Palais national (Haïti)

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Palais national
Haitian national palace earthquake.jpg

Le palais après le tremblement de terre de janvier 2010.

Présentation
Type
Style
Architecte
Construction
1918
Destruction
2012
Géographie
Pays
Département
Arrondissement
Commune
Localisation
Coordonnées

Géolocalisation sur la carte : Haïti

(Voir situation sur carte : Haïti)
Point carte.svg

Le Palais national ou Palais présidentiel est un ancien édifice situé à Port-au-Prince, capitale d'Haïti. De 1918 à 2010, il était la résidence officielle du chef de l'État haïtien. Sévèrement endommagé lors du tremblement de terre de janvier 2010 qui a provoqué l'effondrement de la couverture et du premier étage[1],[2], il est détruit en septembre 2012.

Situation[modifier | modifier le code]

Le palais se trouvait sur la vaste place du Champ de Mars.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier Palais national, incendié par Sylvain Salnave en 1868.
Dessin de Georges H. Baussan de 1912 représentant le Palais national.

Le Palais national d'origine, bâti sur ce site, est détruit en 1869 lors de la révolte qui renverse le gouvernement du président Sylvain Salnave[3]. Le second Palais national est quant à lui détruit en 1912 lors de l'explosion d'une poudrière au niveau du sous-sol, dans laquelle le président de l'époque, Cincinnatus Leconte, est tué un an et un jour après son investiture, ainsi que plusieurs centaines de soldats. Cependant, la famille du président Leconte peut s'échapper indemne[4],[5],[6],[7].

Le Palais national est reconstruit en 1918 sur les plans de Georges Baussan (1874-1958), un architecte haïtien de premier plan, fils d'un ancien sénateur, et qui avait étudié à l'école des beaux-arts de Paris[3],[8],[9]. En 1929, un visiteur décrira Baussan comme « une griffe, c'est-à-dire de couleur de peau brune, mi-chemin entre noir et mulâtre ; il était au-delà de la quarantaine, un homme large, lourd, beau, avec des moustaches délicates, cheveux frisés ; dans son visage intelligent, il avait une expression d'une tristesse voilée, qui, combinée avec sa grandeur et la légère teinte jaune dans les blancs de ses globes oculaires, me faisait penser à un tendre chien Saint-Bernard »[10].

Architecture[modifier | modifier le code]

Comme d'autres édifices publics d'Haïti, le Palais national de Baussan puise sur la tradition de l'architecture classique française et ressemble grandement aux structures érigées en France métropolitaine, ainsi que dans son Empire colonial pendant la fin du XIXe siècle, incluant l’Hôtel de Ville de Port-au-Prince, une autre création de Baussan. Avant le tremblement de terre, le bâtiment possédait trois étages et son pavillon d'entrée était constitué d'un portique avec quatre colonnes ioniques[3]. Le toit avait trois dômes et aussi un bon nombre de chien-assis. Le palais est entièrement peint en blanc[5],[3].

Le tremblement de terre de 2010[modifier | modifier le code]

Vue rapprochée du Palais national après le tremblement de terre de 2010.

Le , un violent tremblement de terre de magnitude 7 sur l'échelle de Richter, dont l'épicentre se trouve à environ 25 kilomètres de Port-au-Prince, cause d'énormes dommages à l'édifice[11].

Une photographie de l'agence de presse Reuters, publiée sur le Blog Lede du The New York Times le mardi 12 janvier à 23 h 59, montre que le palais est extrêmement endommagé. Le deuxième palier et l'étage de la mansarde surmontée d'un dôme se sont, tous les deux, écroulés sur le premier étage du palais, tandis que le pavillon central du bâtiment et les colonnes du portique sont complètement détruits[12].

Le , seize jours après la catastrophe, le président Préval révèle à la presse que la France, par la voix de son ambassadeur à Haïti, Didier Le Bret, se propose de reconstruire le palais à l'identique, sur le même site, pour un coût estimé à 120 millions d'euros. L'État haïtien n'a à ce jour, pas encore donné son feu vert au démarrage des travaux[13].
Le , des bulldozers ont débuté la destruction du bâtiment de 20 000 m² (le palais de l'Élysée fait 11 179 m²), afin d'effectuer des travaux de stabilisation, d'après le chef de la garde présidentielle Bernard Elie[14].

Après avis favorable de l’Institut de sauvegarde et du patrimoine national (ISPAN), des travaux préliminaires à la reconstruction du palais consistant en la démolition des parties de l’édifice jugées irrécupérables ou dangereuses commencent le sous la conduite des techniciens du Centre national des équipements (CNE). Ils concernent l’annexe 1, ancien mess des officiers de l’armée haïtienne construit dans les années 70, et l’annexe 2, toutes deux irrémédiablement endommagées par le séisme et ne présentant aucune valeur historique ou symbolique. Le CNE procède également au cours de cette phase à la démolition des dômes latéraux du palais également irrécupérables[15].

Le , les travaux de démolition des ruines restantes du palais commencent, mais le coût de cette opération comme celle d'un reconstruction à l'identique du bâtiment, n'est pas annoncé[16].

Enfin le , le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, annonce que la reconstruction du Palais national ne constitue pas une priorité pour l'État haïtien, considérant que le coût estimé pour ces travaux, évalué à 100 millions de dollars US, pouvait être utilisé pour d'autres projets[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Hundreds feared dead in Haiti earthquake », Sydney Morning Herald,‎ (lire en ligne)
  2. [1]
  3. a, b, c et d (en) Crain Edward (trad. de l'allemand), Historic architecture in the Caribbean Islands, Gainesville, University Press of Florida, (ISBN 978-0-8130-1293-3, LCCN 94003870, lire en ligne), p. 174
  4. (en) Brenda Gayle Plummer, « Race, Nationality, and Trade in the Caribbean: The Syrians in Haiti, 1903-1934 », The International History Review, vol. 3, no 4,‎
  5. a et b Mark Danner, « To Haiti, With Love and Squalor », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  6. "Explosion Kills Haitian President", The New York Times, 9 August 1912
  7. "Leconte in Haiti's Capital", The New York Times, 8 August 1911
  8. (en) B. Seabrook, The Magic Island, New York, New York, Harcourt, Brace, (lire en ligne), p. 134
  9. Haïti, 1919-1920: Livre bleu d'Haïti (Compagnie biographique, 1920), pages 80-81
  10. Seabrook and King, The Magic Island (Harcourt, Brace, 1929), page 134
  11. (en) Données de l'United States Geological Survey
  12. (en) Article sur Yahoo News
  13. Dépêche AFP du 28/01/2010
  14. Article de cyberpresse.ca
  15. « Le palais national en voie de restauration » sur haitian-truth.org
  16. La démolition du Palais national est imminente - Le Nouvelliste du 5 septembre 2012
  17. Haïti-Séisme/ « 4 ans : La reconstruction du palais national n’est pas une priorité, selon la présidence » - AlterPresse du 10 janvier 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]