Joseph Pressmane

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Joseph Pressmane
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Naissance
Décès
Nationalité
française, de naissance ukrainienne
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Distinctions
Prix de la critique 1951, Prix Bührle 1952

Joseph Pressmane, né le 22 juillet 1904 à Berestetchko en Ukraine et mort en 1967 en France, est un artiste peintre et graveur franco-ukrainien appartenant à l'École de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Pressmane étudie à l'école des Beaux-Arts de Lviv et de Varsovie avant de s'embarquer en 1925 pour un grand voyage en Palestine. Une exposition personnelle lui est consacrée à Jerusalem en 1925

En 1927, il arrive à Paris[1] où il voulait voir « des Cézanne ». « C'était bien plus pour regarder les œuvres des autres que pour exposer moi-même » confirmera-t-il[2]. Naturalisé français, il travaille à l'Académie Ranson avec Roger Bissière[3] et s’imprègne des maîtres français qu'il va voir tous les dimanches au Louvre. En 1932, il rencontre Léopold Zborowski qui lui achète plusieurs toiles[4]. La décennie 1930 lui est cependant un temps de grande précarité qui le contraint à un emploi de peintre en bâtiment[5].

Pendant toute la Seconde Guerre mondiale, traqué par les Allemands, Joseph Pressmane reste caché dans les caves, les placards et les W.C. du boulevard de Port-Royal, trompant la souffrance physique et morale en dessinant et en lisant Platon[2]. Il reprend la peinture à la Libération, participant à des expositions jusqu'au début des années 1960[6]. A côté de ses paysages, de ses natures mortes, de ses figures et de ses portraits, on lui connait également des toiles représentant des scènes du folklore juif[6], par quoi, « préservant son identité de juif slave, il s'apparente à Chagall et à Mané-Katz »[7], et quelques lithographies, ces dernières éditées dans le cadre de ses participations aux Salons des peintres témoins de leur temps.

Expositions[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

  • Léopold Zborowski.
  • Alix de Rothschild.
  • Adèle et George Besson.

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Il fit d'abord de la musique et de la poésie et cela se sent dans sa peinture, traitée par modulations. Même quand il traite un paysage de Savoie ou d'Ile-de-France, on y retrouve ce goût de l'humain qui chez lui toujours domine, le sujet passant tout à fait au second plan. » - René Barotte[2]
  • « Qui, mieux que ce souriant et pudique sorcier, sait rendre aguichante la peinture ? Qui sait exprimer la réalité intime des choses par des équivalents aussi loyalement, aussi strictement picturaux ? L'emprise exercée par Pressmane n'est due qu'aux moyens en apparence les plus simples et pourtant les moins en usage, ignorés ou méprisés depuis 1960 : justesse de vision, ingéniosité dans la mise en page, élégance et vivacité du trait, parfaite convenance des valeurs, raffinement de la palette, sincérité. Bien voir, aimer (la réalité), faire aimer... Autant de privilèges qui appartiennent en propre à Joseph Pressmane, guide à suivre, guide peu suivi. » - George Besson[9]
  • « Ce réalisme intimiste séduit par l'ingéniosité de la mise en page, la vivacité du trait, les raffinements extrêmes d'une palette large aux couleurs tendres. » - Gérald Schurr[16]
  • « Son art, non sans un accent de tristesse porté par ses grisailles qu'excitent quelques accents colorés dus aux tuiles des toitures ou aux costumes des passants, procède encore beaucoup de l'imagerie narrative, ce qui l'a parfois fait rapprocher artificiellement d'Utrillo, duquel sa propre maîtrise technique le distingue. » - Dictionnaire Bénézit[7]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix de la Critique, 1951.
  • Prix Bührle, 1952.
  • Prix de la ville de Sestri Levante, 1952.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Adrian Darmon, « La prépondérance des peintres juifs au sein de l'École de Paris », ArtCult, le journal du marché de l'art, 19 novembre 2008
  2. a, b, c et d René Barotte, Joseph Pressmane, dans Les Peintres témoins de leur temps, tome VI : Le sport, Achille Weber/Hachette, 1956, pages 206-207.
  3. Les Atamanes, Joseph Pressmane, biographie
  4. Laurence Bertrand Dorléac, Paris-Est : l'échange artistique, dans l'ouvrage collectif sous la direction d'Élisabeth du Réau Regards croisés et coopération en Europe au XXe siècle, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1996.
  5. Bueau d'art modern and contemporary, Joseph Pressmane, biographie
  6. a et b Adrian Darmon, Autour de l'art juif - Dictionnaire des peintres, sculpteurs et graveurs, Éditions Carnot, 2003, page 190.
  7. a et b Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 11, page 232.
  8. Ouvrage collectif : Les peintres témoins de leur temps, tome V : Réhabilitation du portrait. Beau document dans cet ouvrage : photographie réunissant Joseph Pressmane et Charlie Chaplin.
  9. a et b George Besson, Joseph Pressmane, dans Les peintres témoins de leur temps, tome X : Richesses de la France, Achille Weber/Hachette, 1961, pages 212-213.
  10. Jean Giono, Routes et chemins, Éditions Les peintres témoins de leur temps/Presses artistiques, 1962.
  11. André Flament: L'Événement : soixante peintres ont illustré l'événement à l'occasion de leur XIIe exposition au Musée Galliera, Éditions du Musée Galliera, 1963.
  12. Jean Chabanon, Maximilien Gauthier et Denys Chevalier, Texte hommage à Joseph Pressmane, dans Comparaisons 68, catalogue du salon.
  13. Réunion des musées nationaux, Joseph Pressmane dans les collections du Musée Albert-André
  14. Musée de l'Abbaye, Joseph Pressmane dans les collections
  15. Musée d'art de Pully, Fonds et collection
  16. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1996.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bouret, Joseph Pressmane, Presses littéraires de France, 1951.
  • E. Fraenckel, « L'œuvre de Joseph Pressmane », dans la revue Le Monde juif, n°54, avril 1952.
  • Ouvrage collectif, Les peintres témoins de leur temps, tome V : Réhabilitation du portrait, Éditions du Musée Galliera, 1956.
  • René Barotte, Joseph Pressmane, in Les peintres témoins de leur temps, tome VI : Le sport, Achille Weber/Hachette, 1957.
  • Geeorge Besson, Masters of french painting : 1850 to 1950 with a selection of old masters, Erich S. Hermann Inc, New York, 1958.
  • George Besson, Joseph Pressmane, in Les peintres témoins de leur temps, tome X : Richesses de la France, Achille Weber/Hachette, 1961.
  • Routes et chemins avec Jean Giono et cinquante-six peintres témoins de leur temps (préface de Jean Giono), 56 illustrations par 56 artistes dont Joseph Pressmane, tirage de 2.000 exemplaires, Éditions des Peintres témoins de leur temps/Presses artistiques de France, 1961.
  • Jean Vergnet-Ruiz (avant-propos de Jean Minjoz et Marie-Lucie Cornillot), Collection George et Adèle Besson, Éditions du Musée des beaux-arts de Besançon, 1965.
  • René Huyghe et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, Larousse, 1970.
  • Dictionnaire universel de la peinture, Le Robert, 1975.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne des origines à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  • Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1965 - Dictionnaire des peintres, Éditions Ides et Calendes, 1993.
  • Nadine Nieszawer, Deborah Princ, Oleg Semenov, Claude Lanzmann, Artistes juifs de l'École de Paris, 1905-1939, Éditions Somogy, 1995.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1996.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Nadine Nieszawer, Marie Boyer-Taillan et Paul Fogel (préface de Claude Lanzmann), Peintres juifs à Paris : École de Paris, 1905-1939, Éditions Denoël, 2000.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).
  • Dictionnaire de la peinture, École de Paris, Larousse, 2003, page 952.
  • Adrian Darmon, Autour de l'art juif - Dictionnaire des peintres, sculpteurs et photographes, Éditions Carnot, 2003.

Liens externes[modifier | modifier le code]