Émile Rivière

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Émile Rivière
Émile Rivière - portrait 1875 par Quinet.jpg
Émile Rivière, photographié en 1875.
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Société préhistorique française
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Émile Rivière est un préhistorien et médecin français né le à Paris et mort le dans cette même ville. Il est connu pour ses découvertes dans les grottes de Balzi Rossi à Vintimille en Ligurie (Italie) et de la Mouthe en Dordogne (France).

Biographie[modifier | modifier le code]

Émile-Valère Rivière[n 1] est le fils d'un médecin originaire de l'Orne[2]. Il effectue également des études de médecine.

Il fait un séjour à Cannes en 1868 et s'installe à Menton en pour plusieurs années. De ses séjours dans le Midi de la France, il tire sa vocation pour la préhistoire, effectuant une première visite dans les grottes de Baoussé-Roussé (Balzi Rossi) en avec Stanislas Bonfils, collectionneur et passionné de préhistoire, qui avait ouvert en 1860 un cabinet d'histoire naturelle à Menton[3].

À partir d' et jusqu'en 1875, il effectue des fouilles dans ces grottes. Le , il découvre dans l'une de ces grottes, appelée la grotte du Cavillon, un squelette humain daté du Paléolithique supérieur, connu sous le nom d'« Homme de Menton ». D'autres découvertes suivront. En puis en juin, il découvre trois squelettes d'adultes dans la grotte no 6, la grotte Bausse da Torre. En 1874, il met au jour deux squelettes d'enfants dans la grotte no 1, désormais désignée par la grotte des Enfants.

En 1877, il effectue avec Léon de Vesly une mission scientifique dans la vallée des Merveilles où ils explorent une grotte dans le vallon d'Albaréa[4].

En 1887, il fait paraître son ouvrage De l'antiquité de l'Homme dans les Alpes-Maritimes. L'ébauche de cet ouvrage avait obtenu auparavant, en 1884, le Prix Vaillant de l'Académie des Sciences.

À partir de 1887, ses activités de recherche s'orientent vers la Dordogne. Il est le premier préhistorien à visiter l'abri de Laussel (Marquay, Dordogne) en 1894[5]. Il effectue des fouilles dans la grotte des Combarelles, puis dans la grotte de la Mouthe où, après une première visite en , il y débute en des fouilles qui durent huit ans.
Il y découvre dès 1895 des gravures pariétales du Paléolithique[6],[7]. Ce sont les troisièmes décorations pariétales découvertes, après celles de la grotte Chabot (Chiron 1878 mais publiées en 1889) et Altamira (Sautuola 1879), et avant Pair-non-Pair (Daleau 1896, soupçonnées dès 1883) et les Combarelles (Capitan & Breuil 1901)[8].

En , il émet l'idée avec le médecin et préhistorien Paul Raymond de créer la Société préhistorique de France[9]. Le , il en est l'un des membres fondateurs et en devient le premier président. Cette société deviendra la Société préhistorique française.

Mort le à Paris, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (59e division)[10].

Spéléologie[modifier | modifier le code]

En 1890, Émile Rivière crée le terme spéléologie : il forge le mot « spélælogie », à partir des mots grecs spêlaion (caverne) et logos (science) pour désigner la science des cavernes[11].

Décorations[modifier | modifier le code]

Chevalier de la Légion d'honneur Chevalier de la Légion d'honneur (décret du 16 août 1900)

Descendance[modifier | modifier le code]

Émile Rivière est l'arrière-grand-père de Mériadec Rivière, contrôleur général économique et financier et responsable d'associations au sein du mouvement familial.

Publications[modifier | modifier le code]

29 de ses publications sont disponibles sur Persée et une bibliographie plus exhaustive (mais sans liens d'accès) se trouve sur le site de la Bibliothèque de la Société Historique et Archéologique du Périgord.

  • [Rivière 1897] Émile Rivière, « La grotte de la Mouthe (Dordogne) », Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, vol. IV, no 8,‎ , p. 302-329 (DOI 10.3406/bmsap.1897.5702, lire en ligne [sur persee]). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Rivière 1905] « Quelques mots sur la grotte de Liveyre (Dordogne) », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 32, no 7,‎ , p. 209-211.
  • [Rivière 1909] « Note sur l'ordre chronologique véritable des six premières découvertes de grottes à gravures et à peintures », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 6, no 7,‎ , p. 376-380. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Bossavy 1922] J. Bossavy, « Nécrologie. M. Émile Rivière », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 19, no 12,‎ , p. 257-267 (lire en ligne [sur persee]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Goodrum et al. 2016] (en) Matthew R. Goodrum (dir.), « Émile Rivière », dans Biographical Dictionary of the History of Paleoanthropology, , sur drive.google.com (lire en ligne).
  • [Groenen 1994] Marc Groenen, Pour une histoire de la préhistoire : le Paléolithique, Grenoble, Jérôme Millon, , 603 p. (ISBN 2-905614-93-5, lire en ligne)
  • [Leroi-Gourhan 1992] André Leroi-Gourhan, L'art pariétal. Langage de la préhistoire, Grenoble, Jérôme Millon, , 420 p. (ISBN 978-2-905614-71-1, lire en ligne)
  • [MacCurdy 1923] (en) George Grant MacCurdy, « Certain Specimens from the Riviêre Collection », American Anthropologist (New Series), vol. 25, no 1,‎ , p. 72-89 (lire en ligne [PDF] sur docs.shap.fr, consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son nom de famille est « Rivière » et non pas « Rivière de Précourt » comme indiqué parfois, compte tenu de l'arrêt rendu par la cour d'appel de Bourges le , confirmant le jugement du tribunal de Château-Chinon du refusant à son fils Raoul d'ajouter « de Précourt » à « Rivière »[1].

Contrairement à ce qui est indiqué ci-dessus, l'arrêt auquel il est fait référence s'applique à son fils Raoul, mais non à son ascendance.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Arrêt rendu par la cour d'appel de Bourges le  », sur gallica (consulté le ).
  2. Bossavy 1922.
  3. « Musée de Préhistoire de Menton », sur hominides.com (consulté le ).
  4. « Chronique locale », Journal de Rouen, no 225,‎ , p. 2 col. 4.
  5. [Delluc & Delluc 1992] Brigitte Delluc et Gilles Delluc, « L'art pariétal archaïque en Aquitaine » (monographie, 374 p.), Gallia Préhistoire, no 28 « Suppl. »,‎ , p. 176 (lire en ligne [sur persee]).
  6. Rivière 1897.
  7. [Cleyet-Merle 1990] Jean-Jacques Cleyet-Merle, « Naissance d'une polémique en Périgord : la grotte de La Mouthe », Paléo, hors-série,‎ , p. 36-39 (DOI 10.3406/pal.1990.1416, lire en ligne [sur persee]).
  8. Rivière 1909, p. 277.
  9. [Soulier 1993] Philippe Soulier, « Aux origines de la Société préhistorique française : la société préhistorique de France (1904-1910) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 90, no 1,‎ , p. 95-103 (lire en ligne [sur persee]).
  10. « Registre journalier d'inhumation, n°127664 », sur archives.paris.fr, (présentation en ligne, consulté le ), p. 548 (p. 8 du compteur du site).
  11. (fr) « Spéléologie », sur cnrtl.fr, Trésor de la langue française informatisé (T.L.F.i.) (consulté le ).