Eugène Voisin

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Eugène Voisin (1834-1914), tapissier décorateur, maire de Joinville-le-Pont de 1888 à 1912.

Maire de Joinville-le-Pont[modifier | modifier le code]

Eugène Voisin (1834-1914), buste apposé en mairie de Joinville-le-Pont

Eugène Voisin est né le 4 juillet 1834 à Créteil commune alors dans le département de la Seine et aujourd’hui située dans le Val-de-Marne, Eugène Voisin est le fils d’un marchand de vins de Créteil[1]. Il exerçait la profession de tapissier décorateur et avait également une activité d’horticulteur[2].

Eugène Voisin siège pendant 45 ans sans interruption au conseil municipal de Joinville-le-Pont de 1867 à 1912. La commune est alors dans le département de la Seine, aujourd'hui dans celui du Val-de-Marne.

Il devient conseiller municipal pour la première fois sous le Second empire en 1867[3].

Il est élu lors des élections municipales du 25 septembre 1870, convoquées tout de suite après la proclamation de la troisième République et avant celle de l’assemblée constituante. Du 30 novembre au 2 décembre 1870, des combats ont lieu à Champigny-sur-Marne et Joinville entre les troupes françaises et allemande (la bataille de Champigny). La municipalité s’était repliée à Paris avec le maire, Louis Ferdinand Rousseau.

Eugène Voisin est réélu le 26 mars 1871, lors du scrutin organisé pendant la Commune de Paris, puis en 1874, toujours avec Louis-Ferdinand Rousseau comme maire. Il devient 1er adjoint du nouveau maire, Gabriel Pinson, en 1878 puis le reste après les réélections de celui-ci en 1881, 1884 et 1888. Gabriel Pinson meurt en fonction le 20 juin 1888, et Eugène Voisin lui succède en tant que maire en août 1888 après l’élection partielle qui suit le décès.

Eugène Voisin est réélu maire en 1896, en 1900, en 1904 et en 1908. Il cède son poste en 1912 à Achille-Ernest Mermet.

Pendant son mandat, il aura comme adjoints N. Chéret (de 1888 à 1890), H. Jullien (de 1888 à 1908), F. Couppé (de 1890 à 1904), P. Villain (de 1904 à 1912) et Georges-Emile Briolay (1863 – 1940), tapissier, futur maire de Joinville-le-Pont en 1929, qui fut second adjoint lors de son dernier mandat de 1908 à 1912[4].

Eugène Voisin meurt le 18 juillet 1914 à Joinville. Une rue de la commune et une école primaire portent son nom.

Une ville en forte croissance[modifier | modifier le code]

Joinville-le-Pont passe de 3 800 habitants en 1886 à 8 350 en 1911.

Le quartier de Polangis poursuit son développement, et une école y est construite en 1894. Le groupe scolaire accueille 491 enfants en 1905[5]. Le château de Polangis, qui occupait le centre de l’ancien lotissement, est démoli en 1902.

Le quartier Palissy se construit à partir de 1881 sur la rive gauche de la Marne.

Cependant, le développement des constructions stoppe à la fin du mandat d’Eugène Voisin. Lors des grandes inondations de la Seine et de ses affluents en janvier 1910, la Marne se réinstalle dans son ancienne plaine alluviale et une grande partie de la commune est inondée, notamment le quartier de Polangis.

Les Guinguettes[modifier | modifier le code]

Après l’ouverture de la ligne de chemin de fer de La Bastille, en 1859, les parisiens prennent l’habitude de fréquenter les bords de Marne le dimanche et de nombreux établissements se développent à la fin du XIXe siècle, mêlant restauration, musique et danse. On leur donne le nom de Guinguettes[5]. Elles sont fréquentées également par des peintres et des écrivains.

Joinville est renommée par ses baignades, notamment celle du Banc de Sable. À partir de 1909, un bac assure le passage entre Nogent-sur-Marne et Joinville.

La naissance d’une industrie du cinéma[modifier | modifier le code]

En 1901, la Société Anonyme des Plaques, Pellicules et Papiers photographiques, fondée par Joseph Jougla et précédemment installée à Nogent-sur-Marne puis au Perreux-sur-Marne, s’installe dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont. Elle fusionne avec les établissements des frères Lumière pour devenir en 1911 l'Union Photographique des Ets Lumière et Jougla réunis.

En 1903, Charles Pathé construit près du Pont de Joinville, une usine de traitement de films cinématographiques. Il traitera notamment ceux de Georges Méliès.

Dans le quartier de Polangis, Joseph et Jules Levinsky, loueurs de meubles pour plusieurs théâtres parisiens, installent, entre 1908 et 1910, un premier studio de cinéma. Ils collaborent avec Charles Pathé et Léon Gaumont[6].

Création de l’école coloniale pratique du Parangon[modifier | modifier le code]

L’école d’enseignement professionnel libre, fondée en 1832 par Louis-Ferdinand Rousseau (1810-1889), ancien maire de Joinville-le-Pont, est transférée en 1857, au Château du Parangon. Après la création en janvier 1900 de jardins coloniaux dans le parc du château, elle est transformée en 1902 en école pratique coloniale. L’école fonctionnera jusqu’en 1914.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Basile Nivelet : Joinville-le-Pont, F. Huby, 1910
  • Georges Bousquié : Voici Joinville, Bleu éditions, 1964
  • Base de données des maires de France, Maires GenWeb
  • Ville de Joinville-le-Pont : Joinville-le-Pont a 150 ans, 1981
  • Michel Riousset : Joinville et ses quartiers de la Marne : 8 siècles d'Histoire, ASEP, s. d.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Base de données des maires de France, Maires GenWeb
  2. Jardins de France, Société nationale d'horticulture de France, 1898
  3. Notice Charles Paquet, Who's who in France, Paris, 1953
  4. Nivelet, B. : Joinville-le-Pont, F. Huby, 1910
  5. a et b Michel Riousset : Joinville et ses quartiers de la Marne : 8 siècles d'Histoire, ASEP, s. d.
  6. Histoire du cinéma à Joinville-le-Pont, Rédigé par René Dennilauler le 28 avril 2006