Dark Horse Comics

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Dark Horse Comics
Description de l'image Dark Horse Comics Logo.svg.
Création 1986
Fondateurs Mike Richardson
Siège social Drapeau des États-Unis Milwaukie, Oregon (États-Unis)
Activité Comics
Site web Dark Horse
Le siège de Dark Horse Comics

Dark Horse Comics est un éditeur de comics dont le siège est situé à Milwaukie, Oregon, et qui a été fondé en 1986 par Mike Richardson. Celui-ci alors propriétaire d'une chaîne de magasins spécialisés dans la vente de comics décide de se lancer dans l'éditions d'auteurs indépendants et de proposer autre chose que les comics de super-héros.

Dark Horse Presents et Boris the Bear sont les deux premiers comics édités et tous deux connaissent des ventes supérieurs aux attentes de Richardson. Après ces succès, Richardson parie sur des adaptations de films comme Alien, Predator. Le soin apporté à celles-ci attire les lecteurs et sont encore une réussite qui amène à la création d'histoires originales inspirées par l'univers de ces films. Dark Horse ne délaisse cependant pas la création originale et permet à des auteurs importants comme Frank Miller, qui crée Sin City ou Mike Mignola qui lance sa première création originale Hellboy.

Par ailleurs, Dark Horse est aussi un des premiers éditeur américain à proposer des mangas qui là encore trouvent facilement leur lectorat. Ces diverses publications et surtout les ventes importantes permettent à Dark Horse de devenir le troisième éditeur de comics. Bien que ce rang lui soit disputé dans les années 1990 et 2000 par d'autres éditeurs comme Valiant Comics ou Image Comics, Dark Horse garde une bonne santé financière et continue à publier des comics originaux et dont les auteurs gardent les droits. Comme beaucoup d'autres éditeurs, Dark Horse noue des liens avec des studios de cinéma et de nombreux comics sont adaptés au grand écran.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mike Richardson, en 1986, est le propriétaire d'une chaîne de magasins spécialisés dans la vente de comics, nommée Pegasus Books, située à Portland dans l'état de l'Oregon. Le commerce alors florissant et le développement d'un marché indépendant rentable, qui suit le succès des Tortues Ninja[1], le poussent cette année là à fonder sa propre maison d'édition qu'il baptise Dark Horse Comics[2]. En juillet, sortent ses deux premiers comic books, Dark Horse Presents et Boris the Bear. Le premier est une anthologie dans laquelle dès le premier numéro est publié Concrete de Paul Chadwick. Ce titre connaît alors un succès assez important pour avoir ensuite son propre magazine qui obtient en deux ans vingt-six récompenses ou nominations. L'autre comics, Boris the Bear, attire tout autant les lecteurs avec des histoires parodiques et violentes se moquant des personnages de comics d'autres éditeurs, ainsi que du fonctionnement même de l'industrie des comics. Dans les deux cas, Mike Richardson parie sur 10 000 exemplaires vendus, mais les ventes dépassent de beaucoup ses espoirs pour atteindre 50 000 exemplaires vendus. Cela le conforte dans sa décision de devenir éditeur et de continuer l'aventure[1].

Après s'être concentré sur des créations originales, Dark Horse se tourne vers l'adaptation de films comme Alien, Predator ou Star Wars. C'est encore dans Dark Horse Presents que sont d'abord proposées ces adaptations, avant que des comics consacrés à chacune de ces franchises ne voient le jour[3]. Plus tard, d'autres séries comme Buffy contre les vampires prennent le relais de ces adaptations de films. Ces adaptations sont un succès et Dark Horse développe ainsi les univers des séries qu'il a sous licence et propose des crossover entre ces séries. Ainsi, les Alien et les Predators se combattent dans des comics publiés par Dark Horse, bien avant que l'idée soit reprise dans le film Alien vs. Predator.

L'éditeur ne se contente cependant pas de ce filon et lance aussi de nombreuses séries qui restent la propriété de leurs créateurs. On trouve ainsi Grendel de Matt Wagner, Sin City de Frank Miller, Hellboy de Mike Mignola[4],[2]. Si certaines de ces séries sont plus tard publiées par un autre éditeur, c'est à chaque fois dans Dark Horse Presents que Dark Horse pré-publie ces nouvelles séries. Sin City apparaît dans le numéro 51 en 1991, John Byrne's Next Men dans le 54, etc[3]. Pour mettre en valeur ces comics Dark Horse crée la collection « Legend » à la demande de plusieurs auteurs. Se retrouvent là Frank Miller, John Byrne, Mike Mignola (qui crée pour l'occasion Hellboy), Art Adams, Dave Gibbons, Geoff Darrow et Paul Chadwick[5].

Un autre domaine développé par Dark Horse, dès 1987, est la publication de traductions de mangas. La première adaptation proposée est celle de Godzilla de Kazuhisa Iwata en 1987[6]. Cet essai sera suivi de nombreuses autres traductions comme Oh My Goddess! de Kosuke Fujishima, Ghost in the Shell de Masamune Shirow, Blade of the Immortal de Hiroaki Samura qui permettent à Dark Horse de s'imposer dans ce domaine avant même que l'édition de mangas ne connaisse un formidable essor. Dark Horse continue depuis à publier des mangas importants, comme Lone Wolf and Cub de Kazuo Koike et Goseki Kojima[7].

En 1990, Dark Horse engage Diana Schutz comme responsable éditoriale. Sous des titres de poste divers, elle occupe cette fonction durant 25 ans et publie des auteurs aussi importants que Will Eisner, Frank Miller ou Neil Gaiman[8]. À partir de 1992, Dark Horse se diversifie et crée plusieurs divisions : Dark Horse Entertainment en 1992 où se négocient les accords pour les adaptations faites par Dark Horse, Dark Horse.com en 1995 pour gérer sa présence sur le web, M Press et DH Press en 2004, éditeurs d'ouvrages qui ne sont pas des comics, et enfin Dark Horse Indie pour produire des films indépendants en 2005. Cela se traduit par l'adaptation de comics en films comme The Mask en 1994, Mystery Men en 1999, etc[2].

Stratégie éditoriale[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il crée Dark Horse Comics, Mike Richardson décide de publier des comics qui se démarquent nettement du modèle classique du comics de super-héros dominant alors le marché grâce aux deux principaux éditeurs DC Comics et Marvel Comics. Les personnages récurrents de Dark Horse Presents sont ainsi au départ The Mask ou Flaming Carrot[3]. En choisissant l'originalité, Richardson fait le bon choix car lorsque l'industrie des comics connaît une crise dans les années 1990, de nombreuses sociétés qui publiaient des comics de super-héros disparaissent, alors que Dark Horse, n'ayant pas suivi le modèle économique dominant, échappe en partie à la tourmente. Cette stratégie éditoriale s'accompagne de la décision de laisser les auteurs propriétaires de leurs œuvres. Alors que dans les sociétés anciennes, l'auteur abandonne ses droits sur les personnages qu'il crée à la maison d'édition, chez Dark Horse, il garde tous ses droits d'auteurs. Plusieurs auteurs déjà reconnus, à l'instar de Frank Miller, décident alors d'y faire publier leurs œuvres personnelles[9].

Même lorsque Dark Horse commence à publier des adaptations de films à succès, il se démarque du tout-venant. En effet, l'adaptation est habituellement un moyen d'attirer facilement des lecteurs sur le seul titre alors que le scénario et le dessin sont délaissés. Au contraire, les adaptations, et les histoires originales situées dans l'univers des films adaptés, sont soignées et les auteurs des films sont invités à donner leur avis sur ces œuvres. Ainsi, Joss Whedon poursuit les aventures de Buffy dans une série de comics après l'arrêt de la série télévisée[7].

Autres médias[modifier | modifier le code]

Si Dark Horse s'est en partie fondé sur l'adaptation de franchises cinématographiques, ses liens avec l'industrie du cinéma ne se sont pas arrêtés là. Après avoir acheté des droits, l'entreprise s'est mise à en vendre, ou du moins à participer à la cession de droit pour des adaptations en film ou en séries télévisées, puis en jeux vidéo. Le premier comics à être porté à l'écran est Dr. Giggles qui ne connaît pas un retentissement énorme, mais permet à Dark Horse de se frotter au monde de la production cinématographique. Les deux films suivants, The Mask et Timecop, sont au contraire deux réussites au box-office, rapportant dans le premier cas plus de 351 millions de dollars et dans le second plus de 100. Plusieurs autres films ont ensuite vu le jour allant de l'échec, comme Barb Wire, au succès critique et public (Hellboy ou surtout Sin City)[10].

Influence[modifier | modifier le code]

Lorsque Richardson fonde Dark Horse Comics, le monde des comics est dominé par DC Comics et Marvel Comics, après la disparition d'éditeurs historiques comme Dell Comics, ou l'effondrement d'autres comme Archie Comics. Bien qu'il ne soit pas le premier à proposer des comics originaux et de qualité, Richardson parvient en quelques années à faire de sa firme la plus importante de ce secteur. Dark Horse Comics dans les années 1990 devient le troisième éditeur en termes de vente et de profits. Cette place lui est ensuite disputée par d'autres éditeurs comme Valiant Comics ou Image Comics[11]. En 2014, Dark Horse est le cinquième éditeur derrière Marvel, DC, Image et IDW Publishing[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Duncan et Smith 2013, p. 169
  2. a, b et c Booker 2010, p. 136
  3. a, b et c Booker 2010, p. 137
  4. Rhoades 2008, p. 120
  5. Duncan et Smith 2013, p. 171
  6. (en) J. Caleb Mozzocco, « Godzilla Comics: A Brief History Of Smashing Cities, Superheroes And Other Kaiju », sur comicsalliance.com,‎ 16 lai 2014 (consulté le 9 octobre 2015)
  7. a et b Duncan et Smith 2013, p. 173
  8. (en) Janelle Asselin, « Influential Comics Editor Diana Schutz Retires From Dark Horse », sur comicsalliance.com,‎ (consulté le 18 mai 2015)
  9. Duncan et Smith 2013, p. 170
  10. (en) Borys Kit et Gretchen Beane, « Dark Horse Comics' Movie Hits and Misses of the Past 25 Years », sur www.hollywoodreporter.com,‎ (consulté le 10 octobre 2015)
  11. Duncan et Smith 2013, p. 175
  12. (en) « Diamond Announces Top Comic Books & Graphic Novels for 2014 », sur www.diamondcomics.com,‎ (consulté le 10 octobre 2015)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article source utilisée pour la rédaction de cet article

  • (en) M. Keith Booker, Encyclopedia of Comic Books and Graphic Novels, ABC-Clio,‎ , 763 p. (ISBN 978-0-313-35746-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Randy Duncan et Matthew J. Smith, Icons of the American Comic Book : From Captain America to Wonder Woman, ABC-CLIO,‎ , 920 p. (ISBN 9780313399237)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Shirrel Rhoades, A Complete History of American Comic Books, Peter Lang,‎ , 353 p. (ISBN 1433101076, lire en ligne), p. 120Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]