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Jovenel Moïse

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Jovenel Moïse
Illustration.
Jovenel Moïse en 2017.
Fonctions
Président de la République d'Haïti
En fonction depuis le
(2 ans, 10 mois et 4 jours)
Élection 20 novembre 2016
Premier ministre Enex Jean-Charles
Jack Guy Lafontant
Jean-Henry Céant
Jean-Michel Lapin (intérim)
Fritz-William Michel (désigné)
Prédécesseur Jocelerme Privert (provisoire)
Président de la Communauté caribéenne

(5 mois et 30 jours)
Prédécesseur David Granger
Successeur Andrew Holness
Biographie
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Trou-du-Nord (Haïti)
Nationalité haïtienne
Parti politique PHTK
Conjoint Martine Marie Étienne Joseph
Diplômé de université Quisqueya
Profession entrepreneur

Jovenel Moïse
Présidents de la République d'Haïti

Jovenel Moïse, né le à Trou-du-Nord, est un homme d'État haïtien, président de la République d'Haïti depuis le .

PDG d'une entreprise d'exportation, il fonde le parti Parti haïtien Tèt Kale (PHTK) en vue de l'élection présidentielle de 2015. Il arrive en tête du scrutin, mais celui-ci est annulé en raison d'irrégularité. Il est finalement élu lors de l'élection présidentielle de 2016 et succède au président intérimaire, Jocelerme Privert.

Biographie

Origines

Jovenel Moïse naît à Trou-du-Nord, dans le département du Nord-Est[1]. Il est le fils de Lucia Bruno, une couturière et commerçante, et d'Étienne Moïse.

Il effectue ses études primaires dans sa ville natale.

Vie privée et familiale

Marié à une de ses camarades de classe, Martine Joseph, il a deux fils et une fille : Joverlein Moïse, Jomarlie Moïse et Jovenel Junior Moïse[1].

Carrière professionnelle

Il devient PDG d’Agritrans, une entreprise de production et d'exportation de bananes ; il a pour cela obtenu une subvention de 6 millions de dollars du président Michel Martelly, dont il est proche. Détenteur de 14 comptes bancaires, il est aussi soupçonné de blanchiment d'argent[2].

Parcours politique

Élection présidentielle de 2015

Il représente le PHTK à l'élection présidentielle de 2015[3]. Le 25 octobre, il se place en tête du premier tour avec 32,81 % des voix. Celle-ci est finalement annulée.

Il bénéficie du soutien des riches familles haïtiennes, des États-Unis et des bailleurs de fonds[4] .

Élection présidentielle de 2016

Il est de nouveau candidat à l'élection présidentielle de 2016.

Avec un taux de participation de moins de 21 %[5], il remporte le scrutin à la majorité absolue dès le premier tour, recueillant 55,67 % des suffrages, devant Jude Célestin (19,52 % des voix), Jean-Charles Moïse (11,04 %) et Maryse Narcisse (8,99 %)[6],[5]. Le , son élection est définitivement validée[7].

Président de la République

Jovenel Moïse et la présidente du Chili, Michelle Bachelet, en 2017.
Jovenel Moïse et le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en 2018.

Le , il est investi président de la République, succédant à Jocelerme Privert[8]. Le , il nomme Jack Guy Lafontant au poste de Premier ministre[9] qui présente son gouvernement le 13 mars[10]. Le 16, ce dernier obtient la confiance du Sénat à l'unanimité des 20 voix[11],[12]. Le 21 mars, son gouvernement obtient la confiance de la Chambre des députés avec 95 voix pour, 6 contre et 2 abstentions[13]. Lafontant prend ses fonctions le jour-même[14],[15].

En novembre 2017, il annonce la recréation des Forces armées d'Haïti[16], dissoutes en 1995, ce qui faisait de Haïti un pays sans armée.

Pendant son mandat, il est confronté à de nombreuses protestations. En septembre 2017, il est confronté à un rassemblement de milliers de personnes manifestant à l'appel l'opposition, qui critique la publication du budget national, certains économistes jugeant par ailleurs que ce dernier risque d'aggraver l'endettement du pays[17]. Le 14 juillet 2018, Lafontant annonce sa démission, une semaine après des violences meurtrières déclenchées par une tentative de son gouvernement d'augmenter les prix des carburants[18]. Près d'un mois plus tard, Jean-Henry Céant est nommé Premier ministre par le président de la République[19]. Celui-ci procède à son installation ainsi qu'à celle de son cabinet ministériel le 17 septembre 2018[20].

Article détaillé : Manifestations haïtiennes de 2019.

Début 2019, les conditions de vie se détériorent en raison de la dévaluation de la monnaie nationale et d'une inflation galopante. Jovenel Moïse est à nouveau contesté en février 2019, avec des manifestations d’ampleur visant à lui faire quitter la tête du pays[21]. En plus de la baisse de popularité du président de la République en raison de son incapacité à tenir ses promesses de campagne, le mouvement fait suite à la publication d’un rapport de la Cour des comptes haïtienne faisant état de possibles détournements de fonds d'aide au développement de la part d'anciens ministres et de hauts fonctionnaires[21],[22] ; des entreprises de Jovenel Moïse sont épinglées comme étant « au cœur d’un stratagème de détournement de fonds[23] ».

La majorité des manifestants sont issus des quartiers les plus pauvres[23]. Marc-Arthur Fils-Aimé, directeur général de l’Institut culturel Karl-Lévêque, affirme : « Les revendications se sont radicalisées à un point tel qu’elles ont pris l’allure d’une lutte de classe. Les luttes conjoncturelles se sont superposées à des luttes structurelles. Il est presque impossible de bien cerner le contour des actuelles perturbations si on les sépare de la charpente socio-économique et culturelle du pays où les élites exportatrices ont prospéré au point de réduire l’île à l’état de néo-colonie[4]. »

Du 15 septembre à début octobre, au moins 17 personnes sont tuées et près de 200 blessées par balles et armes blanches, d'après le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), qui indique : « Les autorités actuelles, depuis leur avènement au pouvoir, bafouent les acquis démocratiques du peuple haïtien et violent systématiquement ses droits. Elles n’ont jamais pris au sérieux les différents mouvements de protestation réalisés dans le pays depuis juillet 2018 par une population en proie à tous les maux et qui réclame la jouissance de ses droits civils, économiques, politiques et sociaux[4]. »

En novembre 2019, son gouvernement augmente de 20 % le salaire minimum[24].

Notes et références

  1. a et b « Jovenel Moïse : un entrepreneur né », sur lenational.ht, (consulté le 27 octobre 2015).
  2. « L'élection de Jovenel Moïse, «une catastrophe» pour Haïti », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  3. « Jovenel Moïse le dauphin inattendu de Michel Martelly », sur lenouvelliste.com, (consulté le 27 octobre 2015).
  4. a b et c Cathy Dos Santos., « Haïti. Le président Jovenel Moïse, un roi nu à Port-au-Prince », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  5. a et b (en) Jacqueline Charles, « Banana farmer wins Haiti presidency, according to preliminary results », (consulté le 30 novembre 2016).
  6. En Haïti, Jovenel Moïse remporte la présidentielle au premier tour, [le Monde], 29 novembre 2016.
  7. « Jovenel Moïse enfin élu 58e président d’Haïti », sur Ouest France, (consulté le 4 janvier 2017).
  8. Jean-Michel Caroit, « Jovenel Moïse investi président d’Haïti », sur Le Monde, (consulté le 9 février 2017).
  9. « A la Une: Jack Guy Lafontant, désigné nouveau Premier ministre d’Haïti - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 19 mars 2017).
  10. « Composition du cabinet ministériel de Jack Guy Lafontant », sur Loop News Haiti (consulté le 19 mars 2017)
  11. « Haïti : Jack Guy Lafontant gagne la confiance des sénateurs - martinique 1ère », sur martinique 1ère (consulté le 19 mars 2017)
  12. Rulers, 13 mars 2017.
  13. « Jack Guy Lafontant est désormais Premier ministre », sur Loop News Haiti (consulté le 22 mars 2017)
  14. Zone Bourse, « Le Premier ministre haïtien prend ses fonctions » (consulté le 22 mars 2017)
  15. Chérubin Dorcil, « Le cabinet de Jack Guy Lafontant entre en fonction en Haïti », sur VOA (consulté le 23 mars 2017)
  16. Ralph Tedy Erol, « Jovenel Moise annonce le retour de l’armée d’Haïti dans une semaine », loophaiti.com, 12 novembre 2017.
  17. « Haïti : des milliers de personnes réclament le départ du président Jovenel Moïse », rfi.fr, 21 septembre 2017.
  18. « Haïti : le premier ministre a démissionné », sur Le Monde.fr (consulté le 14 juillet 2018)
  19. « Haïti: Jean Henry Céant désigné Premier ministre par Jovenel Moïse - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 6 août 2018)
  20. Roberson Alphonse, « Jovenel Moïse installe Jean Henry Céant, son nouveau Premier ministre... », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne)
  21. a et b « Haïti, au bord de l'abîme ? », sur france24.com, (consulté le 18 avril 2019).
  22. « Jovenel Moïse président novice conspué », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le 18 avril 2019).
  23. a et b « Des milliers de manifestants anti-Jovenel à Haïti », sur www.20minutes.fr (consulté le 21 octobre 2019)
  24. « Haïti: la hausse des salaires n'apaise pas la contestation », sur Le Figaro.fr (consulté le 7 novembre 2019)