Temps de cerveau humain disponible

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Le « temps de cerveau humain disponible », selon l'expression formulée en 2004 par Patrick Le Lay, alors président-directeur général du groupe TF1, est ce que la chaîne de télévision TF1 vendait à ses annonceurs : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible »[1].

Cette ressource serait ainsi ce qu'une entreprise ou une marque chercherait à acquérir, par exemple lorsqu'elle paie pour diffuser une publicité télévisée, généralement sous la forme de spots publicitaires. Cette expression a subi par la suite une très importante médiatisation, que son auteur n’avait probablement pas prévue (il a, par la suite, estimé qu'il « [aurait dû] se taire »)[2].

Description[modifier | modifier le code]

La formule de Patrick Le Lay est apparue dans un ouvrage d'un chef d'entreprise, intitulé Les Dirigeants face au changement, paru aux Éditions du Huitième Jour[1],[2]. Elle y conclut un développement autour de l'idée que « pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible » et que les émissions de télévision ont donc pour vocation de susciter cette disponibilité, par le divertissement et la détente, « pour le préparer entre deux messages[2]. » La phrase, qui résume son activité du point de vue du groupe TF1, pose que « ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible[2]. »

L'expression est rapidement devenue célèbre en France : dès 2005, par exemple, elle est utilisée par l'écrivain Christophe Tison comme titre pour un roman qu'il publie chez Grasset et dont l'action se passe dans le monde de la télévision[3].

La phrase a également été reprise, à but de dénonciation, par différents médias ou associations :

  • Bernard Stiegler, dans les colonnes du Monde diplomatique, condamne des propos « effroyables de cynisme et de vulgarité »[4] ;
  • Henri Maler de l'association Acrimed, proche de la gauche antilibérale, indique en conclusion d'un article consacré à la petite phrase, que « si les médias en lutte contre la prostitution de leur activité s’éveillent, cela devrait s’entendre : ils appelleront à des actions de masse contre la concentration des médias et pour la réappropriation démocratique de TF1[5]. »

Citation originale in extenso[modifier | modifier le code]

« Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.

Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise.

La télévision, c'est une activité sans mémoire. Si l'on compare cette industrie à celle de l'automobile, par exemple, pour un constructeur d'autos, le processus de création est bien plus lent ; et si son véhicule est un succès il aura au moins le loisir de le savourer. Nous, nous n'en aurons même pas le temps !

Tout se joue chaque jour, sur les chiffres d'audience. Nous sommes le seul produit au monde où l'on 'connaît' ses clients à la seconde, après un délai de 24 heures. »

— extrait tiré du livre Les dirigeants face au changement, Éditions du Huitième jour, 2004[6].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible », L'Expansion - L'Express, 9 juillet 2004.
  2. a, b, c et d Patrin-Leclère Valérie. « Médias et publicité, l'impossible débat ? », in Communication et langages, No 143, 1er trimestre 2005. p. 7-18 (lire en ligne sur Persée)
  3. Prose de combat contre « Temps de cerveau humain disponible », 24 juin 2005, La Libre Belgique (lire en ligne)
  4. Bernard Stiegler, De la Misère symbolique. 2. La « catastrophe » du sensible, Le Monde diplomatique, Juin 2005 (lire en ligne)
  5. Henri Maler, « Patrick Le Lay, pour TF1, vend du Coca light à Télérama », Acrimed, 8 septembre 2004 (lire en ligne)
  6. « Le Lay : "nous vendons du temps de cerveau" », Le Nouvel Observateur - 11 septembre 2004, consulté le 9 février 2015.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

« Séquence du magazine « + clair » de Canal + sur ce sujet. », sur YouTube