Carlo Rambaldi

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Carlo Rambaldi
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Carlo Rambaldi en 2010

Surnom Le « Gepetto de ET », selon Steven Spielberg
Naissance
Vigarano Mainarda (Italie)
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Décès (à 86 ans)
Lamezia Terme (Italie)
Films notables Les Frissons de l'angoisse, E.T. l'extra-terrestre, Rencontres du troisième type, King Kong, Alien

Carlo Rambaldi, né le 15 septembre 1925 à Vigarano Mainarda et mort le 10 août 2012 à l'hôpital de Lamezia Terme, est un peintre et sculpteur italien spécialisé dans la réalisation d'effets spéciaux pour le cinéma. On lui doit, entre autres, le King Kong de 1976, l'Alien de 1979, E.T. l'extra-terrestre de 1982 ou le navigateur de Dune de 1984.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Carlo Rambaldi naît à Vigarano Mainarda, dans la province de Ferrare en Émilie-Romagne, le [1] . Carlo Rambaldi est diplômé de l'Académie des beaux arts de Bologne[2]. Il commence à travailler pour le monde du cinéma en 1957 en réalisant Fafner, le gardien du Trésor des Nibelungen en un dragon de seize mètres de long pour le film Le Chevalier Blanc (Sigfrido) de Giacomo Gentilomo[3]. Il a élaboré ce dragon géant dans un garage de la rue Claudia à Rome qui lui servait d'atelier[4] .

Sa deuxième collaboration artistique, il le réalise pour le film Persée l'invincible (Medusa vs son of Hercules) de Alberto De Martino, en collaboration avec Amando de Ossorio. Avec le peu de moyen, Carlo Rambaldi parvient à créer un dragon et une méduse (une sorte d’arbre avec un œil et des tentacules)[5],[6]. En 1965, pour le téléfilm Hercules and the princess of Troy de Albert Band, il crée un insecte géant dont les mouvements sont contrôlés par des câbles. En 1966, pour le film La Bible de John Huston Carlo Rambaldi réalise un faux lion. En 1968, Carlo Rambaldi produit le masque de Diabolik dans le film éponyme Danger : Diabolik ! de Mario Bava.

Après la mode des films mythologique des années 1960, Carlo Rambaldi assure les effets spéciaux des films gores en vogue dans les années 1970 comme La Baie sanglante (1971), La Nuit des diables (1972), La Proie des vierges, Frankenstein 80, etc. L'Italien collabore dans les films de Paul Morrissey en 1973 Chair pour Frankenstein et en 1974 Du sang pour Dracula. En 1975, il fait les effets spéciaux pour le film Les Frissons de l'angoisse de Dario Argento.

Scandale[modifier | modifier le code]

En 1971, dans le film « Le venin de la peur » (Una lucertola con la pelle di donna), de Lucio Fulci, la scène de vivisection sur des chiens, où figurent des cœurs encore palpitants provoque un scandale. La séquence est tournée de façon si réaliste qu’elle apparaît comme vraie. La justice italienne était prête à poursuivre le réalisateur pour cruauté envers les animaux. Lucio Fulci évite deux années de prison grâce à l’intervention de Carlo Rambaldi qui présente au jury pour preuve, les chiens du film : de simples marionnettes[7].

King Kong[modifier | modifier le code]

Envisageant dans les années 1970 un remake du classique King Kong sorti en 1933, le producteur Dino De Laurentiis confie les effets spéciaux à son compatriote Carlo Rambaldi, qui avait déjà créé pour lui le lion factice de La Bible réalisé par John Huston. En partenariat avec le maquilleur américain Rick Baker, Carlo Rambald se concentre avec King Kong sur la partie mécanique du projet, notamment les bras mécaniques pour les gros plans montrant l'actrice Jessica Lange[8]. Donnant son aval pour la conception d'un gigantesque singe de 12 mètres de haut, pesant 6 tonnes et coûtant à la production 1,7 millions de dollars, le producteur constate néanmoins un notable manque de maniabilité qui limitera son utilisation à quelques plans.

Connu pour sa condescendance à l'égard de ses confrères et enclin à s'approprier leur travail, Carlo Rambaldi n'en partagea pas moins l'Oscar pour une contribution spéciale pour sa contribution à King Kong avec Glen Robinson et Frank Van der Veer, créant tout de même la polémique car son robot grandeur nature s'avèra globalement inutilisable et assez peu convaincant pour n'apparaître que quelques secondes à l'écran, comme par exemple dans la présentation officielle de la créature et son agonie au pied du World Trade Center à la toute fin du film [9]. Car c'est en fait Rick Baker qui, grimé dans son costume, tint principalement le rôle du singe géant sans en être clairement crédité au générique. Dans une émission de la RTBF de 1983[10], Carlo Rambaldi exagèrera l'importance de monstre mécanique, allant jusqu'à évoquer l'ascention du World Trade Center par une créature miniature pourtant bel et bien accomplie à l'écran par Rick Baker en costume.

Dans une interview publiée dans le no 35 de Mad Movies, Carlo Rambaldi affirmera même : « Baker est bon pour le maquillage mais pas pour la mécanique. La seule bonne chose du Le Loup-garou de Londres, c’est le visage qui se déforme. En plus c’est simplissime. Un visage en caoutchouc sur lequel vous poussez une mâchoire au bout d’un bâton. Et il a obtenu un Oscar pour ça. Pour King Kong, il avait construit un costume de gorille que Dino De Laurentiis et John Guillermin ne trouvaient pas bon[11]. »

Pour la première du film à Paris, le jeudi 16 décembre 1976, le magazine Paris Match fit venir le monstre de douze mètres et pesant six tonnes par trois vols d'avion cargo Boeing 747 F « Super Pélican » d'Air France depuis New York jusqu’à l’aéroport de Roissy. Deux techniciens américains veillèrent sur son voyage et son assemblage en France, sa tête mesurant à elle seule 2,50 m de diamètre, sa poitrine 6 mètres et ses mains 1,80 mètres ! Et c’est couché sur le dos, que les Parisiens découvrivrent alors King Kong, à l’angle de la rue Pierre-Charron, devant le numéro 63 des Champs-Élysées, siège de Paris Match[12].

Succès[modifier | modifier le code]

Après King Kong, Dino De Laurentiis confie à Carlo Rambaldi une autre créature animatronique, le Bison blanc du film éponyme de J. Lee Thompson. Bien qu'impressionnant de réalisme, même en plans rapprochés, celle-ci se borne en fait à charger, sans autre nuance ni expression. Les rails sur lesquels il évolue réduisent par ailleurs considérablement les choix de mise en scène contrainte à des effets inévitablement répétitifs.

Depuis le remake de King Kong, les effets spéciaux de Carlo Rambaldi s'illustrent dans les films de grands réalisateurs internationaux, notamment dans les films de Steven Spielberg, Rencontres du troisième type, Carlo Rambaldi réalise ensuite la tête articulée de l'Alien de Ridley Scott en 1979. En 1980, Carlo Rambaldi est récompensé de l'Oscar des meilleurs effets visuels pour Alien qu'il partage avec H.R. Giger, Brian Johnson, Nick Allder et Denys Ayling.

En 1981, Carlo Rambaldi collabore avec Oliver Stone dans le film La Main du cauchemar où il crée les effets spéciaux. La même année, Carlo Rambaldi réalise l'entité visqueuse et fornicatrice de Possession d'Andrzej Zulawski. Le cinéaste polonais sur les conseils d'une amie productrice, commande à Carlo Rambaldi un monstre sexuel et tentaculaire aux formes phalliques. L’artiste italien conçoit en deux jours, une sorte de poulpe qui selon Andrzej Zulawski ressemblait à un préservatif rose de 2 mètres et demi[13],[14]. Andrzej Zulawski n'était pas d'accord avec Rambaldi quant à son aspect, aussi a-t-elle été partiellement modifiée à la dernière minute, quelques heures avant le début du tournage des scènes correspondantes. Mais le résultat final, la scène d’étreinte amoureuse entre Isabelle Adjani et la créature est très impressionnant. En 2009, sur les bonus du DVD du film Possession, Andrzej Zulawski revient notamment sur son désarroi et le côté bricoleur du dimanche de Carlo Rambaldi.

En 1982, Carlo Rambaldi crée son chef-d'œuvre : E.T. l’extra-terrestre de Steven Spielberg, et en 1983, il remporte son troisième Oscar pour ses effets spéciaux, qu'il partage avec Dennis Muren et Kenneth Smith. Le film de Steven Spielberg marque l’apogée de la carrière de Rambaldi, qui va ensuite décliner sous la houlette de Dino De Laurentiis.

Déclin[modifier | modifier le code]

Après E.T. Carlo Rambaldi réalise, pour le film Dune de David Lynch (1984), le monstrueux navigateur de la Guilde ainsi que les vers géants de la planète Arrakis. Bien que ses créatures furent impressionnantes, le film fut un désastre financier et artistique. La créature de Dagoth pour Conan le destructeur, film sorti la même année que Dune, en 1984[15], marque que les créations de Rambaldi appartiennent au passé, son apparence de costume en latex un peu balourd amenuisant considérablement l’impact de la scène finale. Richard Fleischer lors d'une interview du Starfix no 4 de juillet 1984 déclara : « Il y a deux monstres dans le film. Le premier (une sorte d'homme-singe) n'a pas posé de problème. Pour le deuxième (Dagoth), ça a été bien plus problématique! Ca m'a causé un nombre incalculable de migraines! La première conception ne marchait vraiment pas. Tout allait mal : ses yeux ne s'ouvraient pas et sa mâchoire tombait, il ne faisait rien de ce qu'on lui commandait! Personne ne l'aimait sur le plateau. Il était trop petit et sa texture n'était vraiment pas terrible! J'ai essayé de le filmer pendant quelques jours et puis j'ai finalement abandonné et demandé qu'on le reconstruise. »

Bien que la profession le pousse à la retraite en lui décernant en 1985 lors du MystFest, un prix spécial pour l'ensemble de sa carrière, Carlo Rambaldi continue de produire des créatures fantastiques notamment pour les films tirés des œuvres de Stephen King, comme le lutin maléfique de Cat's Eye[16] de Lewis Teague et le loup-garou de Peur bleue[17] qui ne font confirmer que son art est dépassé. D'ailleurs, le producteur Dino De Laurentiis s'est dit très déçu du costume de loup-garou ainsi que de la façon dont l'acteur qui le mettait se déplaçait[18].

Les effets spéciaux ringards du King Kong 2 de 1986 nommés au Razzie Awards[19] achève sa carrière américaine. En 1988, Carlo Rambaldi arrête le cinéma avec deux films d’horreur. Cameron's Closet où il crée le monstre de Armand Mastroianni et Rage (Furia primitiva) réalisé par son propre fils Vittorio Rambaldi[20].

Millénium[modifier | modifier le code]

Carlo Rambaldi avait le projet de créer un parc d'attraction futuriste à sa gloire baptisé Millenium. Dans un reportage de l'émission Temps X, Carlo Rambaldi avoue qu'avec son parc à thème Millenium, il n'a pas voulu copier Disney, car il a d'autres possibilités.

Mort[modifier | modifier le code]

Il décède le à l'âge de 86 ans dans l'hôpital de Lamezia Terme en Calabre où il résidait depuis une dizaine d'années[1]. C'est le conseiller régional à la Culture, Mario Caligiuri, qui a annoncé aux médias le décès de Carlo Rambaldi sans communiqur les causes exactes de sa mort[21]. Il laisse derrière lui, sa femme Bruna, ses enfants Vittorio, Alex et Daniela, e ses petites filles Cristina, Erica et Alessandra[22].

Hommage[modifier | modifier le code]

En 2012, lors d'une interview, David Lynch qui a utilisé les services de l'Italien pour son film Dune, dit que E.T ressemble à son créateur : I have a theory about Carlo Rambaldi: He always builds himself. And so, somehow, the Navigator looks to me a bit like Carlo Rambaldi. And E.T. looks exactly like Carlo Rambaldi[23] !

Le personnage de la série Alias, Milo Giacomo Rambaldi est un hommage de J. J. Abrams pour Carlo Rambaldi.

La Commune calabraise de Motta Santa Lucia [24], dans la province de Catanzaro ( CZ ) crée le 1° Avril 2017, le Prix à la mémoire de Carlo Rambaldi,future collaboration entre la Commune et la Fondation Rambaldi [25]. A sa fille Daniela Rambaldi lui est remis le premier Prix par le Maire ,l'Avocat Amedeo Colacino[26],[27],[28]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1985 : MystFest - prix spécial pour l'ensemble de sa carrière.
  • 2000 : Los Angeles Italian Film Awards pour les effets spéciaux

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rambaldi, Carlo dans l'Enciclopedia del Cinema de Paolo Marocco, 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Mort de Carlo Rambaldi, créateur d'E.T, Alien et King Kong », L'Express,‎ (lire en ligne)
  2. http://intl.hkbu.edu.hk/factsheet/Bologna_Art.pdf
  3. http://www.youtube.com/watch?v=FpCd0HAiNX4
  4. Bonus DVD du film Le Chevalier Blanc
  5. http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=141253.html
  6. http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-perseelinvincible-persee-l-invincible.html
  7. http://www.empireonline.com/features/carlo-rambaldi
  8. http://www.pulpanddagger.com/canuck/Kong_hand.html
  9. http://www.youtube.com/watch?v=QQxnwdnFPwU&feature=plcp
  10. http://www.sonuma.be/archive/carlo-rambaldi-cr%C3%A9ateur-deffets-sp%C3%A9ciaux-au-cin%C3%A9ma
  11. Mad Movies n°35
  12. http://king-kong.fansforum.info/t551-Le-destin-tragique-des-King-Kong-de-Carlo-Rambaldi.htm
  13. http://www.forgottensilver.net/2011/09/27/possession-photos-rares-du-tournage/
  14. http://www.youtube.com/watch?v=lIQd4_5IxYA
  15. http://www.imdb.com/name/nm0708058/
  16. http://2.bp.blogspot.com/-xhEzPl4o5_M/UCXeSq1ROnI/AAAAAAAADNA/d_ncomAxo_k/s1600/catseyetroll.jpg
  17. http://2.bp.blogspot.com/-SU9cCcIznu0/UCXeT4NTtLI/AAAAAAAADNI/CAlHJvJCFRY/s1600/silver-bullet-image-2.jpg
  18. (en) « Trivia for Silver Bullet (1985) », sur le site IMDb.
  19. http://www.imdb.com/event/ev0000558/1987
  20. http://www.animalattack.info/wordpress/rage-furia-primitiva
  21. http://www.francetv.fr/culturebox/deces-du-createur-de-et-et-du-monstre-dalien-litalien-carlo-rambaldi-110826
  22. http://www.guardian.co.uk/film/2012/aug/12/carlo-rambaldi
  23. http://www.slate.com/blogs/browbeat/2012/08/13/carlo_rambaldi_r_i_p_what_david_lynch_got_right_about_the_creator_of_e_t_.html
  24. « Vérification de sécurité nécessaire », sur www.facebook.com (consulté le 3 avril 2017)
  25. (it) Francesco Mendicino, « Fondazione Culturale Carlo Rambaldi », (consulté le 3 avril 2017)
  26. « Amedeo Colacino », sur www.facebook.com (consulté le 3 avril 2017)
  27. Francesco Mendicino, « Motta Santa Lucia: Premiazione in ricordo di Carlo Rambaldi », (consulté le 3 avril 2017)
  28. « Motta Santa Lucia », sur www.facebook.com (consulté le 3 avril 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]