La commune se nommait Lerna Fontanis, ce qui signifie Lerne aux Fontaines, autrement dit, la pierre aux fontaines[2]. Le nom actuel « Fontaine-l'Évêque » remonte à environ 1251. À cette époque, le seigneur de Fontaine était Nicolas, qui occupait les fonctions de chanoine de Cambrai, archidiacre de Valenciennes et prévôt de Soignies. Finalement, le pape Innocent IV le consacra évêque de Cambrai. Pour commémorer cet événement marquant, le titre d'évêque fut ajouté au nom de Fontaine[3].
Fontaine-l’Évêque est une ville du Hainaut, en Belgique francophone. Elle est située à 9 km à l’ouest de Charleroi, sur la route N90 vers Mons, à environ 50 km au sud de Bruxelles et à 15 km à l’est de Binche. Elle est située entre les communes de Courcelles et Chapelle-lez-Herlaimont, au nord, de Charleroi, à l’est, d’Anderlues à l'ouest et de Gozée au sud. Elle fait partie du Pays de Charleroi, qui est marqué par son passé industriel, les charbonnages et la sidérurgie. Fontaine hébergeait des mines et les terrils sont encore visibles.
Depuis la fusion des communes, l’entité de Fontaine-l'Évêque regroupe également les anciennes communes de Leernes et de Forchies-la-Marche.
La Bouverie, quartier de la ville basse, il se trouve aux environs du boulevard du Nord[5].
Boegnies, quartier de l'église d'en haut[5]’[Note 1].
Le Hanois, quartier de la gare, une rue porte le nom[5].
Les Récollets, il s'agissait d'un couvent qui était fondé par six père Récollets[5].
Beaulieusart, (Baillieusart en 1514, Baillisart en 1684, Beaulieusart en 1773). Un lieu appelé Essart ayant appartenu à la famille Bailleul de Morialmé[5].
Les Gaux, un hameau qui s'est formé progressivement grâce au déboisement de la charbonnière. Son nom, très ancien, provient du bas latin « Gualdus », signifiant bois[5].
Henrichamps. Henrichamp en 1514, Henrichamps en 1670[5].
La Queue du Vivier, l'Ermitage, le Culot des Gaux, Calvaire Mascaux, la Sarte, le Pétria, Tienne du Berger, Fontaine au Saule, Belle Fontaine, la Blanche Maison, Tienne Collot, le Calvaire, le Cressonnière, le Roquette. Gros Terril, Tienne du Cavalier, la Croix Fauvresse, Pré à la Planchette et le Culot de Beaulieusart.
Fontaine est parcourue par un ruisseau, l'Ernelle, qui prend sa source à Forchies. Ce cours d'eau s'écoule du nord au sud, il change de direction vers l'ouest-est, traverse le domaine du château, puis continue son chemin vers Goutroux. Sa longueur totale sur le territoire est de 4 150 mètres[6].
Les affluents de l'Ernelle sont :
le ruisseau de la Charbonnière, qui serpente le long du bois portant le même nom ;
le ruisseau du bois s'échappe et rejoint l'Ernelle avant d'atteindre Goutroux ;
les ruisseaux de Blanche-Maison et de Belle-Fontaine se rejoignent avant de confluer dans l'Ernelle ;
la Babelonne, prenant sa source sous le terril no 1, traverse la Queue du Vivier, s'engouffre dans l'égout de la rue d'Assaut, passe sous la Grand'rue, traverse le domaine du château et rejoint l'Ernelle à la sortie de ce domaine, en face de l'avenue des Déportés ;
le ruisseau de Beaulieusart, qui commence par marquer la frontière entre Fontaine et Leernes, traverse le Paradis, franchit la route de Mons et rejoint finalement l'Ernelle[6].
Sur le territoire de la ville, deux pièces ont été découvertes. La première, en 1929, est une lame en silex brun foncé trouvée près de l'étang de la pannerie de Beaulieusart. C'est un grattoir d'environ 13 cm, avec des retouches latérales qui facilitaient l'emmanchement ou servaient de racloir. La seconde, découverte l'année précédente près des anciens remparts au boulevard du Nord, est une simple lame de 20 cm, à la forme plus ou moins triangulaire et à l'utilisation indéfinissable[8].
Une pierre de taille rudimentairement sculptée se trouvait à la Croix Favresse et aurait servi de base à un ancien édifice païen, datant d'avant l'arrivée des missionnaires chrétiens en Gaule[8]. À l'arrivée de Jules César en 57 avant Jésus-Christ, le pays était recouvert d'une vaste forêt impénétrable : la forêt Charbonnière. Le bois de la Charbonnière, qui sépare Fontaine de Goutroux, reste un témoignage de cette époque[9].
La ville, située sur le territoire des Nerviens, se trouvait déjà en zone frontière. Un oppidum gaulois s'élevait dans le bois de la Charbonnière. Cet ouvrage comprenait une tour circulaire qui dominait la vallée de l'Ernelle, dont seules les fondations subsistaient aux alentours de 1840[9].
Des vestiges d'une villa romaine ont été mis au jour en 1865 à la limite de Forchies, au bord du ruisseau « la Charbonnière », lors du terrassement de la rue de Roux en direction de Sart-lez-Moines. On peut également noter la découverte, en 1895, des restes d'un cimetière romain au Calvaire Mascaux, où des pièces de monnaie à l'effigie de Néron ont été retrouvées[9].
En 1856, lors de la construction du chemin de fer industriel du charbonnage de Forchies, on découvrit sur le territoire de Fontaine, à environ 600 mètres à l'ouest du puits numéro 14 à Goutroux, des sépultures franques contenant des objets en bronze et des poteries, qui furent remis au cercle archéologique de Charleroi[9].
À l'époque franque, une grande période de défrichement des terres eut lieu. La cité, liée à Leernes, devint un vaste domaine agricole. En 868, elle abritait deux types d'habitants : les colons libres et les serfs. Le territoire se composait de 100 bonniers de bois, 150 bonniers de terres arables et 6 bonniers de prairies. Les terres cultivées, dont environ un quart constituait la réserve seigneuriale, occupaient 220 paysans. Le domaine comprenait également 2 brasseries et 2 moulins[9].
La première trace écrite de Fontaine date de 868, dans le polyptyque (relevé des biens) de l'abbaye de Lobbes : Fontaine et Leernes étaient désignés par Fontana Lernis. Le nom de Fontaine figure déjà isolément dans l'itinéraire de saint Bernard, qui s'y arrêta en 1146. En 1234, Leernes et Fontaine sont officiellement séparées[2]. Le qualificatif l'Évêque provient de Nicolas de Fontaine, seigneur de la ville devenu évêque de Cambrai en 1248. Dans l'ouvrage de Geoffroi, abbé de Clairvaux intitulé L'itinéraire de St Bernard en 1146, commente le voyage que fit Saint-Bernard de Liège à Cambrai. Il fit une halte à Fontaine, où il redonna la vue à un aveugle et guérit un jeune paralytique à l'entrée de la ville. Le chemin qu'il emprunta sur le territoire porta son nom ; il passait par l'actuelle rue du Parc, traversait la ville par l'esplanade et se terminait rue Louis Delattre[10].
Sur la place Brogniez, une chapelle fut construite en mémoire de ce miracle. Elle abritait un petit autel avec une statue en bois, et il était possible de faire le tour de la chapelle, qui offrait quelques sièges pour les fidèles. Une messe chantée y était célébrée chaque année le , jour de la fête du saint. Bien que disparue aujourd'hui, cette chapelle existait encore en 1886 et avait été restaurée en 1848. Elle se trouvait le long de la voirie actuelle sur la place, au niveau du chœur du temple évangélique[10].
En 1154, l'évêque de Liège Henri II affirme, par un acte, avoir acquis plusieurs châteaux, dont celui de Fontaine, pour l'utilité de son église. Cependant, le château actuel date du XIIIe siècle, ce qui laisse à penser qu'un autre château, probablement situé au même emplacement, existait auparavant[10].
Fontaine a obtenu une charte en 1212 de Wauthier, deuxième seigneur de Fontaine, et acquit ainsi le titre de ville[10]. La charte resta en vigueur jusqu'en 1794.
Les manants avaient construit leur chaumière à l'abri des murs du château et travaillaient, pendant la belle saison, sur les terres du seigneur. En hiver, le travail se faisait rare, alors ils avaient installé une petite forge attenante à leur maison. Toute la famille participait : la mère et les enfants actionnaient le soufflet pour maintenir le feu et chauffer le fer, tandis que le père fabriquait clous et chaînes à la main. Incapable de produire et de vendre en même temps, l'ouvrier cloutier confiait son travail à un intermédiaire chargé de la vente. Cette pratique locale se développa rapidement, nécessitant toujours plus de matières premières. Trop pauvre pour stocker du fer, l'ouvrier dépendait de l'intermédiaire, qui devint vite le patron cloutier : il fournissait les matériaux, rémunérait le travail et s'occupait de vendre les produits finis[11].
Entre le château et le peuple émergea une classe aisée de bourgeois qui gagna progressivement en importance. Ce sont eux qui réussirent à obtenir du seigneur la charte de 1212. Le seigneur, ayant besoin d'argent, recevait des bourgeois en échange de certains privilèges. Dès lors, c'est parmi eux que le seigneur sélectionna ses magistrats, et ils devinrent rapidement l'autorité communale[11].
Cette charte de 1212 constitue ainsi le tout premier acte d'émancipation de la commune par rapport au seigneur[11].
En 1272, à la mort de l'évêque Nicolas, troisième seigneur de Fontaine, la ville avait déjà pris la forme qu'elle conservera jusqu'au XIXe siècle. Le château était flanqué d'une chapelle, et le plan général des constructions formait un carré protégé par sept tours, dont une carrée, le donjon, qui se dressait à droite de la porte principale. La ville était entourée de fortifications et de fossés larges et profonds, dont il reste des traces sur les boulevard du Nord et boulevard du Midi ; les remparts, longs de 2 800 mètres, étaient percés de cinq portes : celles du Marteau, de Leernes, de Binche, de Nivelles et de la Bouveric. Ces portes menaient à la place communale, qui accueillait déjà un marché et des foires[12].
Ce marché existait bien avant le XIIIe siècle. Il avait vu le jour grâce à sa position près du chemin très fréquenté reliant Liège à Cambrai aux Xe et XIe siècles, devenant ainsi un point d'échange pour les caravanes de marchands entre la France et l'Allemagne. Au XIIIe siècle, les cultivateurs locaux et les vendeurs de clous se joignirent aux marchands itinérants[12].
L'église Saint-Vaast, date de 1211 et l'église Saint-Christophe de 1245. Au Moyen Âge, la ville était séparée en deux : la paroisse Saint-Vaast faisait partie de la principauté de Liège, alors que la paroisse Saint-Christophe relevait du comté de Hainaut et de l'évêché de Cambrai, la frontière étant la Babelonne.
La ville était alors entourée de murailles pour se protéger des voleurs et des maraudeurs qui parcouraient la région ; ce n'est que plus tard que les remparts furent utilisés à des fins militaires. C'est probablement à cette époque qu'ouvrit la première maison de ville, située sur la place communale, près de la rue du Marché[12]’[Note 2].
Fontaine-l'Évêque, située à la frontière des pays nerviens et aduatiques, confirma cette limite au Moyen-Âge. Cette position stratégique permit à la ville de conserver une certaine indépendance pendant quatre siècles. Elle n'envoyait de députés ni aux États du Hainaut, ni à ceux de Liège, se proclamant franche et souveraine. Le seigneur y frappait monnaie et rendait justice en son nom, tandis que les habitants étaient exemptés d'impôts envers ces deux États[13].
Cette situation aurait pu être bénéfique pour la cité si, à plusieurs reprises, le seigneur n'avait pas affiché une préférence pour le Hainaut, tandis que la population soutenait la principauté de Liège. Cela entraîna de nombreuses occupations du territoire, des incendies et des destructions[13].
En 1313, Guillaume Ier le Bon, comte de Hainaut, et Adolphe, évêque de Liège, rédigèrent un mémoire désignant Fontaine-l'Évêque comme lieu de réunion des arbitres en cas de litige entre les habitants des deux régions. En 1395, les habitants de Fontaine se plaignirent du non-respect de leurs chartes et privilèges par leur seigneur Baudouin VI de Hennin, qui cherchait à remplacer la loi de Liège par celle du Hainaut. La Cour de Fontaine, composée de notables locaux, déclara que Fontaine relevait des échevins de Liège, bien qu'elle dispose de droits et privilèges spécifiques. Ces magistrats formèrent également une confédération avec 13 villes de la Principauté de Liège, qui promirent « confort et assistance » à Fontaine pour garantir la jouissance de ses droits et privilèges[13].
En 1408, les treize villes se rebellèrent contre leur prince-évêque Jean de Bavière, sollicitant l'appui des bourgeois de Fontaine, tandis que le seigneur prenait le parti de l'évêque. Cela aboutit à une véritable guerre locale entre le châtelain et ses vassaux : les bourgeois de Fontaine incendièrent le château, tandis que les hommes du seigneur attaquaient la ville. La maison communale fut probablement brûlée, entraînant la disparition de la fameuse charte de 1212 lors de cette révolte[14].
En 1441, Baudouin VII de Hennin, nouveau seigneur de Fontaine et neveu de son prédécesseur, changea de cap par rapport à la politique de ses ancêtres. Il reconnut la souveraineté de la principauté de Liège sur Fontaine-l'Évêque, stipulant que « ses successeurs ne puissent attenter aux chartes, libertés et privilèges et n'y introduisent aucun usage du pays de Hainaut ». Cependant, cela n'empêcha pas l'apparition de nouvelles querelles dans les années suivantes[15].
En 1465, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, continuait à bâtir un état puissant incluant le Hainaut. Ses troupes furent dépêchées à Fontaine pour protéger la ville des Liégeois ; bien que seules quelques escarmouches eurent lieu, une garnison resta stationnée dans les murs pendant de nombreux mois[15].
Son fils aîné Wauthier II, avoué de Leernes et seigneur de Fontaines épousa Basilia de Condet fille de Roger et d'Alix de Mons (act. avr. 1204, 1211,1245). Il eut comme fils aîné Wauthier III qui mourut avant son père vers 1235. L'héritage revint à Nicolas, son frère qui fut prêtre, archidiacre à Valenciennes, chanoine de Cambrai puis évêque de Cambrai, chancelier du Saint-Empire romain germanique en 1257, haut avoué de Gilly et seigneur de Fontaines. C'est à partir de ce moment qu'on appela cette ville Fontaine-l'Évêque. Il mourut le . Les armes de tous ces seigneurs furent d'azur à l'aigle d'or béquée et membrée de gueules à la cotice en bande de même[16].
Il désigna comme héritière, sa sœur Mahaut de Fontaines qui avait épousé Baudouin de Hénin-Liétard fils de Baudouin seigneur de Cuincy et de Marie dame de Hénin. La seigneurie de Fontaine-l'Évêque passe donc dans la famille de Hénin. Ce Baudouin part en croisade avec Louis IX dit saint Louis et pour ce faire vend sa seigneurie de Hénin en 1244 à Robert d'Artois et sa seigneurie de Vitry à l'évêque d'Arras. Il porte comme armes de gueules à la bande d'or. Son fils Baudouin portera les mêmes armes et épousera Isabelle de Hainaut dame de Sebourg, Angre, Fayt, fille de Philippe de Hainaut et de Marie de Strépy (veuve elle se remariera à Arnould d'Audenarde)[16].
Le fils aîné s'appelle aussi Baudouin, est baron de Fontaine-l'Évêque, seigneur de Sebourg et de La Marche, il épousera Mahaut de Luxembourg (fille de Gérard de Durbuy) dont il écartèlera les armes ; il aura donc comme écartelé : en 1 et 4 de gueules à la bande d'or et en 2 et 3 un burelé de 10 pièces d'argent et d'azur au un lion de gueules couronné, armé et lampassé d'or brochant sur le tout. Son cimier fut un lion arrêté de gueules couronné d'or issant d'une couronne de même. Sa capeline fut aux armes de Luxembourg.
Il eut quatre enfants dont l'aîné, Baudouin épousa Aliénor d'Apremont fille de Godefroid III et d'Isabelle de Quiévrain. Ses armes furent les mêmes que son père[16].
Il n'eut pas de fils légitime mais une fille du nom d'Isabelle qui épousa Robert de Condé, seigneur de Belœil et de Morialmé. La seigneurie de Fontaines-l'Évêque passa donc dans cette famille. Il portait comme armes vairé en chevron à deux chevrons de gueules. Son fils Jean de Condé fut baron de Fontaines-l'Évêque, seigneur de Condé, Morialmé, Stambruges, pair de Liège, baron du Saint Empire Romain germanique. Il épousa Marie de Luxembourg-Ligny fille de Guy et de Mahaut de Châtillon[16].
Il eut un bâtard et deux filles qui furent chanoinesses à Sainte-Waudru à Mons : Éléonore et Catherine qui hérita de sa sœur. Lorsqu'elle mourut, les biens furent partagés en trois parts. C'est Jean II de Hénin-Liétard qui hérite de la seigneurie de Fontaine-l'Évêque pour son héritier Baudouin seigneur de Sebourg et Melent, fils de Gérard de Hénin et d'Isabeau d'Aspremont. La seigneurie de Fontaine-l'Évêque retourne donc dans la famille de Hénin mais la branche des Boussu[16].
En 1502, après de nouveaux différends, Marguerite d'York, veuve de Charles le Téméraire, valida par une sentence arbitrale les droits de la ville, prévoyant un appel en dernier recours aux échevins de Liège pour les affaires jugées par la cour de Fontaine[15].
En 1554, la guerre entre Henri II, roi de France, et Philippe II, roi d'Espagne et des Pays-Bas, ramena les Français dans notre région. Ils assiégèrent la ville de Binche et incendièrent les châteaux de Mariemont et de Trazegnies. La ville de Fontaine subit également de lourdes pertes : son château fut réduit en cendres, tout comme l'église Saint-Christophe[15].
Sous le règne de Philippe II, le Hainaut passa sous domination espagnole. Il devint un véritable champ de bataille, car la France, d'un côté, cherchait à dominer l'Europe, tandis que la Hollande, de l'autre, se rebellait sans cesse pour échapper à la tutelle espagnole. Pour aggraver les choses, la peste, conséquence tragique de la guerre, frappa Fontaine comme le reste du pays, faisant de nombreuses victimes et laissant les terres longtemps en friche, faute de main-d'œuvre[15].
En 1604, quinze compagnies de Hollandais traversant le Hainaut arrivèrent à Fontaine-l'Évêque. Ils pillèrent la ville, causèrent divers dégâts, et transformèrent l'église Saint-Vaast en écurie pour leurs chevaux[15].
En 1608, ce fut au tour des soldats espagnols de tenir garnison dans la ville, sous la direction de l'officier Pedro Hortado.[15].
En 1629, des religieuses vivant à Philippeville sollicitèrent l'autorisation d'établir un couvent des Récollectines ; le Baron de Fontaine, Gabriel de Herzelles, leur accorda cette permission. Situé au coin de la place, le couvent prospéra rapidement. Les religieuses y enseignaient aux jeunes filles de la noblesse locale. La communauté comprenait 32 religieuses, dont la supérieure et la sous-supérieure[17].
En 1649, le père Fortemps expliquait dans une supplique que les deux religieux attachés aux sœurs hospitalières ne suffisaient pas pour entendre toutes les confessions, même avec l'aide des curés de la ville. La même année, six pères récollets s'établirent à Fontaine et, en 1653, ouvrirent un couvent à l'emplacement actuel du parc communal. Ce couvent comprenait une belle église, un collège pour les humanités et un grand jardin. Albert de Rodoan, seigneur de Fontaine, avait fourni la majeure partie du terrain nécessaire[17].
En 1652, deux compagnies françaises furent hébergées à Fontaine, avec l'obligation pour la ville de leur fournir du fourrage. Pendant ce temps, les querelles entre le Hainaut et Liège sur l'appartenance de la ville persistaient. En 1681, certains habitants ayant sollicité le Conseil de Mons, les magistrats de Fontaine se plaignirent au Conseil privé du Prince-Évêque, qui ordonna « d'agir criminellement contre les mutins »[17].
En 1693, après la bataille de Neerwinden, le maréchal de Luxembourg assiégea Charleroi. L'aile gauche de l'armée française s'installa à Fontaine-l'Évêque, où la ville fut pillée et les couvents des Récollets et des Récollectines furent totalement dévastés. Les troupes françaises occupèrent la garnison jusqu'en 1697, lorsque la paix de Ryswick restitua à l'Espagne plusieurs villes, dont Binche et Fontaine[17].
En quittant la ville, les troupes françaises pillèrent davantage, s'emparant des provisions et du fourrage des habitants. Ainsi, en 1698, la ville connut une terrible disette. Une autre suivit en 1709, provoquant une misère extrême, au point où les curés des deux paroisses et le mambour des pauvres durent emprunter de l'argent sur les biens des pauvres pour acheter du grain et aider les nécessiteux[17].
En 1736, le seigneur imposa aux habitants, sous forme de corvée, la démolition d'une partie des remparts. Ceux qui refusèrent de s'y conformer furent contraints de payer une lourde amende[17].
Pendant ce temps, les querelles persistaient et ne cessèrent pas davantage lorsque la domination autrichienne s'installa en Belgique. Ce n’est qu’en 1757, lorsque le gouvernement des Pays-Bas, au nom de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, prit possession de la ville, qu’elle fut définitivement rattachée au Hainaut. Malgré les protestations des Liégeois, l'impératrice resta ferme et fit même instaurer des droits d'entrée et de sortie. Après avoir abandonné l’ancienne maison communale, dont le beffroi s'était écroulé en 1712, on inaugura en 1751 le nouvel hôtel de ville, connu sous le nom de Palais de Justice[18].
En 1768, une nouvelle disette survint ; pour lutter contre la famine, une halle aux grains fut aménagée au rez-de-chaussée de l'hôtel de ville, et le Conseil des Finances prit des mesures pour acheminer du grain jusqu'à la halle de Fontaine[19]. En 1782, un incendie majeur détruisit quatorze maisons dans le quartier de la Bouverie, entraînant la démolition de la porte de la Bouverie.
Entre le et le , la Belgique connut une première phase d'indépendance grâce à un mouvement révolutionnaire qui destitua Joseph II. Ce mouvement atteignit également Fontaine-l'Évêque, où des patriotes furent envoyés à la révolution brabançonne et des troupes « belgiques » furent hébergées. Cependant, la révolution de 1790 échoua, et les armées autrichiennes reprirent le contrôle de la ville[19].
En 1792, la République française envahit le Hainaut après la victoire de la bataille de Jemappes. Pendant la campagne de Sambre et Meuse, Fontaine fut alternativement prise par les Autrichiens, campés à Forchies, et reprise par les Français, positionnés sur le plateau de l'Espinette surplombant Leernes et Landelies. C’est depuis l’Espinette que les troupes françaises, sous les ordres des généraux Pichegru et Charbonnier, partirent pour incendier l’abbaye d’Aulne et celle de Lobbes[19].
En 1794, les alliés austro-hollandais repoussèrent l'armée française de Marceau au-delà de la Sambre et prirent la ville ; ils la perdirent peu après, mais un corps d'armée dirigé par le Prince d'Orange la reprit avant de la laisser quelque temps puis définitivement aux mains des Républicains. À cette occasion, l'arbre de la liberté fut planté à Fontaine, le 3 thermidor de l'an II (), au son des cloches et des instruments de musique ; le soir, il fut illuminé[20].
En 1795, la ville de Thuin fut désignée comme siège d'un tribunal correctionnel ; faute de locaux suffisants, celui-ci fut installé à Fontaine-l'Évêque jusqu'en 1797. Entre 1794 et 1796, le couvent des Récollets, après avoir été occupé par les troupes hollandaises, servit de caserne pour la cavalerie française. Dès 1795, la suppression des deux couvents fut décidée, et les derniers religieux quittèrent l'édifice le [21].
Fontaine subit encore durement l'occupation française : le domaine du château fut ravagé, les églises transformées en écuries, les archives communales et paroissiales détruites par le feu, et les objets du culte emportés. Une grande misère s'installa sur la ville, persistant pendant une année entière. On dut emprunter et engager les bois communaux pour acheter du seigle, qui fut ensuite distribué aux plus démunis[21].
De 1794 à 1814, le Hainaut fit à nouveau partie de la République Française sous le nom de « département de Jemappes ». La configuration de la province ressemblait à peu près à celle du Hainaut actuel. Le , la municipalité de Fontaine accorda au seigneur de Fontaine, le Comte Charles de Rodoan, et à son épouse Marie de Mérode, l'autorisation de vendre et d'exploiter leurs coupes de bois pour payer leurs impôts et réparer le château devenu inhabitable à cause des dévastations commises par les armées françaises[22].
Le , les magistrats proclamèrent, dans une ambiance de joie générale, au son des cloches et des tirs de canons et de mousqueterie, le concordat signé entre le Saint-Siège et le Gouvernement français. Les autorités se rendirent en cortège à l'église Saint-Vaast, où un Te Deum solennel fut chanté. Le conseil municipal marqua le couronnement de l'Empereur en offrant une dot de 200 francs, le , à une jeune femme de Fontaine, à condition qu'elle épouse un militaire ayant servi Napoléon[22].
Napoléon porta une attention particulière à Fontaine-l'Évêque, en dotant la ville de la route reliant Charleroi à Binche, inaugurée le [22].
Après la bataille de Waterloo en 1815, la garnison prussienne à Fontaine comptait 911 officiers et 57 990 sous-officiers et soldats. Face à l'ampleur de cette armée, un commandant de place fut désigné, et la kommandatur fut installée à l'hôtel de ville (aujourd'hui démoli)[23].
Par le traité de Paris et de Vienne en 1815, la Belgique fut rattachée à la Hollande. Le , en présence d’un détachement de hussards anglais en garnison, les Fontainois entendirent la proclamation du roi Guillaume de Hollande, accueillie par des cris de « Vive le Roi des Pays-Bas ». Pourtant, cette union avec la Hollande porta un coup dur à l’industrie cloutière. Dès 1814, les produits furent interdits en France. Le travail se fit rare à Fontaine, poussant certains fabricants à émigrer dans le nord de la France avec leurs ouvriers[23].
Face à cette situation difficile, le Conseil de Régence de Fontaine-l'Évêque adressa en 1819 une requête au Gouvernement pour expliquer le départ de l'industrie cloutière, de ses capitaux et de ses ouvriers. Pour résoudre ce problème, le Conseil proposa l'ouverture d'une chaussée reliant Fontaine à Gosselies via Forchies et Courcelles, afin de faciliter l'acheminement des produits vers le nord du pays[23].
Sous le régime français, l'administration comprenait un maire, cinq municipaux et un conseil. Par la suite, elle se composait d'un maire, de deux adjoints et d'un conseil municipal. Cependant, sous le régime hollandais en 1817, on institua un Bourgmestre, deux échevins et un conseil de Régence, qui devait évoluer en conseil communal[23].
Les premières concessions de gaz à Bruxelles remontent à 1810. Des essais avaient été réalisés à Londres en 1815, tandis qu'à Paris, la première installation avait vu le jour en 1824. Berlin et Vienne n'ont adopté ce procédé qu'en 1828-1829, ce qui fait de Fontaine-l'Évêque la deuxième ville de Belgique et l'une des premières au monde à avoir été éclairée par ce nouveau système. Une usine à gaz était installée dans une maison à l'angle de la Grand'rue et de la rue du Marché, et elle a fonctionné pendant de nombreuses années[24].
En 1828, plusieurs tours du château, y compris le donjon, furent démolies[24].
En 1830, les provinces belges se rebellèrent contre la domination hollandaise. À Fontaine-l'Évêque, le mouvement prit de l'ampleur : le , le drapeau aux couleurs brabançonnes flottait au sommet des deux églises. Le , les habitants se rassemblèrent sur la place communale, devant l'hôtel de ville. François Bélière, brigadier des gardes de la duchesse de Brancas, fit alors appel aux volontaires pour défendre Bruxelles et la Belgique. Vingt-huit personnes s'inscrivirent rapidement, mais beaucoup manquaient d'armes et d'argent. Un appel à la générosité publique permit de collecter 400 francs en une demi-heure. Une partie de cette somme fut distribuée aux volontaires partant pour Bruxelles, et l'autre servit à acheter des armes[25].
Les Fontainois n’arrivèrent dans la capitale que le 26, aux alentours de quatre heures de l’après-midi. Ils se rendirent à l’hôtel de ville, où on les orienta vers la prison des Petits Carmes, dont ils eurent la responsabilité de la garde. Certains se dirigèrent toutefois vers la place Royale pour participer aux dernières actions de cette journée mémorable[26].
Avec les volontaires de Binche, Gosselies et Couvin, les Fontainois attaquèrent l'ennemi à Vilvorde le . Ils poursuivirent ensuite jusqu'à Sempt et Eppeghem, participèrent à divers combats à Walhem et à Lierre, et ne s'arrêtèrent qu'aux portes d'Anvers. Ils assistèrent au bombardement de la métropole commerciale par le général Chassé et ne rentrèrent chez eux qu'après l'armistice signé le [26].
Le , le bourgmestre Ghislain-Bouly, accompagné de deux anciens volontaires, Fauconnier François et Rose Remy, se rendit à Bruxelles pour recevoir des mains du Roi un drapeau d'honneur portant en lettres d'or : « À la commune de Fontaine-l'Évêque, la patrie reconnaissante »[26].
Le , de grandes festivités eurent lieu. Un cortège formé par l'administration communale, des volontaires et la garde civique se rassembla à la Barrière pour accueillir la délégation revenant de Bruxelles avec le drapeau d'honneur. Ils se rendirent ensuite à l'église Saint-Christophe avant de défiler dans les rues de Binche, parcourant le rempart, la rue de la Bouverie, la grand'rue jusqu'à la place communale. Là, un groupe de volontaires déposa le drapeau dans les bâtiments communaux où un grand bal fut organisé le soir. Depuis, le drapeau d'honneur est exposé à l'hôtel de ville[26]’[Note 3].
Vue prise depuis un terril en 2007.
Après la révolution belge, la ville connut une longue période de calme, favorisant un développement économique significatif. Tandis que les communes voisines comme Leernes, Landelies, Souvret, Monceau et Marchienne comptaient chacune moins de 1 000 habitants en 1831, Fontaine-l'Évêque affichait déjà une population de 2 847 âmes. Sa superficie de 1 144 hectares resta inchangée, mais sa population augmenta régulièrement, et l'industrie cloutière prospéra grâce à l'introduction en Belgique de machines fabriquant des « pointes de Paris » et des clous de petite taille[27].
En 1852, le dernier seigneur de Fontaine, Louis, duc de Brancas, grand d'Espagne et pair de France, s'éteignit. Le château fut alors vendu, mettant fin à une lignée de seigneurs qui, pendant 700 ans, avaient marqué de leur empreinte l'histoire de la ville[28].
En 1843, la route reliant Anderlues à Courcelles fut presque entièrement achevée, une demande formulée dès 1819 par les Fontainois pour faciliter le transport de leurs productions industrielles[29].
En 1855, la connexion avec la commune de Piéton s'est améliorée grâce à la construction d'un chemin empierré, remplaçant les nombreux sentiers qui traversaient les champs[29].
Le , un coup de grisou dans le puits numéro 1 causa la mort de 14 mineurs. Plus tard, le , un dégagement soudain de gaz au bouveau sud à 497 m du siège numéro 2 fit 5 autres victimes. À la suite de cet accident, le charbonnage fut classé en troisième catégorie des mines à grisou[30]. Le sondage de la Hougaerde (Leernes) n'a été décidé qu'en 1906, et le siège numéro 3 a été installé le [30].
En 1898, la commune entreprit les démarches nécessaires pour créer un chemin de fer vicinal reliant Anderlues à Trazegnies via Fontaine. Ce dernier fut mis en service en 1907[31].
Pendant la bataille de Leernes, le , des cyclistes français, couverts de poussière, arpentaient les rues. Vers neuf heures du soir, le 28e régiment d'infanterie française, parti le matin même d'Ham-sur-Heure, traversa Leernes pour passer la nuit à Fontaine. Vers quatre heures du matin, le samedi, une partie de la troupe reprit la route tandis qu'une importante arrière-garde s'installait à la limite de Fontaine et de Leernes. Sur le plateau de la Plagne, avec une vue dégagée sur la route de Charleroi, une batterie de campagne avait abattu des pommiers pour y prendre position[32].
Dès neuf heures du matin, l'incendie déclenché par les Allemands à Monceau-sur-Sambre dévorait les maisons sur la route de Trazegnies. Vers dix heures, la population entendit le bruit des canons et des mitrailleuses en direction de cette commune. Sur la route de Charleroi à Mons, des centaines de personnes, alarmées, discutaient à la recherche de nouvelles. Au Paradis, au bord du chemin séparant Fontaine de Leernes, une quarantaine de soldats français étaient alignés, bien abrités dans un fossé. Le reste du bataillon s'était positionné sur une ligne partant de l'actuel cimetière de Leernes jusqu'à la ferme de l'Épinette. Là, face à Monceau, ils attendaient l'ennemi[33].
Bientôt, deux uhlans apparurent à la lisière du bois de Hameau, à 1 500 mètres. L'un d'eux fut abattu, tandis que l'autre fit volte-face et rentra dans le bois. Les soldats français quittèrent leur position pour aménager une nouvelle ligne, mais ils n'eurent pas le temps de se protéger : de toutes parts surgirent des Allemands venant de Goutroux et du bois de Hameau ; tout le 15e régiment allemand d'infanterie de réserve s'y trouvait[33].
La défense française fut acharnée, mais elle ne disposait que d’environ 300 fusils face à plusieurs milliers d’Allemands équipés de mitrailleuses et de canons positionnés sur le plateau de Goutroux. Les Français firent preuve d’un courage exceptionnel ; ils ne cédèrent pas mais furent contournés par la droite. Ce combat déséquilibré dura de dix heures à deux heures de l’après-midi, et les habitants du hameau des Gaulx, depuis leurs greniers, purent suivre sans difficulté les affrontements[33].
Les officiers et soldats tombés à Fontaine-l'Évêque furent d'abord inhumés au cimetière communal, avant d'être transférés en 1917 au cimetière de Collarmont[34].
Pendant que la bataille de Leernes faisait rage, une autre bataille ensanglantait la plaine d'Anderlues. Quatre soldats français blessés étaient allongés près du puits numéro 2 des charbonnages de Fontaine-l'Évêque[34].
Une Kommandatur fut installée sur le territoire, place du Préau. Le , le Collège échevinal fut contraint de désigner deux otages pour s'assurer que les miliciens des classes 1914 et 1915 ne quitteraient pas la ville. Dès le , un comité communal de secours fut créé pour venir en aide aux familles dans le besoin. Les usines de la Fontainoises et de l'Espérance furent occupées pendant longtemps par les troupes allemandes de passage[35]. Jusqu'en 1918, le château était sous occupation allemande[36].
En 1918, au lendemain de l'Armistice, les Anglais étaient déjà dans les rues, accompagnés de Canadiens, d'Hindous et d'Australiens. Ils se contentèrent de traverser la ville sans s'y arrêter. Quant aux déportés, lorsqu'ils rentrèrent dans leurs foyers, ils étaient presque tous méconnaissables, tant la consommation presque exclusive de rutabagas avait gonflé et déformé leurs traits[37].
Le , les événements s'accélérèrent. Toute la nuit, des escadrilles d'avions survolèrent le ciel ; au matin, la radio annonça la guerre. Ce premier jour, vers quatre heures de l'après-midi, un avion allemand, poursuivi par deux chasseurs français, lâcha cinq bombes sur la ville : la première tomba sur le château de Marcq, la seconde explosa près de la Cité Chavée, détruisant deux habitations ; les trois autres s'enfoncèrent dans les prés en direction de Beaulieusart. Quelques jours plus tard, un autre combat aérien se déroule au même endroit[38].
Sur la route de Charleroi, des troupes françaises défilaient sans relâche en direction du front, tandis que des milliers d'habitants de l'est du pays traversaient la ville, traînant leurs bagages sur toutes sortes de véhicules. Peu à peu, un climat de panique s'installait parmi les habitants, savamment alimenté par l'aviation allemande[39].
Dès les premiers jours de la guerre de la guerre, la radio belge donna l'ordre aux jeunes de moins de 35 ans de rejointe Ypres d'abord, la France ensuite, pour y être mobilisés[39].
Quand les Allemands envahirent Fontaine-l'Évêque, la ville était presque totalement vidée de ses habitants. Les réfugiés revinrent au pays par petits groupes, après quelques jours d'exode ou parfois plusieurs mois ; certains n'avaient atteint que le Nord de la France, tandis que d'autres étaient allés jusqu'à Toulouse, Montpellier, voire plus loin. Quelques Fontainois réussirent même à rejoindre l'Angleterre, où ils furent mobilisés et restèrent jusqu'à la fin de la guerre[40].
Pour renforcer leur contrôle sur les administrations communales, les Allemands instaurèrent en le Grand Charleroi, fusionnant la majorité des communes de l'arrondissement en un grand centre dirigé par un collège rexiste entièrement dévoué à l'occupant. Le Bourgmestre et le Conseil communal furent suspendus, transférant toute autorité aux mains des collaborateurs[38].
Pendant toute la période du Grand Charleroi, aucune réalisation majeure n’a été accomplie ; les bâtiments de la ville et les infrastructures routières étaient à peine maintenus, et le personnel était rémunéré selon les tarifs des années 1940, malgré une hausse considérable du coût de la vie[38].
Dans la nuit du , les rexistes enlèvent, le commissaire de police de la ville Charles Brogniez. Il fut retrouvé, lâchement assassiné, le lendemain, parmi les victimes de la tuerie de Courcelles[41].
Durant les premiers jours de la Libération en , la route de Mons à Charleroi fut le théâtre du passage de milliers de soldats allemands en déroute, tentant de rejoindre l'Allemagne aussi vite que possible et par tous les moyens. Le , en début d'après-midi, la population s'était massée le long de la route pour acclamer et embrasser les premiers soldats américains. Des foules, perchées sur les blindés, accompagnaient les libérateurs sur des kilomètres. L'atmosphère de cette journée mémorable était indescriptible[42].
Le , pendant la bataille du terril, quinze résistants et un soldat américain furent tués en tentant de déloger un major accompagné de soldats retranchés sur le terril no 2, venant de la forêt de Compiègne[43].
Après le départ des Allemands, Fontaine-l'Évêque continua d'accueillir, pendant deux ans, des troupes américaines. Elles étaient logées dans la salle des fêtes de l'hôtel de ville et occupaient les Usines Dercq ainsi que celles de la Fontainoise. Là, elles réparaient le matériel nécessaire aux troupes pour poursuivre la guerre. Des liens d'amitié se tissèrent entre la population et les libérateurs, et plusieurs mariages vinrent sceller cette fraternité[44].
Après la capitulation allemande, le Grand Charleroi fut placé en liquidation, et chaque commune retrouva son indépendance ainsi que son Conseil communal. En , un incendie éclata après un bal dans la salle des fêtes, et la reconstruction de l'édifice débuta en 1952[44].
En 1968, la ville a restauré le château pour le transformer en hôtel de ville et en musée[45]. Cette même année, la ville fête son onzième anniversaire[45].
Lors de la fusion des communes, Fontaine-l'Évêque, Forchies-la-Marche et Leernes se regroupent pour constituer une nouvelle entité.
Ni Forchies-la-Marche, ni Leernes ne possédant de blason avant la fusion des communes, la nouvelle entité fut autorisée en 1980 à faire usage des armoiries reconnues en 1898 à l’ancienne ville du même nom. La description en fut toutefois légèrement modifiée. Son origine est le sceau des échevins du lieu[46].
Blasonnement :D’or à l'aigle de sable lampassée et armée[47] de gueules, à une cotice de gueules brochant sur le tout[48].
L'église Saint-Vaast (XVIIIe siècle).Le château de Fontaine-l'Évêque, appelé château Bivort, héberge l'administration communale. Il appartient à la famille Hennin-Liénard jusqu'en 1596 et passe ensuite des Herzelle aux Rodoan. À la fin du XVIIIe siècle le domaine est finalement ruiné. Après de multiples ventes, en 1864, il est racheté par Clément Bivort de la Saudée et en 1946 par la commune de Fontaine[53].
L'église Saint-Christophe, construite en brique au XVIIIe siècle, a subi d'importantes restaurations et modifications de façade en 1872 par Eugène Carpentier, puis en 1954 par Simon Brigode. En raison de dégradations, elle a été fermée au culte, et les offices se tiennent désormais dans la chapelle du château[54]. L'église, classée, est en réfection avec le soutien de la Région wallonne.
La chapelle de la Briqueterie. Construite aux XVIIe – XVIIIe siècles est dédiée à Notre-Dame de Bonsecours[55].
La cité Chavée. Édifiée en 1930, cette structure a été conçue par l'architecte M. Duquenne et financée par plusieurs philanthropes, avec Paul Chavée comme principal donateur[56].
Le château Bastin, situé rue de la Bouverie, porte le nom du notaire Bastin. Construit en 1900, il est devenu, en 1970, le siège du tribunal de première instance[57].
L'église Saint-Vaast. Un édifice de style classique achevé en 1785 par l'architecte A. Charon, restauré en 1864 et 1933[58]. L'église a été désaffectée au culte en en raison de graves détériorations. La paroisse Saint-Vaast a été transférée dans la chapelle de Beaulieusart, qui est devenue l'église paroissiale Saint-Vaast et Notre-Dame de Grâce[59].
Le temple protestant situé sur la place Charles Brogniez, construit en 1895[60].
L'église Saint-Christophe de Fontaine-l'Évêque (XVIIIe siècle).La chapelle de Beaulieusart, consacrée en 1955 et agrandie en 1966, a été transformée en église paroissiale Saint-Vaast et Notre-Dame de Grâce en , après la désaffectation de l'église Saint-Vaast située dans le centre-ville[61].
Le château de Haussy. Vaste ensemble en style néo-classique édifié en plusieurs étapes au cours du XIXe siècle, sur l'ancien site du couvent des Récollets[62]. Entre 1912 et 1968, le bâtiment a servi de hôtel de ville[63].
La salle des fêtes, construite en 1916 sur l'emplacement de l'église des Récollet a été incendiée en 1948[64]. Elle se situe place de la Wallonie.
La chapelle Notre-Dame du Rosaire, datant de 1714, est intégrée dans le pignon d'une petite maison basse[65]. Elle se situe rue Pont Pilette.
Le gazomètre de Pierre-Camille Montigny (1827)[66],[67].
Le parc Roi Baudouin, près de la salle des fêtes (ancien château de Haussy), montre de très beaux hêtres pourpres et les ruines du couvent des Récollets.
Le Musée de la Mine et le Musée du Clou, dans les anciens souterrains du château[Note 4].
Le monument aux victimes de la guerre 1914-1918, place Albert 1er. Ce monument le , par le concours de la musique du 2e Chasseurs à pied[68].
Le mémorial aux victimes des deux guerres, parc Roi Baudouin. Inauguré en 1955, composé de quatre statues : une résistante, une déportée, un prisonnier et un soldat, est surmonté d'une fontaine[69].
Le développement à Fontaine repose sur l'extraction de la houille et l'industrie de la pierre à chaux. En 1839, le Conseil communal autorisa Pierre Cambier, négociant, à construire un four à chaux le long du chemin de Fontaine à Leernes. En 1840, Augustin Sottiaux, maître de carrières, reçut l'autorisation d'en établir un au hameau des Gaulx. En 1842, Antoine Bouly en construisit un au Tienne Alarmont, où les frères Anique furent également autorisés à en bâtir un autre en 1847. Enfin, en 1849, Antoine Bouly en édifia un dernier dans une carrière qu'il possédait à un endroit nommé l'Enfer, rue Henrichamps[70].
Un decauville transportait le charbon depuis le charbonnage du Pétria : il partait de la cressonnière, traversait la rue du Pétria, la route de Mons en face de la rue Vilez, et arrivait finalement à la rue de Leernes. Ce four, un immense bloc de briques et de pierres, possédait trois grandes cheminées dans lesquelles on déversait par le haut les différents produits à traiter. On y a d'abord produit de la chaux, puis du ciment, et des briques y ont également été cuites. Il est devenu la propriété d'Intercom, qui l'a revendu aux entreprises Wanty à Leval. Ces dernières l'ont démoli entre le 16 et le [71].
Au lendemain de la guerre de 1914-1918, l'exploitation de la pierre à chaux diminua fortement à Fontaine-l'Évêque ; une seule carrière, à l'Ermitage reste en activité[72].
La carrière Stenuick, qui extrayait un marbre connu sous le nom de noir belge, était exploitée par la famille Stenuick depuis 1840. À partir de 1926, l'atelier, initialement destiné à la réparation et l'entretien des outils, s'est diversifié dans la fabrication de matériel pour des entreprises similaires. En 1950, André Stenuick a conçu une foreuse utilisant un marteau pneumatique pénétrant directement dans le trou, révolutionnant ainsi les techniques de forage et de tirs en masse. Dès lors, l'atelier a connu une forte croissance, passant d'une trentaine d'ouvriers à environ 180 employés, sans compter les filiales à l'étranger. L'usine exportait ses produits à travers le monde, y compris au Japon. Cependant, la société a été mise en liquidation en 1987[73].
En 1830, une usine mécanique s'installa rue du Chemin de Fer et fonctionna jusqu'en 1890. En 1833, une « affinerie » fut créée pour produire du fer en barres et des socs ; 60 petites forges, chacune employant 5 ouvriers, fabriquaient des clous et des chaînes. Parallèlement, grâce à de Haussy, une clouterie mécanique fut fondée sur la place du Marché dans l'ancien couvent des Récollectines ; elle resta en activité jusqu'en 1923[27].
En 1849, la société des clouteries Otlet voit le jour, devenant plus tard la société « Clouteries des Flandres ». Cette fabrique commence modestement avec deux métiers dans une forge située dans l'actuelle rue Delattre. En 1857, la clouterie Baudoux ouvre ses portes en bas de la rue de Haussy, avant de déménager rue du chemin de fer. En 1864, en plus de 42 petits ateliers de cloutiers, quatre nouvelles clouteries se créent : la société Lemal rue du chemin de fer, la clouterie Bailleux rue de Binche, les clouteries Roelandt et l'établissement Castin sur les Perziaux[27].
En 1870, la SA des clouteries mécaniques fut créée, suivie des usines Dercq en 1876 et de la société en commandite Léandre Henne en 1887. En 1898, « La Fontainoise » s'installa en Belgique, introduisant la fabrication des vis à bois, et en 1907, la société coopérative « L'Espérance » ouvrit rue du Repos. Jusqu'en 1914, les clouteries de Fontaine profitèrent d'un quasi-monopole national ; leurs procédés de fabrication, soigneusement gardés secrets et transmis de génération en génération, permettaient aux industriels locaux de prospérer[74].
La clouterie Dercq-Cauderlier (L'Espérance) ferma ses portes en 1930-1931, puis accueillit l'usine Dercq, reprise par la Providence vers 1946. Par la suite, l'usine fut exploitée par Bekaert, puis finalement par Cockerill[75].
En 1887, la société en commandite Léandre Henne fut créée. En 1907, elle devint la société anonyme Sambre-Escaut, également appelée Tonkin. L'usine produisait des semences, des bossettes, des pointes de toutes sortes, ainsi que des vis et des pitons. Lors des grèves de 1929-1930, les machines à clous furent transférées à Hemixen, près d'Anvers. Dès lors, il ne resta à Fontaine que des machines dédiées à la visserie, comprenant 250 fileteuses pour vis et pitons et 100 fendeuses. Par la suite, la visserie fut vendue à VTR (Visserie, Tréfileries Réunies), une société de Vilvorde possédant aussi une usine à Fourmies. Face à la concurrence des produits japonais, l'entreprise cessa ses activités en 1976. En , des courts de tennis, un squash et, plus tard, une salle de snooker furent aménagés dans les dépendances du Tonkin, partie haute, tandis que les services des eaux s'installèrent en 1987 dans la partie basse[76].
En 1925, les sept clouteries fondées au XIXe siècle : Clouteries Mécaniques, des Flandres, Baudoux, Dercq, Sambre-Escaut, la Fontainoise et l'Espérance, auxquelles s’était ajouté en 1921 l’atelier Rosy situé rue d’Henrichamps, fonctionnaient à plein régime, employant un grand nombre d’ouvriers. Par exemple, la production des tréfileries était passée de 113 000 tonnes en 1913 à 300 000 tonnes en 1926-1927[72]. Les clouteries de Fontaine contribuaient largement à ces volumes[77].
Quelques cayats furent initialement utilisés : la fosse Robert (1834 à 1841), la fosse de la Pompe (1845 à 1851), la fosse de Metz (1857), la fosse Pain et la fosse Sainte-Françoise. Les cayats étaient de grands puits où les ouvriers mineurs exploitaient les veines de charbon. Ces puits étaient équipés d'un treuil à manivelle, actionné par deux femmes ou deux enfants. Une chaîne terminait par un tonneau dans lequel le mineur descendait ; le même tonneau servait à remonter le charbon extrait[70].
Ce n'est qu'en 1866 qu'une exploitation véritable fut organisée par la SA des Charbonnages de Fontaine-l'Évêque. Dès 1863, Augustin Dufranne avait réalisé des sondages et entamé le creusement d'un puits. En 1866, il fit une demande de concession avec Mesdames Palmyre et Sidonie Leroy de Seneffe, qui apportèrent le terrain où débuta le creusement des deux puits du siège numéro 1 (Pétria). Cette première société, appelée Société Houillère de Fontaine-l'Évêque, devint le la société anonyme des Charbonnages de Fontaine-l'Évêque. Elle acquit en 1869 la concession de Beaulieusart, couvrant 590 hectares sur les communes de Fontaine-l'Évêque, Leernes et Anderlues, et en 1872, celle de Leernes-Landelies[70].
Le puits no 1, construit en 1866 au Pétria, ne mesurait que 2,20 m de diamètre et servait de retour d'air. Un second puits destiné à l'extraction fut entamé en 1867. En 1868, une machine d'extraction à vapeur fut installée, marquant également le début du creusement du premier bouveau de recherches à 200 mètres de profondeur. Le transport du charbon de la mine jusqu'à la gare de Fontaine-l'Évêque se faisait à cheval, mais dès 1870, un accord fut conclu pour construire un raccordement entre le siège numéro 1 et la gare[30].
En 1871, le Conseil d'Administration prit la décision de construire 50 maisons ouvrières pour les mineurs le long de la route de Mons (Coron du Cantonnier). En 1873, il fut décidé d'établir un second siège d'extraction au lieu-dit « Calvaire », à la frontière des communes de Fontaine et d'Anderlues. Le creusement du puits d'aérage du siège numéro 2 débuta le , suivi par celui du puits d'extraction l'année suivante. Dès 1879, le raccordement de ce siège à la gare d'Anderlues commença[30].
Carte postale représente la route de Mons avec le coron du Cantonnier, construit par la Société anonyme des charbonnages de Fontaine-l'Évêque en 1871, qui était composée de 50 maisons réservés aux mineurs. Elles sont abattues dans les années 1960[78].
Après la guerre, de nombreux étrangers s'établirent à Fontaine-l'Evêque et travaillèrent dans les mines. Le charbon y était extrait de quatre sites principaux : le numéro 1, appelé Pétria, le numéro 2, connu sous le nom de Calvaire, le numéro 3, nommé Hougaerde à la limite de Fontaine sur le territoire de Leernes, et le numéro 4, dit Bois d'Aulne à Gozée[77].
À partir de 1924, la société anonyme des Charbonnages de Fontaine-l'Evêque a fait construire 49 maisons ouvrières : 27 à la cité du Moulin, 2 à la rue du Repos, ainsi que 14 à Leernes et 6 à Gozée. En 1927, cette même société a ouvert une école primaire et gardienne libre à la rue J. Despy[77].
En 1929, la SA des charbonnages de Fontaine-l'Evêque fusionna avec la SA d'Ougrée-Marihaye, produisant cette année-là 330 200 tonnes de charbon gras à coke et demi-gras, avec 1850 ouvriers employés. Le , la nouvelle société demanda à regrouper ses concessions de Beaulieusart et de Leernes Landelies en une seule, couvrant 2 449 hectares, demande approuvée par arrêté royal le . En 1936, la SA d'Ougrée céda finalement ses concessions à la SA des Aciéries et Minières de la Sambre[77].
Après la fermeture du Pétria, survenue le , l'extraction du grisou a continué. Mélangé à du méthane, il était acheminé dans les conduites de gaz d'Intercom, et cette activité a perduré jusqu'en . Le Cercle de tir fontainois s'est installé dans un local situé dans la cour à bois de cet ancien charbonnage, où l'on pratique le tir sportif, avec des armes de poing tous calibres et des carabines 22. Un parc à conteneurs y a été aménagé depuis le [79].
Le puits no 2, situé au lieu-dit Le Calvaire, a été fermé au début des années 1960. En 1966, l'entreprise Surchiste s'est installée dans les bâtiments pour lancer la fabrication de briques à base de terres de terrils. Cette entreprise n'a pas duré longtemps. En , une exploitation du terril a été entreprise pour récupérer des matières combustibles destinées aux centrales électriques[80].
La profondeur du siège no 3 (Hougarde) atteignait 1 600 mètres, ce qui en faisait le plus profond d'Europe. Il a fermé le [81].
La briqueterie qui se situait à la rue de Leernes fut fondée en 1900 par Jules André. À ses débuts, on y cuisait 300 000 briques par cuisson, selon la méthode des feux continus avec des fours à l'air. En 1925, un four de type moderne y fut construit. Exploitée par Marc et Fernand André, l'activité cessa définitivement en 1968[82].
Avant la guerre de 1940, Fontaine-l'Évêque comptait trois brasseries de taille moyenne. La première, la brasserie du Progrès, fondée en 1838, se trouvait rue de Binche. Les deux autres étaient la brasserie Tassin et la brasserie Lechien-Bonde. De la bière était également brassée à l'hôtel de la Gare de Fontaine et au château de Fontaine[83].
↑Jean Germain, Guide des gentilés : les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
↑Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 1 : Communes wallonnes A-L, Bruxelles, Dexia, , p. 353.
↑Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 1 : Communes wallonnes A-L, Bruxelles, Dexia, , p. 352.
↑Guy Ittelet, « La seconde vie du gazomètre », Le Soir, (lire en ligne, consulté le )
↑Claude Vael, Serge Paquier (dir.) et Jean-Pierre Williot (dir.), « Le cadre juridique pour l'exploitation du gaz en Belgique avant 1873 », dans L'industrie du gaz en Europe au XIXe et XXe siècles : L'innovation entre marchés privés et collectivités publiques, Bruxelles, P.I.E.-Peter Lang, coll. « Euroclio / Études et documents » (no 20), , 603 p. (ISBN978-90-5201-937-6, présentation en ligne, lire en ligne), p. 111.
André Lépine, Les charbonnages du Pays noir en cartes postales anciennes, Cahier du Musée de Cerfontaine n° 503, 100 vues, 1996. — Au début du XXe siècle, le bassin houiller de Charleroi était partagé en 31 concessions
Michel Mairiaux, Fontaine-l'Évêque, ville de Wallonie, Jumet, Imprimerie Provinciale,
Joseph Parée, Histoire de la Ville de Fontaine-l'Évêque, Pont-à-Celles, Imprimerie A. Mal-Nefve, , 116 p.
Roland Poliart, Fontaine-l'Evêque, Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN2-84253-351-8)