Chandelier

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Un chandelier à trois branches en bronze.

Un chandelier est un objet qui sert de support à des cierges, à des bougies, à des chandelles. On distingue les chandeliers à verge (pique-cierges) et les chandeliers à bobèche. Pour l'un, on fiche le cierge sur une pointe, pour l'autre, on place la base de la bougie, où de la chandelle, dans un petit vase qui la maintient.

Un chandelier peut porter une ou plusieurs bougies. Quand le chandelier comporte plusieurs branches portant chacune une bougie, on peut le nommer candélabre, ce terme étant plus approprié. Par ailleurs, au XVIIIe siècle, on nommait flambeaux les chandeliers de qualité portant une bougie de cire d'abeille. Ces flambeaux, quand ils sont l'ouvrage de grands orfèvres ou de grands bronziers, sont des oeuvres d'art à part entière et on les trouve exposés dans les plus grands musées au même titre que les peintures et les sculptures.

Il est abusif de nommer bougeoir un chandelier à fût qui porte une bougie en hauteur. Un bougeoir est un chandelier bas comportant un petit vase porte-bougie directement fixé sur un petit plateau ; il se transporte au moyen d'un manche ou d'un anneau avec poucier. C'est habituellement un chandelier de table de nuit.

La chandelle (bougie grasse faite avec du suif) et, plus tard, au XIXe siècle, la bougie stéarique inventée par le chimiste Eugène Chevreul ont été des moyens d'éclairage communs et relativement peu onéreux ; tout au contraire, la bougie de cire d'abeille, beaucoup plus coûteuse, est longtemps restée l'apanage de "l'autel et du Louvre" (La Bruyère. Les Caractères. De la Ville. 22). C'est à dire, de l'église, du roi, et des plus riches.

Au Moyen Âge, les chandeliers élaborés, qu'ils soient laïcs ou religieux, prennent souvent des formes anthropomorphes, zoomorphes, voire fantastiques. Ceux d’église portent parfois des dragons qui sont un symbole de la victoire de la lumière sur l’esprit des ténèbres.

Le métal (alliages cuivreux, argent, étain, fer blanc), la céramique (faïence et porcelaine), le bois (chandeliers de Bagard) et même le verre et le cristal sont employés dans la fabrication des chandeliers. Du XIIIe au XVIe siècle, l’émaillerie limousine a produit de remarquables chandeliers champlevés.

Au XIXe siècle, chandeliers et bougies sont d'abord concurrencés par les lampes à huile techniques à cheminée de verre (lampes d'Argand, lampes Carcel), puis, par les lampes à pétrole, enfin, par l'éclairage au gaz de ville ; au XXe siècle, avec l'arrivée progressive de l'électricité dans les habitations, ces divers moyens d'éclairage vont définitivement céder la place aux lampes électriques à filament incandescent, plus propres, plus lumineuses et moins dangereuses.

À l'heure actuelle, les chandeliers, le plus souvent en métal, sont encore utilisés dans les régions où l'électricité n'est pas ou peu présente ainsi que dans la plupart des lieux de culte, où leur fonction spirituelle de "porteurs de lumière" demeure.

Certains chandeliers anciens ont été convertis en lampes électriques. Ces transformations sont réalisées pour des raisons de décoration afin de rester en accord avec un mobilier "d'époque", il est néanmoins toujours regrettable de percer et d'électrifier un chandelier ancien de valeur. Un chandelier n'est vraiment beau que lorsqu'il porte la flamme d'une bougie.

Girandole[modifier | modifier le code]

La girandole appartient au genre des candélabres.

A la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècles, c'est un chandelier à plusieurs branches disposées en pyramide, ordinairement garnies de cristaux ou de fleurs de porcelaine. Ce type de girandole accompagne le plus souvent des "lustres" dont elles sont la répétition lumineuse et décorative.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les girandoles peuvent aussi se présenter avec des branches simplement dorées disposées en bouquet. Elles sont alors montées sur un trumeau, dans un vase, ou, elles sont encore portées par une statuette.[1]

Selon leur importance, les girandoles peuvent être placées en applique contre les glaces, sur les cheminées, ou encore sur une table, un buffet, un guéridon, ou sur une torchère.

Enfin, on nomme aussi parfois girandole, un accessoire amovible du chandelier comportant deux ou plusieurs branches. (Référence : Cabinet des Modes. 1785. Il s'agit d' "un flambeau d'argent à girandoles, à deux branches, dans le goût le plus nouveau; (...) extrêmement riche en ciselure et en gravure." L'illustration qui accompagne le texte montre un chandelier dans le "vase" duquel on a placé un "bouquet" à deux lumières.) Cet accessoire transforme alors le chandelier en candélabre.

Chandeliers à "faire binet".[modifier | modifier le code]

Type de chandelier où le binet est considéré comme un fond de chandelier réglable. Ce sont des chandeliers à systèmes qui permettent de brûler la chandelle jusqu’au bout en la repoussant sur le haut du chandelier. (Référence : "Faire binet" signifiait : lever un bout de chandelle sur le haut du chandelier, afin qu'il se consume tout à fait. "C'est un avare qui a donné le bal, où les bougies étaient si courtes, qu'il a fallu faire binet." (Furetière. 1690.). Au 19e siècle, la locution "faire binet" tombe en désuétude, elle survit néanmoins aujourd'hui dans l'expression 'Faire des économies de bout de chandelles".

On distingue :

  • Les chandeliers à binet tournant sur une rampe hélicoïdale. Ce sont les plus rustiques et les plus anciens. Ils sont formés d'un fer forgé enroulé en spirale. Le fond du chandelier monte par rotation d'une prise dans une gorge en hélice laissée libre. Ces chandeliers sont parfois dits "queue de cochon" par les antiquaires.
  • Les chandeliers à binet coulissant. Ces derniers sont en tôle étamée ou en laiton. Le fond du chandelier monte en coulissant une prise dans une fente verticale ouverte dans le fût. (Référence : Le principe du binet à coulisse est longuement expliqué dans l'Encyclopédie Diderot-d'Alembert (1751-1772). Article Chandelier. Rubrique Chandeliers d'ateliers.)
  • Les chandeliers à binet repoussé par un ressort. Il s'agissait là d'un luminaire technique de scène de théâtre en fer laqué comportant un petit réflecteur étamé en demi-lune. (La flamme doit toujours rester à la hauteur du réflecteur pour éclairer convenablement la scène.) Ce type de chandelier deviendra ensuite très commun en tant que luminaire de lanterne de fiacre.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Girandole en usage à partir du XVIIe siècle. 
Branches avec leurs bobèches
Chandelier « Dauphin » par la cristallerie de Portieux. 
Chandeliers pisciformes en verre (1845-1865). 
Chandelier en forme de chien (1800). 
Chandelier en céramique (XIXe siècle). 
Chandeliers à faire binet. 

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cabinet des Modes, 1787, Novembre à Décembre, p.100. "Déjà depuis longtemps, on ne garnit plus les cheminées que de girandoles. (...) Elles ne sont plus, comme autrefois, de cristal, attachées contre les glaces, et scintillantes aux yeux ; elles sont de cuivre doré d'or moulu, elles sont mises sur pieds, dans des vases de marbre noir, ou bleu, ou vert antique, (...) ou sur des colonnes, etc."

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]