Habilitation universitaire

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L'habilitation est la plus haute qualification universitaire qu'une personne puisse recevoir dans certains pays, notamment européens. Faisant suite à un doctorat, l'habilitation exige du candidat la rédaction d'une deuxième thèse, soutenue devant un jury analogue à celui du doctorat. Tandis qu'aux États-Unis, au Royaume-Uni ou dans d'autres pays influencés par le modèle anglo-saxon, le doctorat est suffisant pour enseigner à l'université, dans nombre de pays, dont la France, l'habilitation est requise pour accéder à un poste de professeur des universités. En Allemagne, par exemple, on appelle cela Privat-docent.

L'habilitation existe en France sous le nom d'habilitation à diriger des recherches, en Autriche, en Suisse, en Suède, en Bulgarie, en Pologne, en République tchèque, en Roumanie, en Slovaquie, en Estonie, en Hongrie, et dans les pays de l'ancienne URSS comme l'Arménie, la Moldavie, la Russie, l'Ukraine, mais aussi dans des pays africains comme l'Algérie, le Maroc, etc. Une qualification similaire, nommée Livre-docência, existe également dans les universités de São Paulo[Lesquelles ?], mais ne s'est pas conservée dans les autres régions du Brésil. L'habilitation, développée au XVIIIe siècle, vient du latin habilitare, « rendu capable de ».

En Algérie[modifier | modifier le code]

L'habilitation universitaire a été instaurée en Algérie par le décret exécutif 98-254 du relatif à la formation doctorale, à la post-graduation spécialisée et à l'habilitation universitaire[1]. Elle s'est substituée au diplôme de doctorat d’État et permet à son titulaire d'accéder au grade de Maître de conférences classe "A" ou à celui de maître de recherche classe "A". Les enseignants habilités sont aussi les seuls aptes à diriger des thèses de doctorat ou des équipes de recherches.

Une grande similitude existe entre l'habilitation à diriger des recherches dans le système français et l'habilitation universitaire, que ce soit pour la valeur du titre ou pour les modalités de son acquisition.

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Ce terme peut être utilisé pour parler de qualification en elle-même, du processus pour l'obtenir, ou, de façon incorrecte, de la thèse écrite en vue de son obtention (appelée Habilitationsschrift en Allemagne). En Allemagne, une habilitation réussie donne au candidat (dit Habilitand) le titre de venia legendi qui signifie en latin « permission de donner un cours », ou bien celui de ius docendi, donnant un « droit d'enseigner » un sujet universitaire précis valable tout au long de sa carrière. Ce statut est dit Privatdozent ou Privatdozentin (selon que c'est un homme ou une femme) et on trouve l'abréviation PD ou Priv.-Doz.

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, l'université catholique de Louvain propose, pour les porteurs d'un doctorat en théologie issus de cette institution, la possibilité d'obtenir le titre de Sacrae Theologiae Magister (STM). Le candidat doit, devant un jury international présidé par le recteur, défendre une thèse originale et publiée sous forme d'ouvrage édité, ainsi qu'une série de 7 thèses annexes, représentatives d'un plus grand nombre possible de courants et d'époques de pensées différents. Les porteurs d'un Doctorat en philosophie de la même institution peuvent obtenir le grade de Maître-Agrégé de l'École Saint-Thomas d'Aquin, nécessitant la rédaction de 50 thèses annexes en plus de la thèse originale, également publiée sous forme d'un ouvrage édité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]