Ham-sur-Heure-Nalinnes est située au sud du sillon Sambre et Meuse, entre Charleroi et Philippeville. Administrativement rattachée à la province de Hainaut, elle en constitue la limite sud par rapport à la Province de Namur (entité de Walcourt). Elle se situe également à la limite du Condroz et de la région limoneuse hennuyère.
La commune de Ham-sur-Heure-Nalinnes est une commune rurale, le territoire communal ne comptant que 19% de zones bâties (12% de zones destinées à l’habitat). Pour le reste, les zones agricoles, pour 58 %, et les zones forestières, pour 21%, couvrent la majeure partie de la surface[2]. Sa superficie s'élève à 4 567 ha.
Vue aérienne du paysage de Ham-sur-Heure.
Elle est traversée par la rivière Eau d'Heure (affluent de la Sambre) sur les rives de laquelle s'égrènent les villages de Cour-sur-Heure, Beignée, Ham-sur-Heure et Jamioulx. Celle-ci a creusé une vallée aux reliefs parfois très prononcés, l'altitude variant de 120 m en aval à Jamioulx à 240 m sur le plateau de Nalinnes. On recense également plusieurs cours d’eau ainsi que divers étangs.
Sur le plan géologique, Ham-sur-Heure-Nalinnes a la particularité d'être traversée par la « Faille du Midi » séparant le synclinal de Namur au nord et le synclinal de Dinant au sud qui s'incurve vers le sud formant « l'anse de Jamioulx ». Pour cette raison, son sous-sol est assez contrasté : une bande de calcaire dinantien aussi appelé carbonifère (à Jamioulx ce qui explique la présence de carrières et de fours à chaux), des gisements de houille grasse (qui ont été exploités par un charbonnage à proximité de Jamioulx), des alluvions à proximité de l'Eau d'Heure, des schistes, des grès gris-bruns, rouges et verts, des poudingues et une couverture méso-cénozoïque formée de craies et de sables et de limons qui occupent le plateau de Nalinnes[3].
Le site de Cour-sur-Heure était déjà occupé à l'époque romaine, un cimetière y ayant été signalé à la Terre du Buisson[6].
Monument aux morts du 16 mai 1940 à Ham-sur-Heure-Nalinnes.
Cette occupation persiste au temps des Mérovingiens. On a découvert à Nalinnes une sépulture franque au lieudit « Couture ». Un cimetière assez important a dû y exister mais a été détruit[7].
Cours-sur-Heure fait mention pour la première fois du domaine agricole de Curt dans la seconde version du pouillé des biens de l’abbaye de Lobbes au XIe ou XIIe siècle. Il s’y trouve une chapelle, annexe de la paroisse de Berzée. En 1243, le doyen du concile de Thuin atteste que l’abbaye d’Aulne n’est pas tenue de fournir les cloches ni à Berzée, ni à Cour.
Inscrit sous le nom de Jambimiel dans les propriétés de l'abbaye de Lobbes en 868-869, Jamioulx fit partie, pendant de nombreux siècles, du territoire de Nalinnes. La paroisse parvint à obtenir son indépendance religieuse le 6 avril 1568, moyennant certaines conditions tournant autour du versement de diverses offrandes régulières à son église d'origine.
À l'instar des autres territoires de la commune, la villa de Marbaix appartenait, au IXe siècle, à l'abbaye de Lobbes. L'histoire de ce village fut ensuite tissée de liens étroits avec celle de Gozée[8].
Dès le IXe siècle, le chapitre de Lobbes avait des possessions à Ham-sur-Heure-Nalinnes. Par la suite, Ham-sur-Heure-Nalinnes est intégrée à la Principauté de Liège et au diocèse de Liège jusqu'à la fin de l'Ancien Régime en 1789. Un château est construit à Ham-sur-Heure dès la fin du XIe siècle. En 1207, Arnould de Morialmé donne le fief de Ham-sur-Heure-Nalinnes au chapitre de Fosse-la-Ville. Du XIIIe au XVe siècle, le village passe sous différentes mains au fil de mariages et héritages[9].
Nalinnes et Ham-sur-Heure vivent à plusieurs reprises les vicissitudes de la guerre. En 1434, le village de Nalinnes est détruit par les troupes de Tristan de Morialmé. En 1583, c'est au tour de Ham-sur-Heure d'être incendié par les pillards brabançons en guerre contre la Principauté de Liège[10].
Le , à une heure du matin, l'Empereur Napoléon, entouré des chasseurs de la Garde impériale, était à Jamioulx-sur-Heure. C’est de Jamioulx qu’il ordonne, à 8 h 30 du matin, au général Reille, commandant du 2e corps d’armée, de franchir la Sambre si possible et, à une ou deux lieues au nord, de se former en ordre de bataille à cheval sur la chaussée de Bruxelles, en envoyant de fortes patrouilles de reconnaissance sur Fleurus. Vers 10 heures, il ordonne au général Drouet d'Erlon, de passer la Sambre à Marchienne et de se former en ordre de bataille sur la route de Mons à Charleroi pour se mettre en mesure de soutenir le 2e corps d’armée[11].
En prélude de la bataille de Waterloo, a lieu le combat de Ham-sur-Heure le entre l'avant-garde de l'armée de Napoléon formée par le corps de cavalerie du général Pajol et l'avant-garde du corps d'armée prussien du général von Ziethen. Une charge de la cavalerie française vient à bout du bataillon prussien défendant le passage à Ham-sur-Heure. Une centaine de Prussiens sont faits prisonniers et von Ziethen juge plus prudent d'évacuer Charleroi[12].
Pendant la Première Guerre mondiale, des batailles s'organisent à l'est et à l'ouest de Ham-sur-Heure, les Allemands sont accueillis par l'artillerie Française. Après l'armistice du , les Australiens s'installent pour un temps à Ham-sur-Heure et dans son château.
En 1977, date de la fusion des communes, Ham-sur-Heure est fusionné avec les autres localités pour former Ham-sur-Heure-Nalinnes.
Faisant suite aux élections de , Adrien Dolimont (MR) devient en décembre 2024 bourgmestre « en titre » empêché, la fonction mayorale est assurée par Olivier Leclercq.
Collège communal : Clémence Binon (MR), Catherine de Longueville (MR), Laurence Roulin-Durieux (MR), Marie-Astrid Attout-Berny (MR), Olivier Dandois (Les Engagés), Pierre Guadagnin (MR).
Conseil communal (23 sièges) : MR (15 sièges), Les Engagés (5 sièges), Cap communal (3 sièges).
Le château, transformé aux XVe, XVIe, XVIIIe et XIXe siècles, a appartenu de 1487 à 1941 à la famille de Mérode. Il passa ensuite par héritage aux Oultremont, qui le vendirent en 1952 à la commune d'Ham-sur-Heure, où il devint la maison communale[19], avant de devenir celle de l'entité d'Ham-sur-Heure-Nalinnes.
La chapelle Saint-Roch, ancien sanctuaire de la maison des Récollets, construit en 1638[20].
L'ancien château-ferme des Sires de Jamioulx, bâti vers le XVIIIe siècle[21] situé place Communale.
L'ancien château-ferme des Sires de Jamioulx situé au numéros 21 à 33 de la Place communale à Jamioulx.L'église Saint-André de Jamioulx a été construite en 1858 par l'architecte H. Canivet en style néo-roman[22] remplaçant une chapelle dédiée à Saint-André qui dépendait auparavant de Nalinnes[23].
La ferme du Vivier, ancienne propriété de l'abbaye de Lobbes, construite au XVIe siècle[24].
L'église Saint-Christophe, cette église, construite en 1894, abrite un chemin de croix en cuivre repoussé provenant des ateliers d'art de l'abbaye de Maredsous, ainsi qu'un autel reposant sur quatre colonnes en marbre noir[25].
Le kiosque de Nalinnes.Le château de la Pasture. En 1661, il fut acquis par le chevalier Leratz, seigneur de Lanthenée et de Saint-Pierre Broigne, deux domaines situés dans la commune de Gerpinnes. Plus tard, en 1756, la propriété passa au chevalier Jean Leratz, seigneur de Surville, de Lanthenée et de Saint-Pierre-Broigne, qui résidait alors à la cour des ducs des Deux-Ponts, princes palatins. Ce vaste château, accompagné d’une grande ferme, est entouré d’un grand parc protégé par des murailles et des feuillages, avec ses bâtiments et sa tour au cœur de cet écrin de verdure[25].
L'église Notre-Dame de la Visitation. La partie la plus ancienne de l'édifice date du XIe siècle. Elle a subi de nombreuses transformations et rénovations au fil des siècles. La construction fut fortement endommagée lors du raid de l'armée allemande du 16 mai 1940. Elle fut reconstruite de novembre 1953 à mars 1955.
Institut d'Enseignement Secondaire Spécialisé « Les Bruyères » : école spécialisée adaptée aux élèves ayant des problèmes d'apprentissage et proposant trois cours de pratique : menuiserie, horticulture et électricité dans un cadre verdoyant. Cette école se trouve à Jamioulx.
Des carrières et des fours à chaux ont dans le passé été en activité à Jamioulx et Cour-sur-Heure[30].
Ham-sur-Heure-Nalinnes est une commune à dominante agricole. En 2023, 57% des surfaces sont destinées à l'activité agricole et 20% sont boisées[31].
Depuis 1975, Jamioulx est le lieu d'implentation du centre pénitentiaire de la région de Charleroi. Cette prison compte théoriquement 268 places réparties en 9 sections qui se répartissent en 151 cellules individuelles, 13 cellules quatuor, 6 cellules de 8 personnes et 16 places en annexe psychiatrique, mais le nombre de détenus incarcérés dépasse actuellement 400 personnes[32].
Nalinnes-Bultia est bordé par la Nationale 5, axe important de circulation au sud de Charleroi. Il présente un centre commercial accueillant plus de 90 commerces. De l'autre côté de cette artère, se trouve le centre commercial « Bultia Village » qui accueille 12 boutiques[33].
La réserve naturelle domaniale de la Praie, Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB), a été créée en 2001 au nord du village de Cour-sur-Heure, dans la plaine alluviale de l'Eau d'Heure. Elle occupe 6 ha. Elle présente un versant concave assez redressé où pointent des affleurements rocheux. Sur ce versant de prairies alluviales, on y trouve la reine des prés, des plantes de prairies humides, des roselières basses et un bosquet à saule fragile assez rare au niveau régional[34].
La réserve naturelle domaniale de Jamioulx, Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB), en amont du village de Jamioulx occupe une superficie d'environ 8 ha le long de la ligne de chemin de fer Charleroi-Couvin et de l'Eau d'Heure. Le site comprend une zone humide, un versant boisé et une carrière de calcaires viséens qui n'est plus en activité depuis les années 1950, ainsi que des fours à chaux[35].
Le village de Nalinnes était autrefois desservi par les tramways vicinaux via la ligne 50 ; il en subsiste un dépôt aujourd'hui exploité par les TEC. La commune est traversée par les lignes : 19[36], 52[37], 99b[38], 170[39], 192[40].
Nalinnes-Bultia est bordé par la Nationale 5, axe important de circulation au sud de Charleroi qui relie cette ville avec l'Entre-Sambre-et-Meuse et la région Grand-Est en France.
En 2017, le conseil communal a demandé à la « Brasserie de Silenrieux » de brasser « La Bourloyate » à l'occasion de la fête du patrimoine. Le nom de la bière est un mot-valise du surnom des habitants de Ham-sur-Heure, les «Bourkîs» et de Nalinnes «Marloyat(e)».
↑Jean Germain, Guide des gentilés : les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
↑« Présentation », sur Ham-sur-Heure-Nalinnes (consulté le )
↑Ph Le Bas, France - Dictionnaire encyclopédique, Paris, Firmin Didot Frères, (lire en ligne), p. 309
↑Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 1 : Communes wallonnes A-L, Bruxelles, Dexia, , p. 402
↑F.D., « Un kiosque immuable depuis 1907 », L'avenir,
↑Patrick Lemaire, « Quinze marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse admises au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco », L'Avenir (Belgique), (lire en ligne).
↑La Nouvelle Gazette, 2 avril 1979 Après le tarmac, une unité de fabrication de chaux à Cour-sur-Heure ?
Marc Belvaux, Les Glymes de Cour-sur-Heure, sont-ils réellement des Glymes. Essai de réponse et généalogie de cette famille, Le Parchemin, 2004, no 353, pp 329-354
Roger Foulon, La Thudinie, Mons, Imprimerie Provinciale du Hainaut, , 102 p.
Raymond Lebrun, Nalinnes en cartes postales anciennes, Zaltbommel, Bibliothèque Européenne, , 38 p.
Raymond Lebrun, Nalinnes Village bien-aimé, Nalinnes,
Philippe Lejeune, Ham-sur-Heure en cartes postales anciennes, Zaltbommel, Bibliothèque Européenne, , 38 p.
Philippe Lejeune, Ham-sur-Heure-Nalinnes, Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN2-84253-356-9)
Philippe Lejeune, Ham-sur-Heure, t. II : Château et Village, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN2-84253-381-X)
Bernard Lejeune, Nalinnes : Mémoire en images cent ans de cartes postales, Nalinnes, Syndicat d'Initiative de Nalinnes, , 176 p.
Bernard Lejeune, Le tram vicinal Charleroi-Marcinelle-Nalinnes : 1901-1968, Rail memories, , 96 p. (ISBN2-9599784-0-4)
Bernard Lejeune, Nalinnes à l'aune des ans, Syndicat d'Initiative de Nalinnes, , 288 p.
André Lépine, « La ligne 132 en cartes postales anciennes », Cahier du Musée de Cerfontaine n° 500, 120 vues, no 500,
L. Soudan, Les curés de Cour-sur-Heure, Bulletin SPRA Charleroi, 1952, pp 33-42.
L. Soudan, La terre et seigneurie franche de Cour-sur-Heure, Bulletin SRPA Charleroi, 1958, pp. 26-43.
Abbé Auguste Soupart, Notes historiques sur la paroisse N-D, de Nalinnes, au diocèse de Liège, Cahier du Musée de Cerfontaine n° 422, 1979, 97 pages.
Abbé Auguste Soupart, Ham-sur-Heure - Nalinnes — Les seigneurs (945-1795) (Maison de Florennes 977-1075; Morialmé 1075-1256; Condé 1256-1413; Enghien 1441-1487; Merode 1487-1795), Cahier du Musée de Cerfontaine n° 338, 76 pages, 1982.