Keystone Pipeline

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Le tracé en 2014 et le doublement prévu (dit phase IV, tracé en vert).

Le Keystone Pipeline est un oléoduc de TransCanada long de 3 461 km entre le Canada et les États-Unis. Partant de la région des sables bitumineux de l'Athabasca, dans le Nord-Est de la province canadienne de l'Alberta, il dessert plusieurs destinations aux États-Unis, dont des raffineries du sud de l'Illinois (Wood River et Patoka) et de Cushing en Oklahoma. Une branche rejoint la côte texane du golfe du Mexique[1]. L'oléoduc transporte des hydrocarbures synthétiques et du bitume dilué depuis les sables bitumineux de l'Alberta mais également du pétrole brut du bassin de Willinston (en) du Montana et du Dakota du Nord[1].

Trois phases de ce pipeline, en construction depuis 2008, sont opérationnelles depuis janvier 2014. Une quatrième (en vert sur la carte ci-contre), nommée Keystone XL, est en projet ; l'oléoduc doit emprunter un parcours moins long que celui de l'actuel Keystone Pipeline. Le projet d'infrastructure, vivement contesté par des associations environnementales mais soutenu par le Parti républicain, a été voté par le Congrès américain en février 2015, mais s'est heurté au veto du président des États-Unis Barack Obama.

Historique[modifier | modifier le code]

Tronçons construits : Keystone Pipeline[modifier | modifier le code]

Camion transportant des longueurs de pipeline de 36 pouces de diamètre servant à la construction du tronçon de la phase II (extension Keystone-Cushing) au sud-est de Peabody au Kansas (États-Unis).

L'oléoduc Keystone Pipeline est proposé en février 2005[2]. Après deux ans de construction, il est opérationnel en juin 2010[3] et mesure 3 461 km de long[4]. Il est composé de quatre phases, dont trois sont quasi-totalement réalisées.

La phase I, un pipeline courant de Hardisty dans l'Alberta vers Steele City (en) (Nebraska), Wood River et Patoka (Illinois), est achevée à l'été 2010.

La phase II, l'extension Keystone-Cushing, est opérationnelle en février 2011 ; elle consiste en un pipeline courant sur 480 kilomètres, de Steele City aux installations de stockage et de distribution de Cushing, dans l'Oklahoma. L'ensemble a une capacité de 590 000 barils par jour (94 000 m3/j)[5].

La phase III, l'extension qui court sur 700 kilomètres de Cushing au golfe du Mexique, est pour sa plus grande partie (tronçon jusqu'à Port Arthur, au Texas ; « phase 3b » sur la carte supra) ouverte en janvier 2014 et a une capacité de 700 000 barils par jour (110 000 m3/j)[6] ; son coût est de 2,3 milliards d'euros[7]. Elle doit être complétée fin 2016 par un tronçon de 77 kilomètres menant à la ville d'Houston (« phase 3b » sur la carte supra)[8].

La phase IV, dénommée Keystone XL, est développée ci-dessous. Le coût des phases II à IV est évalué à 7 milliards de dollars[9],[10].

Projet d'extension : Keystone XL[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Une extension du Keystone Pipeline (correspondant à la phase IV) est proposée en 2008 par la firme TransCanada et vise à transporter des hydrocarbures synthétiques et du bitume dilué depuis la région des sables bitumineux de l'Athabasca, dans le Nord-Est de l'Alberta, au Canada, vers plusieurs destinations aux États-Unis, dont des raffineries en Illinois et à Cushing en Oklahoma[11]. Connu sous le nom de Keystone XL, ce doublement de 1 897 km avec un tracé différent et plus direct (moitié moins long que celui de l'oléoduc existant), relierait Hardisty dans l'Alberta à Steele City dans le Nebraska[11],[12],[13],[14].

C'est ce projet d'extension – Keystone XL – qui concentre l'essentiel des critiques.

Sa capacité de transport prévue est de 830 000 barils par jour (132 000 m3/j)[15],[12].

Historique[modifier | modifier le code]

Manifestation contre le projet Keystone devant le Ronald Reagan Building le 7 octobre 2011

Le 6 novembre 2011, 12 000 manifestants se rendent à la Maison-Blanche pour protester contre le projet de pipeline. Le 10 novembre 2011, le Département d'État des États-Unis ordonne une révision immédiate de l’itinéraire de Keystone XL afin que celui-ci évite la zone sensible de Sandhills dans le Nebraska, une zone humide fragile qui pourrait être menacée par un déversement de pétrole[16],[17].

Au nom de l'intérêt national, le Département d'État des États-Unis a repoussé en 2013 son approbation pour prolonger l'oléduc[18]. Selon Michael Geist, l'approbation de ce ministère américain dépend fortement de la mise en vigueur d'une loi canadienne sur le copyright[19].

En janvier 2012, Barack Obama signe le rejet du projet Keystone XL, en raison du calendrier jugé arbitraire et précipité qu'imposent les républicains du congrès. Le 27 février 2012, la société Keystone annonce la scission du projet en deux parties, une partie du pipeline devant être construite uniquement sur le territoire des États-Unis pour réduire la complexité des démarches administratives[20].

Le 17 février 2013, entre 30 000 et 35 000 personnes (selon les organisateurs) se rassemblent au National Mall à l'appel du Sierra Club notamment, principalement pour manifester contre le projet de pipeline. Ce après que le gouverneur du Nebraska Dave Heineman accepte fin janvier un nouveau tracé pour le pipeline et alors que Barack Obama s'est engagé quelques jours auparavant à lutter contre le réchauffement climatique[21],[22],[23],[24].

Le Parti républicain appuie fortement le projet et tente même, le 22 mai 2013, de forcer la main au président Obama[10].

En août 2013, un rapport de l'agence responsable des parcs aux États-Unis émet des craintes quant à l'impact négatif de ce pipeline sur la vie sauvage en raison des bruits et de la lumière qu'il engendrerait[25]. En revanche, le rapport final du département d’État américain, déposé le 31 janvier 2014, conclut que ce pipeline « n’augmenterait pas de façon importante la production de pétrole des sables bitumineux au Canada »[26].

Lors du sommet de Mexico, le 19 février 2014, le premier ministre du Canada Stephen Harper invoque ce rapport auprès du président Obama pour tenter de le convaincre d'accélérer le processus de décision au sujet du pipeline, mais sans succès[27].

Un projet de loi visant à approuver la construction de l'infrastructure est voté par la Chambre des représentants le 14 novembre 2014 ; le camp républicain ainsi que 31 démocrates votent en sa faveur[28],[29]. Quatre jours plus tard, le texte est bloqué par le Sénat : 59 sénateurs votent pour – dont 14 démocrates – et 41 s'y opposent – uniquement des démocrates.

Le Sénat – devenu entre-temps à majorité républicaine – vote finalement en faveur du texte le 29 janvier 2015, à 62 voix contre 36[30]. Le 11 février 2015, après une dernière lecture reprenant les amendements du Sénat, la Chambre des représentants adopte définitivement le texte de loi[31],[32]. Suite au vote favorable du Congrès américain (Sénat et Chambre des représentants), le président Barack Obama utilise son droit de veto le 24 février 2015, empêchant la promulgation du projet de loi[33]. Ce veto est susceptible d'être révisé selon les résultats de l'enquête en cours sur l’impact environnemental et économique du pipeline que mène le département d’État ainsi que les agences compétentes[33].

Acteurs notables[modifier | modifier le code]

L'opinion portée par les Américains sur le projet Keystone XL se fait notamment par le prisme bipartisan, les élus et sympathisants républicains étant massivement en sa faveur tandis que les élus et sympathisants démocrates sont, de façon plus nuancée, en sa défaveur. Les associations environnementales font figure de principaux opposants. Sur le plan diplomatique, le projet est promu par le Premier ministre canadien (voir infra).

Outre le positionnement politique, des variables géographiques et culturelles entrent en compte dans la construction de l'opinion.

Promoteurs et partisans[modifier | modifier le code]

Le projet est porté par l'entreprise canadienne TransCanada, qui opère dans le secteur de l'énergie. Il est également soutenu par l'industrie pétrolière, notamment par les raffineries texanes donnant sur le golfe du Mexique, qui escomptent un afflux plus important de pétrole brut depuis le Canada, ainsi que par les entreprises qui extraient les hydrocarbures que recèle la formation de Bakken, dans les États du Montana et du Dakota du Sud[34].

Sur le plan politique, le Parti républicain – notamment ses élus au Congrès (sénateurs et représentants) – est le principal promoteur du projet d'extension Keystone XL[35],[36]. L'économiste américain Paul Krugman, opposé à l'oléoduc, commente en janvier 2015 dans sa chronique au New York Times[37],[38] : « Après tout, les dettes doivent être remboursées, et l'industrie du pétrole et du gaz – dont 87 % de la contribution financière à la campagne électorale de 2014 ont été donnés au Parti républicain – attend d'être récompensée pour son soutien. »

Localement, des élus démocrates, tels les sénateurs du Montana Max Baucus et Jon Tester et le gouverneur Brian Schweitzer, sont en faveur du projet, arguant qu'il créera des emplois locaux et permettra une plus grande sécurité énergétique[34],[39],[40],[41],[42].

D'après une étude parue en avril 2015 dans la revue Energy Policy (publiée par Elsevier)[43], plus la proximité avec le tracé de l'oléoduc est forte, plus la probabilité d'être en faveur de celui-ci serait importante, ce qui reviendrait à l'inverse de l'effet Nimby (« Not in my Backyard » ; en français : « pas dans mon jardin »). Une hypothèse avancée par l'étude pour expliquer ce phénomène est que les potentiels riverains de l'oléoduc escompteraient une hausse locale de l'activité économique, notamment la création d'emplois dans le secteur de la construction[44],[45].

Pour cette même raison, plusieurs syndicats professionnels, en particulier ceux du secteur de la construction, soutiennent vigoureusement le projet de pipeline[46],[47].

Opposants[modifier | modifier le code]

Oppositions locales[modifier | modifier le code]

Dans l'État du Nebraska, l'extension du Keystone Pipeline est décriée par plusieurs centaines de propriétaires fonciers et agriculteurs dont les terrains, destinés à être traversés par l'oléoduc, doivent faire l'objet d'un droit de passage ; ils craignent notamment de possibles fuites de pétrole qui pourraient atteindre l'Aquifère d'Ogallala (en), principale source d'eau de la région. Cette opposition se traduit par une bataille judiciaire longue de plusieurs années[48],[49],[50],[51].

Le projet rencontre également une vive opposition locale de la part des Amérindiens, particulièrement dans le Dakota du Sud. Ceux-ci craignent des fuites de pétrole, nourrissent des inquiétudes quant à une possible pollution de l'eau et assimilent la construction de l'infrastructure à une violation des traités passés entre tribus amérindiennes et gouvernement[52],[53].

Associations écologistes et syndicats[modifier | modifier le code]

L'extension de l'oléduc est fortement contestée par les associations environnementales américaines (350.org, Sierra Club, Natural Resources Defense Council, Les Amis de la Terre, National Wildlife Federation, Bold Nebraska[Note 1], Greenpeace, etc.)[55],[56],[57],[58]. Toutefois, le National Journal (hebdomadaire américain) relève en novembre 2014 que les organisations écologistes soutiennent financièrement plusieurs élus démocrates pourtant en faveur de l'oléoduc, quoique par ailleurs sensibles à la question du réchauffement climatique ou soutiens de la politique de régulation des émissions de gaz à effet de serre menée par le président Barack Obama[59].

Plusieurs syndicats, menés par le National Nurses United, s'opposent à la construction de l'extension du Keystone Pipeline[60],[47].

Surveillance de militants écologistes par le FBI[modifier | modifier le code]

En mai 2015, le quotidien britannique The Guardian révèle que le Federal Bureau of Investigation (FBI) d'Houston, au Texas, a mené courant 2013 des investigations sur des opposants au projet – décrits par le FBI comme des « écologistes extrémistes »[Note 2] tandis que The Guardian affirme qu'ils menaient des actions de « désobéissance civile pacifiques »[Note 3] – en violation de ses règles internes. Celles-ci stipulent en effet que toute investigation portant sur un sujet sensible (opposants politiques, journalistes, etc.), afin d'éviter tout abus, requiert l'autorisation de l'avocat et du chef du bureau local, autorisation qui n'avait pas été demandée dans le cas présent. Après que cette erreur a été relevée (par le siège du FBI), l'autorisation a été obtenue, permettant à l'enquête de se poursuivre onze mois durant ; elle est close en juin 2014, en l'absence de preuve d'un quelconque projet de sabotage du pipeline. Le FBI a indiqué avoir mené ces investigations car les menaces portaient sur « l'industrie du pétrole et du gaz, et [car] le secteur énergétique est considéré comme une infrastructure cruciale des États-Unis »[Note 4],[61],[62]. Selon The Guardian, la surveillance de certains militants écologistes s'est poursuivie après la fin officielle de l'enquête du FBI, se traduisant notamment par des contrôles renforcés aux frontières[63],[64].

Enquêtes d'opinion[modifier | modifier le code]

D'après un sondage d'opinion conduit en septembre 2013 par le think tank Pew Research Center auprès de 1 506 Américains, 65 % des personnes interrogées indiquent être en faveur de la construction de Keystone XL, 30 % y être opposés et 5 % ne pas savoir. Le taux de soutien est sensiblement plus élevé chez les sympathisants républicains (82 %, pour 13 % opposés) que chez les sympathisants démocrates (51 %, pour 43 % opposés), lesquels apparaissent divisés sur la question[65],[66].

En novembre 2014, un sondage commandé par le quotidien américain USA Today et mené auprès de 1 000 Américains indique que 60 % des personnes interrogées sont favorables à l'autorisation de la construction de l'oléoduc par le président américain et le Congrès, tandis que 25 % d'entre elles y sont défavorables et 15 % n'ont pas d'avis[67].

Selon un sondage commandé en janvier 2015 par CBS News et effectué auprès de 1 001 Américains, 60 % des personnes interrogées sont favorables à la construction de Keystone XL, 28 % y sont opposés et 12 % n'ont pas d'opinion ou n'ont pas répondu[68],[69].

Il ressort d'une enquête d'opinion menée en mars de la même année par l'université du Texas à Austin auprès de 2 078 Américains que, sur les 42 % de personnes ayant indiqué que le projet Keystone XL leur est familier, 45 % supportent le projet, 21 % s'y opposent, 21 % affirment être neutres et 13 % indiquent ne pas savoir. Ces résultats varient largement selon l'orientation politique : 72 % des répondants sympathisants républicains sont en faveur du pipeline, quand ils ne sont que 28 % chez les sympathisants démocrates[70],[71].

Principaux enjeux de Keystone XL[modifier | modifier le code]

Environnementaux et climatiques[modifier | modifier le code]

Selon une étude publiée mi-2014 dans la revue Nature Climate Change[72] et relayée par la revue Nature (du même éditeur), le projet d'oléoduc Keystone XL « pourrait augmenter de manière significative les émissions de gaz à effet de serre [GES] » et selon le modèle économique de cette analyse, cet apport d’hydrocarbures devrait diminuer les prix, encourager la consommation, mais aussi générer « l'équivalent de 110 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an », soit 1,7 % du total des émissions de GES des États-Unis en 2012, premier producteur au monde (selon l'Environmental Protection Agency, agence américaine de protection de l'environnement) et « chaque baril de pétrole supplémentaire produit à partir de Keystone XL augmentera la consommation globale de 0,6 barils ». Cette nouvelle estimation dépasse (de presque quatre fois) celle précédemment faite par le département d'État américain (équivalent d'un ministère des Affaires étrangères) qui a conclu que Keystone XL augmenterait les émissions de « seulement » 1,3 millions de tonnes à 27,4 millions de tonnes de CO2 par an[73]. Les auteurs de cette étude, Peter Erickson et Michael Lazarus, reconnaissent qu’il n'est pas possible de prédire le comportement des pétroliers, mais plaident pour que les choix soient basés sur une analyse du coût global du projet d'oléoduc[73].
Ils expliquent par ailleurs la différence d'estimation par le fait que le modèle économique du département d'État n'a pas eu à tenir compte de l'effet du pipeline sur les prix mondiaux du pétrole, et donc sur la relance de la consommation[73]. L'agence gouvernementale n'avait en outre pas révélé les détails de son modèle, en particulier les variables prises en compte ; un porte-parole du département d'État a refusé de commenter l’article de Nature Climate Change[73].

David Victor, spécialiste des politiques climatiques à l'université de Californie, estime que même si le pipeline n'est pas construit, le pétrole des sables bitumineux du Canada sera exploité en le transportant par chemin de fer, à un prix un peu plus cher que par pipeline[73]. Le profit des pétroliers n’en sera que légèrement réduit (mais un prix plus élevé pourrait encourager les économies d’énergie et faire durer le gisement plus longtemps)[73]. Maximilien Auffhammer, économiste de l'environnement à l'université de Californie, estime que l’intérêt bien compris des pétroliers pourrait être de limiter leur production pour rendre le pétrole rare et augmenter son prix, ce qui pourrait « en principe, réduire la consommation et les émissions »[73].

Ken Caldeira, scientifique spécialistes de l’atmosphère à la Carnegie Institution for Science de l'université Stanford (Californie) critique le projet « pas tant pour l'augmentation des émissions causées par Keystone XL, mais parce que Keystone XL fait partie d'une tendance comportementale plus générale »[73]. Selon lui annuler ce projet permettrait de « donner au marché le signal que des projets polluants de ce type ne seront plus approuvés »[73].

Économiques[modifier | modifier le code]

D'après Russ Girling, PDG de TransCanada, la construction de l'extension Keystone XL devrait engendrer la création de 20 000 postes dans la construction et l'industrie[74],[75] – chiffre repris par de nombreux élus républicains[16]. Ces données proviennent d'un rapport sur Keystone XL publié en 2010 par The Perryman Group, une entreprise d'analyse financière, à la demande de TransCanada[76]. La Chambre de commerce des États-Unis, citant la même étude, évoque la création de plus de 250 000 emplois permanents sur le long terme[77].

L'exactitude de ces données est toutefois contestée à deux reprises. Le département d'État des États-Unis estime en 2011 que 5 000 à 6 000 emplois temporaires seulement seraient créés aux États-Unis au cours des deux ans de construction de l'oléoduc[78]. Une étude indépendante de TransCanada, publiée en septembre 2011 par la Cornell University School of Industrial and Labor Relations (université Cornell)[79], conclut quant à elle que seuls 2 500 à 4 650 emplois temporaires directs seraient créés sur deux ans et ajoute que le projet est susceptible de tuer plus d'emplois qu'il n'en créerait (notamment en raison de dommages écologiques tels que ceux induits par des fuites pétrolières ou par le réchauffement climatique)[75]. Dans un éditorial d'octobre 2011, le quotidien américain The New York Times, s'appuyant sur les données du département d'État et soutenant que « le meilleur espoir pour la création d'emplois à long terme viendra du développement des énergies renouvelables et alternatives »[Note 5], prend position contre la construction de l'oléoduc[80].

Diplomatiques[modifier | modifier le code]

Le projet d'oléoduc est vigoureusement soutenu aux États-Unis par le Parti républicain et au Canada par le Premier ministre Stephen Harper et son gouvernement conservateur. Le premier considère que la construction de l'infrastructure aboutirait à la création d'environ vingt mille emplois directs et cent mille indirects, tout en renforçant l'indépendant énergétique du pays[16],[81],[82]. Le président démocrate américain Barack Obama tente quant à lui de garder la main sur l'avancement du dossier, sans exprimer d'opinion tranchée sur le fond, d'autant qu'il se trouve partagé entre les intérêts économiques potentiels du projet et la vive opposition des associations environnementales[83],[84].

Géopolitiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Keystone Pipeline » (voir la liste des auteurs).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bold Nebraska est une association de l'État du Nebraska fondée en 2010 par Jane Kleeb, agricultrice ; son objet est de lutter contre Keystone XL[54].
  2. Texte original : « environmental extremists ».
  3. Texte original : « nonviolent civil disobedience ».
  4. Citation originale : « (...) the oil and gas industry, and the energy sector is considered a part of the critical infrastructure of the United States. »
  5. Texte original : « best hope for long-term job creation will come from the development of renewable and alternative energy sources ».

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]