Michel Martelly

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Michel Martelly
Illustration.
Michel Martelly, en 2012.
Fonctions
Président de la République d'Haïti

(4 ans, 8 mois et 24 jours)
Élection 20 mars 2011
Premier ministre Jean-Max Bellerive
Garry Conille
Laurent Lamothe
Florence Duperval Guillaume (intérim)
Evans Paul
Prédécesseur René Préval
Successeur Jocelerme Privert (provisoire)
Biographie
Nom de naissance Michel Joseph Martelly
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Port-au-Prince (Haïti)
Nationalité Haïtienne
Parti politique Réponse paysanne
Père Gérard Martelly
Mère Madeleine De Pradines
Conjoint Sophia Saint Rémy Martelly
Enfants Olivier, Sandro, Yani, Malaïka
Profession Musicien
Compositeur
Religion Catholicisme
Résidence Pétionville

Michel Martelly
Présidents de la République d'Haïti

Michel Joseph Martelly, né le à Port-au-Prince, surnommé Sweet Micky (« Micky le doux » en français) ou Tet Kalé (« Crâne rasé » en créole), est un musicien, compositeur et homme d'État haïtien, président de la République du au .

En tant que chanteur et claviériste, Sweet Micky est connu pour sa musique kompa, un style de musique de danse haïtienne chanté principalement en créole haïtien ; il a cependant mélangé cela à d'autres styles. Michel Martelly a popularisé une « nouvelle génération » de kompa avec des groupes[De quoi ?] plus petits utilisant des synthétiseurs et des instruments électroniques. De 1989 à 2008, il enregistre plus d'une douzaine d'albums de studio et plusieurs CD live. En tant que musicien et propriétaire de clubs en Haïti de la fin des années 1980 au début des années 1990, il s'est associé à des néo-duvaliéristes ainsi qu'à des responsables militaires et de la police. En 1991, il soutient le coup d'État contre le président Jean-Bertrand Aristide. En 1995, après le retour d'Aristide au pouvoir, le nom de Michel Martelly figure sur une liste de partisans du coup d'État et il reste alors loin d'Haïti pendant presque un an. Pendant ce temps, il publie une chanson, Prezidan (sur l'album 'Pa Manyen ), au sujet d'un président qui jouait du kompa. Toutefois, il ne brigue pas de poste politique avant 2010, date à laquelle il est officialise sa candidature à la présidence d'Haïti.

Après le tremblement de terre de 2010, il remporte les élections générales de 2010-2011, à la tête de son parti Réponse paysanne (Parti de la réaction des agriculteurs), au second tour face à la candidate du RDNP, Mirlande Manigat. Il était arrivé en deuxième position au premier tour des élections, quasi ex-aequo avec le candidat de droite, Jude Célestin, jusqu'à ce que l'Organisation des États américains (OEA) ne désigne Michel Martelly comme qualifié au second tour, après plusieurs soupçons de fraudes du côté de la droite. Il prend ses fonctions de président de la République d'Haïti le 14 mai 2011 après que René Préval se soit retiré chez lui à Marmelade. Sa campagne électorale incluait comme promesse de rétablir une armée nationale, qui avait été abolie dans les années 1990 par Jean-Bertrand Aristide.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Michel Martelly est le fils de Gérard Martelly. Sa mère est issue d'une lignée de musiciens : les de Pradines[1].

Études[modifier | modifier le code]

Michel Martelly poursuit sa scolarité au collège Roger Anglade (Saint Louis de Gonzague) et obtient son baccalauréat au centre d'études secondaires. Il est ensuite parti aux États-Unis pour s'initier au métier de la construction[1].

Musicien[modifier | modifier le code]

Michel Martelly démarre comme musicien de kompa et se produit aux quatre coins d'Haïti, développant ainsi une notoriété nationale[1]. Sous le régime de « Baby doc », il dirige Le Garage, une boite de nuit fréquentée par les militaires et la bourgeoisie[2].

Il réside également à Miami en Floride[3] et se produit régulièrement à El Rancho, un casino appartenant à la famille d'Henri Namphy, dirigeant de l'une des Juntes militaires qui a suivi la fuite de Duvalier[2].

Il s'implique déjà dans la politique de son pays en s'efforçant de torpiller la candidature de Jean-Bertrand Aristide sur les antennes de radio. Il affiche ensuite des liens avec les partisans du coup d'État de 1991 en Haïti[3].

Vie politique[modifier | modifier le code]

Michel Martelly annonce en sa candidature à l'élection présidentielle. Il est soutenu par Pras Michel et Wyclef Jean durant sa campagne électorale, qu'il effectue sous l'étiquette du parti Réponse paysanne, dont il est à l'origine.

Le , le Conseil électoral provisoire le déclare officiellement vainqueur du second tour de scrutin, qui s'est tenu le 20 mars précédent, avec 67,57 % des voix face à Mirlande Manigat. Son investiture a lieu le [4].

Présidence[modifier | modifier le code]

Michel Martelly en juillet 2012.

Michel Martelly prête serment comme président de la République le 14 mai 2011. Il s'agit de la première fois dans l'histoire haïtienne qu'un président sortant transfère pacifiquement le pouvoir à un membre de l'opposition. Le Premier ministre sortant, Jean-Max Bellerive, démissionne alors pour permettre à Michel Martelly de choisir son propre Premier ministre. Il promet des réformes, concernant notamment le processus de reconstruction post-séisme.

Michel Martelly, après avoir échoué à obtenir l'investiture de Daniel-Gérard Rouzier puis de Bernard Gousse[5], nomme le 18 octobre 2011 un nouveau gouvernement sous l'autorité du Premier ministre Garry Conille, médecin et fonctionnaire de l'ONU âgé de 45 ans[6].

Le 25 juillet 2011, il fait l'objet d'une tentative d'attentat[7].

En août 2011, le président rend public un plan afin de recréer une armée nationale. Ce projet suscite la controverse, de nombreux militants des droits de l’homme étant préoccupés à l'idée de ressusciter une armée responsable de nombreux crimes par le passé[réf. nécessaire].

En septembre 2011, il crée un conseil consultatif composé de dirigeants d'entreprises, de banquiers et de personnalités politiques telles que l'ancien président américain Bill Clinton, qui, espère-t-il, aidera à améliorer les affaires et l'économie en Haïti.

Garry Conille, le Premier ministre, démissionne le [8], cinq mois après sa nomination, et est remplacé par le ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Laurent Lamothe, le .

Entrevue entre Martelly et le secrétaire d'État américain John Kerry.

Entre mars et avril 2012, Michel Martelly est accusé de corruption. Il aurait accepté 2,6 millions de dollars de pots-de-vin pendant et après le séisme et l'élection présidentielle de 2010, afin de garantir qu'une entreprise de construction de la République dominicaine continuerait à recevoir des contrats sous sa présidence. Le président nie les allégations. Les sociétés possédées ou contrôlées par l'homme d'affaires dominicain Félix Bautista, avaient reçu des contrats sans appel d'offres d'une valeur de 200 millions de dollars, attribués par l'ancien Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive. En novembre 2013, des manifestations antigouvernementales ont lieu dans le pays contre le coût de la vie élevé et la corruption.

Les élections sénatoriales de mi-mandat devaient initialement avoir lieu en mai 2012, alors que le président félicite la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle française de 2012. Ils sont reportées au 26 octobre 2014, en raison de l'impasse à trouver un accord entre le gouvernement et un groupe de sénateurs de l'opposition concernant la loi électorale. Le gouvernement haïtien doit faire face à des mois de protestations contre le report des élections. Le Premier ministre, Laurent Lamothe, démissionne le 14 décembre et est remplacé par le nationaliste Evans Paul. Mais les manifestations de rue se poursuivent, avec de nouveaux appels à la démission du président.

Le 13 janvier 2015, le Parlement est dissout après l'expiration de son mandat et, quatre jours plus tard, des milliers de manifestants défilent dans la capitale, Port-au-Prince, demandant de nouveau la démission du président. La police utilise des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser la foule. Michel Martelly exhorte les manifestants à maintenir l'ordre et déclare qu'il est parvenu à un accord avec l'opposition afin de former un gouvernement de consensus dans les prochaines 48 heures. De nouvelles dates d'élections sont annoncées en mars 2015, tant pour le Parlement que pour le président. Michel Martelly ne peut pas représenter car la constitution d'Haïti ne permet pas d'effectuer deux mandats consécutifs.

Conférence entre Michel Martelly et Rafael Correa, président de la république d'Équateur.

Le 25 octobre, l'élection présidentielle a lieu. Selon les résultats préliminaires publiés par le Conseil électoral provisoire, le candidat de gauche libérale, Jovenel Moïse obtient 32,81% des préférences et Jude Célestin 25,27%.

Après la publication des résultats préliminaires le 25 octobre 2015, Jude Célestin déclare ne pas les reconnaître. Cinq autres candidats à la présidentielle se joignent à ces critiques. Ils publient une déclaration commune dénonçant les résultats comme « anti-démocratiques » et appellent au respect du vote populaire. Michel Martelly avait ouvertement déclaré son soutien à Jovenel Moïse. Les partisans de Jude Célestin protestent dans les rues, ainsi que les partisans de Jean-Charles Moïse et son parti Platfom Pitit Desalin ainsi que les soutiens de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide et de son parti Fanmi Lavalas, dont la candidate, Maryse Narcisse, termine quatrième derrière Jean-Charles Moïse. Elle dénonce également les résultats lors d'une conférence de presse. Les manifestants jettent des pierres et brûlent des pneus. La police riposte avec des gaz lacrymogènes et procède à des arrestations.

Le mandat présidentiel de Michel Martelly prend fin le et il quitte son poste[9] après avoir dans un premier temps hésité[10]. À la suite d'une vacance du pouvoir de quelques jours[11], Jocelerme Privert lui succède à titre provisoire[12]. Le bilan de sa présidence est très décevant au regard des espoirs que la population haïtienne mettait en lui. Ainsi, les droits des femmes ont reculé, les violences aux augmenté et Michel Martelly a fait l'objet de soupçons de corruption à grande échelle[13].

En 2015, Pras of the Fugees a réalisé un documentaire intitulé Sweet Micky For President , décrivant la montée de Martelly grâce à son élection dans le but de lutter contre la corruption à la présidence d'Haïti. Le film a été présenté en première mondiale au Slamdance Film Festival 2015.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • Meilleur album de l'année (Haitian Music Awards 1996)

Vie privée[modifier | modifier le code]

Michel Martelly est marié à Sophia Saint-Rémy dont la famille est originaire de Gonaïves. Le couple a quatre enfants, trois garçons et une fille : Olivier, Sandro, Yani et Malaika[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Haïti - Élections : Qui est Michel Martelly?, Haïti Libre, 16 septembre 2010
  2. a et b Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, , p. 348-349
  3. a et b (en) Elise Ackerman, "His Music Rules in Haiti: Sweet Micky's provocative music moves Haitians with an infectious beat and political overtones", Miami New Times, 29 mai 1997
  4. Michel Martelly investi président d'Haïti, 14 mai 2011
  5. En Haïti, Michel Martelly ne parvient pas à former un gouvernement, Le Monde, 3 août 2011
  6. Jean-Michel Caroit, Cinq mois après la présidentielle, Haïti a enfin un gouvernement, Le Monde, 19 octobre 2011
  7. Haïti : tentative d'attentat contre le président Michel Martelly, Le Monde, 27 juillet 2011
  8. Haïti : le premier ministre a démissionné, Le Figaro, 24 février 2012
  9. « Amériques - Le président haïtien, Michel Martelly, quitte le pouvoir sans successeur », sur France 24 (consulté le 5 février 2016)
  10. « Le Nouvelliste; Martelly n’est pas prêt à céder le pouvoir le 7 février » (consulté le 10 février 2016)
  11. « Haïti: vers un gouvernement de transition après le départ de Martelly - Amériques - RFI », sur rfi.fr (consulté le 7 février 2016)
  12. « Haïti : les acteurs politiques parviennent à un accord de sortie de crise », sur Le Monde, (consulté le 7 février 2016)
  13. « L'élection de Jovenel Moïse, «une catastrophe» pour Haïti », Libération.fr,‎ (lire en ligne)

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles liés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]