Raie manta

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Manta birostris est une espèce de raie manta appelée diable des mers[1], manta géante[1] ou par abus raie manta (c'est un abus car il existe deux ou trois espèces dans le genre Manta). C'est un poisson cartilagineux de la famille des Myliobatidae. Elle doit son nom au mot espagnol Manta signifiant « couverture ». C'est la plus grande des raies — sur plus de 500 espèces[2] —, atteignant jusqu'à neuf mètres d'envergure[3] et trois tonnes[3]. Elle vit dans les eaux tropicales, souvent autour des récifs coralliens. C'est un être paisible et tout à fait inoffensif.

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un poisson cartilagineux rajiforme dont le corps possède deux grandes « ailes », mesurant environ sept mètres, avec une queue courte, ainsi qu'une tête presque plate avec, de chaque côté, deux extrémités appelées cornes céphaliques, évoquant un animal cornu, d'où son nom vernaculaire de « diable des mers ». Les yeux, petits, se trouvent aux côtés bas de chaque extrémité, en opposition à la bouche. L'animal possède, sur la face ventrale, cinq paires d'ouïes. La mâchoire supérieure est édentée, mais l'inférieure possède plusieurs dents dont la fonction exacte est inconnue. Il pourrait s'agir de parties vestigiales.

La raie manta possède une coloration la plupart du temps bleue, mais qui peut être noire ou grise, souvent tachetée de blanc sur certaines parties. La zone ventrale de l'animal est généralement blanche, parfois tachetée de noir. Ces taches permettent leur identification.

Alimentation[modifier | modifier le code]

À Hawaï, bouches béantes, en train de se nourrir de plancton.

La raie manta se nourrit d'animaux planctoniques et de petits animaux nectoniques (petits poissons). Elle creuse le fond sablonneux avec ses cornes céphaliques pour obliger les proies qui s'y dissimulent à sortir. Elle les avale grâce à sa gueule grande ouverte, les cornes céphaliques dirigeant la nourriture vers la bouche. Puis l'eau est filtrée et ressort par les ouïes, les animaux les plus petits étant gardés pour être mangés. Ce comportement alimentaire se retrouve chez le requin-baleine et le requin pèlerin[4],[5].

Comportement[modifier | modifier le code]

La raie manta mène une vie pélagique, mais fréquente aussi les eaux superficielles près des récifs et dans les baies abritées. C'est un animal grégaire, vivant en bandes de quelques individus[6] ou en couples, rarement seul[réf. nécessaire]. On l'observe souvent sauter hors de l'eau pour se débarrasser des rémoras trop collants[7].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La reproduction est sexuée. Ce sont des animaux ovovivipares : l'œuf éclot (ovipare) dans le ventre de la femelle qui donne naissance à un seul petit[2] d'environ 1,4 mètre[2] tous les deux ans[8]. Personne n'a jamais assisté à la naissance d'une raie manta.

La maturité sexuelle est de cinq ans. Les adultes se reproduisent de décembre à avril à moins d’un mètre de la surface. Pour se reproduire, après une parade amoureuse de vingt à trente minutes pendant laquelle le mâle nage près de la femelle, la raie manta s’accouple abdomen contre abdomen. La fécondation est interne. La femelle donne naissance à un ou deux petits après un peu moins d'un an de gestation. L’œuf éclot dans le ventre de sa mère. Puis l’embryon est expulsé lorsque la mère saute hors de la surface pour retomber dans un « plat » gigantesque, en soulevant une gerbe d'eau. Le petit, qui mesure 1,2 m et pèse 45 kg à la naissance, va doubler au cours de sa 1re année.

Vie associée[modifier | modifier le code]

Raie manta portant un rémora

Des poissons de la famille des Echeneidae, dont Remora remora, s'accrochent toujours sur une raie manta pour récupérer la nourriture délaissée par leur hôte et pour voyager sans se fatiguer. De nombreux parasites font de même, ce qui oblige les raies à se faire nettoyer par d'autres poissons (notamment les labres nettoyeurs, ou la girelle verte spécialisée dans le nettoyage des chairs inflammées) dans certains récifs[9]. On pense que les sauts hors de l'eau peuvent servir à se débarrasser des parasites et des rémoras accrochés.[réf. nécessaire]

Distribution[modifier | modifier le code]

La raie manta peut se trouver dans toutes les eaux océaniques tropicales

Cosmopolite de toutes les eaux tropicales et subtropicales de tous les océans (excepté la mer des Caraïbes), Atlantique, Pacifique (Hawaï[2], Japon[2], vers les îles Yap[2]) et Indien (Mozambique[2], Maldives[2], Australie[2]). Présente en mer Rouge. Sa présence en mer Méditerranée est débattue[réf. souhaitée].

On estime que 100 000 raies manta vivent près des Maldives. 900 individus vivent près d'un récif de la côte du Mozambique[8].

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Ses seuls prédateurs connus sont l'orque, l'homme — mais de manière plus restreinte —, et certains requins lorsque la raie manta est blessée ou trop faible pour se défendre. Dans le cas des requins, cela dépend aussi de la région car par exemple, au Mozambique, 75 % des raies montrent des traces de morsures[8], un chiffre bien au-dessus d'autres régions où la moyenne n'est que de 5 à 10 %[8].

Le poisson-papillon semble être un spécialiste du nettoyage des morsures de requins sur les raies[9].

Une présence humaine trop importante risque de faire fuir les raies manta des zones riches en plancton. Leur cycle de reproduction est lent, elles sont donc vulnérables à la surpêche.

Attrait touristique et pêche[modifier | modifier le code]

Raie manta

Cette grande raie n'est plus guère pêchée, bien que certaines zones comme l'Asie du Sud-Est soient notoires pour cette pêche[2], en lien avec la médecine traditionnelle chinoise où la raie manta (notamment ses branchies) est réputée pour traiter des maladies et infections du rhume jusqu'au diabète[9].

En revanche, sa présence est un atout touristique non négligeable, comme aux Maldives.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Mark Woodward, Andrea – Queen of Mantas, BBC,‎ 2009. Sur le travail d'Andrea Marshall au Mozambique[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Noms communs », sur FishBase.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) « Manta Rays: A new species? », Save Our Seas (consulté le 7 avril 2010).
  3. a et b FishBase, consulté le 8 mai 2012
  4. Cousteau, Les requins,‎ 1970.
  5. Debelius Helmut, Guide du Récif Corallien de Mer Rouge.
  6. A Siliotti, Poissons de la Mer Rouge, Vérone, Geodia Edizioni,‎ 2006, 287 p.
  7. [www.mantatrust.org www.mantatrust.org]
  8. a, b, c et d (en) « Manta Rays, Mozambique », Save Our Seas (consulté le 7 avril 2010).
  9. a, b, c et d (en) « Andrea – Queen of Mantas », sur BBC, British Broadcasting Corporation (consulté le 7 avril 2010).