Amédée VIII de Savoie

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Amédée VIII de Savoie
Portait d’Amédée VIII (Collection Reggia di Venaria Reale, XVIIIe siècle)
Portait d’Amédée VIII (Collection Reggia di Venaria Reale, XVIIIe siècle)
Titre
Comte puis duc de Savoie
Prédécesseur Amédée VII
Successeur Louis Ier
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Date de naissance
Lieu de naissance Château de Chambéry (Savoie)
Date de décès (à 67 ans)
Lieu de décès Château de Ripaille (Savoie)
Sépulture Prieuré de Ripailles, puis transfert Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin
Père Amédée VII de Savoie
Mère Bonne de Berry
Conjoint Marie de Bourgogne
Enfants Marguerite
Antoine
Antoine
Marie
Amédée
Louis
Bonne
Philippe
Marguerite

Amédée VIII de Savoie
Félix V
Image illustrative de l'article Amédée VIII de Savoie
Antipape Félix V, le dernier antipape historiquement reconnu.
Biographie
Naissance
Chambéry
Décès
Genève
Antipape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Intronisation
Fin du pontificat
Autre(s) pape(s) Eugène IV
Nicolas V
Évêque de l’Église catholique
Évêque de Genève
Précédent François de Meez Pierre de Savoie Suivant

Blason

Amédée VIII, dit « le Pacifique », né au château de Chambéry, le , et mort au château de Ripaille, le , est comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne (1391-1416), puis duc de Savoie (1416-1440), et antipape sous le nom de Félix V (1439-1449). Il est le fils d’Amédée VII le comte Rouge et de Bonne de Berry.

Amédée VIII fut le plus sédentaire des souverains de la maison de Savoie et parvint à ce que jamais sous son règne il n'y eut de combat en Savoie, en plein cœur de la guerre de cent ans, et alors que ses ancêtres étaient plutôt belliqueux. Cependant, il employa aussi la force à plusieurs reprises, ayant même créé en tant que duc une armée de vingt mille hommes, très souvent sollicitée. Ces soldats sont répartis en différents corps auxiliaires, que le duc envoie selon ses besoins en France, en Suisse, en Italie, en Allemagne, et même jusqu'en Orient. Mais cette grande puissance militaire ne lui a pas servi d'instrument de conquête. C'était un soutien à son activité diplomatique, qui fut particulièrement intense. Ses ambassadeurs et courriers sillonnaient pour lui toute l'Europe, de Londres à Budapest, Prague, Paris, Francfort, Naples…

Il est considéré comme l’un des principaux fondateurs des États de Savoie, grâce à l’érection du comté en duché le par l'empereur Sigismond en visite à Chambéry. Cette érection s'explique avant tout par l'aide apportée par la diplomatie de Savoie à l'empereur germanique pour résoudre le Grand Schisme d'Occident. Elle s'explique cependant aussi par l’acquisition par les États de Savoie du puissant comté indépendant de Genève en 1401 (sans Genève, possession de l'évêque, mais avec Annecy, capitale politique et économique du comté). Amédée a su profiter de la mort du dernier comte de Genève, en 1394, et des intérêts politiques de l'héritier légal du comté, récent gouverneur de Nice, et à l'époque en disgrâce auprès de la Savoie, Odon de Villars. Ce dernier a en effet vendu le Genevois à la Savoie et son retour en grâce. Sous le règne d'Amédée, la Savoie a aussi bénéficié du retour de la principauté du Piémont, en 1418. Elle était jusqu'ici possédée en apanage par la branche cadette de Savoie-Piémont, et quand la descendance mâle de cette branche s'est éteinte, le Piémont est revenu dans le domaine personnel du comte de Savoie.

En 1434, la convergence de plusieurs situations, échecs politiques, malheurs qui frappent sa famille, notamment la mort de sa femme quelques années auparavant, ainsi que sa foi, l'amène à prendre sa retraite à Ripaille. Cinq ans plus tard, il apprend que le Concile de Bâle l'a élu pape. Malgré beaucoup d'hésitation, il accepte la charge et prend le nom de Félix V. Il s'engage à réformer l'Église, cependant l'ancien pape Eugène IV n'a pas démissionné et s'évertue à saper l'action de Félix V. Afin d'éviter le prolongement de ce schisme, Félix V démissionne laissant au nouveau pape Nicolas V la primauté et se retire dans ses terres de Savoie.

Ces différentes raisons font qu'Amédée de Savoie est vite surnommé le « Pacifique », comme son aïeul le comte Aymon (1329–1343). Æneas Sylvius Piccolomini, qui fut son secrétaire et le futur pape Pie II, le qualifie même de « Nouveau Salomon » ou « Salomon de son siècle »[1],[2], un arbitre « [manifestant] la vaine et habile sagesse de ce monde »[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse d'un prince devenu très tôt comte[modifier | modifier le code]

Une éducation princière[modifier | modifier le code]

Amédée naît le au château de Chambéry[4],[5]. Il est l'aîné du comte de Savoie Amédée VII et Bonne de Berry[6],[7], dite « Madame la Jeune »[8]. Celle-ci est la fille de Jean de France, duc de Berry, et également la nièce du roi de France Charles V[DHS 1]. Deux sœurs naissent quelques années après, Bonne (1388 † 1432) et Jeanne (1392 † 1460)[6]. Il a également une demi-frère, Humbert (né vers 1377), dit le « Bâtard de Savoie », et une demi-sœur Jeanne (ou Jeannette), nés d'une liaison adultérine de son père[9],[DHS 2].

Il passe son enfance au château de Ripaille, où sa grand-mère, Bonne de Bourbon, surnommée « Madame la Grande »[8], fait aménager une résidence[4]. Une petite cour se développe autour de l'ancienne comtesse consort, en même temps que le château accueille son père pour de grandes chasses[4]. Sa grand-mère se trouverait à l'origine de son goût pour la musique, tandis que sa mère, l'initie aux manuscrits[4]. Le jeune prince reçoit une éducation due à son rang, notamment sous la direction du prévôt de Lausanne, Jean de Bettens[4],[10].

Son père Amédée VII chute de cheval dans les environs de Ripaille et meurt des suites de ses blessures le jour des Morts de l'année 1391[6],[8], mal soigné le bruit court qu'il aurait été empoisonné[11]. On dénonce l'incompétence de son médecin Jean de Granville et de son apothicaire Pierre de Lompnes[12]. Le jeune Amédée devient comte alors qu'il n'a que huit ans[13]. Dans le même temps, des soupçons se font à l'encontre de Bonne de Bourbon et de son entourage par les proches de la comtesse Bonne de Berry[8].

Un début de régence difficile[modifier | modifier le code]

Le testament du comte Amédée VII désigne comme tuteur de son fils, sa propre mère, Bonne de Bourbon, tout comme l'avait fait son père[8]. Face aux suspicions d'empoisonnement, une véritable crise touche la régence pour les sept années à venir[8]. Les deux femmes s'opposent[8],[DHS 1],[14]. Auxquelles s'ajoutent les partisans, mais aussi les familles Berry et Bourbon, les membres de la famille non mentionnés dans le testament[8]. Le duc de Bourbon fait même appel au roi de France, Charles VI[8]. Les anciens conseillers comtaux, Louis de Cossonay et Othon III de Grandson[DHS 3], sont soupçonnés d'avoir joué un rôle dans l'empoisonnement du comte Amédée VII[8],[15].

Le , un compromis est trouvé en faisant respecter le testament, mais en mettant en place un conseil comtal composé de membres du parti de Bonne de Berry[8]. Le duc de Bourgogne Philippe, dit le Hardi profite de l'accord pour proposer sa fille en mariage[8].

Portrait d'homme de profil vers la gauche, coiffé d'une toque
Portrait du duc de Bourgogne Philippe II le Hardi. École française, fin du XVIe siècle, musée des beaux-arts de Dijon.

Amédée, alors âgé de dix ans, épouse le [Note 1], jour de la saint Michel[18],[19],[20] à Chalon, Marie de Bourgogne, la fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et de Marguerite III de Flandre, qui n'a que sept ans. Elle ne se rend auprès du comte que lorsqu'elle obtient ses 18 ans[19]. Toutefois, il semble que le comte lui rendait de nombreuses visites[19].

Vers l'émancipation[modifier | modifier le code]

Lors du mariage, le duc de Bourgogne élève au rand de chevalier Amédée[8]. Cette action permet d'émanciper le jeune prince de la tutelle des deux comtesses, mais par contre de rentrer lui-même dans le jeu politique de la Savoie[8]. Bonne de Berry se remarie dès décembre avec Bernard VII d'Armagnac[8]. Madame la Grande est convoquée à Lyon, en mai 1395, par les ducs de Berry, Bourbon et d'Orléans qui lui intime de ne plus s'immiscer dans les affaires politiques de la Savoie[8].

Le conseil comtal est constitué, suite à l'ordonnance du des ducs de Bourgogne et de Bourbon, par Odde de Villars, qui s'occupe du gouvernement du comte, Aimon d'Aspremont, qui obtient la garde du jeune prince, le seigneur de Montjovet, Girard de Thury, ainsi que le le chancelier Jean de Conflans[14]. Ce n'est qu'en 1398 que la période de régence prend fin, et que le jeune Amédée commence son règne personnel. Bien qu'ils aient quitté la régence, sa grand-mère et son beau-père conservent une influence importante sur lui. Longtemps après la mort de Philippe II, quand Philippe III devint duc de Bourgogne, Amédée fait passer huit cent de ses soldats (sous le commandement du sire de Salenove) au service de la Bourgogne, et il saisit toutes les occasions de réconcilier le duc de Bourgogne avec le roi de France.

Comte de Savoie[modifier | modifier le code]

L'action diplomatique[modifier | modifier le code]

En 1410, il envisage un pèlerinage à Jérusalem mais y renonce finalement, alors que deux galères sont affrétées. En effet, des émeutes agitent alors Paris, à la suite de l'opposition entre les partis ennemis, Armagnacs (auquel appartient le duc de Berry, oncle maternel d'Amédée) et Bourguignons (dirigés par le duc de Bourgogne, beau-frère d'Amédée). Le comte de Savoie préfère se rendre avec ses soldats dans son hôtel de Gentilly, au sud de Paris, et participe à la signature du traité de Bicêtre, qui ramène temporairement le calme dans la ville et en France.

En 1435, alors que le duc Philippe III de Bourgogne cherche à prendre ses distances avec ses alliés anglais, Amédée, son oncle, sert de médiateur entre Français, Anglais et Bourguignons, dans une conférence à laquelle participent quasiment tous les royaumes concernés par la guerre de Cent Ans (France et Angleterre, mais aussi Aragon, Castille, Portugal, Écosse, et même des pays d'Europe centrale et orientale, comme le Saint Empire romain germanique et la Pologne). Le traité d'Arras est signé à la suite de cette conférence, et marque un tournant dans la guerre, en isolant les Anglais et en mettant fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

Les croisades[modifier | modifier le code]

En 1396, la chevalerie occidentale est appelée à la croisade par le pape Boniface IX, pour combattre contre les Turcs désormais installés dans les Balkans. L'obédience de la Savoie ne va pas à Boniface IX (voir le Grand Schisme d'Occident). Le comté de Savoie participe toutefois par l'envoi de soixante-dix chevaliers[21], dont le demi-frère du comte, Humbert[DHS 2]. Ils accompagnent de nombreux Français, surtout originaires de Bourgogne, et sont vaincus lors du désastre de Nicopolis, (Nicopolis se trouve aujourd'hui en Bulgarie), où les croisés furent vaincus par le sultan Bayezid Ier[22]. De nombreux chevaliers sont faits prisonniers, la Chronique du religieux de Saint-Denys indique « de ce nombre étaient un illustre comte hongrois et un bâtard du feu comte de Savoie »[23]. Le comte paye la rançon le le , Humbert rentre durant l'hiver[22].

Particulièrement pieux, Amédée VIII, peu de temps après son accession au titre ducal en 1416, émet le souhait de se rendre à Jérusalem sur le tombeau du Christ. Toutefois, les vicissitudes d'une existence tumultueuse, déchiré entre l'exercice du pouvoir et l'aspiration au recueillement divin, l'empêcheront de mener à bien ce projet.

En 1426, le sultan d’Égypte Jaqmaq, avec l'accord du sultan ottoman, décide d'envahir l'île de Chypre et base de repli de tous les pirates chrétiens de la Méditerranée orientale. Le roi de Chypre, Janus, fait appel au duc Amédée qui lui envoie son chambellan, Jehan de Compey, seigneur de Thorens[24] et François de la Palu, seigneur de Varembon, à la tête d'une petite armée[25],[26]. L'armée chrétienne (Chypre, Petite Arménie, Rhodes, Savoie) est vaincue à la bataille de Chérodie (Choirokoitia)[27]. Le roi capturé doit sa rançon au duc[25].

Entre 1426 et 1430, le duc et ses armées sont régulièrement appelés pour défendre la foi chrétienne[28]. Ainsi en 1426, une armée savoyarde se joint aux troupes rassemblées par le pape Martin V et l'empereur Sigismond en vue de combattre les hérétiques hussites. Cette armée, composée de quelques milliers de chevaliers mais surtout d'une majorité de paysans inexpérimentés, retraite sur la Saxe quand les chevaliers sont vaincus à Aussig-sur-Elbe.

Le voisinage avec les Suisses[modifier | modifier le code]

Depuis quelque temps, la ville de Berne gagne en puissance. En 1401, elle signe un traité de combourgeoisie avec sa voisine, la ville de Gessenay ou Saanen, dans le comté de Gruyère, dont les seigneurs sont vassaux de la maison de Savoie[DHS 4]. Gessenay par cet accord rompt cette alliance. Amédée ordonne alors à ses soldats d'aller châtier les habitants de Gessenay. Ces derniers font appel aux gens de Berne, qui prennent les armes. La guerre est sur le point d'éclater, quand l'évêque de Lausanne convainc Amédée de rappeler ses troupes et de laisser Gessenay et Berne s'allier. Amédée comprend l'avantage qu'il y a à être l'allié de Berne : il autorise la combourgeoisie entre les deux villes si elles s'allient toutes les deux avec lui, et la crise s'éteint[réf. nécessaire]. La même année, le , Odon de Villars lui vend pour 45 000 livres d'or[29] le comté de Genève[DHS 5],[30]. Cet obtention n'est définitivement réglée qu'en 1410, à la suite de contestations de cette vente[DHS 5],[30].

En 1406, la guerre éclate entre les confédérés des cantons d'Uri et d'Unterwald et leur voisin milanais. Les Suisses envahissent une vallée milanaise, et plutôt que de défendre sa frontière contre eux, le duc de Milan vend à Amédée la vallée voisine d'Ossola, sur laquelle la Savoie a des prétentions, et nécessaire aux confédérés pour envahir Milan. L'empereur reconnaît l'acquisition de cette possession en 1412[31]. Les Suisses perdent alors l'envie de faire la guerre, et rentrent chez eux, laissant à Amédée les terres qu'ils ont envahies, en plus de celles qu'il avait déjà reçues de Milan. Il n'a pourtant pas vraiment pris les armes, mais sa puissance est connue, d'autant plus qu'il peut compter sur l'aide des cantons de Berne et de Fribourg.

En 1417, des troubles opposent les montagnards du Haut-Valais et l'évêque de Sion. L'évêque fait appel à Amédée, mais la situation dégénère. Amédée s'allie alors formellement avec Milan et envoie ses troupes, tandis que Milan envoie les siennes. Les confédérés, de leur côté, soutiennent les Haut-Valaisans et remportent les premiers succès. Mais quand Berne parvient à triompher de l'Autriche, elle se joint à la guerre aux côtés de Sion et de la Savoie. Les Haut-Valaisans sont écrasés, et les autres cantons acceptent de négocier. Amédée fait signer à tous les belligérants la paix d'Évian du [32].

L'alliance militaire bourguignonne[modifier | modifier le code]

L'alliance contractée par Amédée avec la Bourgogne l'engage dans la guerre que le duc Jean Sans Peur fait contre les révoltés de la province de Liège. Ces révoltés avaient pris les armes en grand nombre, et en 1408 le duc de Bourgogne lui-même part attaquer les révoltés aux portes de Liège. À la bataille de Hashain, la Bourgogne et la Savoie laissèrent plus de vingt mille Liégeois morts sur le champ de bataille. Le capitaine du corps savoyard, Amédée de Viry, se comporta ce jour-là si bien que le duc de Bourgogne décida de l'employer directement, lui et tous ses soldats.

En 1412, Amédée et Jean de Bourgogne rassemblent à nouveau leurs soldats. Cette fois le dauphin de France envoie l'armée royale les soutenir contre leurs ennemis. Le parti des Armagnacs a en effet noué une alliance avec le roi Henri IV d’Angleterre pour affaiblir le parti des Bourguignons. L’Angleterre étant l'ennemi héréditaire, ses alliés sont automatiquement des ennemis de la France, et le vieux duc de Berry est donc assiégé dans sa ville de Bourges, jusque qu'à ce qu'Amédée convainque le dauphin que le duc de Bourgogne ne cherche qu'à affaiblir ses ennemis personnels en menant cette guerre, et que le bien du royaume demande de réintégrer les Armagnacs.

En 1430, Philippe III de Bourgogne et son allié Amédée font traverser le Rhône à leurs troupes et envahissent le Dauphiné avec leurs troupes. Bien qu'ils puissent compter sur les garnisons du prince d'Orange dans divers châteaux du Dauphiné, leur méconnaissance du pays les fait tomber à Anthon dans l'embuscade tendue par les troupes françaises, qui ont recruté pour l'occasion Rodrigue de Villandrando, un chef mercenaire surnommé l'empereur des brigands. Les Orangistes sont massacrés, et des dizaines de chevaliers bourguignons et savoyards sont fait prisonniers. Les ducs ne sont pas présents physiquement et le prince d'Orange, vicaire de l'empereur en Bourgogne, ancien capitaine de la reine de France Isabeau de Bavière, et membre éminent du parti des Bourguignons, parvient à fuir les Dauphinois en franchissant le Rhône.

En 1431, Antoine de Vaudémont, candidat malheureux à la couronne de Lorraine, envahit avec ses troupes les terres qu'il revendique. Il est soutenu par les troupes de Philippe de Bourgogne et par conséquent par celles d'Amédée de Savoie. Les alliés remportent sur le nouveau duc de Lorraine, René d'Anjou, une éclatante victoire à la bataille de Bulgnéville. Si elle ne suffit pas au comte de Vaudémont pour accéder lui-même à la couronne ducale, elle autorise son petit-fils à y accéder, trente ans plus tard. Les capitaines savoyards sont Humbert de Meximieux et François de la Palu.

Les interventions en Italie[modifier | modifier le code]

Déjà du temps du comte précédent, Amédée VII, la Savoie s'est opposée militairement au marquis Théodore II de Montferrat, descendant de l'empereur byzantin Andronic II Paléologue et allié (plus ou moins volontaire) du duc de Milan. En 1396, les troubles reprennent, à cause d'un problème de reconnaissance de frontière entre le Piémont savoyard et le Montferrat, qui est lui indépendant. La compagnie mercenaire du condottiere Facino Cane, au service de Théodore, envahit le Piémont. Louis de Savoie, cousin d'Amédée et héritier du Piémont, prend à sa solde, avec l'aide de la Savoie, des mercenaires français, et parvient à repousser Cane et à s'emparer de plusieurs villes du Montferrat. Ces villes sont laissées au Piémont dans le traité de paix, malgré la médiation des Milanais. Elles passent sous l'autorité directe d'Amédée VIII en 1418, quand Louis, qui est devenu seigneur du Piémont en 1403 et a épousé la sœur d'Amédée la même année, mais n'a pas de fils, lègue dans son testament l'intégralité de ses terres au duc de Savoie.

En 1427, alliée (notamment) à Venise et Florence pour empêcher Milan de contrôler toute l'Italie du Nord, la Savoie rassemble une grande armée (14000 hommes), et menace la capitale adverse. Le duc de Milan, Philippe-Marie Visconti, dont les troupes ont été repoussées par les Vénitiens, décide alors de faire sortir la Savoie de l'alliance formée contre lui, dans l'espoir de pouvoir plus facilement faire la paix ensuite avec les autres. Il accepte de donner des terres à Amédée (la province de Verceil, qui est située à l'exact mi-chemin entre Turin et Milan), et épouse la fille aînée d'Amédée, Marie.

En 1431, à la demande de l'empereur Sigismond et poussé par son nouveau gendre, Philippe-Marie, Amédée VIII envoie son fils aîné Amédée, héritier du duché de Savoie, combattre contre Venise. Venise ne faisait pas partie du Saint-Empire romain germanique, contrairement à Milan et à la Savoie, et l'empereur n'acceptait pas que des terres lui soient enlevées. De plus, Venise se sent assez puissante, grâce à la faiblesse de Milan, pour tenter de s'emparer de l'Italie du Nord. L'armée de l'empereur envahit le Frioul (partie est de la république de Venise), et les Milanais battent les Vénitiens sur le , capturant la quasi-totalité de la flotte vénitienne envoyée sur le fleuve. Les Vénitiens envoient cependant une autre flotte devant le port de Gênes et remportent cette fois la victoire. Le jeune Amédée participa aux combats sur le territoire de la république de Gênes, et il y trouva la mort. Cet événement suffit à ramener la Savoie dans une neutralité scrupuleuse.

En 1432, le marquisat de Montferrat accepte la suzeraineté d'Amédée de Savoie sur ses terres situées au Nord du Pô. C'est encore une des conséquences de la guerre entre Milan et Venise. Milan, soutenue désormais par l'empereur, et ami de la Savoie, a pu stopper les Vénitiens à l'est, et le condottiere Francesco Sforza a ensuite envahi le Montferrat, allié des Vénitiens. Après avoir perdu la plupart de ses possessions, le marquis Jean Jacques de Montferrat (fils de Théodore II) se décide à demander l'aide de la Savoie, pour éviter la disparition complète du marquisat. En échange de cette suzeraineté offerte à Amédée, la Savoie intervient auprès des Milanais pour faire cesser le conflit. Milan restitue même au marquis les terres envahies, quand Venise et Milan font la paix à Ferrare l'année suivante.

Gestion du comté puis du duché de Savoie[modifier | modifier le code]

Suite à un incendie en 1404, la chapelle du château de Chambéry est détruite[33]. Quatre ans plus tard, des nouveaux travaux sont lancées pour la construction d'une « Chapelle neuve », dans un style gothique flamboyant[33],[34]. Cette chapelle prendra plus tard le nom de Sainte-Chapelle[33].

Le comte concède à Rolle l'ouverture d'un marché en 1425[35].

En 1430, il cherche à refondre et d'unifier les multiples lois du duché en promulguant les Statuta Sabaudiæ (« Statuts de Savoie ») ou Réformes universelles de Savoie, qui, bien plus qu’une codification administrative et judiciaire, se rapprochent d’une véritable constitution[36],[37].

Le comte et les Juifs[modifier | modifier le code]

La présence des Juifs en Savoie relève de deux facteurs, une principauté prospère et une législation favorable[38]. En effet, les comtes de Savoie ont mis en œuvre dès le XIIe siècle et ce jusqu'au XVe siècle une politique généreuse à l'égard de cette communauté[39], même si la première mention de leur présence sur les terres comtales remonte à 1254[40]. La ville de Chambéry possède, ainsi dès 1302, un cimetière particulier[41]. Les Juifs ont toutefois dans le comté un statut d'étranger[38].

Timoléon Chapperon fait remarquer « Cependant les Princes, qui les faisaient poursuivre lorsqu'ils les trouvaient trop riches [...] & plusieurs de nos comtes et ducs ont eu des Juifs pour médecins en titre avec appointements »[41]. Ainsi Isaac d'Annecy, médecin juif, assiste à la naissance du futur comte Amédée[42].

Avec l'avènement du nouveau comte, la situation des Juifs en Savoie va devenir plus difficile. Amédée est à l'origine d'un « statut des juifs »[43]. Lors de la promulgation de statuts en 1403, les Juifs perdent tous les acquis obtenus précédemment sous le règne d'Amédée VII[44]. Entre 1416 et 1417, il fait confisquer les livres des Juifs pour qu'ils soient examinés par des censeurs chrétiens[45]. Le , les livres sont livrés au buché[41],[45].

Les Statuta Sabaudiæ de 1430 poursuivent les différentes dispositions prises à l'égard des juifs en 1403[44], voire les précises notamment avec la prescription du port d'un signe distinctif[46] ou encore la séparation de boucheries juives des boucheries chrétiennes[44].

La vocation religieuse[modifier | modifier le code]

La retraite[modifier | modifier le code]

En 1434, il se retire au château de Ripaille, en confiant la lieutenance générale du duché à son fils Louis, afin qu'il se forme au gouvernement de l'État. Pour l'accompagner dans cette retraite, Amédée crée l’ordre de Saint-Maurice accompagné de six chevaliers dont : Louis de Chevelu[47]. Les chevaliers étant les seuls à vivre avec lui à Ripaille. Deux jours par semaine les chevaliers s'occupent des affaires de la Savoie, et les cinq autres, ils se consacrent à une vie presque monacale.

Le fils aîné du duc, également prénommé Amédée, très prometteur aux dires des contemporains, était mort en 1431. Le nouvel héritier du duché, Louis, semblait à son père moins doué pour les affaires, et avait besoin d'être formé. Malgré sa retraite, Amédée a encadré son fils dans la direction du duché, en lui adressant régulièrement des consignes. Il n'a réellement quitté le pouvoir que six ans plus tard, lors de son abdication en 1440, à la suite de son élection en tant que pape par le concile de Bâle.

L'antipape Félix V[modifier | modifier le code]

Félix V faisant allégeance à Nicolas V. Miniature issue du manuscrit de Martial d'Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, vers 1484, BNF.

Sous le nom de Félix V, Amédée VIII de Savoie fut antipape au temps du concile de Bâle. Sa mitre est exposée dans le trésor de l'Abbaye de Saint-Maurice d’Agaune.

L'élection de Félix V résulte d'une lutte d’influence entre le pape Eugène IV et les membres du concile de Bâle. Après une série de conflits, Eugène IV décide de transférer le concile de Bâle à Ferrare en 1438. Seule une minorité accepte d’abord cette décision et le concile décide de continuer à siéger à Bâle. Le , s’appuyant de manière erronée sur le décret Haec sancta du concile de Constance, le "concile" resté à Bâle prétend déposer Eugène IV et élit à sa place Amédée VIII de Savoie, alors âgé de 56 ans, sous le nom de Félix V.

L'antipape Félix V est intronisé le dans la cathédrale de Lausanne. Il prend comme secrétaire Enea Silvio Piccolomini, futur pape Pie II, et qui prit rapidement ses distances avec Bâle.

Félix V se soumet en 1449 au successeur d’Eugène IV, le pape Nicolas V. Son renoncement à la tiare est négocié à Lyon, par les ambassadeurs du roi de France Charles VII, du duc de Savoie Louis Ier, de René d'Anjou, roi titulaire de Sicile, du roi d'Angleterre Henri VI, de l'archevêque de Trêves Jacques de Sierck, de l'archevêque de Cologne Dietrich II von Moers (de) et de l'électeur de Saxe Frédéric II.

Félix V met quatre conditions à son abdication :

  • Qu'elle doit avoir lieu dans le cadre d'un concile qu'il convoque.
  • Qu'il puisse rétablir dans leur dignité, par une bulle, tous les ecclésiastiques qui avaient été punis par Eugène IV et Nicolas V parce qu'ils l'avaient soutenu.
  • Qu'il puisse lever, par une bulle, les excommunications qu'il avait fulminées contre des personnes ou des lieux parce qu'elles avaient soutenu Eugène IV et Nicolas V.
  • Qu'il puisse confirmer, par une bulle, tout ce qu'il avait décrété pendant la durée de son pontificat discuté.

Après que ces conditions aient été acceptées et que Nicolas V et le dauphin de Viennois Louis II[Note 2] se soient portés garants de leur exécution, Félix V transfère à Lausanne, le , le Concile de Bâle où il publie les bulles auxquelles il s'était engagé. Il renonce à la tiare le . Les pères du concile y élisent pape Nicolas V, le .

Fin de carrière épiscopale[modifier | modifier le code]

Bien qu'il abdique officiellement en la cathédrale de Lausanne en avril 1449, Amédée reste cardinal et obtient la fonction de légat et vicaire général du Saint-Siège pour le duché de Savoie[43],[48],[49], mais aussi pour une partie du territoire bernois, inclus le diocèse de Lausanne. Ses ambassadeurs présentent son serment d'obéissance au pape à Spolète, le [50]. Administrateur depuis 1444 de l'évêché de Genève, il en devient l'évêque en 1449[43], et nommé au siège suburbicaire de Sainte-Sabine[48],[49].

Doyen du Sacré Collège[51], il se retire dans le prieuré créé par lui à Ripaille[52]. Il est le dernier antipape officiellement reconnu comme tel par l’Église catholique.

Mort et sépulture[modifier | modifier le code]

Amédée meurt le jeudi [5],[53], à Genève[54]. Il est enterré dans le chœur du « prieuré » de Ripaille[5].

Amédée a rédigé son testament le [52], soit entre la date de son élection du 6 novembre et son acceptation le 17 décembre[55]. Le texte contient essentiellement les directives pour ses funérailles[55]. Au-delà des précisions traditionnelles, il indique qu'il souhaite que son cœur soit mis dans le prieuré de Ripaille et que sa dépouille soit placée en l'abbaye d'Hautecombe, qui est devenue la nécropole des Savoie[55] :

« Quant à mon corps, à l'exception du cœur, par son testament, ce même duc désire et ordonne qu'il soit déferré et conduit honorablement au monastère de Hautecombe de l'ordre des Cisterciens dans la chapelle qui se trouve dans l'église anciennement fondée en souvenir de mes prédécesseurs, à savoir dans le sépulcre de mes parents dans lequel il reposera ; que ce corps soit inhumé, que de nombreuses messes soient célébrées, accompagnées d'aumônes et de prières ; où que soit le testateur, que son corps soit enseveli dans ce lieu. »

— Bernard Andenmatten, Agostino Paravicini Bagliani, « Le testament d'Amédée VIII »[56].

Des dons seront faits aux principales abbayes du duché Saint-Maurice d'Agaune, Hautecombe et la chartreuse de Pierre-Châtel[57]. Il gratifie également la Sainte-Chapelle de Chambéry, le prieuré de Ripaille, mais aussi l'ordre des Saints-Maurice qu'il a fondé en 1434[57]. D'autres institutions bénéficient des largesses de l'homme.

Le lendemain de sa mort, « trois cents messes furent célébrées en la cathédrale de Genève »[57]. Le 9, le corps est transporté à Ripaille où la cérémonie est « expédiée en toute hâte » avant la mise en terre du corps dans un cercueil de plomb[57]. On estime que seulement 5 % des distributions prévues ont été réalisées[53].

Lors de l'invasion de la partie nord du duché de Savoie (Chablais et Faucigny) par les Bernois de 1536, son tombeau est détruit[58]. Ses ossements, retrouvés après la profanation de son sépulcre par un habitant d'Évian, furent transportés à Turin[52], en 1576[58].

Les déplacements d'Amédée VIII[modifier | modifier le code]

Il vécut la plus grande partie de sa vie au château de Ripaille près de Thonon-les-Bains. Durant ses 43 ans de règne, en dehors de la Savoie, il ne s'aventura que sept fois sur ses terres du Piémont, en passant par la vallée d'Aoste, mais n'alla jamais plus loin que Turin et Ivrée. Il se rendit sur sa terre de Nice (1420) où il embarqua même jusqu'à Villefranche-sur-Mer, mais il n'allât jamais dans ses terres qu'il considérait trop lointaines de Rome, Milan, Venise et Florence.

Il n'aimait pas la haute montagne avec ses reliefs tourmentés, ses neiges, son dur climat, qu'il considérait comme une antichambre de l'enfer, aussi protégea-t-il particulièrement les hospices du col du Grand-Saint-Bernard et du col du Mont-Cenis qui étaient chargés d'héberger les voyageurs aidés dans leur traversée par les marrons (les guides). Il n'aimait pas beaucoup non plus s'aventurer sur le lac Léman, en 1403, il le traversa avec ses sœurs sur une galère d'apparat mue par 25 rameurs. L'été, par belle journée il acceptait de le traverser en barque pour aller à Morges, à Lausanne ou au château de Chillon, sinon il préférait le contourner par la route en chariot tiré par des mules plus calmes que les chevaux.

Il se rendit plusieurs fois à Dijon, ville de son épouse, mais une fois à Avignon (1395), trois fois à Paris (1398, 1401, 1410) mais il refusa d'y retourner. Il y possédait pourtant un bel hôtel résidentiel et aussi un château à Gentilly où son ancêtre Édouard le Libéral mourut en 1329. Il se rendit aussi une fois à Lyon (1415) en descendant le Rhône en barque depuis Seyssel en compagnie de l'empereur Venceslas. Il séjourne au château de Rumilly en 1419.

En Suisse, il se rendit plusieurs fois à Berne et à Fribourg mais refusa en 1414 de se rendre au Concile de Constance qui devait pourtant mettre fin au Grand schisme. En 1427, il passa l'été au château de Saint-Prex. En 1439, il vécut quelque temps à Bâle.

L'escalier à vis du château de Colombier-sur-Morges abrite son portrait présumé qui le montre coiffé de sa tiare. Ce portrait en médaillon est peint à même le mur, à la détrempe sur chaux, sans doute vers la fin du XVe siècle (restauré à la fin du XXe siècle). Henri de Colombier, l'un de ses intimes les plus proches, était en effet l'arrière grand-père de Jean Donat de Colombier, constructeur du château[59].

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Amédée épouse, à Chalon, le [19] Marie de Bourgogne, fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et de Marguerite III de Flandre, et eut 9 enfants[7]. Les trois aînés n'ont pas survécu, il s'agit d'une fille, Marguerite (Pont d'Ain 13 mai † jeune après août 1405), et de deux garçons Antoine (Chambéry mai 1407 † Chambéry décembre 1407) et Antoine (Le Bourget 30 septembre et † octobre 1408)[60].

La quatrième enfant, Marie naît à Thonon en janvier 1411[60]. Elle épouse en 1427 Philippe Marie Visconti (13921447), duc de Milan[61]. Elle meurt à Verceil [62].

Le quatrième enfant, Amédée, naît le , à Belley, en Bugey[60]. Il est fait en 1424 prince du Piémont[63]. Il meurt le à Casella[réf. souhaitée]. Le cinquième enfant, un nouveau fils, Louis naît à Genève le . Il est nommé comte de Genève en 1427, avant de succéder à son père en 1440[64]. Il est marié en 1433 avec Anne de Lusignan (1419-1462), la fille de Janus de Chypre, roi de Chypre.

Bonne, née le septembre 1415 à Thonon, est fiancée à l'âge de 10 ans (janvier 1426), au duc de Montfort, François Ier de Bretagne[60]. Elle meurt peu de temps après, le à Ripaille[65]. Son corps fut exposé au château avant de rejoindre l'abbaye d'Hautecombe, puis la cathédrale de Genève[65].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur la période[modifier | modifier le code]

Ouvrages, articles sur Amédée VIII[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Bernard Andenmatten, « Félix V » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 10 avril 2006.
  • Bernard Andenmatten, Agostino Paravicini Bagliani, avec la collaboration de Nadia Pollini, Amédée VIII - Félix V, premier duc de Savoie et pape (1383-1451). Actes du colloque international, Ripaille-Lausanne, 23-26 octobre 1990, vol. 103, Bibliothèque historique vaudoise, Lausanne, Fondation Humbert II et Marie José de Savoie, , 523 p. 
  • Marie-José de Belgique, La maison de Savoie : Amédée VIII, le duc qui devint pape, vol. 2, Paris, A. Michel, , volume 1 : 425 p. volume 2 (dédiée plus spécifiquement à Amédée VIII) : 300 p. (ASIN B00CJ720YG) L'Académie de Savoie a organisé une séance le où le professeur Christian Guilleré propose une conférence intitulée « Amédée VIII de Savoie, à travers les travaux historiques de la Reine Marie-José »[53].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'autres années ont pu être avancées pour la date du mariage. Ainsi Samuel Guichenon, dans son Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie (1660), donne dans un premier temps 1393[16] puis quelques pages plus loin le mois de mai 1401[17].
  2. Il est aussi depuis 1445, protecteur du Comtat Venaissin

Dictionnaire historique de la Suisse[modifier | modifier le code]

Articles issus du Dictionnaire historique de la Suisse (DHS)

  1. a et b « Amédée VIII de Savoie » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  2. a et b Bernard Andenmatten, « Savoie, Humbert de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 24 février 2011.
  3. Marc-René Jung, « Grandson, Othon III de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 17 juillet 2007.
  4. Anne-Marie Dubler / LA, « Saanen (bailliage) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 29 mai 2012.
  5. a et b Paul Guichonnet, « de Genève » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 2010.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-José de Belgique, 1962, p. 280, « Eneas Sylvius Piccolomini, le futur pape Pie II, alla jusqu'à lui décerner l'épithète de « Nouveau Salomon » ».
  2. Marie-José de Belgique, 1962, p. 301-303, « puisque Piccolomini le traite de « Nouveau Salomon », reconnaissant chez lui, pour principal souci, outre les intérêts supérieurs de la Savoie, de voir celle-ci servir la cause de la paix en Europe, et contribuer à l’équilibre entre les États, placée comme elle l’est au carrefour de tant de routes ».
  3. Actes du colloque international, Ripaille-Lausanne, 1990, p. 74.
  4. a, b, c, d et e La Savoie de l'an mil à la Réforme, 1984.
  5. a, b et c Ivan Gobry, Dictionnaire des papes, Pygmalion, , 545 p. (ISBN 978-2-75641-107-1, lire en ligne), p. 307-308, « Félix V. AMédée VIII de Savoie (Chambéry, 1383-Genève, 1451). Le dernier antipape (1439-1449) ».
  6. a, b et c APG, p. Amédée VII.
  7. a et b APG, p. Amédée VIII.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p La Savoie de l'an mil à la Réforme, 1984.
  9. Demotz, 2000, p. 170-171.
  10. Marie-José de Belgique, 1962, p. 17.
  11. Juliusz A. Chrościcki, ‎Mark Hengerer, ‎Gérard Sabatier, Les Funérailles princières en Europe, XVIe-XVIIIe siècle, vol. I : Le grand théâtre de la mort, Les Editions de la MSH, coll. « Aulica », , 412 p. (ISBN 978-2-73511-426-9, lire en ligne), p. 220.
  12. Claudius Blanchard (Académie de Savoie), Histoire de l'abbaye d'Hautecombe en Savoie avec pièces justificatives inédites, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Tome 11 (1867), 744 pages, p. 254 (Lire en ligne)
  13. Gavard, 2005, p. 75 (Lire en ligne).
  14. a et b André Corvisier, Les régences en Europe : essai sur les délégations de pouvoirs souverains, Presses universitaires de France, coll. « Histoire », , 314 p. (ISBN 978-2-13052-839-5), p. 210.
  15. Chronique de Savoye, p. 277, « Comment beaucoup de gens, en Savoie, soupçonnèrent messire Othon de Grandson d'être complice de la mort du comte ».
  16. Samuel Guichenon Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie, p. 446 (Lire en ligne)
  17. Samuel Guichenon Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie, p. 498 (Lire en ligne)
  18. François Isler, Le château des ducs de Savoie : 1295-1860, Chambéry, Cléopas, , 238 p. (ISBN 978-2-95224-595-1), p. 48.
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  22. a et b Adrien de Riedmatten, Humbert le Bâtard. Un prince aux marches de la Savoie (1377-1443), t. 35, Lausanne, Cahiers lausannois d'histoire médiévale, (ISBN 2-940110-48-4), p. 10
  23. Louis François Bellaguet, Chronique du Religieux de Saint-Denys contenant le règne de Charles VI, de 1380 à1422, 6 volumes, Paris, 1839-1852, tome 3, p. 49.
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  26. Michèle Brocard, Catherine Marçais, Anne de Chypre, duchesse de Savoie 1418-1462, Éditions Cabédita, coll. « Archives vivantes », , 191 p. (ISBN 978-2-88295-118-2), p. 16.
  27. Claude Petiet, Au temps des chevaliers de Rhodes, Éditeur Fernand Lanore, , 336 p. (ISBN 978-2-85157-192-2, lire en ligne), p. 41.
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  40. Castelnuovo, p. 6, « La société : montagnes, campagnes, villes ».
  41. a, b et c Timoléon Chapperon, Chambéry à la fin du XIVe siècle, Dumoulin, (lire en ligne), p. 196-198.
  42. Dictionnaire biographique des médecins en France au Moyen Âge, vol. 34, t. 1, Librairie Droz, coll. « Hautes études médiévales et modernes », , 421 p. (ISBN 978-2-60004-664-0, lire en ligne), p. 311.
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  55. a, b et c Sache, 2007, p. 229 (Lire en ligne).
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  57. a, b, c et d Sache, 2007, p. 330 (Lire en ligne).
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  60. a, b, c et d Henri de Costa de Beauregard, Souvenirs du règne d'Amédée VIII, premier duc de Savoie : mémoires accompagnés de pièces justificatives et de documents inédits, imprimerie de Puthod fils, , 275 p. (lire en ligne), p. 208.
  61. Agnès Page, Vêtir le Prince: tissus et couleurs à la Cour de Savoie (1427-1447), vol. 8, Université de Lausanne, coll. « Cahiers lausannois d'histoire médiévale », , 228 p., p. 14.
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  63. Bernard Édouard de Mandrot, Charles Samaran, Dépêches des ambassadeurs milanais en France sous Louis XI et François Sforza (1465), vol. 3, Renouard, H. Laurens, successeur, , p. 372, note de bas de page n°3.
  64. Thalia Brero, Les baptêmes princiers : le cérémonial dans les cours de Savoie et de Bourgogne (XVe-XVIe s.), vol. 36 de Cahiers Lausannois d'Histoire Médiévale, Université de Lausanne, Section d'Histoire, , 468 p., p. 36.
  65. a et b Claudius Blanchard (Académie de Savoie), Histoire de l'abbaye d'Hautecombe en Savoie avec pièces justificatives inédites, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Tome 11 (1867), 744 pages, p. 269-270 (Lire en ligne)