King Kong

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Affiche de 1933.
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King Kong est un monstre de fiction ayant l'apparence d'un gorille géant. Il fait sa première apparition dans le film de 1933 réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack et devint rapidement une icône du cinéma fantastique. Depuis les années 1930, King Kong a subi de nombreuses adaptations (dessins animés, romans, comics, jeux vidéo, parcs à thème…). L'image de ce gorille géant, tenant dans sa main une jeune femme et affrontant des avions au sommet d'un gratte-ciel, est fortement ancrée dans la culture populaire. Ce personnage est également devenu un saint du discordianisme.

Origines du nom[modifier | modifier le code]

Image promotionnelle de 1933.

Dans les premières versions du scénario, Merian C. Cooper envisageait que le nom du gorille serait simplement The Beast (« La Bête ») et que le film se nommerait Jungle Beast (« La Bête de la Jungle »). Mais la société de production RKO demanda un titre plus mystérieux et sauvage. Cooper choisit finalement pour son personnage le nom de Kong, qui était celui d'une chaîne montagneuse, d'une cité et d'un royaume africain du XIXe siècle, dans le nord-est de l'actuelle Côte d'Ivoire[1], auquel il rajouta le nom de « King » (« roi » en anglais), pour que les spectateurs ne prennent pas le film pour un simple documentaire et comprennent bien qu'il s'agit d'une fiction.

Apparences et environnement[modifier | modifier le code]

King Kong change d'apparence selon les adaptations et son lieu de vie peut également varier.

Dans le film original, le nom de Kong lui est donné par les indigènes de Skull Island (« Île du Crâne »), une île imaginaire située au large de Sumatra dans l'Océan Indien, où l'évolution s'est arrêtée il y a des milliers d'années. L'île renferme des dinosaures, comme des Tyrannosaurus, et autres créatures féroces et des trésors de l'ancien temps[pas clair]. Bien que simiesque en apparence, cette première version de King Kong peut toutefois marcher debout de manière anthropomorphique. Ce fut un choix de l'animateur Willis O'Brien, pionnier des effets spéciaux et de la stop-motion, qui voulait en faire un « homme-singe » plus qu'un véritable gorille. Dans le film de Cooper et Schoedsack, l'un des personnages principaux décrit le monstre comme n'étant « ni Bête ni Homme » (« no Beast, no Man »).

En 1976, un remake fut tourné par John Guillermin et produit par Dino De Laurentiis. Dans cette adaptation, Kong est un singe humanoïde marchant exclusivement debout. Il vit aussi sur une île appelée Skull Island, mais celle-ci est située dans le Pacifique et elle possède un important gisement de pétrole. Rick Baker, grand spécialiste des costumes et maquillages de monstres, et l'Italien Carlo Rambaldi donnèrent vie au personnage. Dans sa suite, King Kong Lives (1986), le gorille double de taille et devient quadrupède.

En 2005, une nouvelle version fait de King Kong un gorille géant quadrupède et herbivore. Le réalisateur Peter Jackson et l'équipe d'effets spéciaux Weta inventèrent un nom pour l'espèce fictive du gorille : Megaprimatus. Dans ce film, Skull Island est redevenue une île peuplée de dinosaures et autres créatures préhistoriques comme dans la version originale.

Dans les films de la Toho, King Kong est un gorille humanoïde destructeur dépassant les 20 mètres de haut. Il vit sur une série d'îles près du Japon. La version nippone du personnage croise plusieurs autres créatures du cinéma fantastique, notamment le célèbre lézard atomique Godzilla dans un film de 1962, King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira), réalisé par Ishirô Honda.

Thématique[modifier | modifier le code]

Gorille enlevant une femme, sculpture d'Emmanuel Frémiet, version de 1887.

King Kong est une adaptation cinématographique d'un thème à la mode depuis la fin du XIXe siècle : la bestialité, qui avait inspiré d'autres artistes, tant les écrivains que les peintres ou les sculpteurs. Un fait divers rapporté par le journal Le Temps relatait que, dans un village gabonais, un gorille égaré et furieux aurait enlevé et molesté une femme, après avoir détruit des cabanes, en 1880. Cette anecdote, probablement fictive ou pour le moins très exagérée (à la lumière de ce que l'on sait aujourd'hui du comportement des gorilles), marqua les imaginations, dont celle du sculpteur français Emmanuel Frémiet, qui réalisa en 1887 son Gorille enlevant une femme[2]. Cette œuvre célèbre à son époque[3] a néanmoins fait scandale[4]. Cette célébrité inspira ensuite des romans-feuilletons, des caricatures et, plus tard, les réalisateurs Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, qui passèrent du documentaire animalier, dont ils étaient spécialistes dans les années 1930, à une œuvre de fiction.

King Kong explore aussi le thème des « mondes perdus », des terres sauvages et inexplorées abritant d'anciennes espèces disparues. Ce genre, au départ littéraire, est apparu progressivement au fil du XIXe siècle, connaissance un grand succès notamment avec Voyage au centre de la Terre (1864) de Jules Verne ou Mines du roi Salomon (1885) de Henry Rider Haggard, puis au début du XXe siècle avec Le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle en 1912. Dans King Kong, en pénétrant sur Skull Island, des explorateurs américains, en quête de sensationnel, vont bouleverser les règles qui règnent sur cet écosystème très ancien.

Apparitions[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Copies et parodies[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1930, King Kong a inspiré de nombreux films de monstres mettant en scène des gorilles géants et destructeurs. Beaucoup portent le nom de Kong mais ne sont pas pour autant officiels. Monsieur Joe (ou Mon Ami Joe), film RKO réalisé par Cooper et Schoedsack, peut être vu comme une version de King Kong destinée à un public plus familial.

Dessins animés[modifier | modifier le code]

  • (1966-1969) : The King Kong Show
  • (2001) : Kong: The Animated Series (série télévisée d'animation)
  • (2005) : Kong : King of Atlantis
  • (1998) : The Mighty Kong (Kong le roi des singes) Warner Bros. Kids

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • 1965 : King Kong, Editorial Orisaba
  • 1972 : King Kong le robot (Mytek the Mighty) : Éditions de l'Occident, 32 numéros petit format
  • 1974 : King Kong, Gold Key Comics/Éditions Williams France/Sagédition
  • 1977 : King Kong, adaptation du film de 1933
  • 2005 : King Kong, Dark Horse Comics : adaptation du film de 2005.
  • 2007 : KONG: King of Skull Island, par Chuck Satterlee, Joe DeVito et Dan O’Connor. Préquelle et suite du film de 1933

Romans[modifier | modifier le code]

Cette liste ne prend pas en compte les making-of, analyses, artbooks, etc.

  • 1932 : King Kong par Delos W. Lovelace. Novélisation du film de 1933
  • 2004 : KONG: King of Skull Island, par Joe DeVito et Brad Strickland. Préquelle et suite du film de 1933
  • 2005 : King Kong de Joe DeVito et Brad Strickland. Révision du scénario du film de 1933
  • 2005 : King Kong: The Island of the Skull par Matthew Costello
  • 2005 : King Kong, par Christopher Golden. Novélisation du film de 2005 d'après le scénario de Fran Walsh, Philippa Boyens et Peter Jackson

Jeux de société[modifier | modifier le code]

  • 1976 : King Kong, édité par Ideal. Pour 2 à 4 joueurs d'une durée de 20 minutes.
  • 2005 : King Kong, échiquier complet de collection. Sculpté par Weta Workshop, limité à 1 500 pièces.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Chateau et Marielle de Lesseps, King Kong Story, Paris, René Chateau, , 158 p. (ISBN 2-85852-002-X)
  • David Annan, « King Kong » : les singes au cinéma, Paris, M. Minoustchine, , 93 p. (ISBN 2-85694-007-2).
  • Edgar Wallace et Merian C. Cooper (trad. Robert Latour), King Kong, Paris, Albin Michel, , 220 p. (ISBN 2-226-00402-5)
  • George E. Turner et Orville Goldner (trad. Joëlle Baron, Françoise Brugneel, Patrick Kamenka, Marie Ploux), Comment nous avons fait « King Kong » : dans les coulisses d'un classique du cinéma [« Making of King Kong: The Story Behind a Film Classic »], Paris, La Courtille, coll. « L'Univers du cinéma », , 287 p. (ISBN 2-7207-0037-1)
    • Réédition revue et augmentée : (en) George E. Turner, Orville Goldner, Michael H. Price et Douglas Turner, Spawn of Skull Island : The Making of King Kong, Luminary Press, , 256 p. (ISBN 978-1887664455).
  • Lauric Guillaud, King Kong ou la revanche des mondes perdus, Michel Houdiard, coll. « Horizons américains », , 134 p. (ISBN 978-2912673596)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. Schrader, F. Prudent, E. Anthoine (dir.), Atlas de géographie moderne, Hachette, 1889, carte 19-G-d, et Louis Gustave Binger, Du Niger au Golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, Hachette, 1892.
  2. « Cette sculpture obtient la médaille d'honneur, la plus haute distinction, au Salon de 1887, sous le titre Gorille-groupe plâtre - Troglodytes Gorilla (sav.)- du Gabon ». Voir Visiter l'exposition avec une classe, page 11, sur le site museum.nantes.fr
  3. À propos d'une première version : « En 1859, il fait scandale avec son Gorille emportant une négresse, exposé, grâce à l’appui de Nieuwerkerke, derrière un rideau, ce qui lui assura une célébrité immédiate ». Voir Jean-Charles Hachet, Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours
  4. « Soulevé dans une réprobation unanime, le Jury déclara sérieusement qu’une telle œuvre offensait les mœurs, et il l’exclut sans pitié du salon ». Voir Jean-Charles Hachet, Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours. Quant à Charles Baudelaire, il écrivit que « ce viol annoncé est indigne du talent de sculpteur » (voir Albert et Jacqueline Ducros, Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 1992, Volume 4, Numéro 4-3-4 pp. 270) et que cette œuvre « excite la curiosité priapique » du public (voir Philippe Dagen, Romantisme, Année 1994, volume 24, numéro 84).
  5. (en) Ray Morton, King Kong: The History of a Movie Icon from Fay Wray to Peter Jackson, Applause Books, (ISBN 1-55783-669-8, lire en ligne), p. 123
  6. Hood, Robert, « Divided Kingdom: King Kong versus Godzilla »,‎ (consulté le 1er octobre 2007)
  7. http://www.horreur.net/film/banglar-king-kong-12613