Hattstatt

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Hattstatt
L'entrée du village.
L'entrée du village.
Blason de Hattstatt
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Guebwiller
Canton Rouffach
Intercommunalité C.C. du Pays de Rouffach
Maire
Mandat
Jean-Jacques Felder
2014-2020
Code postal 68420
Code commune 68123
Démographie
Population
municipale
803 hab. (2011)
Densité 134 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 00′ 42″ N 7° 18′ 02″ E / 48.0117, 7.3006 ()48° 00′ 42″ Nord 7° 18′ 02″ Est / 48.0117, 7.3006 ()  
Altitude Min. 195 m – Max. 810 m
Superficie 5,98 km2
Localisation

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Hattstatt est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace. Elle fait partie du canton de Rouffach et de l'arrondissement de Guebwiller.

Ses habitants sont appelés les Hattstattois et les Hattstattoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Hattstatt est un petit village viticole situé à 8 km au sud-ouest de Colmar. On y accède par la route nationale 83. Les villages les plus proches sont dans l'ordre : Herrlisheim-près-Colmar, 1 km ; Gueberschwihr, 2 km ; Rouffach, 6 km.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom du village est probablement dérivé du patronyme Hatton ou Otto, premier propriétaire des lieux. Au XIIe siècle, l'endroit où se trouve le village portait le nom de Hadestal.

Un village construit sur un ancien site gallo-romain[modifier | modifier le code]

Ce village a probablement été construit sur un ancien emplacement gallo-romain appelé à l'époque Altévic. On a découvert à Hattstatt des tuyaux de conduits remontant à l'époque romaine. Ces tuyaux affectaient la forme d'un cône tronqué renflé à sa base et étaient lutés avec du ciment. Quelques-uns portaient la signature du potier Carpinius.

Au XIIe siècle, la famille des Hattstatt s’installe dans le village[modifier | modifier le code]

Au XIIè siècle, on sait qu'une famille noble, les Hattstatt, contrôlait déjà le village depuis un certain temps car dès l'année 1180, Henri Ier, évêque de Strasbourg, par une sentence en faveur de l'abbaye de Marbach, s'était élevé contre les prétentions de trois membres de cette famille : Werner, Eppio et Conrad, qui revendiquaient la quatrième partie du droit de patronage de Marbach et la huitième partie de la dîme de l'église de Herrlisheim. Dès 1188, le village passe entre les mains d'un certain Conrad Warnier ou Werhner qui est investi dans la dignité de landvogt (bailli) par Rodolphe de Habsbourg.

En 1285, Conrad et son fils (avec Cunon de Bergheim) sont les invités du comte de Chiny lors des festivités qui se déroulèrent entre Montmédy et Chauvency-le-Château, aux joutes et mêlées du tournoi. Jacques Bretel, chargé d'écrire la chronique de ces journées, les range parmi les héros de ces jeux guerriers et raconte leurs exploits dans son poème : Le Tournoi de Chauvency.

La construction d'un château fort[modifier | modifier le code]

La famille de Hattstatt fait construire un château fort à 826 mètres d'altitude à l'entrée de la vallée de Saint-Grégoire, qui restera dans la famille jusqu'au XVIe siècle. Ce château s'appelait le Haut-Hattstatt ou Barbenstein, de la montagne de Barby sur laquelle il était situé. Il est brûlé en 1466 par les habitants de Munster parce que Jean de Lupfen, seigneur de Haut-Hattstatt, avait attaqué les bourgeois de Turckheim. Après l'extinction des Lupfen, le château passe aux Hattstatt, puis aux Truchsess de Rheinfelden. Le village de Lengenberg, qui dépendait de Barbenstein, a disparu. Le bourg de Hattstatt a été en outre défendu par un autre château qui appartenait aux Hattstatt du XIIe au XVIe siècle et devint ensuite l'apanage des Schauenbourg.

À partir du XIIIe siècle, les biens du village passent à l’évêque de Strasbourg[modifier | modifier le code]

Vers 1294, les Hattstatt sont contraints d'abandonner tous leurs biens dans le village à l'évêque de Strasbourg. Seul le château reste entre leurs mains, et le village de Soultzbach-les-Bains.

Les Hattstatt retrouvent leurs biens[modifier | modifier le code]

Vers 1460, les Hattstatt retrouvent leurs biens. Cependant, vers 1466, le château est incendié et son donjon abattu. Vers 1505, Jacques de Hattstatt promulgue un nouveau règlement qui va mécontenter les habitants, mais devant la colère populaire un arrangement est trouvé. La famille Hattstatt est à l'origine de la création d'une maison de bains dont l'eau est réputée pour sa pureté. À l'extinction de la famille de Hattstatt vers 1587, les successeurs sont les Truchsess de Rheinfelden, une famille noble de Suisse qui vendent ensuite une partie du château en ruine à la ville de Colmar. Plus tard, c'est la famille des Schauenbourg qui prendra possession du village.

Les juifs sont pourchassés[modifier | modifier le code]

Au début du Moyen Âge, le village de Hattstatt comporte une importante communauté juive qui est pourchassée impitoyablement en raison de rumeurs faussement colportées. Les juifs sont accusés d'avoir empoisonné les cours d'eau et sont soumis à des tortures dans le but de leur faire avouer leurs forfaits. Ils sont brûlés dans un lieu connu sous le nom de Judenbrand, un lieu-dit qui se trouve à Herrlisheim-près-Colmar. En 1375 quelques familles juives feront à nouveau une apparition dans le village ; elles seront au nombre de 43 lors du dénombrement des juifs de 1784, avec 229 individus, mais quitteront peu à peu le village, surtout après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne en 1871. Elles auront complètement disparu vers 1950. Voir Histoire_des_Juifs_en_Alsace.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Hattstatt

Les armes d'Hattstatt se blasonnent ainsi :
« D'or au sautoir de gueules. »

La commune arbore les armoiries de la "puissante et noble" famille des Hattstatt, d'or au sautoir de gueules. Déjà en 1285, ce blason est décrit (avec de nombreux autres) dans le poème Le Tournoi de Chauvency, œuvre de Jacques Bretel.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie

De 1789 à 1799, les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

De 1799 à 1848, La constitution du 22 frimaire an VIII () revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.

Du à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants.

De 1851 à 1871, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855.

En 1871, la commune comme une grande partie du Haut-Rhin est annexée par l'Allemagne (traité de Francfort). Le département du Haut-Rhin est alors appelé « Bezirk Oberelsass ».

En 1919, elle redevient française (traité de Versailles) et les maires sont élus par le conseil municipal suite à son élection au suffrage universel.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Jean-Jacques Felder   Chef comptable
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 803 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
837 948 1 063 1 068 1 228 1 261 1 223 1 135 1 151
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 101 1 100 1 080 1 031 1 019 1 037 997 978 916
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
849 800 746 727 720 742 672 611 615
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
612 649 671 691 721 784 840 803 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Colombe[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Colombe à Hattstatt (Haut-Rhin)
Intérieur de l'église Sainte-Colombe de Hattstatt

L'église Sainte-Colombe se trouve perchée sur une colline des hauteurs de la localité d'Hattstatt. Cette église porte encore quelques traces de l'époque médiévale (porte, remparts et fossés). Elle dépendait au début du XVe siècle d'une famille noble, les Schaller, puis des Rotberg. En 1470, elle passe entre les mains du chapitre de la cathédrale de Bâle. Un curé et un vicaire officient alors dans cette paroisse. Elle compte actuellement des éléments de l'ancienne église. Certains pans, datés des XIe, XIIe, XVe, XVIe et XVIIIe siècle, en constituent aujourd'hui l'ossature. Quatre chapellenies dédiées à Notre-Dame, saint Blaise, saint Germain et sainte Catherine sont attestées dès 1444. En 1488 une convention règle les droits de la dîme partagée entre les chapitres de Bâle, de Strasbourg et de l'abbaye de Marbach. La partie inférieure de l'église date du XIIe siècle, c'est donc l'un des plus anciens édifices de la région. Le chœur est de style gothique. Une des fenêtres, renfermant deux lancettes trilobées surmontées sous l'arcade d'un trèfle, l'attribuerait au XIVe siècle si les baies voisines n'étaient géminées de même, mais dont les cintres trilobés et la broderie révèlent le XVe siècle. La nef est coupée par deux rangées d'arcades reposant sur des colonnes basses à chapiteaux cubiques. L'étage intermédiaire du clocher renferme des traces d'arcatures romanes.

Arbre de Jessé[modifier | modifier le code]

Dans l'église Sainte-Colombe on trouve une fresque découverte en 1926 lors de travaux de rénovations de l'église. Située sur le côté nord de la nef, elle est semble-t-il contemporaine de la construction de l'église romane. Sur cette fresque on découvre un arbre avec des ramifications plus communément appelées arbre de Jessé qui symbolise la généalogie du Christ. Selon la légende, ces branches représentent des hommes et des femmes qui forment la descendance de Jessé et l'ascendance du Christ. Sur la couronne sont dessinés deux trônes, sur l'un desquels repose le Christ, l'autre n'étant pas occupé. Dans la partie inférieure du dessin on découvre le nom de la donatrice.

Statues de Marie-Madeleine, de Catherine, de Saint-Blaise et Sébastien[modifier | modifier le code]

Ces statues sont datées du XVIIIe siècle. Sur la travée ouest de l'église sont exposés des chandeliers de procession et les porte-cierges de la Confrérie Saint-Sébastien. Elle avait succédé à la Confrérie Saint-Blaise dont la première mention est signalée dans un document de 1330.

Maison de vigneron, 18 rue des Seigneurs[modifier | modifier le code]

Fontaine Sainte-Colombe, rue principale[modifier | modifier le code]

Fontaine Sainte Colombe à Hattstatt

Cette fontaine, appelée aussi Stockbrunnen, au-dessus de laquelle on note la présence de la statue de sainte Colombe, se trouve sur la rue principale.

Oratoire du XIXe siècle, Route de Gueberschwihr[modifier | modifier le code]

Fonts baptismaux[modifier | modifier le code]

Fonts baptismaux à l'intérieur de l'église

Dans l'église paroissiale Sainte Colombe se trouve une cuve monolithe posée sur un pied sculpté dont on peut voir sur le côté les armes de la puissante famille des Hattstatts et un écu martelé.

Maison vigneronne datée de 1535[modifier | modifier le code]

Maison vigneronne datée de 1535 située 35 rue du Maréchal-Leclerc à Hattstatt

Maison vigneronne, 18 rue des Seigneurs de l'année 1703[modifier | modifier le code]

Maison vigneronne, de 1703 située 18, rue des Seigneurs à Hattstatt (Haut-Rhin)

Cet édifice dont les pierres de taille sont visibles possède un rez-de-chaussée qui était probablement destiné à entreposer les fûts. Dans la partie inférieure du bâtiment on trouve des ouvertures permettant le libre passage de l'air indispensable pour la fermentation du vin. Ces bouches d'aération possédaient des volets permettant la fermeture des aérations en cas de grand froid. Les tonneaux transitaient par une porte cochère formée d'un grand arc dont le linteau porte l'année 1703 et les initiales du propriétaire (M.R.). Le premier étage était occupé par les propriétaires et comportait de petites fenêtres. L'ensemble de la maison est construit en bois et en torchis.

Ancien puits du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Ce puits en parfait état de conservation date du Moyen Âge. L'année à laquelle il a été installé n'est plus lisible. Il est situé dans la rue du Bourgrain et peut être daté du XVIe siècle. Sur le puits on trouve les emblèmes de la famille noble des Hattstatt comme sur de nombreux édifices du village. Ce puits a certainement été financé par Nicolas de Hattstatt, qui est à l'origine de nombreux bâtiments dans le village.

Ancien puits situé rue du Bourgrain

Château du Haut-Hattstatt[modifier | modifier le code]

Le château de Hattstatt a été élevé par la famille Hattstatt en 1280. Il remplaçait une précédente forteresse érigée à cet emplacement, et qui est déjà citée au Xe siècle. Il est resté en leur possession jusqu'à la fin du XVIe siècle, époque au cours de laquelle il subit plusieurs assauts. Le château est d'abord incendié en 1466 et son donjon détruit. Les successeurs de la famille des Hattstatt, les Truchsess de Rheinfelden, vendent en partie les matériaux à la ville de Colmar vers 1646-1647. Actuellement ce château est en ruine et envahi par la végétation. Les vestiges sont peu importants : un bâtiment approximativement rectangulaire occupait le point le plus élevé ; il s'agit des restes du donjon. Un lambeau de mur du côté nord a conservé une fente de tir. Ce bâtiment était entouré d'une enceinte en contrebas, encore bien visible au sud. Dans les fossés, de nombreux abris datant de la Première Guerre mondiale ont été creusés dans le roc vif.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Avec Wiggensbach (Allemagne)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Veronika Feller-Vest, Die Herren Von Hattstatt, Rechtliche, wirtschaftliche und kultugeschichtliche Aspeckte einer Adelsherrschaft (13. bis 16 Jahrhundert) - Peter Lang, Bern, Frankfurt am Main, 1982, 458 pages (ouvrage très complet sur cette famille noble avec tableau généalogique)
  • Auguste Scherlen, Die Herren von Hattstat und ihre Besittzungen, Colmar, 1908 (Histoire de cette famille)
  • Jean-Daniel Schoepflin, Alsatia Illustrata, Colmar, 1751-61 - 2 volumes
  • Jean Daniel Schoepflin, L'Alsace illustrée, ou son histoire sous les empereurs d'Allemagne et depuis sa réunion à la France, traduite par L.W Ravenez, Strasbourg, 1849-52 , 5 volumes, François Perrin éditeur, Mulhouse, 1852
  • Édouard Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace, Rixheim, Imprimerie F. Sutter & Cie, 1910 (2 volumes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]