Emmanuel Mané-Katz

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Emmanuel Mané-Katz
Mane Katz.jpg
Emmanuel Mané-Katz en 1948
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signature d'Emmanuel Mané-Katz
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Emmanuel Mané-Katz est un peintre français de culture juive, né à Krementchouk en Ukraine le et mort à Tel-Aviv en Israël le [1]. De style expressionniste, il appartient à l'Ecole de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son enfance fut totalement imprégnée par la culture juive. Son père, qui s'occupait (chamach, en yiddish - chames) de la synagogue de Krementchoug, l'éduqua selon les préceptes de la religion juive orthodoxe, souhaitant qu'il devienne rabbin. Le jeune Emmanuel apprit à dessiner en cachette. Il quitta une première fois son shtelel natal pour étudier à l'école des beaux-arts de Vilnius, mais ignorant tout du monde laïc, il retourna rapidement à la maison familiale. Encouragé par un artiste originaire d'Odessa, il entra d'abord à l'école des Arts décoratifs de Myrhorod, à seize ans, puis s'inscrivit en 1911 à l'école des beaux-arts de Kiev et s'initia à la culture européenne.

Il arriva à Paris à dix-neuf ans en 1913 et suivit les cours dans l'atelier de Fernand Cormon. Désireux de s'engager dans la légion étrangère lors de la déclaration de la guerre, il fut refusé en raison de sa petite taille. Il voyagea alors à travers l'Europe, visitant les musées où il fit l'apprentissage des maîtres anciens et plus particulièrement de Rembrandt. Il découvrit la peinture de ses contemporains, des Fauves, dont celle d'André Derain qui eut une influence déterminante. De retour à Paris en 1921, l'artiste, qui s'était forgé un style, devait trouver dans la thématique traditionnelle judéo-slave la source de son inspiration. Il fit sa première exposition particulière en 1922 à la galerie Percier. Il s'affirma peu à peu comme l'un des peintres de l'âme juive aux côtés de ses aînés de l'École de Paris, Amedeo Modigliani et Chaïm Soutine et exposa dans de nombreux Salons et galeries parisiennes, ainsi qu'aux expositions du Groupe de l'Amitié avec notamment Jeanne Besnard-Fortin, Serge Charchoune et Kostia Terechkovitch[2]. Il fut également un ami de Pablo Picasso. Son atelier de la rue Notre-Dame des Champs, hérité d'Othon Friesz, sera transmis plus tard à son principal élève, le caricaturiste Henri Morez. Il fut naturalisé français en 1928.

Invocation, 1956. Huile sur toile d'Emmanuel Mané-Katz exposée au musée de Haïfa.

L'art de Mané-Katz cherche à maintenir la culture vivante de la Torah. Son parcours au sein de l'École de Paris et dans le groupe de Montparnasse fut plus orthodoxe que celui de Chagall par exemple. Mané-Katz s'affirma comme le grand peintre de la diaspora. Témoin de la dispersion du peuple d'Israël, du folklore judéo-slave, de la littérature yiddish, Mané-Katz dans son exil, attesta de sa fidélité à sa tradition originelle.

Il fut le peintre des rabbins, des ghettos, et des Justes, celui de la dispersion, véritable témoin et poète de son peuple. Il apporta avec lui en Occident ce monde des talmudistes, des musiciens ambulants suivant les cortèges, de mariés, de prophètes, d'artisans. Même s'il ne voulut pas être seulement un peintre juif et qu'il eut consacré des œuvres aux fleurs, aux paysages de Paris, de Vendée et de Bretagne, il demeura un interprète des communautés juives d'Europe centrale et orientale. Il fit son premier voyage en Palestine en 1928. Malgré de nombreux séjours en Israël, il n'arriva pas à s'intégrer à ce nouveau monde et ne peignit jamais la réalité nouvelle d'Israël combative et fière. Dans ses toiles peintes en Israël on retrouve toujours son imagerie des paysages d'Ukraine et des vieux rabbins enfouis dans sa mémoire.

La ville de Haïfa en Israël lui a consacré un musée sur la Rue Yefe Nof : Mané-Katz avait cédé ses peintures et sa collection personnelle d'ethnographie juive à la ville. Le maire , Abba Hushi, lui proposa quatre ans avant sa mort un lieu de travail sur le Mont Carmel ; ce qui deviendra le Musée Mané-Katz.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (notice BnF no FRBNF11949322).
  2. Dictionnaire Bénézit, Jeanne Besnard Fortin, Gründ 1999, tome 2, page 245.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chefs-d'œuvre de la Collection Rau, catalogue de l'exposition au musée du Luxembourg à Paris en 2000.
  • École juive de Paris, Celiv, Paris, 1995.
  • Nadine Nieszawer, Peintres juifs de l'école de Paris 1905-1939, éd. Denoël, 2000.
  • Michel Ragon, Mané-Katz, ed. Georges Fall, 1961.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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