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Faustin Soulouque

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Faustin Ier
L'empereur Faustin Ier en 1850 après sa proclamation.
L'empereur Faustin Ier en 1850 après sa proclamation.
Titre
Prétendant au trône d'Haïti

(8 ans 6 mois et 19 jours)
Prédécesseur Lui-même (empereur)
Successeur Mainville-Joseph
2e empereur d'Haïti

(9 ans 4 mois et 20 jours)
Couronnement
Prédécesseur Lui-même
(président de la République)
Successeur Nicolas Geffrard
(président de la République)
9e président de la République d'Haïti

(2 ans 5 mois et 25 jours)
Prédécesseur Jean-Baptiste Riché
Successeur Lui-même (empereur)
Biographie
Dynastie Famille Soulouque
Nom de naissance Faustin Élie Soulouque
Date de naissance
Lieu de naissance Petit-Goâve (Saint-Domingue)
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Petit-Goâve (Haïti)
Mère Marie-Catherine Soulouque
Conjoint Elizabeth Adélina Levêque
Enfant(s) Célita Soulouque
Olive Soulouque
Héritier Mainville-Joseph

Faustin Soulouque Faustin Soulouque
Présidents de la République d'Haïti
Empereur d'Haïti
Portrait officiel de l'empereur Faustin, en 1856.

Faustin Soulouque ( - ) était officier de carrière et général dans l'armée haïtienne quand il fut élu président d'Haïti en 1847. En 1849, il fut proclamé empereur d'Haïti sous le nom de Faustin Ier. Bien vite il purgea l'armée de l'élite mulâtre qui la dirigeait, installa des loyalistes à la peau noire dans les postes administratifs, et créa une police secrète et une armée personnelle. En 1849, il institua une noblesse noire dans le pays. Toutefois, ses tentatives infructueuses pour reconquérir la République dominicaine voisine minèrent son pouvoir et une conspiration menée par le général Fabre Nicolas Geffrard le contraignirent à l’abdication en 1859[1].

Biographie

Premières années et début de carrière

Né esclave à Petit-Goâve en 1782, Soulouque était l'un des deux fils de Marie-Catherine Soulouque. Cette dernière, née à Port-au-Prince, Saint-Domingue, en 1744, était une esclave créole de race mandingue. Elle devait mourir à Port-au-Prince, le 9 août 1819. Lui-même fut libéré à la suite d'un décret de 1793 pris par Léger-Félicité Sonthonax, commissaire civil de la colonie française de Saint-Domingue, et qui abolissait l'esclavage pour répondre à des révoltes d'esclaves commencées en 1791. En tant que citoyen libre, il constata que sa liberté était en péril du fait des tentatives du gouvernement français de rétablir l'esclavage dans sa colonie de Saint-Domingue et, de 1803 à1804, il s’enrôla comme simple citoyen dans l'armée révolutionnaire noire pour combattre au cours de la Révolution haïtienne. Ce conflit fit de Soulouque un combattant respecté et, en conséquence, il fut promu lieutenant dans l'armée d'Haïti en 1806 et devint aide de camp du général Lamarre.En 1810, il fut nommé dans la garde à cheval sous la présidence d’Alexandre Pétion. Au cours des quatre décennies suivantes, il continua à servir dans l'armée haïtienne, se hissant au grade de colonel, sous le président Guerrier, jusqu'à ce que finalement il fût promu au plus haut poste de l'armée haïtienne, atteignant le grade de lieutenant-général, commandant suprême de la Garde présidentielle sous Jean-Baptiste Riché, à l’époque président.

La présidence de la République

Le 1er mars 1847, Faustin Soulouque est élu président de la République par le Sénat et succède au président Riché, décédé en fonctions.

Règne

En 1847 le président Riché mourut. Pendant son mandat, il avait agi comme un homme de paille de la classe dirigeante boyériste, qui se mit tout de suite en quête d’un remplaçant. Son attention se concentra vite sur Faustin Soulouque, dans lequel la plupart voyaient quelqu’un d’un peu effacé et un ignorant. Âgé de 65 ans, il paraissait un candidat malléable et fut donc incité à accepter le rôle qu’on lui offrait. Il prêta le serment d’entrée dans les fonctions présidentielles le 2 mars 1847.

Au début Faustin parut remplir convenablement son rôle de marionnette. Il conserva à leurs postes les ministres de l'ancien président et continua le programme de son prédécesseur. Il fallut peu de temps cependant pour qu’il se débarrassât de ses partisans et se fît le maître absolu de l'État haïtien. Selon le livre de Mark Kurlansky A Continent Of Islands: Searching For The Caribbean Destiny « il organisa une milice privée, les Zinglins, et fit arrêter et massacrer, tous ceux qui s'opposaient à lui, en particulier les mulâtres, consolidant par là son pouvoir sur le gouvernement ». Ce processus, qui comprit un massacre des mulâtres à Port-au-Prince le 16 avril 1848[2], culmina au Sénat et à la Chambre des Députés où il se fit proclamer empereur d'Haïti le 26 août 1849.

Soulouque invita également les Louisianais noirs à émigrer à Haïti. Un afro-créole originaire de la Nouvelle-Orléans et qui avait été élevé à Haïti, Emile Desdunes, travailla comme agent de Soulouque et, en 1859, organisa le transport gratuit à Haïti d’au moins 350 personnes désespérées. Un grand nombre de ces réfugiés devaient rentrer plus tard en Louisiane.

Le règne de Soulouque fut marqué par une violente répression contre l'opposition et par de nombreux meurtres. Le fait que Soulouque était ouvertement un adepte de la religion africaine Vaudou contribua à sa réputation de violence[3]. Au cours de son règne Soulouque été victime des préjugés et de la discrimination à l’égard des créoles que l’on partageait à l’époque victorienne.

Empereur

Le 25 août 1849, il se fait proclamer empereur par le Parlement. Son sacre a lieu le 18 avril 1852, dans un faste ruineux pour les faibles finances de ce pays, et le paiement de la dette doit être interrompu. Il organise une répression violente contre les mulâtres et rétablit l'absolutisme sur l'île. Faustin devient l'empereur Faustin Ier, l'empire est héréditaire mais l'empereur n'a pas d'héritier mâle. La succession passe donc au prince Mainville-Joseph (fils de son frère, le grand-duc Jean-Joseph) qui épouse Olive Soulouque (fille adoptive de Faustin, fille d'une première union de l'impératrice Adélina) avec qui il aura trois enfants.

Mariage

Faustin avait depuis de longue date une maîtresse, Adélina Lévêque. En 1846, ils deviennent fiancés et le mariage est célébré le 26 août 1849, le lendemain de sa proclamation comme empereur. Adélina est sacrée impératrice avec son époux le 18 avril 1852. Ensemble ils auront deux filles:

  1. S.A.I. la princesse Olive Soulouque (née en 1832), fille adoptive de l'empereur, fille d'une première union de l'impératrice Adélina ; princesse impériale, mariée à son cousin, Mainville-Joseph)
  2. S.A.S. la princesse Célita Soulouque, mariée à Jean-Philippe Lubin, comte de Pétion-Ville

Chute de l'Empire

Mais une révolte éclate en 1859, Faustin tente de mettre fin à cette révolte mais il est déposé le 15 janvier 1859, par le général mulâtre Fabre Geffrard et s'exile à la Jamaïque.

Nouvel exil et fin de vie

Après avoir abdiqué, Faustin s'exile en République dominicaine et se proclame empereur titulaire d'Haïti et de toute les autres îles se trouvant proche de la République dominicaine. Faustin s'éteint le 6 août 1867 à Petit-Goâve, à l'âge de 84 ans.

Références

  1. Rogozinski, Jan (1999). A Brief History of the Caribbean (Revised ed.). New York: Facts on File, Inc. p. 220. ISBN 0-8160-3811-2
  2. The Encyclopedia Americana (1920)/Faustin I
  3. The Trial That Gave Vodou A Bad Name

Annexes

Articles connexes

Liens externes