Charles Buet

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Charles Buet
Charles Buet by Cazals.jpg

Charles Buet
(Portrait par Frédéric-Auguste Cazals).

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Gaston Bois-DupréVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité

Charles Buet, né à Chambéry (Savoie) le et mort à Paris le , est un écrivain et journaliste français.

Il fut l'auteur de romans historiques dont l'action était souvent liée à la Savoie et à ses légendes. Il a écrit des articles sous de nombreux pseudonymes : Gaston Bois-Dupré, Capitaine Némo, Vindex, notamment.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un épicier de Saint-Jean-de-Maurienne, Charles Buet fit ses études au collège de Saint Pierre-d’Albigny avant d'étudier brièvement à la Faculté de Lyon, et de devenir correspondant du Courrier des Alpes et du Journal de la Savoie. En 1867, il fut embauché à L'Univers, journal ultramontain et volontiers polémique dirigé par Louis Veuillot. Il subit également l'influence du philosophe catholique Ernest Hello.

Buet fit un bref séjour à La Réunion, où il collabora au journal catholique local La Malle et, accusé par des périodiques concurrents d'histoires de mœurs, fut à l'origine d'émeutes qui eurent lieu à la fin novembre 1868, à la suite desquelles il dut quitter l'île. Il publia un ouvrage de souvenirs sur ce séjour (Trois mois à l’île Bourbon, Journal d’un étudiant), ainsi que deux livres sur Madagascar, où il n'était jamais allé. Il voyagea également en Égypte où il rencontra sa future femme, également savoyarde et sœur des explorateurs Ambroise et Jules Poncet. À partir de 1869, il publia de nombreux romans à prétentions morales, des romans historiques, des contes, et fit jouer en 1881 une pièce de théâtre, Le Prêtre, au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Profondément catholiques et conservateurs, ses ouvrages sont aujourd'hui souvent oubliés.

Un salon littéraire[modifier | modifier le code]

À Paris, il fréquentait le café Banier, célèbre café littéraire installé alors rue des Saints-Pères et il tenait un salon littéraire avenue de Breteuil (VIIe arrondissement) où il recevait beaucoup d'écrivains catholiques, volontiers polémistes, qui exerçaient sur lui une influence sensible dans ses articles. S'y réunissaient Jules Barbey d'Aurevilly, Léon Bloy (avec qui il se fâcha en 1892 à propos de la tombe de Barbey d'Aurevilly), François Coppée, Joris-Karl Huysmans, Jean Lorrain, Laurent Tailhade, Jean Moréas, l'occultiste Stanislas de Guaïta, la cantatrice sur le retour Roselia Rousseil, mais aussi toute une bohème que ses inclinations politiques portaient davantage vers l'anarchisme, comme Félix Fénéon, Paul et Victor Margueritte ou Oscar Méténier. Sarah Bernhardt y était reçue et Gustave Guiches y a "fait ses classes" d'apprentissage de la vie parisienne.

Huysmans, qui a pris Buet comme modèle de M. Chantelouve dans Là-Bas, évoque cette foule hétéroclite et bigarrée : « Le plus bizarre ramas de gens : des cuistres de sacristie et des poètes de caboulots, des journalistes et des acteurs, des partisans de la cause Naundorff et des placiers en sciences louches... Chantelouve était cordial, d'esprit grassouillet, d'entrain pressant. Il inquiétait bien un peu les analystes par son regard de bagne qui passait quelquefois sous les verres fumés de son binocle. » Quant à Jean Lorrain, il écrivait à Oscar Méténier au sujet de Buet : « Il est trop laid, trop bas d'instinct, trop sacristain de petite église... Il est vicieux avec gloutonnerie par égoïsme et cochonaillant. »

Retour en province[modifier | modifier le code]

Des difficultés financières le contraignirent à quitter Paris pour retourner en Savoie, à Thonon-les-Bains. Il écrivit des romans historiques non dénués d'invention qui eurent un certain succès. Il fut accepté par les sociétés savantes locales comme historien savoyard et devint membre de l’Académie de Savoie en 1882[1], vice-président de l’Académie chablaisienne.

En 1894, il retourna à Paris où il mourut, en 1897, à l’âge de 51 ans, quatre mois après son épouse.

Livres[modifier | modifier le code]

  • Les Ducs de Savoie (1878) (réédition 2007), éd. La Grande Fontaine. Chroniques.
  • Un moderne gothique: T. Lybaert, 1902
  • Les Congrégations et leurs détracteurs, 1901
  • Figure de prêtre, scènes de la vie cléricale , 1900
  • Un brave ! , : drame en un acte, 1900
  • Barbey d'Aurevilly : impressions et souvenirs, 1891
  • La Jeanne des hosties, 1887
  • Les Savoyards au cœur de l'Afrique.., 1887
  • Les premiers explorateurs français du Soudan équatorial : Alexandre Vaudey, Ambroise et Jules Poncet, 1887
  • Médaillons et camées, 1885 (poésie)
  • Six mois à Madagascar, 1884
  • Les Mensonges de l'histoire : Louis XI et l'unité française : les Guise et Coligny - Les derniers jours de Coligny : Étienne Marcel et le dauphin Charles : l’ouvrier du temps jadis , 1884
  • Le Prêtre, pièce en 5 actes et 6 tableaux, tirée du drame de Charles Buet, 1883
  • Madagascar, la reine des îles africaines, 1883
  • La dime : la corvée et le joug, 1882
  • L'amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle, 1882
  • Les chevaliers de la Croix-Blanche, 1880
  • Les ducs de Savoie aux XVe et XVIe siècles, 1878
  • La Papesse Jeanne : réponse à M. Emmanuel Rhoïdis , 1878 (étude historique)
  • À Bord du "Mariotis", notes d'un voyageur, 1874

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Membres de droit (de l'Académie) », sur http://www.academiesavoie.org, R. Deloince, 2007 (consulté le 7 mars 2010).

Liens externes[modifier | modifier le code]