Husseren-les-Châteaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ne doit pas être confondu avec Husseren-Wesserling.
Husseren-les-Châteaux
L'entrée du village.
L'entrée du village.
Blason de Husseren-les-Châteaux
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Haut-Rhin
Arrondissement Colmar-Ribeauvillé
Canton Wintzenheim
Intercommunalité C.C. du Pays de Rouffach, Vignobles et Châteaux
Maire
Mandat
Édouard Leiber
2014-2020
Code postal 68420
Code commune 68150
Démographie
Population
municipale
488 hab. (2014)
Densité 407 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 02′ 08″ nord, 7° 16′ 54″ est
Altitude Min. 320 m
Max. 595 m
Superficie 1,2 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Haut-Rhin

Voir sur la carte administrative du Haut-Rhin
City locator 14.svg
Husseren-les-Châteaux

Géolocalisation sur la carte : Haut-Rhin

Voir sur la carte topographique du Haut-Rhin
City locator 14.svg
Husseren-les-Châteaux

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Husseren-les-Châteaux

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Husseren-les-Châteaux

Husseren-les-Châteaux est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Ses habitants sont appelés les Husserenois(es).

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune la moins étendue du Haut-Rhin, Husseren-les-Châteaux a une superficie de 120 ha et est située à 7 km de Colmar. En entrant dans Husseren-les-Châteaux, on aperçoit les trois tours du château qui dominent le village. Celui-ci est perché sur un replat qui culmine à 387 mètres d'altitude, et la partie la plus haute, le Schlossberg, se trouve à 591 mètres. Ce village situé sur les contreforts du massif vosgien est le point culminant de la route des vins d'Alsace. Depuis l'entrée d'Husseren-les-Châteaux, on aperçoit distinctement la ville de Colmar et notamment la ZUP.

Accès[modifier | modifier le code]

On peut rejoindre la commune en prenant la route nationale 83 à la sortie ouest de Colmar. En venant de Mulhouse depuis l'autoroute A35, prendre la sortie no 28 en direction de Niederhergheim, Herrlisheim, Munster, Gérardmer. Suivre la D 1bis jusqu'à la RN 83, puis prendre la sortie Eguisheim, puis Husseren-les-Châteaux. En venant de Strasbourg, prendre l'A35 puis la RN 83. Prendre ensuite la sortie no 23 en direction de Colmar, Houssen, Munster. Suivre la RN 83 direction Belfort et prendre la sortie Eguisheim, puis Husseren-les-Châteaux.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Exa ou Exsa serait le nom latin d'un grand domaine gallo-romain, il pourrait s'étendre en tout ou partie sur les communes d'Eguisheim et d'Husseren, culminant sur les hauteurs entre la vallée interne de la Fecht et le piémont alsacien surplombant la rivière Lauch. Son nom latin Exa lui viendrait de sa mise en retrait, de son caractère excentré, à la fois surélevé et particulier, par rapport aux voies de circulation commune. Une variante alsacienne Egse ou Agse s'applique encore aux trois châteaux, parfois traduite en allemand non sans ambiguïté par « Die drei Hexe ». La localité Husseren proviendrait de l'évolution du toponyme gallo-romain Exaravino ou Exsaravino désignant un espace en pente ou ouvrant sur une pente d'une largeur supérieure à 180° et en conséquence sur un point de vue large. Un doublon gallo-romain aurait pu produire en roman Euxharain puis Huxherain. Pour expliquer la forme définitive, le toponyme est bel et bien adopté dans le monde alémanique à partir du VIIIe siècle ou IXe siècle pour laisser la simple forme alsacienne Husseren.

Dès la Renaissance, les savants latinistes et humanistes germanophones alsaciens ont remarqué que les trois premières lettre Hus était similaire à la forme alsacienne 's Hüs (sans l'article défini neutre 's), signifiant la maison, c'est-à-dire le mot neutre das Haus en allemand. Il était certain, selon eux, qu'ils avaient obtenu sans coup férir la racine du toponyme. Il est vrai qu'ils retrouvaient différentes formes assez fréquentes de la microtoponymie de l'ensemble souabe, bien avant que les Français occupent et nomment l'Alsace et influencent des formes par différents processus de francisation, souvent en cartographe militaire par simple adaptation phonétique, en « House » ou « Hause ».
Mais le pluriel alsacien de ce substantif est Hiiser, cela pourrait poser problème. Pour prouver à une lettre près, que ce toponyme correspond à un pluriel archaïque, les savants ont considéré le mot correspondant pluriel moyen haut-allemand « Husen », c'est-à-dire en allemand moderne « Häuser », signifiant « maisons ». La traduction en allemand contemporain du toponyme alsacien, par exemple à l'époque du Reich allemand, respectant la forme initiale supposée en moyen-allemand, a été fort logiquement Häusern. Dans ce cas présent, outre le pluriel, le nom porte la désinence du datif, « -ern ». En moyen haut-allemand, ce marquage donne l'indication du lieu où se situe le sujet. C'est aussi une caractéristique assez courante pour les noms de hameau en Allemagne.
Enfin, la graphie actuelle, où la voyelle du radical est pointue, transcrirait la prononciation alsacienne locale (plutôt que la prononciation arrondie propre à l'allemand).

Finalement, à la suite de cette démarche savante, le nom du village actuel peut se traduire par l'expression « aux maisons » avec la marque du pluriel, par ailleurs curieux pour un spécialiste du monde rural qui s'attend à un qualificatif de ces habitations pourtant villageoises, que ce soient en zones romanes ou germaniques.

À noter que l'expression « les châteaux » qui est accolée au toponyme initial ne sert qu'à le distinguer, pour des raisons administratives et postales tardives, en français, de son homonyme du sud du Haut-Rhin, Husseren-Wesserling.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un village lié à l'histoire des trois châteaux[modifier | modifier le code]

À l'origine, à l'emplacement où se dressent aujourd'hui les trois châteaux, pouvait exister une vigie romaine destinée à surveiller la contrée, éventuellement les invasions des Germains. Une ou plusieurs tours de garde auraient offert en effet une vue imprenable, cette avancée de monts et collines vers le piémont pouvant être considérée comme un point stratégique majeur.

Les comtes de Dabo-Eguisheim fondent là-haut un de leur château au XIIe siècle. Deux autres familles seigneuriales, l'une avec l'appui des Lorrains et l'autre les Hattstatt avec l'appui du roi de Germanie Hohenstauffen et de son landvogt, redessinent la configuration du lieu en y fondant également un château. Les trois châteaux ne sont plus aujourd'hui que des vestiges d'un glorieux passé médiéval.

Husseren-les-Châteaux est implantée au pied du massif du Stauffen. Il n'est pas exclu que le village ancien ait pu être reconstruit en partie en pierre par les tailleurs de pierre et ouvriers employés à la construction des trois châteaux d'Eguisheim. Les premières tours en pierre massive sont (ré)édifiés peut-être entre les XIe et XIIe siècles, mais surtout les ensembles castraux naissent au XIIe siècle, l'art de bâtir est vraisemblablement dans la lignée de l'édification de l'abbaye de Marbach qui se trouve à proximité de la commune.

Husseren est mentionnée sous le nom in Hüsern en 1245, puis dans un document des archives de l'évêché de Bâle portant l'année 1247. Le village dépend essentiellement de la famille noble des Hattstatt. Il passe ensuite entre les mains de la famille des Schauenbourg[1].

Un couvent de nonnes[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, Husseren-les-Châteaux disposait d'un couvent de nonnes placé sous la règle de saint Augustin qui fut transféré en 1259 dans la vallée de Wehr en Forêt-Noire (in valle Werra), et plus tard à Bâle où il a existé jusqu'à l'époque de la Réforme[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]


Blason d'Husseren-les-Châteaux

Les armes d'Husseren-les-Châteaux se blasonnent ainsi :
« Écartelé, au premier d'azur aux trois coupeaux sommés de trois tours d'or, au deuxième d'argent au cœur de gueules, au troisième d'argent à l'épée basse de gueules posée en barre, et au quatrième d'azur à la grappe de raisin d'or. »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Édouard Leiber   Viticulteur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 488 habitants, en diminution de -4,69 % par rapport à 2009 (Haut-Rhin : 1,52 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
320 569 544 610 759 728 679 642 651
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
583 567 564 588 547 530 554 533 547
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
545 485 436 395 356 358 364 356 368
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
357 333 367 362 377 397 488 483 488
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Pancrace[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pancrace.

L'église paroissiale Saint-Pancrace a été édifiée à l'emplacement d'une ancienne église démolie en 1881. L'église actuelle construite en 1884 a été construite dans un style néo-gothique. Le chœur de l'église est voûté en forme d'ogive. La nef est flanquée de bas-côtés et une tour porche. Le portail central, orné de colonnes jumelées, porte la date de 1884. Un décor peint à motifs d'entrelacs et des vitraux rehaussent l'ornement intérieur.

Fonts baptismaux[modifier | modifier le code]

Fonts baptismaux de l'église Saint Pancrace

Enseigne de Jean-Jacques Waltz, dit Hansi[modifier | modifier le code]

« Le Château » (XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Fontaine de 1845[modifier | modifier le code]

Fontaine Saint Pancrace

Ancienne ferme vigneronne du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Située 31, rue Principale, cette maison vigneronne construite en grès et en bois enduit de torchis remonte à la première moitié du XVIIIe siècle. Le bâtiment est recouvert d'une toiture en demi-croupe que l'on retrouve dans de nombreuses maisons anciennes du vignoble alsacien.

Statue en bois polychrome de saint Pancrace[modifier | modifier le code]

Saint Pancrace

Il s'agit d'un statue en bois polychrome, doré et argenté d'une hauteur de 1,10 mètre qui se trouve dans l'église. Saint Pancrace, né en Phrygie en 290, est mort en martyr à Rome pendant le persécution de Dioclétien en 304. Il a donné son nom à un titre cardinalice. Il est représenté tenant à la main un cœur et une épée. Restaurée et redorée, la statue provient de l'ancienne église. Elle se trouve désormais dans la niche supérieure de l'autel latéral droit de l'église actuelle..

Les Trois châteaux[modifier | modifier le code]

Le village de Husseren-les-Châteaux et au loin les Trois châteaux.

Les Trois châteaux sont situés sur des pitons rocheux. Ils sont composés de trois châteaux : le Wahlenbourg et le Weckmund, qui sont situés sur le banc d'Husseren-les-Châteaux, et le Dagsbourg, qui appartient à Eguisheim. Il existe un sentier permettant de se rendre aux châteaux depuis Husseren-les-Châteaux : ce sentier balisé par le Club Vosgien a une longueur de 3,2 km, soit entre 1 h et 1 h 30 de marche derrière l'église.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les Schauenburg, bienfaiteurs du prieuré de Thierenbach sont enterrés à la basilique
  2. Baquol: L'Alsace ancienne et moderne, p.198
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean KUENTZ, futur huissier de justice, et finaliste du concours national de plaidoirie, a rédigé le testament de David Bowie, frère de Joséphine HENRICH (cf. Langensoultzbach).
  • La toponymie alsacienne, Jean SCHWEITZER, éditions Jean-Paul GISSEROT, 2001, 123 pages

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :