King Kong

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Affiche de 1933.
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King Kong est un monstre de fiction ayant l'apparence d'un gorille géant et un saint du Discordianisme. Il fait sa première apparition dans le film de 1933 réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack et devint rapidement une icône du cinéma fantastique. Depuis les années 1930, King Kong a subi de nombreuses adaptations (dessins animés, romans, comics, jeux vidéo, parcs à thème…). L'image de ce gorille géant, tenant dans sa main une jeune femme et affrontant des avions au sommet d'un gratte-ciel, est fortement ancrée dans la culture populaire.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Gorille enlevant une femme, sculpture d'Emmanuel Frémiet, 1885.

Dans les premières versions du scénario, Cooper envisageait que le nom du gorille serait « La Bête » (The Beast) et que le film se nommerait « La Bête de la Jungle » (Jungle Beast). Mais la société de production RKO demanda un titre plus mystérieux et sauvage. Cooper choisit finalement pour son personnage le nom de Kong, qui était celui d'une chaîne montagneuse, d'une cité et d'un royaume africain du XIXe siècle, dans le nord-est de l'actuelle Côte d'Ivoire[1], auquel il rajouta le nom de « King » (« roi » en anglais), pour que les spectateurs ne prennent pas le film pour un simple documentaire et comprennent bien qu'il s'agit d'une fiction.

Apparences[modifier | modifier le code]

Image promotionnelle de 1933.

King Kong change d'apparence selon les adaptations. Dans le film original, le nom de Kong lui est donné par les indigènes de « Skull Island » (l'île du Crâne), une île au large de Sumatra dans l'Océan Indien où l'évolution s'est arrêtée il y a des milliers d'années. L'île renferme des dinosaures, comme des Tyrannosaurus, et autres créatures féroces et des trésors de l'ancien temps. Bien que simiesque en apparence, cette version de King Kong peut toutefois marcher debout de manière anthropomorphique. Ce fut un choix de l'animateur Willis O'Brien, magicien des effets spéciaux et de la stop-motion, qui voulait en faire un « homme-singe » plus qu'un véritable gorille. Dans le film, l'un des personnages principaux décrit le monstre comme n'étant « ni Bête ni Homme » (« no Beast, no Man »).

En 1975, un remake fut tourné par John Guillermin et produit par Dino De Laurentiis. Dans ce remake, Kong est un singe humanoïde marchant exclusivement debout. Il vit sur Skull Island, une île du Pacifique renfermant un important gisement de pétrole. Rick Baker, grand spécialiste des costumes et maquillages de monstres, et l'italien Carlo Rambaldi donnèrent vie au personnage. Dans sa suite, King Kong Lives (1986), le gorille double de taille et devient quadrupède.

En 2005, King Kong est un gorille géant quadrupède et herbivore. Peter Jackson et l'équipe d'effets spéciaux Weta inventèrent un nom pour l'espèce fictive du gorille : megaprimatus. Dans la fiction il vit sur Skull Island redevenue une île peuplée de dinosaures et autres créatures préhistoriques comme dans le film original.

Dans les films de la Toho, King Kong est un gorille humanoïde destructeur de plus de 20 mètres de haut. Il vit sur une série d'îles près du Japon. Parmi les créatures du cinéma fantastique qui croiseront le King Kong version nippone, on peut citer le célèbre lézard atomique Godzilla dans un film de 1962, King Kong contre Godzilla (Kingu Kongu tai Gojira), de Ishirô Honda.

Thématique[modifier | modifier le code]

King Kong est une adaptation cinématographique d'un thème à la mode depuis la fin du XIXe siècle : la bestialité, qui avait inspiré d'autres artistes : écrivains, peintres ou sculpteurs. Un fait divers rapporté par le journal Le Temps relatait que dans un village gabonais, un gorille égaré et furieux aurait enlevé et molesté une femme, après avoir détruit des cabanes, en 1880. Cette anecdote probablement fictive ou pour le moins très exagérée (à la lumière de ce que l'on sait aujourd'hui du comportement des gorilles) marqua les imaginations, dont celle du sculpteur français Emmanuel Frémiet qui réalisa en 1885 son Gorille enlevant une femme[2]. Cette œuvre célèbre à son époque[3] a néanmoins fait scandale[4]. Cette célébrité inspira ensuite des romans-feuilletons, des caricatures et, plus tard, les réalisateurs Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, qui passèrent du documentaire animalier dont ils étaient spécialistes dans les années 1930, à une œuvre de fiction.

King Kong explore aussi le thème des « mondes perdus », des terres sauvages et inexplorées abritant d'anciennes espèces disparues. En pénétrant sur Skull Island, des explorateurs américains, en quête de sensationnel, vont bouleverser les règles qui règnent sur cet écosystème très ancien.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Copies et parodies[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1930, King Kong a inspiré de nombreux films de monstres mettant en scène des gorilles géants et destructeurs. Beaucoup portent le nom de Kong mais ne sont pas pour autant officiels. Monsieur Joe (ou Mon Ami Joe), film RKO réalisé par Cooper et Schoedsack, peut être vu comme une version de King Kong destinée à un public plus familial.

Dessins animés[modifier | modifier le code]

  • (1966-1969) : The King Kong Show
  • (2001) : Kong: The Animated Series (série télévisée d'animation)
  • (2005) : Kong : King of Atlantis
  • (1998) : The Mighty Kong (Kong le roi des singes) Warner Bros. Kids

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • 1965 : King Kong, Editorial Orisaba
  • 1972 : King Kong le robot (Mytek the Mighty) : Éditions de l'Occident, 32 numéros petit format
  • 1974 : King Kong, Gold Key Comics/Éditions Williams France/Sagédition
  • 1977 : King Kong, adaptation du film de 1933
  • 2005 : King Kong, Dark Horse Comics : adaptation du film de 2005.
  • 2007 : KONG: King of Skull Island, par Chuck Satterlee, Joe DeVito et Dan O’Connor. Préquelle et suite au film de 1933

Romans[modifier | modifier le code]

(Ne prend pas en compte les making-of, analyses, artbooks, etc)

  • 1932 : King Kong par Delos W. Lovelace. Novélisation du film de 1933
  • 2004 : KONG: King of Skull Island, par Joe DeVito et Brad Strickland. Préquelle et suite au film de 1933
  • 2005 : King Kong de Joe DeVito et Brad Strickland. Révision du scénario du film de 1933
  • 2005 : King Kong: The Island of the Skull par Matthew Costello
  • 2005 : King Kong, par Christopher Golden. Novélisation du film de 2005 d'après le scénario de Fran Walsh, Philippa Boyens et Peter Jackson

Jeux de société[modifier | modifier le code]

  • (1976) : King Kong, édité par Ideal. Pour 2 à 4 joueurs d'une durée de 20 minutes.
  • (2005) : King Kong, échiquier complet de collection. Sculpté par Weta Workshop, limité à 1500 pièces.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. Schrader, F. Prudent, E. Anthoine (dir.), Atlas de géographie moderne, Hachette 1889, carte 19-G-d, et Louis Gustave Binger, Du Niger au Golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, Hachette 1892.
  2. « Cette sculpture obtient la médaille d'honneur, la plus haute distinction, au Salon de 1887, sous le titre Gorille-groupe plâtre - Troglodytes Gorilla (sav.)- du Gabon », dans Visiter l'exposition avec une classe, page 11
  3. « En 1859, il fait scandale avec son Gorille emportant une négresse, exposé, grâce à l’appui de Nieuwerkerke, derrière un rideau, ce qui lui assura une célébrité immédiate. », Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours, Jean-Charles Hachet
  4. « Soulevé dans une réprobation unanime, le Jury déclara sérieusement qu’une telle œuvre offensait les mœurs, et il l’exclut sans pitié du salon. » dans Jean-Charles Hachet, Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours; quant à Charles Baudelaire, il écrivit que « ce viol annoncé est indigne du talent de sculpteur » sur Albert et Jacqueline Ducros, Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 1992, Volume 4, Numéro 4-3-4 pp. 270 et que cette œuvre « excite la curiosité priapique » du public dans Philippe Dagen, Romantisme, Année 1994, volume 24, numéro 84.