Henri Christophe

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Henri, Christophe et Henri Ier.
Henri
Image illustrative de l'article Henri Christophe
Titre
1er roi d'Haïti

(9 ans 6 mois et 10 jours)
Couronnement
Prédécesseur Lui-même
(président de l'État d'Haïti ((nord))
Successeur Jean-Pierre Boyer
(président de la République)
Président et généralissime des forces de terre et de mer de l'État d'Haïti[1]
(chef de l'État, au nord)

(4 ans 1 mois et 11 jours)
Prédécesseur Lui-même
(président de la République)
Successeur Lui-même (roi)
1er président de la République d'Haïti[2]

(3 mois et 10 jours)
Prédécesseur Jacques Ier (empereur)
Successeur Bruno Blanchet (intérim)
Alexandre Pétion
Biographie
Dynastie Maison Christophe
Nom de naissance Christopher Henry
Date de naissance
Lieu de naissance Grenade
Date de décès (à 53 ans)
Lieu de décès Milot, (Haïti)
Conjoint Marie-Louise Coidavid
Enfant(s) François-Ferdinand Christophe
Françoise-Améthyste Christophe
Athénaïs Christophe
Victor-Henry Christophe, prince royal
Héritier Victor, prince royal
Résidence Palais Sans-Souci

Henri Christophe
Monarques d'Haïti

Henri Christophe (Grenade, Cap-Haïtien, ) est président puis roi d'Haïti sous le nom d'Henri[3]. Dans le langage courant, il est plus simplement appelé le « roi Christophe ». Premier roi de l'histoire haïtienne, le roi Henri crée une monarchie stable suivant le modèle de la monarchie britannique. Il n'impose pas son pouvoir absolu mais n'impose pas la constitution. Lors de la chute de la monarchie en 1820, au lieu d'établir une constitution, le roi Henri, dont les jours sont comptés, préfère se donner la mort le 8 octobre 1820. Il est enterré près de son palais de Palais de Sans-Souci.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né Christopher Henry à l'île Saint-Christophe ou à Grenade[4], il est le fils d'un affranchi de Grenade nommé Christophe. Il arrive dans le nord de Saint-Domingue en tant qu'esclave. En 1779, il sert dans les forces françaises des chasseurs-volontaires de Saint-Dominigue durant la Révolution américaine en tant que tambour. Ils combattent au siège de Savannah.

Avant l'Empire[modifier | modifier le code]

Durant la révolte de 1791, il se distingue et devient officier. Il se bat pendant quatre ans dans le nord avec Toussaint Louverture. En 1802, il est nommé général. Mais lorsque Louverture rédige la première Constitution haïtienne, les Français refusent qu'Haïti prennent son indépendance et déclarent la guerre à Louverture, qui refuse de capituler. Christophe et un autre général du nom de Dessalines s'allient avec les Français contre Louverture. En 1802, Louverture est battu et capturé par les Français et exiler en France. En 1803, Dessalines devient gouverneur général d'Haïti, il bat les Français qui s'inclinent face à son autorité.

De l'Empire à la monarchie[modifier | modifier le code]

En 1804, le gouverneur général Dessalines se proclame empereur d'Haïti sous le nom de Jacques Ier. En 1806, il est assassiné. Surpris, Christophe se retire dans la plaine du nord où il forme un gouvernement séparatiste. Il s'oppose au général Alexandre Pétion qui devient président du sud du pays. Dans le nord, Christophe se proclame président à vie et généralissime des forces de terre et de mer de l'État d'Haïti en 1807. En 1810, il se prétend roi et le devient officiellement en 1811 sous le nom d'Henri. C'est le royaume d'Haïti.

Le règne du roi Henri[modifier | modifier le code]

En 1811, Henri est couronné roi par l'archevêque capucin Jean-Baptiste-Joseph Brelle le 2 juin. Malgré ses efforts pour promouvoir l'éducation et codifier les lois (le « Code Henri »), Henri est un monarque peu populaire ; d'ailleurs, son royaume est constamment en conflit avec le sud républicain d'Alexandre Pétion. Il bâtit le palais de Sans-Souci à Milot, et le palais de la Belle-Rivière, à Petite Rivière de l'Artibonite. Une mutinerie éclate en 1812 qu'il mate. Vers la fin de son règne, l'opinion publique tourne décisivement contre lui à cause du « caporalisme agraire » qu'il promeut afin de développer l'économie de l'île.

Fin de règne et succession[modifier | modifier le code]

Frappé d’une crise d’apoplexie le 15 août 1820, Henri en reste partiellement paralysé, il ne lui reste que quelques mois à vivre. Attaqué par les insurgés, Henri se suicide le 8 octobre 1820 en se tirant une balle en argent dans le cœur, pendant une messe dans une église qu'il avait fait bâtir. Il est inhumé dans la citadelle La Ferrière. Après sa mort, son fils Victor-Henry se proclame roi titulaire du royaume d'Haïti sous le nom d’Henri II . Mais le « roi Henri II » est pendu par les insurgés. L'épouse d'Henri, la reine Marie-Louise Coidavid et ses filles s'exilent en Italie. Jean Pierre Boyer, le président « sudiste », s'impose par les armes et proclame le rattachement du nord à la République d'Haïti le 26 octobre suivant, il devient président à vie de toute l'île avec droit de succession.

Descendance[modifier | modifier le code]

Photographie du président à vie Pierre Nord Alexis (1820-1910), petit-fils du roi Henri Christophe.

Le roi Henri a eu 4 enfants avec son épouse, la reine Marie-Louise :

  1. S.A.R. le prince François-Ferdinand Christophe (1794-1824)
  2. S.A.S. la princesse Françoise-Améthyste Christophe (1798-1840)
  3. S.A.S. la princesse Anne-Athénaïre Christophe (1800-1839)
  4. S.A.R. le prince Victor-Henry Christophe, prince royal

Il a eu d'autres enfants issus de différentes maîtresses :

  1. Blésine Georges. Celle-ci se maria avec un des généraux de son père, le général Nord Alexis (1787-1840) avec lequel elle eut un fils :
    1. Pierre-Nord Alexis (1820-1910). Président de la République d'Haïti (1902-1908). Un de ses descendants, Jacques-Édouard Alexis (né en 1947) sera Premier ministre (1999-2001 et 2006-2008).
  2. Pierre-Eugène Christophe (1800-1820)
  3. Ferdinand Christophe (1775-1805)
  4. Louis Christophe, dont un fils :
    1. Louisius Christophe, dont une fille :
      1. Lucilia Christophe, dont trois enfants.
  5. Cazeau Célestin, dont deux enfants :
    1. Silencieux Célestin, dont un fils :
      1. Louis-Silencieux Célestin, dont douze enfants.
    2. Agathe Célestin, dont un fils :
      1. Georgie Bennett, a eu sept enfants, dont :
        1. Ernest Bennett (1926-2008), écrivain haïtien. Sept enfants, dont :
          1. Joanne Bennett (1950-1994)
          2. Michéle Bennett (1950), qui épouse le président héréditaire d'Haïti Jean-Claude Duvalier. Ils auront deux enfants dont : 1. Nicolas Duvalier
        2. Leslie Bennett


Le roi Henri au cinéma[modifier | modifier le code]

Aimé Césaire fait de lui le héros d'une pièce de théâtre : La Tragédie du roi Christophe en 1963.

Aimé Césaire fait de lui le héros d'une pièce de théâtre : La Tragédie du roi Christophe en 1963.

Un autre film franco-haïtien de John W. Vandercook raconte la vie du roi Henri dans : Black Majesty.

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 1806-1807 : Son Excellence Henri Christophe, président de la République d'Haïti
  • 1807-1811 : Son Excellence Henri Christophe, président et généralissime des forces de terre et de mer de l'État d'Haïti
  • 1811-1820 : Sa Majesté Henri, par la grâce de Dieu et la Loi constitutionnelle de l'État, roi d'Haïti, souverain des Îles de la Tortue, Gonâve, et autres îles adjacentes, destructeur de la tyrannie, régénérateur et bienfaiteur de la nation haïtienne, créateur de ses institutions morales, politiques et guerrières, premier monarque couronné du Nouveau-Monde, défenseur de la foi, fondateur de l'ordre royal et militaire de Saint-Henri.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 2e année, 1821, Paris : Ponthieu, 1822, p.318-330 [1]
  • Leconte, Vergniaud. Henri Christophe dans l'Histoire d'Haiti, Paris, 1931.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Titre du chef de l'État stipulé dans la Constitution de 1807 de l'État d'Haïti (Nord).
  2. Chef provisoire de l'exécutif du 17 octobre 1806 au 28 décembre 1807.
  3. Nom de règne stipulé dans la Constituion de 1811 du Royaume du Nord.
  4. John Vandercook, Black Majesty: The Life of Christophe, King of Haiti, Harper and Brothers Publishing, 1928, p. 6