Liste des peintres juifs de l'École de Paris

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Les peintres juifs de l'École de Paris sont originaires des pays de l’Est : Russie, Pologne, Allemagne, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie. Ils ont été familiarisés avec les grands maîtres français du XIXe siècle et connaissent les impressionnistes par l’intermédiaire de leurs professeurs, tels Józef Pankiewicz à Cracovie, Ilia Répine à Saint-Pétersbourg, Adolf Fényes, Isaac Perlmutter à Budapest et Lovis Corinth à Berlin. Âgés d’une vingtaine d’années pour la plupart, ils sont des acteurs de l’émancipation juive et participent au mouvement de réveil social et intellectuel en Europe qui se caractérise par la perte du religieux et l’engagement politique, et se trouvent en coïncidence avec le contexte cosmopolite des grandes capitales de l’époque, Vienne, Berlin et surtout Paris. Ils seront plus de 500 peintres dans le Paris de l'entre-deux-guerres, formant un réseau d'amitié et, de proche en proche, se connaissant tous.

La Première Guerre mondiale aura tôt fait de les disperser, renvoyant en Allemagne Rudolf Levy, Walter Bondy et Otto Freundlich. Léopold Gottlieb part rejoindre en Pologne l'armée du maréchal Pilsudski. Marc Chagall, Emmanuel Mané-Katz, Abram Brazer, Savely Schleifer retournent en Russie. Eugène Zak s'installe à Nice et à Vence, avant de rejoindre en compagnie de son épouse sa ville natale.

Nombreux sont ceux qui se portent volontaires dans l'armée française : Kisling est réformé en 1915, après une blessure, Louis Marcoussis, ami d'Apollinaire, sera décoré, quant à Simon Mondzain, il gardera l'uniforme jusqu'en juillet 1918. Certains, réformés pour raisons de santé, comme Modigliani et Soutine, se portent alors volontaires pour des corvées. Jules Pascin part pour Londres afin d'échapper au service dans l'armée bulgare.

Pendant les années de guerre, les artistes restés à Paris sans pension ni aide se solidarisent. À partir de 1915, Marie Vassilieff tient une cantine artistique dans son atelier situé dans l'impasse du 21, avenue du Maine, qui ne désemplit pas durant toute la guerre. On y parle toutes les langues.

La Première Guerre mondiale marque l'entrée des peintres juifs de Montparnasse sur la scène parisienne. En décembre 1915, Germaine Bongard, sœur du couturier Paul Poiret, parraine une série d'expositions dans sa boutique de la rue de Penthièvre. La première présente des tableaux de Modigliani, des tableaux de Kisling, qui voisinent avec des tableaux de Picasso, des tableaux de Fernand Léger, d'Henri Matisse et d'André Derain.

Ces peintres se défont peu à peu de la position de marginaux qui était la leur. Le retour du front leur procure un « certificat de bonne conduite », des perspectives s'ouvrent alors.

Léopold Zborowski organise le la première exposition personnelle de Modigliani à la galerie B. Weill. Pour la préface du catalogue, Blaise Cendrars écrit un poème.

Le président de la République François Mitterrand a inauguré l’exposition « De la Bible à nos jours, 3 000 ans d’Art » le jeudi . Cette exposition présentait, parmi l’ensemble des œuvres, une rétrospective des artistes juifs de l’École de Paris. Cette locution est employée par André Warnord sous la demande de Paul Signac (président de la Société des artistes indépendants) pour accueillir les nouveaux artistes d’ascendance juive qui ont fui les conditions sociales et politiques de l'Europe centrale ou de l'Europe de l’Est. L’exposition rend hommage plus particulièrement aux artistes juifs qui ont inauguré de nouvelles conceptions artistiques grâce au Salon des indépendants. Le Salon des indépendants fut un espace, à l’origine, pour accueillir de nouveaux esprits, de nouvelles cultures dont les artistes ont pu manifester à travers les formes plastiques et le choix des couleurs un imaginaire lyrique, poétique, humoristique, tragique proche de la culture juive.

Cet hommage au Salon par François Mitterrand aux peintres juifs de l'École de Paris s’est imposé pour mesurer l’importance de ces peintres comme Marc Chagall, Amadeo Modigliani, Eugène Zak[1].

Liste des peintres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De la Bible à nos jours : 3 000 ans d’art, Grand Palais-Paris, Salon des indépendants, 1985.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De la Bible à nos jours : 3 000 ans d’art : 96e exposition, [catalogue d'exposition], Grand Palais-Paris, Salon des indépendants, 1985.
  • Nadine Nieszawer, Marie Boyé, Paul Fogel, Claude Lanzmann (préface), Les peintres juifs de l'École de Paris, Paris, Éditions Denoël, 2000 ; Somogy, 2015.
  • (en) Eduard Roditi, « The School of Paris », European Judaism: A Journal for the New Europe, vol. 3, no 2,‎ , p. 13–20 (ISSN 0014-3006, lire en ligne, consulté le 8 décembre 2019)