Pinchus Krémègne

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Pinchus Kremegne
Naissance
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Zaloudock (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
CéretVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Mouvement

Pinchus Krémègne[1] (hébreu : פנחס קרמין, russe : Пинхус Кремень), né le à Zaloudock (pl) près de Lida (alors en Empire russe, actuellement en Biélorussie), et mort le à Céret (Pyrénées-Orientales), est un peintre français d'origine russe, rattaché à la première École de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison-atelier du peintre Pinchus Krémègne, à gauche, proche de l'ancien couvent des capucins à Céret, à droite.

Pinchus Krémègne était le dernier des sept enfants d'une famille juive dont le père était artisan. Ses frères participent à des réunions clandestines anti-tsaristes auxquelles Pinchus Krémègne les accompagne parfois ; ils émigreront aux États-Unis.

En 1909, malgré l'aniconisme prôné par la religion juive, il entre à l'Académie des arts de Vilnius pour y étudier la sculpture. Son père lui alloue une pension mensuelle. Krémègne y fait la connaissance de Chaïm Soutine, de trois ans son aîné, et Michel Kikoine. Les conversations du trio tournent autour de Paris où de nombreux artistes, venus de tous horizons, créent un art totalement nouveau. Voyant là l’occasion de s’émanciper, Krémègne part le premier pour Paris, en 1912, bientôt suivi par Kikoïne. Soutine les rejoint peu après.

Arrivés à Paris, tous trois s'installeront dans les ateliers de la Ruche, dans le 15e arrondissement. L'équipement de cette cité d'artiste est sommaire : pas d'eau, pas de gaz, pas d'électricité, mais la plupart de ceux que des critiques appelleront bientôt l'École de Paris y travaillent, comme Marc Chagall, Fernand Léger, Chaim Jacob Lipchitz ou Ossip Zadkine. Krémègne participe à la vie de Montparnasse et fait la connaissance d'Amedeo Modigliani (qui fera son portrait), d'André Derain, et de bien d'autres.

En 1914, il présente trois sculptures au Salon des indépendants. Il semble s'intéresser au rayonnisme, synthèse du cubisme, du futurisme et de l'orphisme ainsi qu'au fauvisme un peu tardivement.

Krémègne étant resté à Paris pendant la Première Guerre mondiale, quelques marchands s'intéressent à son travail : c'est le cas des galeristes Georges Chéron, Paul Guillaume et Léopold Zborowski.

En 1918, il effectue son premier séjour à Céret à l'instigation du peintre Pierre Brune, rencontré à Paris. Krémègne y retrouve Soutine envoyé par Léopold Zborowski. De 1918 à 1920, il peint une série des nus rouges. En 1923, il rencontre à Montparnasse Birgit Strömbäck, gouvernante suédoise de la famille Nobel, qu'il épouse. Le contrat qu'il signe avec Paul Guillaume lui donne une certaine aisance, et il peut quitter la Ruche. Le succès et leurs tempéraments différents éloignent Soutine et Krémègne. Il fait un voyage en Corse. En 1924 naît son fils Fred Kremen. Maurice Loutreuil, avec lequel il travaillait régulièrement, meurt en 1925. Krémègne fréquente le groupe du Pré-Saint-Gervais avec Béatrice Appia et Christian Caillard. Il séjourne à Cagnes de 1926-1929. Il voyage en Suède en 1927 et en Périgord en 1929.

Après les années de succès, la période des années 1930 est difficile pour Krémègne. En 1937, il séjourne en Bourgogne puis, en 1938, dans le Cher. En 1939, sa femme et son fils partent pour la Suède. Krémègne reste en France et, après la défaite de juin 1940, prend part à l'exode, jusqu'en Corrèze ; il y reste jusqu'à la fin de la guerre comme travailleur agricole.

En 1945, il retrouve son atelier et ses toiles à Paris. Il achète un terrain à Céret et se sépare de sa femme. En 1960, il fait construire sa maison-atelier à Céret, près de l'ancien couvent des Capucins[2]. En 1966, il s'installe à Paris, rue Liard, près du parc Montsouris. Jusqu'en 1981, il peint et partage sa vie entre Céret et Paris.

Pinchus Krémègne meurt le 5 avril 1981 à Céret. Il est inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse dans la 26e division.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

En France
En Suisse

Expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dit aussi « Pinkus Krémègne ».
  2. Yves Duchateau, La Mecque du cubisme 1900-1950 : Le demi-siècle qui a fait entrer Céret dans l'histoire de l'art, Alter Ego, (ISBN 291552825X), p. 351

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Waldemar-George, Krémègne, Paris, le Triangle, 1930.
  • Gaston Diehl, Krémègne ou l'expressionnisme sublimé, préface de Gérard Miller et Sofie Kremen, Paris, 1990.
  • Alain Bosquet, Trois peintres russes à Paris, (Krémègne, Blond, Pougny), Le Sphinx, 1980.
  • Collectif, Krémègne, Musée des beaux-arts de Chartres, 1990.
  • Nadine Nieszawer, Peintres juifs à Paris : École de Paris 1905-1939, Denoël, 2000.

Liens externes[modifier | modifier le code]