Louis Fage

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Louis Fage
Biographie
Naissance
Décès
(à 80 ans)
Dijon (Côte-d'Or)
Nom de naissance
Baptiste Louis FageVoir et modifier les données sur Wikidata
Abréviation en botanique
FageVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
française
Activités
Autres informations
Membre de
Distinction

Jean Baptiste Louis Fage (1883 - 1964) est un biologiste marin, spéléologue et arachnologiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Fage est né le à Limoges (Haute-Vienne)[1],[2] dans une famille limousine qui comptait en elle des gens de robe ou de profession libérale[2]. Son père, René Fage[1],[2], bâtonnier du barreau de Limoges était également archéologue, membre correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et ami d'Edmond Perrier, professeur au Muséum national d'histoire naturelle[2].

Il étudie au collège Saint-Martial de Limoges puis poursuit, à partir de 1902, ses études supérieures à Paris avec ses frères Henri et André[2]. Par l'intermédiaire de son grand-père et de son père qui avaient fait leur droit à Paris, il fut mis en relation avec Edmond Perrier alors directeur du Muséum national d'histoire naturelle et c'est en regardant les vitrines de ce Musée que se développa sa curiosité pour le monde du vivant[3]. Il commence à étudier la biologie à la Sorbonne et au laboratoire de Saint-Vaast-la-Hougue où il rencontre Rémy Perrier (1861 - 1936) et Gaston Bonnier (1851 - 1922).

Après l’obtention de son doctorat en 1906 portant sur l'histologie des organes reproducteurs des Polychètes, il travaille au Laboratoire de biologie marine de Banyuls-sur-Mer sur l'étude des poissons méditerranéens[3]. A Banyuls, en 1909, Louis Fage et Emil Racoviță découvrent, dans les trottoirs d'algues calcaires, une petite araignée sous-marine, Desidiopsis racovitzai (Mizaga racovitzai (Fage, 1909)), apparentée aux grosses Desis des récifs tropicaux. La description de cette forme inattendue amena Louis Fage vers Eugène Simon, l'illustre arachnologue, dont il fut l'ami[1] et pour lequel il a toujours conservé un grand respect[3].

En 1920, il rejoint le Muséum national d'histoire naturelle[3] et succède, en 1938, à Charles Joseph Gravier (1865 - 1937).

Il est mort le à Dijon.

Activités spéléologiques[modifier | modifier le code]

Dans le domaine souterrain, il était spécialiste des crustacés (amphipodes, décapodes) et des araignées.

Il collabora très tôt aux travaux biospéologiques d'Emil Racoviţă et de René Jeannel et participa à leurs explorations dans les Pyrénées et les Causses.

Il fut à l'origine de la création par le CNRS du Laboratoire souterrain de Moulis, dont il fut le premier président du Comité de direction. Il présida également la Commission de spéléologie du CNRS.

Travaux scientiques[modifier | modifier le code]

Il publia une quarantaine de travaux d'ordre biospéologique, portant surtout sur les crustacés aquatiques et sur les araignées.

Il est l'auteur de plus de 200 travaux portant sur les Annélides, les Péripates, les Pycnogonides, divers Arachnides, les Cumacés, les Amphipodes, les Euphausiacés, les Décapodes, les Clupéidés, les Gobiidés et autres Poissons[3].

Il est l'auteur d'une famille d'araignées aranéomorphes à six yeux, les Ochyroceratidae Fage, 1912[4].

Au cours de ses travaux sur les araignées, il a décrit plusieurs dizaines d'espèces, toujours valides, dont certaines en collaboration avec Eugène Simon[5].

Liste des espèces d'araignées décrites par Louis Fage[5]

Rendant hommage à son travail arachnologique, certains auteurs ont nommé un genre, Fageia, et plusieurs espèces d'araignées en son honneur.

Liste des espèces d'araignées nommées en l'honneur de Louis Fage :

D'autres espèces d'invertébrés cavernicoles ont également été nommées en son honneur.

Hommages et Distinctions[modifier | modifier le code]

Il reçoit en 1947 la médaille d'or de l'association Johannes Schmidt pour l'exploration de la mer[3].

Il dirigea les revues scientifiques Annales de l'Institut Océanographique et Archives de Zoologie expérimentale et générale[3].

Il fût président des commissions du Bathyscaphe et de la Calypso au Centre National de la Recherche Scientifique[3].

Un médaillon à l'effigie de Louis Fage réalisé en plâtre en 1953 par Robert Cochet et intitulé Professeur Louis Fage, membre de l'Institut est conservé au Musée Carnavalet à Paris (Numéro d’inventaire: S3659).

Le Louis Fage est un bateau de prélèvement (SM 735565) de la station de biologie marine de Dinard (CRESCO).

Sources et références[modifier | modifier le code]

  • « Les grandes figures disparues de la spéléologie française », Spelunca (Spécial Centenaire de la Spéléologie), no 31,‎ juillet-septembre 1988, p. 48
  • Delanghe, Damien, Médailles et distinctions honorifiques (document PDF), in : Les Cahiers du CDS no 12, mai 2001.
  • Association des anciens responsables de la fédération française de spéléologie : In Memoriam.
  • A.A. (1964) : Nécrologie in Spelunca (Paris), 1964 (2); page 59.
  • Dumitrescu, M. (1965) : Louis Fage (1883-1964), in Lucr. Institut de spéléologie Emil Racovitza (Bucarest), tome IV, pages 17–20. (en roumain)
  • Vandel, A. (1964) : Annales de spéléologie (Paris), tome XIX, fascicule 2, pages 245-254, photographie hors-texte.
  • Gallien, L. (1971) : Notice sur la vie et l'œuvre de Louis Fage (1883-1964). Membre de la section de Zoologie. Académie des Sciences, Notices et discours, Publications de l'Institut de France, Paris, V, 85: 673-677. (pdf)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Cruveillier, M. 2010. Des araignées en Limousin (1ère partie). Annales Scientifiques du Limousin, 21: 59-69. (pdf)
  2. a b c d et e Gallien, L. 1971. Notice sur la vie et l'œuvre de Louis Fage (1883-1964). Membre de la section de Zoologie. Académie des Sciences, Notices et discours, Publications de l'Institut de France, Paris, V, 85: 673-677. (pdf)
  3. a b c d e f g et h Bernard, F. 1965. Louis Fage 1883–1964. ICES Journal of Marine Science, Volume 29, Issue 3, Pages 233–236.
  4. Fage, L. 1912 : Études sur les araignées cavernicoles. I. Révision des Ochyroceratidae (n. fam.). Biospelogica, XXV. Archives de zoologie expérimentale et générale, vol. 5, no 10, p. 97-162 (texte intégral).
  5. a et b WSC, consulté le 14/08/2018 - version 19.0
  6. Mello-Leitão, C. F., de. 1929. Aphantochilidas e Thomisidas do Brasil. Arquivos do Museu Nacional do Rio de Janeiro, 31: 9-359.
  7. Caporiacco, L., di. 1939. Arachnida. In: Missione biologica nel paese dei Borana. Raccolte zoologiche. Reale Accademia d'Italia, Roma, 3, 303-385.
  8. Caporiacco, L., di. 1948. Arachnida of British Guiana collected in 1931 and 1936 by Professors Beccari and Romiti. Proceedings of the Zoological Society of London, 118(3): 607-747.
  9. Machado, A., de B. 1951. Ochyroceratidae (Araneae) de l'Angola. Publicações Culturais da Companhia de Diamantes de Angola, 8: 1-88.
  10. Schenkel, E. 1963. Ostasiatische Spinnen aus dem Muséum d'Histoire naturelle de Paris. Mémoires du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris (A, Zool.), 25: 1-481.
  11. Kratochvíl, J. 1933. Evropské druhy celedi Nesticidae Dahl. Práce Moravské Prírodovedecké Spolecnosti, 8(10): 1-69.
  12. Machado, A., de B. 1939. Trois nouvelles araignées cavernicoles de l'Espagne. Bulletin de la Société Zoologique de France, 64: 60-70.
  13. Simon, E. 1914. Les arachnides de France. Synopsis générale et catalogue des espèces françaises de l'ordre des Araneae. Tome VI. 1re partie. Roret, Paris, 1-308.
  14. a et b Berland, L., Millot, J. 1941. Les araignées de l'Afrique Occidentale Française I. Les salticides. Mémoires du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris (N.S.), 12: 297-423.
  15. Kratochvíl, J. 1970. Cavernicole Dysderae. Prírodovedné práce ústavu Ceskoslovenské Akademie Ved v Brne (N.S.), 4: 1-62.
  16. Caporiacco, L., di. 1949. Aracnidi della colonia del Kenya raccolti da Toschi e Meneghetti negli anni 1944-1946. Commentationes Pontificia Academia Scientiarum, 13: 309-492.
  17. Kolosváry, G. 1934. Neue Spinnen aus Australien und Neu-Guinea. Folia Zoologica et Hydrobiologica, Riga, 7: 44-48, f. 1-11.
  18. Frade, M. A., Bacelar, A. 1931b. Révision des Nemesia de la faune ibérique et description d'espèces nouvelles de ce genre. Bulletin du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris (2), 3: 222-238.
  19. Brignoli, P. M. 1974f. Notes on spiders, mainly cave-dwelling, of southern Mexico and Guatemala (Araneae). Quaderno, Accademia Nazionale dei Lincei, 171(2): 195-238.
  20. Miller, F., Kratochvíl, J. 1939. Einige neue Spinnen aus Mitteleuropa. Sborník Entomologického Oddelení Národního Musea v Praze, 17(164): 32-38.
  21. Kratochvíl, J. 1940. Etude sur les araignées cavernicole du genre Stygopholcus Krat. Acta Societatis Scientiarum Naturalium Moraviae, 12(5): 1-26.
  22. Berland, L. 1914. Araneae (1re partie). In: Voyage de Ch. Alluaud et R. Jeannel en Afrique oriental (1911-1912): Résultats scientifiques. Paris 3, 37-94.
  23. Lawrence, R. F. 1964. New cavernicolous spiders from South Africa. Annals of the South African Museum, 48: 57-75.
  24. Spassky, S. A. 1938. Araneae palaearcticae novae. II. Festschrift Embrik Strand, 4: 573-582.
  25. Lessert, R., de. 1935. Description de deux araignées cavernicoles du Congo belge. Revue de Zoologie et de Botanique Africaines 27: 326-332.
  26. Roewer, C. F. 1931. Arachnoideen aus südostalpinen Höhlen gesammelt von Herrn Karl Strasser in den Jahren 1929 und 1930. Mitteilungen über Höhlen und Karstforschung, 1931: 1-17.
  27. Millot, J. 1946. Les pholcides de Madagascar (Aranéides). Mémoires du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris (N.S.), 22: 127-158.
  28. Denis, J. 1955. Contribution à l'étude de l'Aïr (Mission L. Chopard et A. Villiers). Araignées. Bulletin de l'Institut Fondamental d'Afrique Noire, 17(A): 99-146.
  29. Ribaut, H. 1954. Un nouveau genre et une nouvelle espèce de Polydesmides des grottes du département de l'Ardeche. Notes biospéologiques, 9(2): 133-135.
  30. Jeannel, R. 1914. Diagnose de quelques nouveaux Diaprysius de l’Ardèche. Bulletin de la Société Entomologique de France, 19: 241-242.
  31. Aberlenc, H.-P. 2016. Les Arthropodes souterrains de l'écocomplexe de Païolive. [In] Païolive souterrain (Chabaud, M. Ed.), Cahiers de Païolive n°2, 352 pages. (pdf)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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