dilecta, Paris (introduction de Denys Riout). Contient Le Dépassement de la problématique de l'art, La Conférence à la Sorbonne (texte bilingue) et un disque CD de la conférence donnée par Yves Klein en 1959.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • En hommage à Klein un timbre reproduisant l'une de ses œuvres, Anthropométrie de l'époque bleue, est émis par les postes françaises en 1989 (valeur de 5 F)
  • Dino Buzzati rend hommage à Yves Klein dans l'article Adieu au lutin (1962) publié dans Chroniques terrestres
  • Marc de Verneuil et Mel Rushmore, Zone de sensibilité picturale immatérielle (1962-2012), 26 janvier 2012, Paris (double-hommage à Yves Klein et Dino Buzatti pour le 40e anniversaire de leur œuvre commune)
  • Le musicien Julien Ribot rend hommage à Yves Klein dans le clip de sa chanson 'LOVE', réalisé par Julien Hallard.
  • Il est évoqué dans le 118e des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.
  • Un hommage lui est rendu au Cyclop, à Milly-la-forêt. Ses amis les nouveaux réalistes y ont créé une œuvre en sa mémoire.
  • La Monnaie de Paris a sorti une collection de pièces en argent mettant en avant l'artiste[5].
  • En 2016, JM Weston crée une série spéciale de mocassins ("le Moc'") Yves Klein, limitée à 1500 exemplaires, de couleur IKB. Le modèle est agréé par les archives Yves Klein.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 7, éditions Gründ, , 13440 p. (ISBN 2700030176), p. 843-845

Biographies[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Pierre Restany, Yves Klein : le feu au cœur du vide, La Différence, 1990
  • Florence Jaillet, La réception d'Yves Klein par la critique et les collectionneurs entre 1955 et 1962, Maîtrise Histoire de l'art, Lyon 2, 2000
  • Nicolas Charlet, Yves Klein, Éditions Adam Biro, Paris, 2000
  • Nicolas Charlet, Yves Klein sculpteur, Les Éditions de l’Amateur, Paris, 2000
  • Nicolas Charlet, Les écrits d'Yves Klein, thèse d'histoire de l'art sous la direction de Mme Françoise Levaillant Paris 1, 2002
  • Nicolas Charlet, L'emprunt d'Yves Klein à Eugène Delacroix : l'empreinte, in Yannick Beaubatie, Empreintes, Tulle, Éditions Mille Sources, 2004, p. 183-206
  • Nicolas Charlet, Yves Klein, machine à peindre, Éditions Complicités, Paris, 2004
  • Rotraut Klein-Moquay, Robert Pincus-Witten, en coll. avec les Archives Yves Klein , Yves Klein USA, Éditions Dilecta, Paris, 2009
  • Pierre Musso, Yves Klein. Fin de représentation Éditions Manucius, Houilles, 2010
  • Frédéric Prot, Yves Klein. Embrasure. Postface Patti Smith. Éditions 5 Continents, Milan, 2012

Catalogues d’exposition[modifier | modifier le code]

  • Yves Klein, Centre Georges Pompidou, Paris, 1983
  • Yves Klein et le Nouveau Réalisme, Musée Sainte-Croix, Poitiers, 1983
  • 1960, les Nouveaux Réalistes, Musée d’art moderne de la ville de Paris, 1986
  • De Klein à Warhol. Face à face France/États-Unis, Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice, 1997-1998
  • Yves Klein. La vie, la vie elle-même qui est l’absolu, Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice, 2000
  • Yves Klein. Corps, couleur, immatériel, Centre Pompidou, Paris, 2006/2007

Autres[modifier | modifier le code]

  • Shiyan Li, «  Yves Klein. Du judoka méconnu à l'artiste qui saute dans le vide » in Le vide dans l’art du XXe siècle : Occident/Extrême-Orient, Presses Universitaires de Provence, Collection : Histoire, théorie et pratique des arts, 2014, p.87-160 (ISBN 978-2-85399-917-5)

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Centre Pompidou, dossier de presse de l'exposition Yves Klein du 3 mars au 23 mai 1983., site Centre Pompidou.fr.
  2. a, b et c Roselee Goldberg, La Performance, du futurisme à nos jours, Thomas & Hudson / l'univers de l'art (ISBN 978-2-87811-380-8), p. Chap 6 L'art vivant de 1933 aux années 1970 / Yves Klein et Piero Manzoni
  3. Annette Kahn, Yves Klein, le Maître du Bleu, Stock, 2000, p. 47
  4. Biographie d'Yves Klein, MAMAC, Nice.
  5. Collection de pièces en argent : Yves Klein

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]