Charles Borromée

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Saint Charles Borromée
Image illustrative de l'article Charles Borromée
Naissance
Arona, Piémont, Italie
Décès   (46 ans)
Milan, Lombardie, Italie
Nationalité Flag of Italy.svg Italienne
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 4 novembre

Charles Borromée, en italien Carlo Borromeo, (Arona, Milan, ) était un évêque italien du XVIe siècle, cardinal de l'Église, artisan de la Réforme catholique, qui fut canonisé dès 1610 par le pape Paul V.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Borromée naquit dans une famille de la haute aristocratie lombarde. Sa mère était la sœur de Giovanni Angelo de Médicis, qui pape sous le nom de Pie IV de 1559 à 1565.

À l'âge de 12 ans, il reçut la tonsure, et le bénéfice de l'abbaye bénédictine d'Arona, laissée vacante par son oncle. Il fit ses études à Milan puis à Pavie.

Quand son père mourut en 1558, il dut prendre en main les affaires de sa famille. L'année suivante, son oncle maternel fut élu pape à la mort de Paul IV.

En 1561, il fut promu cardinal secrétaire d'État, cardinal au titre de Santi Vito, Modesto e Crescenzia, puis légat apostolique à Bologne, en Romagne et dans les Marches.

Il participa au concile de Trente, s'attachant à réformer les abus qui s'étaient introduits dans l'Église, et fit rédiger le célèbre catéchisme connu sous le nom de catéchisme du Concile de Trente (1566). Il réforma également la chapelle musicale vaticane, et prescrivit qu'on cherchât à obtenir l'intelligibilité des paroles et une musique en rapport avec le texte chanté[1] (à cette époque, le maître était le compositeur Giovanni Pierluigi da Palestrina). La polyphonie chorale s'en trouva transformée, dans tous les pays d'influence vaticane.

Statue colossale érigée en 1697 à Arona (Italie), sa ville natale. Œuvre de Giovanni Battista Crespi, elle mesure 23 mètres sur un piédestal de 12 mètres.

Il a pris une part active et prépondérante à l'élaboration de la discipline hospitalière au Concile de Trente. Rentré dans son diocèse de Milan, il visite ses paroisses, tient des synodes, réunit des conciles provinciaux : ce qui est indiqué à grands traits dans les décrets de Trente se trouve fixé dans le plus petit détail dans les ordonnances de Borromée et avec une perspicacité de ce qui était nécessaire et réalisable qui souleva l'admiration générale. Les prescriptions générales formulées par le Concile de Trente en matière hospitalière sont traduites en de minutieuses applications pratiques dans les conciles de Milan qu'il préside en 1565 et en 1576. Un peu partout en Europe, l'exemple donné par saint Charles Borromée devait être suivi fidèlement par les autorités religieuses locales, d'autant plus fidèlement que les gouvernements n'entendent pas promulguer les décisions du concile de Trente qui, sur ce plan là, étaient manifestement contraires à leurs propres ordonnances. Dans le royaume de France, le pape Pie V et le cardinal Borromée s'efforcent d'obtenir d'une part de l'autorité souveraine la promulgation officielle des décisions tridentines, d'autres part, des évêques l'insertion des prescriptions conciliaires dans la discipline locale par le truchement de diverses assemblées ecclésiastiques. Cette pensée ressort nettement des lettres du cardinal Borromée, qui donne au nonce deux missions : amener la régente Catherine de Médicis à la promulgation, et faire parvenir les décrets à la connaissance du clergé.

On ignore généralement que l'un des motifs de l'hostilité rencontrée par les décisions conciliaires consistait justement dans le conflit de compétences qu'aurait provoqué l'application des règles hospitalières tridentines. L'antinomie entre les canons du concile de Trente et les ordonnances des Rois de France précédemment promulguées était en effet absolue. En effet, le Roi de France avait publié un édit en 1543 attribuant aux baillis, sénéchaux et autres juges la surveillance de l'administration des hôpitaux, par de multiples édits affirmer la nécessité d'enfermer les indigents valides et leur interdire la mendicité, prescrit que les recteurs des hôpitaux devaient rendre compte aux magistrats locaux. Ainsi, les prescriptions tridentines sont plus ou moins formellement reprises par les canons conciliaires français, presque partout sont signalés deux impératifs : d'une part, les évêques doivent visiter les établissements charitables, d'autre part, ils doivent assister ou se faire représenter à la reddition des comptes. Mais l'essentiel des pouvoirs reste aux laïcs. Charles Borromée ne parviendra pas à rétablir la prééminence ecclésiastique dans la conduite et la gestion des hôpitaux face au gallicanisme de la politique royale.

Nommé archevêque de Milan en 1564, il se démit de toutes ses autres charges pour aller résider dans son diocèse ; il y donna l'exemple de toutes les vertus et rétablit partout la discipline. Il s'employa à y appliquer les mesures de la Contre-Réforme prises au concile. Tout d'abord, il prit sa résidence à Milan et ouvrit un séminaire pour améliorer la formation du clergé. Il restaura l'observance de la règle dans les couvents et fit fixer des grilles aux parloirs. Bientôt, il étendit le théâtre de son action à toute l'Italie, puis à la Suisse.

Un des ordres qu'il voulait réformer, l'ordre des Humiliés, tenta de le faire assassiner, mais il échappa aux coups de l'assassin. Lors de la peste qui désola Milan en 1576, il accourut dans cette ville du fond de son diocèse, et bravant la contagion, porta partout des secours et des consolations. Il fonda en 1581 une congrégation d'oblats, prêtres séculiers qui seront ensuite connus sous le nom d'« Oblats de saint Charles ». Il mourut en 1584, à 46 ans, épuisé par les fatigues et les austérités. Il s'opéra des guérisons miraculeuses sur son tombeau.

Il a été canonisé dès le par Paul V. C'est l'un des seuls saints à avoir eu sa canonisation un an seulement après sa béatification. Il est fêté le 4 novembre. Une statue colossale lui a été érigée à Arona. Son cousin est Frédéric Borromée.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le Dôme de Milan avec les Quadroni exposés dans la nef
Église Saint-Charles-Borromée sur l'île de Gorée (Sénégal)
Agostino Bonisoli, (1695), Charles Borromée (à gauche) et Louis de Gonzague priant la Vierge Marie, Musée de Mantoue

Saint Charles a laissé des traités théologiques qui ont été recueillis en 5 vol.in-fol., Milan, 1747.

On y remarque :

  • ses Instructions aux Confesseurs
  • les Actes de l'église de Milan.

Sa biographie a été écrite par Giovanni Pietro Giussani, par Antoine Godeau et par le Père Antoine Touron, 1761.

Hommage[modifier | modifier le code]

Pendant le mois de novembre, période qui lui est dédiée, sont exposées dans le dôme de Milan, les toiles du cycle monumental dites « Quadroni di San Carlo » de la vie du saint et de ses miracles, peintes par un groupe d'artistes du XVIIe siècle parmi lesquels se détachent Il Cerano, Il Morazzone et Giulio Cesare Procaccini.

A Bastia, (en Corse),le 4 novembre, le jour de la Sanint Carlu Borromeo, sous l'impulsion de la Confrérie San Carlu, une messe est célébrée en l'église portant son nom dans le quartier de la rue droite, proche de la rue de la miséricorde. Sa statue est sortie en procession autour de l'église par les confrères de Saint-Charles de Bastia accompagné du clergé, des confréries bastiaises et des fidèles.

La confrérie Saint Charles Borromeo de Bastia, est également liée à la vierge de Lavasina fêtée le 8 septembre. La confrérie organise la neuvaine de Lavasina chantée par les chantres de la même confrérie. Ils s'occupent également de la procession dans les rues de la ville de Bastia avec la statue processionnelle pesant près de 800 kg. Cette fête est incontournable aujourd'hui à Bastia.

La compagnie de Saint Charles est appelée "la compagnie des morts" car elle est sollicitée pour prier et préparer les offices mortuaires. La confrérie organise la semaine sainte avec l'office des ténèbres le jeudi, le magnifique chemin de croix le vendredi, vécu par un millier de fidéles dans les rues de Bastia, et le samedi saint pour aller jusqu'au jour de Pâques.

Citation[modifier | modifier le code]

On lui attribue cette citation : « Pour éclairer, la chandelle doit se consumer »[réf. nécessaire] disait saint Charles à ceux qui l'encourageaient au repos

Patronage[modifier | modifier le code]

Par une lettre apostolique du 26 avril 1932, le pape Pie XI désigne saint Charles Borromée patron de tous ceux qui s'engagent à instruire les autres dans la foi, et parmi eux, les catéchistes et les séminaristes. Il est aussi patron de la ville de Milan[2].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Plusieurs édifices religieux lui ont été consacrés :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Honegger, Dictionnaire de la musique, Paris, Bordas, 1979. Article « G.P. da Palestrina »
  2. Jean-Robert Maréchal, Les Saints Patrons protecteurs, Cheminements
  • Giovanni B. Magnoli, Gli ebrei a Cremona, Storia di una comunità fra Medioevo e Rinascimento, Giuntina, 2002.
  • L'office de Saint Charles Borromée, Paris, De l'Imprimerie de Jacques Chardon, ruë du Foüare, près le pont de l'Hotel Dieu, 1718, nouvelle traduction Latin-François, in8,180p.
  • Imbert Jean, Les prescriptions hospitalières du Concile de Trente et leur diffusion en france, Meaux, Imprimerie André Pouyé, 1956

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Liens externes[modifier | modifier le code]