Léopold Zborowski

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Léopold Zborowski
Amedeo Modigliani, Portrait de Léopold Zborowski (1916), musée d'art de São Paulo.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Zborowski (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Leopold ZborowskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Léopold Zborowski, né à Zalichtchyky (royaume de Galicie et de Lodomérie, Autriche-Hongrie) le et mort à Paris le , est un poète polonais et l'un des grands marchands parisiens d'art moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léopold Zborowski est le fils d'Antoine Zborowski et Pauline Wilczyńska[1],[2].

Diplômé de l'université Jagellon (Cracovie), il arrive à Paris au printemps 1913, aidé financièrement par ses parents, il étudie l'histoire de l'art à la Sorbonne et rédige des poèmes, qu'il placera dans la revue Polonia[3] ; il veut devenir critique d'art et fréquente la bohème du quartier du Montparnasse, plus proche, moins cher que Montmartre, et surtout, vivier de l'école de Paris. La déclaration de guerre en août 1914 surprend le jeune polonais et le coupe de sa famille ; étant données les circonstances, il est enfermé un temps comme sujet austro-hongrois au camp d'Argenton-sur-Creuse, puis libéré. Pour vivre, il entreprend alors de vendre des estampes, des livres anciens puis des tableaux[4] « en appartement ». Il vit au 3 de la rue Joseph-Bara, où son voisin est Moïse Kisling, qui lui fait rencontrer Modigliani[2].

Léopold s'installe avec Anna Sierzpowska, issue d'une famille aristocratique polonaise, qui est aussi un des modèles attitrés du peintre italien et de Kisling. Léopold l'avait rencontrée un peu après août 1914, à la brasserie de La Rotonde, où se réunissent de nombreux Polonais en exil. Elle le retrouva durant l'hiver 1915, très affaibli, et elle prit soin de lui en lui offrant un séjour du côté de Saint-Tropez. Peu après Maurice Utrillo exécute un portrait du couple[2].

À partir de juillet 1916, Léopold, très lié à Modigliani, devient son marchand exclusif, organise ses expositions, lui achète ses toiles pour la somme de 15 francs versés chaque jour, et son domicile sert souvent d'atelier à l'artiste, qui peindra de lui trois portraits authentifiés (cf. ci-dessous). Le marchand Paul Guillaume cherchera ensuite à récupérer Modigliani en exclusivité[5].

Galerie Zborowski, 26 rue de Seine, à l'angle de la rue Visconti (1926 ?) : Léopold se tient à la fenêtre du 1er étage.

En 1918, Léopold prend pour assistante Pauline Jourdain, qui devient son amante. Elle fut le dernier modèle de Modigliani, et figure dans l'une de ses dernières toiles, Portrait de Paulette Jourdain (fin 1919), lequel tableau fut d'abord la propriété de Léopold[6].

Le 17 février 1919, Max Jacob dédicace « au poète, charmant homme et mon ami » l'un des 20 exemplaires de l'édition originale de son Phanérogame illustré d'une eau-forte de Picasso (Paris, 1918)[7]. Cette année-là, Zborowski organise une belle exposition de ses peintres à Londres[2].

En 1923, le collectionneur et philanthrope américain Albert C. Barnes arrive à Paris et achète à Zborowski plus d’une centaine de toiles de Soutine et une dizaine de Modigliani. D'autres grands collectionneurs deviennent ses clients, comme Jonas Netter[5].

En 1924, Pauline Jourdain met au monde Jacqueline (1924-2001), fille de Zborowski.

Les Zborowski ouvrent en avril 1926 une galerie au 26 rue de Seine[8],[9], à Paris 6e, et y exposent des peintres contemporains comme : Wanda Chełmońska, André Derain, Pinchus Krémègne, Chaïm Soutine — qu'ils aidèrent régulièrement —, Marc Chagall, André-François Breuillaud, René Iché, Eugène Ebiche, Maurice Utrillo, Jean Aujame, Jean Fautrier, Alexander Mohr (en), Paul Welsch, John Graham[10], etc.

Cette même année, Léon Weissberg exécute son portrait (musée d'art et d'histoire du Judaïsme)[11].

En 1930, la galerie expose l'œuvre du photographe Thomas 0. Bouchard (1895-1984)[12] et en 1931, Esther Carp, artiste polonaise arrivée en France en 1925.

La galerie connaît peut-être des difficultés en 1931[réf. nécessaire], comme beaucoup d'autres.

Zborowski meurt célibataire à son domicile de la rue Joseph-Bara, à l'âge de 43 ans[13]. Emporté par un infarctus, il est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise (89e division).

En novembre 1932, sa compagne organise une exposition en hommage à Léopold. La galerie est alors signalée comme placée sous la gérance d'un certain Rousseau, mais ne change pas de nom. Une des dernières expositions de la galerie est mentionnée dans la presse en février 1939, autour de l'œuvre d'une jeune artiste tchèque, Mie Muntzer (dite Mia Muntzer Le Comte, 1909-2003)[14].

Pendant l'Occupation, Anna Zborowska s'installe en zone libre du côté de Nice.

Les œuvres et les activités de Zborowski font ensuite l'objet de travaux d'études et d'expositions par différents historiens d'art, dont entre autres Marc Restellini, petit-fils d'Isaac Antcher[5].

Représentations par Amedeo Modigliani[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon l'acte de décès no 578, dans l'état-civil de la ville de Paris 6e arrondissement, année 1932.
  2. a b c et d (pl) Agnieszka Warnke, Leopold Zborowski. Polski marszand na Montparnassie, Culure.pl, 5 juillet 2019 — en ligne.
  3. Polonia, revue hebdomadaire des Polonais en exil, fondée à Paris, en novembre 1914.
  4. Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques, du 3 décembre 1932 — sur Gallica.
  5. a b et c « Amedeo Modigliani : une vie, une œuvre. Période Léopold Zborowski », sur Restellini.com.
  6. « Le dernier chef-d’œuvre de Modigliani vendu chez Sotheby’s Hong Kong », FOL, 9 octobre 2023
  7. Très beaux livres illustrés des XIXe et XXe siècle, manuscrits, Ader, Picard et Tajan, catalogue de vente, Hôtel Drouot, du 4 juin 1986, lot n° 91 — sur HAL.
  8. Première exposition, consacrée aux aquarelles de Henri Jaubert, Le Siècle, 23 mai 1926, p. 2.
  9. (BNF 12044457).
  10. Christian Zervos, « Exposition de peintures de Graham (Galerie Zborowski) », in: Cahiers d’art, n° 7, 1929.
  11. Notice de l'œuvre, MAHJ.
  12. « Les photographies de Bouchard », Paris-soir, 5 novembre 1930, p. 5.
  13. Archives de Paris 6e arrondissement, acte de décès no 578, année 1932 (vue 29/31).
  14. Mercure de France, février 1939, p. 213.
  15. Notice de l'œuvre, MASP.
  16. Notice de l'œuvre, IMJ.
  17. Vente Sotheby's New York, 5 novembre 2003, lot 25.
  18. (en) Analyse de l'œuvre considérée comme douteuse, sur Secret Modigliani.
  19. Ambrogio Ceroni (dir.), Amedeo Modigliani, catalogue raisonné, 1970, n° 226.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (pl) Lila Dmochowska, Leopold Zborowski - główny bohater historii o Modiglianim i artystach paryskiej cyganerii, Universitas, 2014, (ISBN 9788324223824).

Liens externes[modifier | modifier le code]