Froidchapelle

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Froidchapelle
Froidchapelle
Place Albert Ier.
Blason de Froidchapelle
Héraldique
Drapeau de Froidchapelle
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Thuin
Bourgmestre Alain Vandromme (MR)
(EC)
Majorité Entente Communale (EC)
Sièges
EC
AC
13
11
2
Section Code postal
Froidchapelle
Boussu-lez-Walcourt
Fourbechies
Vergnies
Erpion
6440
6440
6440
6440
6441
Code INS 56029
Zone téléphonique 060, 071 (boussu-lez-walcourt)
Démographie
Gentilé Froidchapellois(e)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
4 049 ()
50,16 %
49,84 %
46,79 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
20,34 %
63,55 %
16,12 %
Étrangers 3,04 % ()
Taux de chômage 19,61 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 17 316 €/hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 50° 09′ 01″ nord, 4° 19′ 42″ est
Superficie
– Terr. non-bâtis
– Terrains bâtis
– Divers
86,54 km2 (2021)
88,48 %
1,41 %
10,11 %
Localisation
Localisation de Froidchapelle
Situation de la commune dans l’arrondissement de Thuin et la province de Hainaut
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Froidchapelle
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Froidchapelle
Liens
Site officiel froidchapelle.be

Froidchapelle ou Froid-Chapelle (en wallon Fritchapelle) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

Géographie[modifier | modifier le code]

Froidchapelle se situe dans la botte du Hainaut. La commune est limitée à l'est par Cerfontaine et Silenrieux; au sud par Vaulx et Virelles (Chimay); à l'ouest par Rance (Sivry-Rance); au nord par l'entité de Walcourt.

Sections de commune[modifier | modifier le code]

# Nom Superf.
(km²)[1]
Habitants
(2020)[1]
Habitants
par km²
Code INS
1 Froidchapelle 36,08 1.825 51 56029A
2 Fourbechies 12,27 509 41 56029A1
3 Vergnies 13,49 530 39 56029B
4 Erpion 6,71 331 49 56029C
5 Boussu-lez-Walcourt 17,99 797 44 56029D

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Froidchapelle
Walcourt
Beaumont
Sivry-Rance
Froidchapelle Cerfontaine
Chimay Couvin

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La Hantes (ou Hante), un affluent de la Sambre, prend sa source dans la commune, à Hurtau, à 60 m de la limite de Cerfontaine.

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Hameaux[modifier | modifier le code]

  • Paye à Fayi.
  • La Lunette.
  • Champ du Fou.
  • Le Troupeau.
  • Champ de Rance.
  • Champ de la Truie.
  • La Gare.
  • Champ Colin.
  • La Ronce.
  • Fouberchies. Ancienne commune rattachée à Froidchapelle.

Lieux-dits[modifier | modifier le code]

  • La Pieraille.
  • Masu.
  • Milombois.
  • Le Coq.
  • Tourne Bride.
  • Le Rouzet.
  • L'Arabe.
  • Les Courtisarts.
  • Tienne du Baillis.
  • Queue de Rance.
  • Le St-Antoine.
  • Point du Jour.

Bois[modifier | modifier le code]

  • Bois des Hamaides.
  • Bois de l'Hernoi.
  • Bois du Grand Berceau.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de Froidchapelle ou Froid-Chapelle viendrait d'un moine nommé Féroald qui aurait, selon la légende, bâti une chapelle à cet endroit qui aurait pris le nom de Féroald-Capelle qui deviendra avec le temps Froid-Chapelle.
Les premières mentions du village de Froidchapelle datent de 673 sous le nom de Froildi Capella, en 1188 sous le nom de Frocapella. À partir de 1977, l'orthographie n'est plus Froid-Chapelle mais bien Froidchapelle[2].
L'anthroponyme Féroald ou Frodwald est issu des mots germains hrod signifiant « gloire » et de waldan signifiant « gouverner »[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Si l'on conteste à bon droit l'authenticité du testament de sainte Aldegonde, il n'en est pas moins certain que le chapitre de Maubeuge fut, dès ses origines, propriétaire de la forêt de Rance, au sein de laquelle furent créées au XIIe siècle les villes-neuves de Froidchapelle, Fourbechies et Rance.

Vers 1188, Baudouin VI de Hainaut donne au chapitre de Maubeuge, avec l'agrément de Ghislain, châtelain de Beaumont, son vassal, deux tiers de la dîme de Froidchapelle et d'autres droits sur cette paroisse. Cette donation était en fait une restitution et celle-ci nous indique que la paroisse de Froidchapelle existait dès cette époque[4].

À la fin de l’année 1477, une échauffourée a lieu à Froidchapelle entre les troupes locales et les Français, au lieu-dit Boudrimont.

Maximilien d’Autriche, fils de l’empereur Frédéric III, et Marie de Bourgogne sont reçus à Mons le où ils font leur Joyeuse Entrée. Les Français, qui tiennent garnison à Chimay et dans les environs, au nombre de 600 cavaliers et 300 fantassins, font des excursions jusqu'à Beaumont.
Les seigneurs de Barbençon et de Witem, avec Gilles de Bouzanton, dit le Veau, seigneur de Lompret et d’Imbrechies, à la tête de 500 hommes, les ayant cherchés et rencontrés à Froidchapelle, les chargent avec tant de vigueur qu'ils les mettent en fuite et font 20 tués et 250 prisonniers.
L’année suivante, une trêve est enfin conclue entre Louis XI et Maximilien, le roi de France doit restituer toutes les places du Hainaut.

En juillet 1596, les habitants se rendent à Beaumont pour accueillir leur nouveau seigneur, Charles de Croÿ, prince de Chimay, comte de Beaumont : « tous les subjets et manans du village dudit Froid-chapelle avec les autres villages de la dite comté furent recueillir sa dite excellence (…) tous fort bien armés et équipés, avec leur enseigne dépliée et tambour battant (…) donnèrent une décharge d’une infinité de coups d’arquebusade ».

Comme c’était malheureusement le cas partout, les villageois souffraient des passages nombreux de bandes armées. Aussi, quand la paix était signée, c’était l’occasion de grandes réjouissances :

a. La paix des Pyrénées en 1659 : « Il a été donné (…) à Thomas le Dunsin, pour avoir venu avec son tambour que l’on fait les feux de joie de la paix. A Jean Lardin par ordonnance du mayeur et des échevins pour 50 pots de bière (NB. à 4 pintes) bues par les garçons du village à la publication de la paix. 5 livres ».
b. Traité de Nimègue en 1679 : « Livré et mené une corde de leigne pour faire le feu de joie ».
c. Traité de Rijswick en 1697 : « Deux cordes de leigne menées sur la place pour faire les feux de la paix (…) pour la poudre distribuée aux réjouissances ».

A l’époque française, le village fait partie du canton municipal de Beaumont, département de Jemappes, pour redevenir une commune autonome en 1800. De la fin juillet à octobre 1814, elle est versée temporairement dans le département du Nord.
En 1798, un habitant, Jean-Baptiste Hazard, est condamné à 4 ans de fers pour avoir abattu l’arbre de la liberté, il est exposé au carcan puis envoyé à Brest où il décède peu après son arrivée. On a retenu le nom de 12 soldats de Napoléon décorés en 1858 de la médaille de Sainte-Hélène et de 19 autres, dont quelques-uns sont décédés aux quatre coins de l’Europe[5].

À partir de 1836, les bois qui appartenaient à la Société Générale, sont cédés à diverses sociétés comme Coghen-Bernard et la Société De Coppin. La dernière nommée veut mettre fin à la vaine pâture dont disposaient les habitants sur les 2 162 hectare du Bois-le-Comte alors que les propriétaires les limitaient à 697 hectare. Après de nombreuses transactions, un accord est trouvé le . Les propriétaires rachètent définitivement les droits d’usage et accordent une somme de 48 000 franc à la commune.

Dès 1855, la société de Frédéric Brugmann (nl) (Dortmund 1779 - Bruxelles 1852) acquiert un premier bien, celui de la Ferrière septentrionale, qui sera suivi de beaucoup d’autres. En 1858, il décide le défrichement de 1 000 hectare et la construction de 8 fermes pratiquement identiques. Le 1er bâtiment qui voit le jour est celui d’Hurtau, à la limite de Cerfontaine, dont le domaine qui s’étend sur 164 hectare.

Fourbechies est détaché de Froidchapelle, avec beaucoup de difficultés et d’amertume de part et d’autre, par une loi du 2 juin 1868 (le hameau sera réintégré le ).

En 1870, Paris, assiégé par les Prussiens, a recours aux ballons captifs pour garder le contact avec l’extérieur. 71 partiront de la capitale dont 5 atteindront la Belgique. Le 16 octobre, le 16e ballon à prendre l’air, le Jules-Favre 1er, atterrit dans la commune. À son bord, 195 kg de dépêches, 6 pigeons voyageurs, le pilote et 4 voyageurs.

En 1879, on multiplie les emprises pour le chemin de fer de Chimay à Frameries (future ligne 109). L’année suivante, on autorise l’installation d’une briqueterie sur le tracé de la voie à 55 m du bois d’Hernois. On envisage la fabrication de 800 000 briques pour la construction de la gare.

Durant la Première Guerre mondiale, La commune compte une quarantaine de combattants dont 5 meurent au front (le monument aux Morts porte 7 noms) et 85 travailleurs civils déportés en Allemagne le , dont 8 ne reviendront pas. La veille de l’armistice, un avion britannique tombe à Martinsart. Ses deux occupants, un Écossais et un Canadien sont tués.

L'église.

Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1942, la liste remise au roi Léopold III par le Comité d’Initiative pour la Libération des Prisonniers wallons compte 37 noms pour la commune pour Froidchapelle. L’un d’eux décède en captivité. On déplore aussi la perte d’un déporté et la veille de la libération, d’une habitante.

Cinq avions sont tombés sur le territoire de la commune durant la guerre : 2 allemands et 3 alliés, deux britanniques et un américain. Durant l’année 1944, un champ d’aviation, satellite de celui de Florennes, pour chasseurs de nuit a été implanté à Cerfontaine, à la limite de Froidchapelle vers le Lègnery et Martinsart.

Le , à la veille de la libération, on a frôlé la catastrophe. Un coup de feu est tiré vers 15 h, à la Pierraille, sur les Allemands en retraite. Aussitôt, c’est un déluge de feu. Une personne de 68 ans qui sort d’une maison est touchée mortellement, une maison est incendiée. Trois hommes du quartier sont arrêtés et conduits au centre du village où ils resteront plus d’une longue heure face au mur de l’église, en attendant qu’on ait rassemblé 50 habitants pour les fusiller. Dans le village, c’est le sauve-qui-peut. Heureusement, l’officier (probablement un SS), qui veut faire payer cette agression et faire un exemple, vient de recevoir l’ordre d’avancer. Son successeur, plus calme et plus pondéré, exige du bourgmestre qu’il se porte garant de ses concitoyens pour qu’il n’y ait plus d’incident du genre. A 20 heures, les derniers Allemands doivent quitter la commune. Le lendemain matin, les Américains les ont remplacés.

À côté de l’école communale existe aujourd’hui encore une école libre tenue de 1881 à 1970, par les religieuses Filles de Marie de Pesche.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blason de Froidchapelle depuis le 30 avril 1999. Le blason fut modifié : les doloires furent remplacés par des feuilles de chêne (les forêts), et les fasces devinrent « ondées » pour symboliser l'eau des barrages de l'Eau d'Heure.
Blasonnement : Écartelé aux 1 et 4 d’argent à trois fasces ondées de gueules, aux 2 et 3 d’argent à trois feuilles de chêne de gueules 2 et 1, posées la première et la troisième en bande, la deuxième en barre[6].
  • Délibération communale : 8 mars 1999
  • Arrêté de l'exécutif de la communauté : 30 avril 1999
Avant la fusion des communes, les armoiries de Froid-Chapelle étaient identiques à celles des Croÿ-Renty.
Blasonnement : Écartelé aux 1 et 4 d’argent à trois fasces de gueules, aux 2 et 3 d’argent à trois doloires de gueules, les deux en chefs adossées[7].
DC 13 février 1911 - AR 19 août 1911 - MB 10 septembre 1911


Le blason d'origine, qui se trouvait dans l'ancien salon communal, fut volé par les troupes allemandes lors de la Première Guerre mondiale. Celui-ci comportait en son centre le blason du comté de Beaumont, surmonté d'une couronne et le collier de la Toison d'or dans le bas.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • L’église.
    Eglise Sainte-Aldegonde. Sur une terrasse à la pointe de l'éperon qui porte le village, sanctuaire en calcaire, de 1643, en grande partie reconstruit au XVIIIe s. Tour occidentale, trois larges nefs de cinq travées et chœur de deux devant un chevet à trois pans[8]. Reconstruction du chœur en style classique en 1756, selon les archives et une pierre millésimée du chevet. Sur haut soubassement en moellons de grès, maçonnerie de briques et calcaire émaillée de deux cœurs et percée de cinq fenêtres dont une au chevet, à appui prolongé en chaîne, à piédroits harpés et à arc en plein cintre sous archivolte de briques en boutisse. Angles harpés et corniche en cavet sur bandeau bordant une toiture d'ardoises à coyau. Au bas du soubassement, trois assisés de pierre de taille calcaire du XIXe s. Intérieur tout enduit et orné de stucs Rocaille dorés. Voûtes en voile sur doubleaux en plein cintre et pilastres toscans[9].
  • Chapelle du Calvaire. Sur une petite élévation accessible par un degré droit et bordée de tilleuls, chapelle ouverte « ERIGEE PAR H. MANDERLIER ET SON EPOUSE FLORENCE MERCIER L'AN 1852 », suivant l'inscription au-dessus de l'entrée. Couvert d'une bâtière d'ardoises, petit sanctuaire néo-classique terminé par un chevet à trois pans, en briques sur base de moellons. Large entrée cantonnée de pilastres en pierre de taille calcaire portant un tympan vitré en demi-lune, à châssis en éventail. Intérieur enduit sous fausse voûte en berceau[10].
  • Chapelle Saint-Antoine. Au carrefour des routes de Virelles et de Mariembourg, potale recomposée au XIXe ou au déb. du XXe s. autour d'un vestige daté de 1752 : une petite niche en pierre calcaire ornée d'une statuette drapée décapitée. Corps supérieur néo-classique abritant la statue de St Antoine dans une niche en plein cintre précédée de deux colonnettes toscanes[10].
  • Ferme du Ravet. Bâtiment en long de 1749, partiellement reconstruit et amplifié au XIXe s. Logis jadis bas en moellons assises et chaulés, renforcé par une harpe à l'angle g. et percé d'une porte et de trois fenêtres en calcaire: montants harpés et linteau échancré, celui de la porte donnant sur un écu le millésime, le monogramme I.H.S. et les initiales I.G. et A.M.F[10].
  • Presbytère. Maison de 1756 presque intégralement reconstruite au 3° quart du XIX s. Millésime donné par une pierre encastrée, au XIXe s., dans un muret du jardin : « eCCe DoMUS pastoralis ». Subsiste de l'origine, la partie g., sans étage, en briques sur soubassement en moellons de calcaire à l'avant et tout en moellons assisés de même pierre à l'arrière[11].
  • Chapelle Saint-Jacques. Au bord d'un sentier de traverse menant à l'ancien cimetière du village, potale en calcaire posée sur une large base carrée. Niche carrée coiffée d'un fronton trapézoïdal. Sous les initiales I.H.S. se lit : « VOUS QUI PAR ICY PAS(SEZ) / PRIEZ DIEU PAR CHA (RITE) / POUR LA VIE IAN CANIV(ET) / DECEDE L'AN 16(..) / LE IOUR / DU NOEL EN RETOURNANT / DE / MONSIEUR S. JACQUES / REQUIES / CANT IN PACE »[11].
  • Ermitage Saint-Pierre. Ancien Ermitage St-Pierre. Attesté en 1608 dans le besogné de Froidchapelle, petit ensemble groupant une habitation et une chapelle dédiée à Dieu et à saint Pierre. Réédifié entre 1704 et 1720, il devint v. 1740, le noviciat d'une petite congrégation érémitique. Après 1788, il fut confié en location puis, en 1829, racheté et restauré par Victorien Ranscelot de Beaumont. V. 1913, les biens ont été vendus et les bâtiments aménagés en ferme[12].
  • Eglise de la Sainte-Vierge (Fourbechies). Edifice à nef centrale de trois travées et collatéraux élevés au déb. du XVIIe s. en style gothique hennuyer, conservant toutefois des vestiges plus anciens : à l'O., la partie centrale romane de la façade, probablement surmontée d'un clocher-mur à l'origine, sans doute au XII s. ou à la fin du XIe s.; de la même époque, le mur-pignon E. et la base des murs du chœur à chevet plat, remanié en style gothique à la fin du XIIIe ou au XIVe s[13].
La maison communale.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des bourgmestres[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Démographie: Avant la fusion des communes[modifier | modifier le code]

  • Source: DGS recensements population
  • 1880: Scission de Fourbechies en 1868
  • 1970: Annexion de Fourbechies en 1965

Démographie : Commune fusionnée[modifier | modifier le code]

Elle comptait, au , 4 077 habitants (2 045 hommes et 2 032 femmes) [14], soit une densité de 72,11 habitants/km² pour une superficie de 86,54 km²[15].

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante[16],[17] :


Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.

  • Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvier

Économie[modifier | modifier le code]

Durant des siècles, les habitants ont vécu de l’exploitation des bois (abattage, bois sciés, fagots, douves, etc). Le village abritait une ou deux brasseries, un moulin à eau et une salinerie (traitement des cendres de bois pour en retirer les sels de potasse devant servir d’engrais).
En 1830, on comptait ici 20 métiers à tisser la toile de lin et dix à faire des bas. On vendait à l’époque 300 toisons de laine et 100 kg de beurre. Vers 1900, on a extrait du marbre rouge à la Carrière à Roc, des ateliers de polissage offraient du travail à de nombreux ouvriers.
Depuis le milieu du XIXe siècle, la commune se tourne vers l’élevage des bovins. Froidchapelle est renommé pour son beurre de ferme[19].

Après la Seconde Guerre mondiale, la vie économique de Froidchapelle déclinera peu à peu, la dernière scierie fermera ses portes dans les années 1960, la gare fermera peu de temps après et on supprimera la « ligne 109 » qui reliait Chimay à Charleroi via Froidchapelle. À partir des années 1970, l'agriculture commencera à décliner inexorablement.

En 1968, les Froidchapellois reprendront espoir avec l'annonce de la construction des « Barrages de l'Eau d'Heure ». Ce projet pharaonique de la réalisation d'un des plus grands barrages d'Europe est très prometteur, sa construction engloutira plus de 40 milliards de Francs belges (1 milliard d'euros), donnera du travail à plusieurs milliers d'ouvriers et fera la prospérité des commerçants de la région pendant les douze années que dureront ces travaux.

Barrage de la Plate-Taille.

Malheureusement, à la fin des Trente Glorieuses, à l'aube des années 1980, la crise économique s'installe. La Belgique n'a plus les moyens de ses ambitions, et si les barrages sont terminés, l'exploitation touristique qui devait en découler et relancer la région sera rendue impossible faute de moyens financiers. Les projets hôteliers, de port de plaisance, etc. seront remis dans les cartons. L'agriculture continuera à agoniser dans les années 1980 et 1990 et le taux de chômage et de personnes dépendantes de l'assistance publique augmentera inexorablement. Ce phénomène ne fera que s'aggraver avec la création de plusieurs parcs résidentiels qui à l'origine auraient dû accueillir les touristes venant aux barrages et qui en fait accueilleront les plus démunis venant s'installer là à petits prix. Cette nouvelle population, composée pour la plupart de personnes ayant perdu leur emploi dans la débâcle industrielle des années 1980 et 1990 et originaire le plus souvent des grandes villes comme Charleroi, La Louvière et Mons formera bientôt près d'un quart voire un tiers de la population.

Les années 2000 voient une volonté de relancer la vie économique en favorisant les initiatives promouvant le tourisme. La ligne 109 sera réaffectée en « RAVeL » (permettant les promenades à pied, à cheval ou à vélo), les « parcs » feront l'objet d'un plan énergique allant jusque la destruction de force de caravanes ou chalets illégaux, construction de nouvelles infrastructures sportives, encouragement des gîtes ruraux et gîtes à la ferme, création de synergies entre les offices du tourisme et les associations de gestion des lacs de l'Eau d'Heure.

Mais la volonté ne suffit pas, et il n'y aura pas de miracle froidchapellois. Les projets hôteliers furent repris par une société néerlandaise (Landal) qui créera à coups de millions d'euros un village, un port de plaisance, un complexe hôtelier et commercial, et de fait les commerçants du village ne retireront rien de cette riche nouvelle population.
À Froidchapelle aujourd'hui, le taux de chômage avoisine les 20 %, la quantité de personnes émargeant sur l'assistance publique est très importante et le vieillissement de la population est important. La dernière banque a fermé ses portes en 2006 ainsi que le bureau de poste.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Émile Galet (1870-1940), lieutenant-général, aide de camp du roi Albert Ier durant la 1re guerre mondiale, commandant l'école royale militaire de 1919 à 1926. On lui doit un ouvrage qui fait référence : "S.M. le Roi Albert, commandant en chef devant l'invasion allemande" (Paris, Plon, 1931). Il est né à Erpion en 1734 et décédé en 1940;
  • François-Joseph Gossec, compositeur, violoniste, directeur d'opéra et pédagogue, il sera le musicien le plus honoré sous Napoléon Ier, né à Vergnies en 1734, il décédera à Passy en 1829;
  • La Redoute, surnom d'Alexandre-Stanislas Leclercq (1775-1822), fils d'un maître de forges, qui fait les 400 coups et nargue la gendarmerie, nouvellement créée. Malheureusement, c'est aussi un assassin qui abat de sang-froid un concitoyen âgé de 18 ans. Pour ne pas être arrêté, il passe en Angleterre où il enseigne le français. Il a écrit des mémoires pleines de forfanterie et de vantardise;
  • Daniel Van Buyten, joueur international de football, né en 1978.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://statbel.fgov.be/fr/open-data/population-par-secteur-statistique-10
  2. Arrêté royal du 17 septembre 1975 portant fusion de communes et modification de leurs limites, art. 333, § 1er: "Les communes de Froid-Chapelle, Boussu-lez-Walcourt, Erpion et Vergnies sont fusionnées en une nouvelle commune qui portera le nom de Froidchapelle."
  3. Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, Belgique, Éditions Racine, , 649 p. (ISBN 978-2-87386-409-5, lire en ligne)
  4. Auguste Soupart, « Histoire du doyenné de Thuin, tome II : Les paroisses », cahier du Musée de Cerfontaine, no 203,‎
  5. André Lépine, « Notes d'histoire sur Froidchapelle », cahier du Musée de Cerfontaine, no 251,‎
  6. Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 1 : Communes wallonnes A-L, Bruxelles, Dexia, , p. 363
  7. Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 1 : Communes wallonnes A-L, Bruxelles, Dexia, , p. 365
  8. Ministère de la Communauté française, Administration du Patrimoine culturel, Le patrimoine monumental de la Belgique : Wallonie, vol. 10, t. 2 : Province de Hainaut, Arrondissement de Thuin (F-T), Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 906 p. (ISBN 2-8021-0045-9), p. 467
  9. Ministère de la Communauté française, Administration du Patrimoine culturel, Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, t. 2 : Province de Hainaut, Arrondissement de Thuin (F-T), Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 906 p. (ISBN 2-8021-0045-9), p. 469
  10. a b et c Ministère de la Communauté française, Administration du Patrimoine culturel, Le patrimoine monumental de la Belgique : Wallonie, vol. 10, t. 2 : Province de Hainaut, Arrondissement de Thuin (F-T), Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 906 p. (ISBN 2-8021-0045-9), p. 470
  11. a et b Ministère de la Communauté française, Administration du Patrimoine culturel, Le patrimoine monumental de la Belgique : Wallonie, vol. 10, t. 2 : Province de Hainaut, Arrondissement de Thuin (F-T), Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 906 p. (ISBN 2-8021-0045-9), p. 473
  12. Ministère de la Communauté française, Administration du Patrimoine culturel, Le patrimoine monumental de la Belgique : Wallonie, vol. 10, t. 2 : Province de Hainaut, Arrondissement de Thuin (F-T), Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 906 p. (ISBN 2-8021-0045-9), p. 475
  13. Ministère de la Communauté française, Administration du Patrimoine culturel, Le patrimoine monumental de la Belgique : Wallonie, vol. 10, t. 2 : Province de Hainaut, Arrondissement de Thuin (F-T), Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 906 p. (ISBN 2-8021-0045-9), p. 474
  14. http://www.ibz.rrn.fgov.be/fileadmin/user_upload/fr/pop/statistiques/stat-1-1_f.pdf
  15. Ces chiffres reprennent toutes les personnes inscrites dans la commune le premier jour du mois écoulé, quel que soit le registre dans lequel elles sont reprises (registre de la population, registre des étrangers ou registre d'attente).
  16. https://www.ibz.rrn.fgov.be/fr/population/statistiques-de-population/
  17. Ces chiffres reprennent toutes les personnes inscrites dans la commune le premier janvier écoulé, dans le registre de la population ou le registre des étrangers sans le registre d'attente.
  18. https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
  19. *André Lépine, « Notes d’histoire », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 251,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Théodore Bernier, « Le besoigné de Froid-Chapelle en 1608 », Documents et rapports de la société archéologique de Charleroi, no 13,‎ , p. 335-438
  • Louis Lefranc, Carnets (d’un autodidacte 1874-1932; plus de 60 carnets manuscrits ou dactylographiés, conservés à la bibliothèque de la Société d’Histoire Régionale de Rance).
  • Edmond Michaux, La crise économique de 1840 à 1860 dans quatre villages du sud du Hainaut : Froidchapelle, Sivry, Rance, Montbliart, Bruxelles, Crédit Communal, coll. « Histoire », , 289 p., chap. 10
  • Jean-Marie Albert, Histoire de Froidchapelle à travers l’histoire du Bois-le-Comte, , 324 p.
  • Joseph Pestiaux, Froidchapelle : un village entre Sambre et Meuse, 1900-1950, Paris, , 257 p.
  • André Lépine, « Les paroisses de Froidchapelle et Fourbechies », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 205a,‎
  • André Lépine, « État civil du 19e s. », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 249,‎
  • André Lépine, « Liste des 1.019 électeurs de 1956 », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 250,‎
  • André Lépine, « Les conseils communaux 1844-2001 », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 255,‎
  • André Lépine, « Vie & aventures de La Redoute », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 289,‎
  • André Lépine, « Froidchapelle - Les décès du 20e siècle (1900-1976) », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 323,‎
  • André Lépine et Guy Heynen, « Alexandre-Stanislas Leclercq, dit La Redoute », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 423,‎
  • André Lépine, « Le Laetare », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 425,‎
  • André Lépine et Guy Heynen, « Mai 1940 — Rommel traverse l’Entre-Sambre-et-Meuse, de Dinant à Landrecies, par Philippeville », Cahier du Musée de Cerfontaine, no 415,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]