La commune est une capitale de la batellerie puisque bon nombre de propriétaires de péniches en sont originaires et qu'ils choisissent ce lieu de séjour quand sonne l'heure de la retraite. Son beffroi figure au patrimoine mondial de l'UNESCO[2]. C'est également sur le territoire de l'entité, à Gozée, que se situent les vestiges de l'abbaye d'Aulne. La ville est aussi célèbre pour sa marche dédiée à saint Roch.
La première attestation de ce toponyme remonte à 868 sous la forme in Tudinio (polyptyque de l'abbaye de Lobbes). Il est formé d'un anthroponyme, Tudo, Theodo (issu du germanique commun*theud « peuple ») ou peut-être Tutus (cognomen latin), et du suffixe -inium et signifie donc « propriété de Tudo, Theodo ou Tutus »[3].
Capitale de la Thudinie, Thuin surplombe le cours de la Sambre et de son affluent la Biesmelle qui ont creusé de profondes vallées. Pour cette raison, l'altitude s'élève de 103 m (à l'abbaye d'Aulne) à 215 m (sur le plateau de Gozée). Thuin se trouve à la limite de la région limoneuse hennuyère (à l'ouest) et du Condroz (à l'est).
Sur le plan géologique, la ville de Thuin est implantée sur les hauteurs de la vallée de la Sambre et de la Biesmelle sur des couches de grès, de siltites, de shales et de poudingues. Dans les fonds de vallée, le sous-sol est constitué d'alluvions. Plus au sud vers Ragnies et Thuillies, on rencontre des bancs de calcaire orientés d'ouest en est. Les grès quartzitiques ont été jadis intensivement exploités pour la construction dans des carrières situées en rive gauche de la Sambre, au nord de Thuin[5].
De Thuin à Biesme-sous-Thuin s'étend une zone mêlant prairies et bois, traversée par la Biesmelle, un affluent de la Sambre qui serpente du nord-est au sud-est, avec des ramifications de ses affluents. Au nord, là où les forêts ont été défrichées pour permettre l'installation humaine jusqu'à la Sambre, s'étend une zone bocagère composée de petites parcelles entourant de modestes fermes. Le coteau des Waibes, quant à lui, est particulièrement favorable aux arbres fruitiers[6].
Les Waibes, sont d'anciens bois défrichés où vaigement, sous l'ancien régime, les troupeaux thudiniens, la herde communal[7]. « Waibes » signifiant prés marécageux[6].
Bois du Grand Bon Dieu. Reconnu comme site de grand intérêt biologique et une partie du site est classé pour sa valeur historique et naturelle. Il est intégré dans la zone verte protégée (Natura 2000) correspondant à la vallée de la Biesmelle qui s'étend de Thuin à Thuillies[8].
Elle comptait, au , 14 853 habitants (7 246 hommes et 7 607 femmes)[9], soit une densité de 194,13 habitants/km² pour une superficie de 76,65 km²[Note 1].
De nombreuses traces d'occupations préhistoriques sont présentes dans la commune et aux environs. Lors du chantier de dédoublement de la nationale 59, des fossiles ont étés découverts notamment des dentes de rhinocéros à narines cloisonnées et de chevaux sauvages[11].
Environ 300 outils en silex et plusieurs centaines d’éclats ont été récoltés lors des campagnes de fouilles de l'Université libre de Bruxelles (ULB) en 2018 et en 2019. « Ces objets se rattachent tous à une époque bien précise du néolithique appelée le « Michelsberg » (4300/4200 à 3700/3600e siècle av. J.-C.). Il s’agit principalement de haches et d’herminettes polies, de grandes lames retouchées, de percuteurs, d’armatures de flèches, de tranchets et de grattoirs[12].
Cruches et urnes funéraires de la nécropole gallo-romaine de Thuin (IIe siècle et IIIe siècle ap.J.-C.), musée royal de Mariemont.
Le territoire communal abrite notamment dans le bois du Grand Bon Dieu les restes d'un retranchement préhistorique[13] qui a été réutilisé au Moyen-Âge. Le lieu aurait été l'oppidum de la tribu des Aduatuques[14].
En 1964, Une nécropole gallo-romaine contenant 70 sépultures a été découverte sur le plateau qui domine la rive droite de la Biesmelle à l'endroit appelé « Le Petit paradis ». Les dates d'enfouissement se situent entre 180 ap J.-C. et la deuxième moitié du IIIe siècle. On y a retrouvé des poteries contenant des restes humains et des fibules. Cela attesterait de la présence d'un petit vicus au confluent de la Sambre et de la Biesmelle, servant éventuellement d'étape de batellerie[15].
Dans les années 1980, le site a livré un trésor, notamment en statères, des pièces de monnaie gauloise en or, qui datent du premier siècle avant notre ère. Les statères en électrum (50% d'or, argent et cuivre), datant plus exactement de -57 à -51 av. J.C., se composent de 70 pièces (frappées au marteau) et correspondent pour la plupart à un type de pièce gauloise bien connu dit « à l’epsilon »[16],[14].
Le site de Thuin, probablement abandonné, semble avoir été repris par les moines de Lobbes, qui y ont construit une forteresse refuge. Son nom réapparaît quelques siècles plus tard, notamment dans l'inventaire des biens et domaines de la célèbre abbaye bénédictine de Lobbes. Dans ce « polyptyque » dressé par Jean, évêque de Cambrai en 868-869 sur ordre du roi Lothaire II, on retrouve un ancien castellum (château) à Thuin ainsi que des exploitations agricoles à Biercée, Biesme-sous-Thuin, Donstienne, Gozée, Leers-et-Fosteau et Thuillies. C'est dans ce « Thudiniacum castrum » (840) ou « Thudinium castellum » (868) que les moines de Lobbes se réfugièrent pour échapper aux invasions normandes (866). En 881, les Normands attaquent la forteresse de Thuin, qui résiste, tandis qu'Aulne est détruit. En 955, les Huns, incapables de s'emparer du château de Thuin, s'en prennent directement à l'abbaye de Lobbes, où les moines opposent une résistance héroïque. Retranchés dans l'église supérieure, ils doivent leur salut à une pluie torrentielle miraculeuse qui embourbe les assaillants. Au Xe siècle, l'abbaye de Lobbes est cédée à l'évêché de Liège, qui devient une principauté ecclésiastique. Thuin devient alors une terre liégeoise. Le prince-évêqueNotger renforce l'éperon central pour en faire une place forte redoutable, la plus occidentale de sa principauté, défiant ainsi les comtes de Hainaut voisins, attirés par le lieu. De cette première enceinte, il reste la base d'une tour d'angle, appelée « Tour Notger ». En 1053, le comte de Hainaut, Baudouin d'Hasnon, s'empare de la ville, la pille et l'incendie[17].
Au fil des siècles, la citadelle thudinienne renforça ses fortifications et fut rarement attaquée directement. À plusieurs reprises, des troupes dévastèrent la région en s'en prenant aux villages voisins, qu'elles pillèrent et incendièrent, tout en évitant soigneusement d'attaquer la ville et son château fort. Vers le milieu du XIIIe siècle, des pièces d'artillerie appelées « bouches à feu » firent leur apparition à divers endroits des remparts[17].
En 1408, après la défaite des milices liégeoises face au Comte de Hainaut lors de la bataille d'Othée, les murailles de défense de Thuin doivent être « abattues et arasées ». Les Binchois, fidèles alliés du Comte de Hainaut, en profitent pour réclamer et obtenir les bouches à feu ainsi que la « Bancloque », la cloche communale suspendue dans le beffroi, lequel doit également être détruit avec les fortifications. La mort de Charles le Téméraire en 1477, suivie de celle de sa fille Marie de Bourgogne en 1482, met fin aux ambitions de la maison de Bourgogne d'annexer la Principauté liégeoise. Cette période de répit favorise un essor économique et urbain à Thuin. Le château fort, construit à l'époque de Notger et détruit en 1466, ne sera jamais reconstruit[18].
Plan de Thuin au XVIIe siècle. La présence de l'église paroissiale Notre-Dame des Carmes de 1670 permet de dater la carte du dernier tiers du siècle.
En 1654, les troupes espagnoles, sous les ordres du prince de Condé, entreprennent le siège de la ville mais sans pouvoir concrétiser. Le Spantôle, ancienne pièce à feu en fer forgé qui trône dans la ville et qui a donné son nom à une spécialité pâtissière, aurait été capturé à cette occasion, mais l'objet est bien plus ancien[19].
Face à la menace, les habitants de Thuin s'organisent pour défendre leur ville. Le , l'ennemi venant de l'est installe son artillerie sur les Trieux. Réagissant rapidement, les défenseurs thudiniens tirent avec leurs canons et mousquets. Pendant plusieurs jours, les assaillants bombardent, creusent des tunnels et placent des mines sous les remparts. Les Thudiniens ripostent, réparent les brèches et fabriquent poudre et balles. Le 14 janvier, ils mènent une audacieuse sortie dans les lignes ennemies, provoquant chaos et pertes. Déstabilisé, l'ennemi lève le siège après 15 jours, laissant 400 morts sur le terrain. Les Thudiniens, eux, comptent 12 morts et 45 blessés[20].
Depuis cette victoire de 1654, se déroule chaque année, le troisième dimanche de mai, une procession qui a pris plutôt l'allure d'une marche militaire en l'honneur de saint Roch. Parmi tous les uniformes portés par les participants, ce sont les uniformes des soldats du Premier Empire qui ont la faveur des marcheurs et du public. Cette marche de Saint-Roch fait partie des quinze marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse qui ont été reconnues en comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO[21].
C'est au cours de la période des XVIe, XVIIe – XVIIIe siècles, que la ville connut son âge d'or puisque c'est à ce moment que sont construits les édifices qui constituent la majeure partie du patrimoine architectural de la ville (ancien hôtel des postes, beffroi, maison espagnole, église Notre-Dame-du-Mont-Carmel, ancien couvent des oratoriens, extension de l'abbaye d'Aulne…).
Thuin au XVIIIe siècle. D'après une gravure de Remacle Leloup parue dans Les Délices du Pays de Liège.
Entre 1716 et 1746, les Thudiniens se rebellent contre l'autorité du prince-évêque. L'hiver 1788-1789 est particulièrement rigoureux et prolongé, avec la Sambre et la Meuse gelées durant trois mois. Le printemps qui suit n'apporte guère d'amélioration, les intempéries perturbant les cultures. Les denrées alimentaires deviennent rares, ce qui provoque une hausse des prix[22].
En 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche, ce qui pousse l'Empire à déployer des troupes le long de la frontière française. Cette situation entraîne le retour de la Principauté de Liège dans l'Empire germanique jusqu'en 1794. Durant cette période, la région est traversée par des patrouilles autrichiennes et prussiennes prêtes à affronter les armées révolutionnaires françaises qui se regroupent dans le nord de la France[23].
Thuin en 1789 d'après G. Boulmont. Plan des Remparts (carte postale).
Le , l'Assemblée liégeoise décide du rattachement à la France. Le 17 février de la même année, des partisans thudiniens favorables à cette union organisent un référendum avec un résultat étonnant : 693 voix pour sur 693 votants, bien que Thuin comptait environ 2 000 habitants. Seuls les hommes adultes étaient autorisés à voter. Les Autrichiens, retranchés dans les fortifications, abandonnent leur position sous les assauts de l'armée révolutionnaire qui, au prix de plusieurs centaines de morts, prend le contrôle de Thuin. Les soldats et officiers pillent la ville, avec le soutien des habitants favorables aux idées nouvelles[23].
Le , les Français lancent une attaque sur Fontaine-l'Evêque. Sur le plateau d'Anderlues, ils sont stoppés par les Autrichiens dans un violent combat à la baïonnette. Le lendemain, les Autrichiens et les Hollandais contre-attaquent, forçant les armées révolutionnaires à franchir à nouveau la Sambre[23].
Le 14 mai, les Français, accompagnés de patriotes thudiniens, incendient les abbayes de Lobbes et d'Aulne. Archives, livres anciens et précieux sont détruits. Les Français s'impatientent, et la population thudinienne subit les conséquences de leur mauvaise humeur. Le commandant de la ville demande à la population de porter la cocarde tricolore sur leur coiffure. L'église de la ville basse est transformée en magasin militaire, tandis que celle de la ville haute est saccagée. Les cloches du beffroi sont emportées pour être fondues en pièces d'artillerie[23].
Au début du XIXe siècle, le maire de Thuin, désireux de « moderniser » la ville en effaçant son passé, fait détruire plusieurs vestiges impressionnants de l'ancienne forteresse. Ainsi disparaissent la collégiale Saint-Théodard, accolée au beffroi et démolie en 1811 pour créer une place à danser, les tours de la porte Notre-Dame, ainsi que le châtelet d'entrée de la porte de Charleroi, autrefois appelée porte du Bourreau en raison des condamnés qui y passaient en route vers la potence du Gibet. Le collège des Oratoriens est transformé en collège impérial[24].
Le , les derniers soldats français quittèrent Thuin. Le lendemain matin, un corps de cosaques russes envahit la cité. Pendant environ huit jours, les troupes russes et leur charroi en route vers Maubeuge traversèrent la ville[25].
Un bataillon prussien prend garnison à Thuin, le . Les officiers et soldats sont hébergés chez les habitants, qui doivent également subvenir à leur alimentation. Ils établissent une position défensive sur le plateau de la Maladrerie pour surveiller la frontière française, qui à cette époque se situe au sud de Ragnies et de Biercée. Leers-et-Fosteau n'est devenu français que durant les 229 jours séparant les deux traités de Paris[25].
Le , l'armée prussienne reprend le contrôle de la Thudinie et installe son troisième corps à Thuin, où la population est de nouveau soumise à de sévères réquisitions pour entretenir la garnison[26].
En 1826, le premier haut fourneau d'Europe continentale est construit à l'usine sidérurgique de Hourpes, sous la supervision de l'ingénieur anglais Thomas Bonehill, engagé par le roi Guillaume 1er[27].
En 1866, une épidémie de choléra frappe Thuin et sa région. Le conseil communal adopte un règlement incitant la population à respecter diverses mesures d'hygiène. La potabilité de l'eau devient un problème majeur, et le culte à saint Roch connaît un regain de ferveur[28].
Le centre-ville (ville haute), carte postale datée de 1908.
En 1896, Victor Vilain est élu bourgmestre. Admiratif de Thuin et de sa région, il ambitionne d'en faire un lieu de villégiature haut de gamme. Il initie cette vision avec l'ouverture d'un casino dans la Grand'rue, qui acquiert rapidement une réputation internationale. Cafés, restaurants et hôtels prospèrent, tandis que les bourgeois accueillent les visiteurs. La ville s'anime grâce à « Thuin-Attractions » avec des concerts, corsos fleuris, fêtes vénitiennes sur la Sambre, concours hippiques, et bien d'autres événements. Thuin connaît alors des années d'euphorie. Cependant, en 1904, une loi interdisant les jeux de hasard en Belgique force la fermeture du casino. Plus tard, Spa et Ostende obtiennent de nouvelles licences d'exploitation, mais malgré les démarches du conseil communal auprès des Chambres législatives, Thuin ne parvient pas à en obtenir[29].
La grand'rue et le beffroi en 1908, carte postale.
De très violents combats s'y sont déroulés le (bataille de Charleroi), plus particulièrement à Gozée et à Biesme-sous-Thuin, lorsque la 5e armée française faillit se faire encercler par les Ire, IIe et IIIe armées allemandes[30]. Les régiments français qui, le , ont combattu sur le territoire de la commune sont le 12e RI (Tarbes), le 18e RI (Pau), le 34e RI (Mont-de-Marsan), le 49e RI (Bayonne) et le 144e RI (Bordeaux). Toutes ces unités faisaient partie du 18e Corps d'Armée (Bordeaux) qui constituait le flanc gauche de la 5e armée française et était placé sous les ordres du général de Mas-Latrie[31].
Devant l'ampleur des pertes françaises — 983 soldats et officiers du seul 49e RI ont perdu la vie ce jour-là à Thuin —, le chef de la 5e armée, le général Lanrezac prit l'initiative — en désobéissant au généralissime Joffre — de faire reculer ses troupes. Cette désobéissance lui permit de sauver l'essentiel de ses forces et fut, de ce fait, l'une des raisons de la victoire de la Marne qui eut lieu quelques semaines plus tard.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, Thuin a été bombardé le ainsi que les jours suivants, ce qui a entraîné un exode d'une très large partie de la population vers la France[32]. Les Allemands entreront dans une ville presque déserte le . Thuin est libérée par l'armée américaine le .
En 1969, un nouveau pont en forme de « S » a été construit sur la Sambre et inauguré en 1970, après trois années de travaux[33].
En 1977, Thuin est fusionnée avec Biercée, Biesme-sous-Thuin, Donstiennes, Gozée, Leers-et-Fosteau, Rangnies et Thuillies, à la suite de la loi des fusions des communes.
Blason de Thuin depuis la fusion des communes. Ce blason reprend le motif du plus ancien sceau connu de la ville.
Blasonnement :d'azur au château-fort d'argent accosté de deux écussons du même au lion couronné de sable, celui de dextre contourné[34].
Délibération communale : 16 octobre 1979
Arrêté de l'exécutif de la communauté : 27 août 1984
Armes de Thuin entre 1883 et la fusion des communes.
Blasonnement :D’azur semé de billettes d’argent au lion d’argent armé et lampassé de gueules brochant sur le tout.
DC 20 mai 1882 - AR 1 mars 1883 - MB 10 avril 1883
Après l'indépendance de la Belgique, un Arrêté royal confirme les armes accordées à la ville le 6 décembre 1820 par le Conseil suprême de la Noblesse des Pays-Bas.
Blasonnement :D’azur, à un lion d’or, armé et lampassé de même, l'écu timbré d'une couronne d'or.
DC 10 mai 1837 - AR 7 avril 1838
Drapeau de la Ville de Thuin. Parti de bleu et blanc, la laize bleue chargée de 3 merlettes blanches rangées à sa partie supérieure[35].
L'œuvre « Silvardo », située dans les jardins suspendus qui est le logotype utilisé par la ville.
Inspiré de l'œuvre Silvardo de Jérôme Constant, qui représente un lion en tant que motif principal des armoiries de la ville, la sculpture intègre un trou dans la patte symbolisant la blessure de Saint-Roch. La couleur rouge, quant à elle, évoque le vin et fait référence au costume des zouaves[36].
Le beffroi de Thuin. À l'emplacement d'un ancien beffroi effondré quelques décennies auparavant, le beffroi actuel, édifié dans la première moitié du XVIIe siècle, est un vestige de la collégiale des Saints-Lambert et Théodard, démolie en 1811[37]. Sur la face sud, les armoiries des bourgmestres de l'époque, accompagnées de leurs noms et de la date « P. TASSIER, N. DE BRUXELLE BOURGUEMRES. 1639 », surmontent les deux niches consacrées à saint Lambert et à saint Théodard, elles-mêmes ornées des inscriptions « DE-CANUS ET / CAPITULUM / ECCLESIAEA » et « COLLEGIATAE / THUDINIENSIS / AN° 1639 »[38]. Le beffroi, culminant à 60 mètres de hauteur, est surmonté d'une flèche campaniforme entourée de quatre clochetons polygonaux. Après avoir été détruit par une tempête en 1662, il a été restauré et a subi d'importantes réparations au milieu du XVIIIe siècle[37]. Le beffroi, dont les origines remontent au Moyen Âge, est construit à l'époque du plus grand essor de la ville. Il figure, depuis 1999, au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le beffroi a été entièrement restauré au début des années 2000[37]’[39]’[40]. En 1997, des fouilles ont révélé les fondations d'une église romane datant du XIIe siècle, dont le chœur gothique a été ajouté au XVIe siècle[41].
L'église Notre-Dame des Carmes (désacralisée[42]).
Un monument aux morts érigé contre le mur du beffroi est inauguré par le roi Albert 1er[43]. Ce monument, installé en 1919, représente les 25 Thudiniens morts pour la patrie qui y sont inscrits.
L'église Notre-Dame des Carmes ou église de la Sainte-Vierge. Cette église a été érigée en 1670 à la demande des paroissiens, qui devaient assister aux offices à la collégiale Saint-Théodard[44]. Édifice en briques et moellons, comprenant une vaste nef et un chœur se terminant par un chevet à trois pans[45]. Maurice des Ombiaux a décrit cet édifice comme ressemblant à une grange[46]. Aujourd'hui, l'église est désacralisée[47],[48].
L'hôtel des postes, ancien refuge de l'abbaye de Lobbes datant de 1552, comme l'attestent les ancres visibles sur la façade ouest du bâtiment, reprises au pignon lors de la restauration par l'architecte Van Houcke en 1889. Mis aux enchères publiques en 1795, il a ensuite été utilisé comme caserne de gendarmerie et école communale avant d'accueillir les PTT[49].
L'hôtel de ville, ancienne résidence de la famille Gendebien, il a été construit au XVIe siècle, modifié au XIXe siècle, puis restauré en 2008 avec des ajouts modernes mais discrets pour accueillir l'hôtel de ville. L'ancien parc du refuge de l'abbaye d'Aulne, situé derrière les bâtiments, a été classé comme site et renommé « parc de l'hôtel de ville »[50].La maison espagnole, classée en 1972[51].
L'ancien refuge de l'abbaye de la Thure, cédée aux Massart dès 1750, cette propriété historique appartenait autrefois à Saint-Augustin[52].
L'ancien refuge de l'abbaye d'Aulne, commencé dans la première moitié du XVIe siècle sous l'abbatiat[Note 2] de Jean de Lannoy (1529-1556), en style gothique, apprécié dès les premières décennies du XVIIIe siècle et vendu pendant la Révolution française[53].
L'Athénée Royal, ancien collège des Oratoriens. Cet ensemble de bâtiments de style Louis XIV a été construit entre la fin du XVIIe siècle et 1738. Les Oratoriens, établis en 1652, obtiennent sept ans plus tard l'autorisation d'enseigner les humanités jusqu'en 1793. Les bâtiments sont ensuite saisis par la ville lors de la Révolution française et portent successivement les noms de Collège impérial en 1812, communal en 1831 et royal en 1882. En 1950, l'Administration communale cède l'ensemble à l'État, et il abrite désormais l'internat des classes de l'Athénée[52]. Le collège a été transformé entre 1819 et 1823, puis à nouveau en 1877, pour devenir la justice de paix et l'hôtel de ville[54]. En 1980, un incendie a ravagé le bâtiment[51].
La chapelle des sœurs grises.La maison espagnole, construite dans la première moitié du XVIe siècle, avec une porte et une loggia de style néo-renaissance ajoutées au XIXe siècle[55].
L'ancien couvent des Sœurs Grises, datant du milieu du XVIIIe siècle, abrite aujourd'hui le siège de l'Institut Notre-Dame[56]. Reconstruit en 1757 par l'abbé de Lobbes, Dom Théodulphe Barnabé, après un incendie survenu en 1745[57]’[56]. Depuis le XVe siècle, les Sœurs Grises prenaient soin des malades et se consacraient à l'éducation des jeunes filles, et ce, jusqu'en 1817[56].
Située en bordure de rue, la chapelle Sainte-Élisabeth de Hongrie servait d’église au couvent et aurait été construite vers le milieu du XVIIIe siècle, avec une imposante façade baroque. Les orgues qui s’y trouvaient ont été transférées en 1986 à l’église du Christ-Roi, dans le hameau des Waibes, à la suite d'une donation des sœurs[57]. Après sa transformation, la chapelle dispose désormais de trois niveaux, avec un espace ouvert au public au rez-de-chaussée et de nouveaux locaux fonctionnels pour l'école aux étages[56]. Les remparts, remontant au Xe siècle, au XIVe et au XVe siècle[58].
Les fortifications. À partir du castellum en forme d’œuf, installé à la pointe de l’éperon rocheux, la première enceinte urbaine, lancée à l’initiative de Notger à la fin du Xe siècle, s’étendait vers l’est en longeant le sommet du versant nord et les pentes étagées du sud. Lorsqu’une seconde enceinte fut construite aux XIVe et XVe siècles, elle s’étendit vers la plaine, en longeant toujours le bord des pentes. Son front oriental se situa cette fois un peu en retrait de la rue de Charleroi. L’accès à la ville était alors protégé par trois portes fortifiées : au nord-est, la porte de Charleroi dite Bourreau ; au nord-ouest, la porte Notre-Dame ; et au sud-est, la porte de la Houzée. Parmi les tours qui renforçaient les courtines, seule celle du Posty Bury a gardé deux arquebusières en calcaire, tandis que quelques poternes, appelées posty, offraient un passage à travers les remparts[58].
Silverado, création de l'artiste Jérôme Constant sous la forme d'un blason médiéval, représente un grand lion tiré des armoiries de la ville. Il est orné de symboles graphiques propres à Thuin, tels que la batellerie, le beffroi, la blessure de Saint-Roch, le raisin et la couleur rouge du vin[60].
L'œuvre de John Cornu représentant une ruine d'une forteresse ou d'une civilisation disparue sur la place du Chapitre[60].
La chapelle Notre-Dame de Lourdes, construite au début du XIXe siècle[61].
Des maisons de la rue Saint-Jacques, datant des XVIIe et XVIIIe siècles[62].
Vues de la ville haute.
La place du Chapitre avec la galerie au pied du beffroi qui date de la 1er moitié du XIXe siècle[63] et reconstruite dans les années 1980. La galerie est classée en 1983[41].
Les Gardiens du fleuve de Daniel Fauville.
Vue vers l'est.
Vue sur la Grand'Rue et l'ancienne église Notre-Dame des Carmes.
L'église Notre-Dame d'El Vaux. Ancienne propriété de l'abbaye de Lobbes, fondée au VIIIe siècle grâce à ses fonds, elle passe ensuite sous l'autorité de la collégiale de Lobbes, devenue auxiliaire de la collégiale Saint-Théodard de Thuin en 1494. Après la Révolution française, l'église devient paroissiale en 1803. D'origine romane, elle est transformée dans un style gothique au XVIe siècle[65]. L'édifice actuel, construit en moellons de grès et pierres calcaires de la Sambre, a été rebâti au XIIIe ou XIVe siècle dans un style roman, puis remanié vers la fin du XVIe siècle. La charpente, en forme de coque renversée, couvrant la nef a été réalisée en 1893 par les ouvriers du chantier naval[66].
Chemin qui mène à la ville basse.Dans l'église Notre-Dame d'el Vaulx est conservée une statue du XIIe siècle en chêne, qui représente une sedes sapientiae (Notre-Dame de la Sagesse) dont le style combine les influences mosanes et scaldiennes. Cette église conserve un orgue remarquable de Henri De Volder[67].
Curiosité : un passage routier (en 2016, des escaliers) sous le chœur, servant de liaison entre la ville basse et la position fortifiée à l'époque des remparts et de la citadelle.
Le quartier des mariniers. Il accueille encore d'anciens bateliers à la retraite. Certaines maisons datent des XVIIe et XVIIIe siècles, comme les numéros 16-18 ou 36-42 de la rue du Rivage[71].
Le monument à la batellerie, élevé à l'entrée du quartier des mariniers.
La chapelle Saint-Léonard, construite en 1688[72]’[73]’[61].
Le calvaire du Grand Bon Dieu, surplombant la Biesmelle, est une chapelle ouverte construite en 1725 et restaurée en 1857[74].
La chapelle Notre-Dame des Suffrages est un petit édifice qui daterait possiblement du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle, mais qui a connu d’importantes modifications au fil du temps[75].
L'ancien moulin du Bas Marteau, datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle[76].
La chapelle de la Sainte-Face, avec sa potale en pierre datant de 1736[76].
L'église du Christ-Roi. L'église des Waibes est dédiée au Christ-Roi. Elle a été construite en 1930-1932, en s'inspirant de la collégiale de Lobbes[77].
Le château Bonehill : construit vers 1887 dans un style éclectique par Émile Bonehill, fils de Thomas Bonehill, propriétaire des SA Usines Bonehill. Il s'est inspiré d'un château en Allemagne qu'il a reproduit presque à l'identique à Hourpes. Il possède des écuries et une conciergerie.
Le coron constitué de huit maisons sur le site d'un des berceaux de l'industrie sidérurgique dans la vallée de la Sambre. Le premier fourneau est installé à Hourpes vers le XVe siècle et le premier haut fourneau est attesté en 1738. Sa localisation est due à la proximité de la Sambre, voie navigable, à la présence du minerai de fer, de la force hydraulique et du charbon de bois fourni par la forêt. En 1866, les usines devinrent la propriété de la société Bonehill Frères. La construction du coron date de cette période. Hourpes connaît son apogée entre 1880 et 1914[78].
Le « Spantôle » est un ancien canon actuellement exposé sur le Rempart du Nord à proximité de la place du Chapitre. C'est « une pièce massive en fer forgé, travaillée avec grande maîtrise. Sa forme octogonale lui assigne pour origine les provinces du nord de la France. À l'extrémité du tube on remarque deux fleurs de lys héraldiques. La partie postérieure, qui est supposée avoir été la chambre, a été enlevée au burin. La forme exacte de la bouche à feu n'est donc pas connue ; ce qui subsiste du tube mesure 1,4 m de longueur. Le poids total est de l'ordre de 1 500 kg ; l'âme, qui est cylindrique, a un diamètre de 16 cm[79]. »
Le canon est censé avoir été pris par les Thudiniens aux troupes espagnoles, sous les ordres du prince de Condé, lors du siège abandonné de 1653-1654. Mais une pièce périmée depuis longtemps à cette époque ne pouvait pas avoir fait partie du matériel de ce siège[80] et elle n'est pas mentionnée parmi le butin pris par les habitants de Thuin[81]. Cette explication est abandonnée.
C'est très probablement lors du sac de la ville en 1466 par les troupes de Charles le Téméraire que l'arme a été enclouée par les Thudiniens ou abandonnée par les Bourguignons[Note 3],[82] et alors prise comme butin.
Le nom de « Spantôle » est d'origine wallonne et signifierait « propre à épouvanter »[83].
En hommage au passé batelier de la ville, un écomusée de la batellerie a été créé. Installé dans l'ancienne péniche Thudo amarrée près du viaduc, il fait revivre quantité d'objets qui faisaient partie du quotidien des familles batelières. La ville est également le point de départ d'excursions en péniche incluant le passage d'écluses.
Le Thudo, écomusée de la batellerie.Thuin possède un tramway historique (tramway Lobbes Thuin) qui rejoint Lobbes. En outre, un musée du tramway est implanté sur le site de l'ancienne gare de l'ouest, près du terminus de la ville basse. Cette voie étroite est un des ultimes reliquats du vicinal qui autrefois couvrait toute la Belgique. Ce tramway touristique est géré par l'ASBLASVi (Association pour la Sauvegarde du Vicinal).
Thuin abrite aussi la Maison de l'Imprimerie. Un musée artisanal vivant dans lequel des machines d'imprimerie, presses typographiques et lithographiques, en fonctionnement sont visibles (dont une presse datant de 1875). Il est aussi possible d'observer la fabrication de papier chiffon et d'apprendre le comment se réalise une reliure.
En 1948, Lucien Deroisy réalise Le trouble-fête[85], produit par Charles Dekeukeleire. 13 minutes. Travail de commande pour une association de compagnies d'assurance. Tournée lors de la cinquantième Marche Saint-Roch à Thuin, une suite de saynètes destinées à attirer l'attention envers les risques d'accidents domestiques, incendies, asphyxies, empoisonnements pouvant résulter de la distraction ou de la négligence.
Les tromblons de la Ve infanterie de la Cie de Saint-Roch tirant une salve.
Le culte de Saint-Roch[86] prend racine en 1635, à la suite de l’épidémie de peste qui sévit dans la région. Les historiens se réfèrent à cette date car c’est à cette période que la confrérie Saint-Roch est citée.
Saint-Roch, Statue de bronze datant de 2002.
À l’origine, c’est une procession religieuse qui regroupe des compagnies de guerriers improvisées. Elle est abolie en 1789, mais elle est réorganisée en 1866 à la suite des épidémies de choléra qui ravagent les bas quartiers de la ville de Thuin. Depuis lors, cette procession s'est déroulée de manière ininterrompue, à l'exception des deux conflits mondiaux et de la crise du Coronavirus en 2020.
La marche de Saint-Roch est célébrée le 3e dimanche de mai pour la dissocier de la procession Notre-Dame. Cette dernière était fêtée le même jour mais, dans le but de lui redonner son prestige originel, une autre date fut établie.
La Saint-Roch se déroule sur 3 jours consécutifs : le samedi, le dimanche et le lundi.
Le 1er jour, les Thudiniens se donnent rendez-vous lors d’un rassemblement en soirée (régulièrement 20 h 30) où les 9 campes (canons) sont tirés et annoncent le début officiel des festivités, qui commencent par une retraite aux flambeaux réunissant marcheurs et civils.
La marche au flambeaux lors de la Saint-Roch avec le beffroi illuminé.
Le 2e jour, la procession prend forme dès le matin (10 h) à l’église Notre-Dame d’el Vaulx. Elle prend ensuite la direction du monument aux marcheurs et du monument aux morts. L’après-midi, c’est une marche/procession qui fait le tour de Thuin en repassant par l’église Notre-Dame d’el Vaulx et le monument aux marcheurs. Ensuite, les processionnaires prennent le chemin de la place des Waibes sur l'autre rive de la Sambre, de l’église du Christ-Roi, passent devant la chapelle Notre-Dame de Lourdes ainsi qu’à quelques mètres de la chapelle Saint-Roch. Avant d’amorcer la redescente vers le centre de Thuin, ils passent également devant la chapelle de la Sainte-Immaculée Conception et s’arrêtent à la rue du Moustier avant de rentrer dans l'église Notre-Dame d’el Vaulx.
Le 3e jour est surtout réservé à la population thudinienne et aux seules sociétés locales qui se rassemblent les unes chez les autres autour de déjeuners copieux pour ensuite prendre le départ de la marche vers la chapelle Saint-Roch. Après avoir rendu hommage à la relique lors du passage à la chapelle, ils se dirigent vers la potale Saint-Roch où la société des chasseurs-carabiniers joue la Brabançonne (hymne national belge), ensuite redescendent vers l’église Notre-Dame d’el Vaulx pour s’arrêter à la place du Chapitre au pied du beffroi où sont remises des décorations aux marcheurs anciens.
La rive droite de la Sambre accueille, dès l'époque romaine, une petite communauté portuaire prospérant grâce au commerce[87]. Dès 1372, voire même avant, une corporation de bateliers appelée navieurs ou naiveurs existait[51]. Sous le régime hollandais, la Sambre canalisée est ouverte en 1829 en présence du roi Guillaume 1er des Pays-Bas. Dès 1840, deux bateliers thudiniens établissent la première liaison entre Charleroi et Paris. Le transport fluvial devient moins pénible et dangereux, ce qui entraîne une forte augmentation du trafic. Dans ce contexte, l'industrie batelière de Thuin se développe rapidement, avec l'installation d'au moins six chantiers navals sur les rives de la Sambre durant la deuxième moitié du XIXe siècle. À cette époque, Thuin devient, de manière surprenante, le deuxième port fluvial de Belgique après Anvers. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, la ville comptait encore plus de mille cent chefs de famille bateliers parmi ses cinq mille habitants[88]. Le quartier des mariniers à Thuin préserve vivamment la mémoire de la batellerie[87].
Dès le Moyen-Âge, des moulins et de petites industries artisanales se sont installés le long de la Biesmelle, utilisant la force motrice. Au fil des siècles, une multitude de tanneries, fonderies, cordonneries, brasseries, scieries, forges, clouteries, ainsi qu'une sucrerie, une usine électrique et une scierie de marbre y ont vu le jour[40]’[89]… Des carrières de grès sont exploitées dès le Moyen-Âge sur la rive gauche de la Sambre, ces pierres locales étant un matériau idéal pour les constructions : églises, beffroi, remparts… Cette activité a jadis enrichi plusieurs générations de carriers et a contribué au développement des Waibes[89].
Depuis le Moyen-Âge, le minerai de fer est exploité dans la région du Val de Sambre. Les forêts abondantes permettaient l'approvisionnement en bois nécessaire à l'activité exigeante des forges. La Sambre était utilisée pour transporter les minerais et évacuer les produits finis. À Hourpes, un premier haut fourneau aurait été construit en 1738. En 1824, Thomas Bonehill rachète l'usine et la fait entrer dans l'ère industrielle. Entre 1880 et 1914, la production atteignait jusqu'à 48 000 tonnes de fonte et 53 000 tonnes de coke par jour. À l'aube de la Première Guerre mondiale, les dirigeants et leurs 800 ouvriers refusent de fabriquer des armes pour l'ennemi, ce qui conduit les Allemands à détruire les usines en représailles. Bien que l'exploitation ait repris par la suite, elle n'a jamais retrouvé son dynamisme d'antan. Les rivalités internes entre les différents bassins sidérurgiques, motivées par des intérêts financiers, ont également contribué à cette faillite. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'usine a été démontée et reconstruite près de Dublin[90], où elle fonctionna jusque dans les années 2000[91].
Thuin possède un riche patrimoine historique et paysager qui en fait une destination touristique prisée en Wallonie. Son beffroi, inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, est l’un des joyaux de la cité médiévale[99]. Le centre ancien séduit avec ses ruelles pittoresques et surtout ses jardins suspendus, près de 200 terrasses aménagées sur les pentes de l’ancien rempart. Ces jardins, aujourd’hui en partie plantés de vignes exploitées par la distillerie de Biercée, proposent une promenade qui allie histoire, paysages et art contemporain[99].
La commune abrite aussi l’Abbaye d’Aulne, un vaste ensemble cistercien en ruines située dans la vallée de la Sambre. Ouvert au public, le site est l’un des incontournables touristiques de la région et propose régulièrement des visites guidées, des promenades à thème et des événements culturels organisés par l’Office du tourisme de Thuin[100].
Thuin est aussi connue comme la capitale de la batellerie, grâce à son port de plaisance et à la péniche-musée Thudo, qui retrace l’histoire fluviale locale. L’Office du tourisme organise des excursions, des visites guidées multilingues et propose la privatisation de sites patrimoniaux comme le beffroi, l’abbaye ou la péniche. L’offre touristique s’enrichit d’activités de plein air, comme des promenades dans les quartiers historiques, sur les sentiers boisés ou le long de la Sambre, souvent mises en avant dans les itinéraires proposés aux visiteurs[101].
Balises de randonnées quelque part dans la ville.
Panneaux d'indications.
Plaque explicatif sur l'ancien Collège des Oratoriens.
Un sentier du GR129 dans le bois près de l'abbaye d'Aulne.
La ville de Thuin constitue un pôle important du tourisme vert en Wallonie grâce à la diversité de ses paysages, mêlant vallées, forêts, coteaux viticoles et patrimoine médiéval. Plusieurs itinéraires balisés permettent de découvrir la région à pied ou à vélo. Le réseau RAVeL, qui longe la Sambre et traverse l’ancienne cité batelière, offre des parcours accessibles à tous, notamment le chemin de halage reliant Thuin à l’abbaye d’Aulne. Les visiteurs peuvent également explorer les jardins suspendus, classés et aménagés en terrasses, qui témoignent de l’histoire horticole de la ville[102].
Le Bois du Grand Bon Dieu, situé sur les hauteurs, constitue un espace naturel apprécié pour ses sentiers ombragés et son caractère mystique. Plusieurs circuits de randonnée y sont proposés, dont des itinéraires familiaux et des parcours plus sportifs. Des plateformes de randonnée comme Komoot, AllTrails ou Visorando recensent de nombreux tracés autour de Thuin, incluant des boucles permettant de découvrir la vallée de la Sambre, les méandres de la Biesmelle ou encore les paysages ruraux de la Thudinie[103]. La région est également intégrée à de vastes réseaux de promenades couvrant l’Entre-Sambre-et-Meuse. Les itinéraires proposés incluent des parcours pédestres, cyclistes et équestres, totalisant plusieurs centaines de kilomètres balisés[104].
La Sambre, canalisée au gabarit 38,50 m depuis 1829, traverse la ville en offrant de très jolis paysages depuis sa vallée. Quatre écluses (no 5, 6, 7 et 8) sont situées sur le territoire de la commune.
En , la navigation y est devenue anecdotique car des ouvrages d'art situés en territoire français, sur le canal de la Sambre à l'Oise, risquaient de s'effondrer. De la sorte, il était impossible d'effectuer le voyage vers la vallée de l'Oise et donc d'arriver à Paris. Les travaux de rénovation de ces ouvrages ont eu lieu entre 2019 et 2021, et la réouverture du canal a eu lieu en [105].
Jusqu'au milieu des années 1960, la ville disposait également d'une autre gare (Thuin-Ouest) qui était desservie par la ligne 109 (Mons-Chimay). Cette ligne fut ouverte à l'exploitation complètement en 1882. Le , la ligne 109 a été fermée définitivement.
Thuin se trouve sur la nationale 59 (Seneffe-Gozée), qui rejoint à Gozée la nationale 53 reliant Charleroi à Chimay. Abordant la ville par le côté Nord, la route doit traverser la vallée de la Sambre pour rejoindre le plateau Sud où se situe le centre de la ville haute. Autrefois ce passage s'effectuait par une route en lacets, par un passage à niveau et par un pont à tablier ridiculement étroit sur la Sambre, occasionnant ainsi des embouteillages quotidiens importants en même temps que des difficultés de navigation dangereuses quand la Sambre était en crue. Depuis la fin des années 1960, un pont en « S » enjambe la voie ferrée et le cours de la rivière.
Un des trams de la ligne touristique exploitée par l'ASVi.
Thuin possède un tramway historique qui rejoint Lobbes. En outre, un musée du tramway est implanté sur le site de l'ancienne gare de Thuin-Ouest, près du terminus de la ville basse. Cette voie étroite est l'un des ultimes reliquats du vicinal qui autrefois couvrait toute la Belgique. Ce tramway touristique est géré par l'ASBLASVi (Association pour la Sauvegarde du Vicinal).
Deux lignes de tram avaient leur terminus sur la place de la Ville-Basse :
↑Ces chiffres reprennent toutes les personnes inscrites dans la commune le premier jour du mois écoulé, quel que soit le registre dans lequel elles sont reprises (registre de la population, registre des étrangers ou registre d'attente).
↑Cette explication est également présente sur le panneau placé sur la muraille à côté du canon alors qu'une inscription sur une pierre placée au sol devant le canon présente l'histoire qui se serait déroulée en 1654.
↑Jean Germain, Guide des gentilés : les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne)
↑Patrick Lemaire, « Quinze marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse admises au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco », L'Avenir (Belgique), (lire en ligne)
↑Cf. Renard, J., Le Cahier gozéen de la Grande Guerre, Archives générales du Royaume et Centre d'histoire et d'art de la Thudinie, Bruxelles, 2009 (Coll. Études sur la Première Guerre mondiale, n°15).
↑Cf. Foulon, R., Six jours de folie en Thudinie dans Sambre & Heure, décembre 1994, p.1-11 (Publication du Centre d’histoire et d’art de la Thudinie, n°44) et MOREL, A., Un chirurgien français se souvient de mai 1940… dans Sambre & Heure, mars 1987, p.4-16 (Publication du Centre d’histoire et d’art de la Thudinie, n°13).
↑Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 2 : Communes wallonnes M-Z, Communes bruxelloises, Communes germanophones, Bruxelles, Dexia, , p. 741
↑Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 2 : Communes wallonnes M-Z, Communes bruxelloises, Communes germanophones, Bruxelles, Dexia, , p. 742
↑François t'Sas, « La grosse bombarde de Gand », Armici antiche, Bollettino dell'Accademia di S.Marciano., , p. 43-47 ; 74 cité par Horemans 1983, p. 80-81.
↑Didier Albin, « De Lobbes à Thuin, ils restent les maitres incontestés des rivières : les jouteurs thudiniens n'ont pas de concurrents », Le Soir, (lire en ligne, consulté le )
↑M.-J. Chartrain-Hebbelinck, Théo Van Rysselberghe, Le Groupe des XX et la Libre Esthétique vol. XXXIV, Revue belge d’Archéologie et d’Histoire de l’Art, , p. 110
Léonce Deltenre, « Héraldique et sigillographie. Les sceaux, cachets et timbres armoriés de la ville de Thuin », Documents et rapports de la Société royale d'archéologie et de paléontologie de Charleroi, t. LV, 1970-1971, p. 87-117
Roger Foulon, La Thudinie, Mons, Imprimerie Provinciale du Hainaut, , 102 p.
Roger Foulon, Thuin en cartes postales anciennes, Zaltbommel, Bibliothèque Européenne, , 38 p.
Roger Foulon, Ma Thudinie, Paul Legrain, éditeur, , 137 p.
Jean-M. Horemans, « Thuin », dans Les enceintes urbaines en Hainaut, Crédit Communal de Belgique, , 295 p., p. 73-90
Jean-Marie Horemans, Thuin, Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN2-84253-089-6)
Jean-Marie Horemans, Thuin, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN2-84253-386-0)
Joël Mulatin, Il était une fois l'entité de Thuin, Jumet, iph éditions, , 134 p. (ISBN2-930336-79-X)
Auguste Soupart, Histoire du doyenné de Thuin, Tome Ier : Vue d’ensemble, 46 pages — Tome II : Les 62 paroisses, 93 pages, Cahiers du Musée de Cerfontaine n° 202 et 203, 1996