Le Bon Coin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Bon Coin
Image illustrative de l'article Le Bon Coin

Création 2006
Forme juridique Société par actions simplifiée unipersonnelle
Slogan « Vendez, achetez, près de chez vous »
Siège social Paris
Drapeau de France France
Direction Antoine Jouteau
Produits Petites annonces gratuites
Société mère Groupe Schibsted
Effectif 95 (effectif moyen en 2014)
Site web leboncoin.fr

Chiffre d’affaires 134 447 000 € en 2014
Résultat net 55 731 000 € en 2014

Le Bon Coin est un site internet (adresse web : leboncoin.fr) d’annonces commerciales sur lequel le dépôt et la lecture d’une annonce sont gratuits. Appartenant au conglomérat Schibsted, il est le plus utilisé des sites de ce type en France[1]. Le site se veut simple, accessible sans inscription préalable[2]. Il est cofondéavec qui ? en 2006 et dirigé jusqu’en 2015 par Olivier Aizac[3]. Depuis début 2015, la société est dirigée par Antoine Jouteau[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Le Bon Coin est créé en 2006 d'un partenariat entre Spir Communication (émanation du groupe Ouest-France) et l'éditeur norvégien Schibsted. Ce dernier a récupéré le concept en rachetant en 2003, pour 19 millions d’euros, le site suédois Blocket.se, créé en 1996 par l'ingénieur informaticien suédois Henrik Nordström, qui permet aux habitants de la région de Skåne, au Sud du pays, d’acheter et de vendre des objets à leurs voisins[5]. Ce partenariat permet de développer ce site de petites annonces permettant la publication d'annonces de vente de tous objets, celles-ci étant accessibles par tout le monde sans inscription préalable.

Le nom du site est choisi à partir d'un sondage de plus de 400 internautes français ; il rejoint ses 31 équivalents étrangers (subito.it en Italie, segundamano.es (dorénavant appelé Vibbo.com) en Espagne, bikhir.ma (dorénavant appelé Avito.ma) au Maroc, tayara.tn en Tunisie, mudah.my en Malaisie notamment[2]) avec lesquels il partage la technologie de son moteur de recherche.

Le 22 septembre 2010, Spir Communication cède ses 50 % de parts du site à son partenaire, la société norvégienne Schibsted par ailleurs copropriétaire du quotidien gratuit 20 minutes avec sa maison mère le Groupe SIPA - Ouest-France[6]. Le Bon Coin est aussi le onzième site le plus visité en France en 2009[7] puis le sixième site en 2013[8], et ce devant eBay.

En 2013, le chiffre d'affaires du site est de 124,3 millions d’euros[9].

Le , les annonces des détenteurs de "compte pro" et de "boutique pro" deviennent payantes, ce qui entraîne la disparition de plus de 500 000 annonces de professionnels en un mois[9].

Le , l'entreprise est condamnée pour « pratique commerciale trompeuse » pour avoir prétendu que toutes les annonces étaient relues avant leur mise en ligne[10].

En 2016, pour ses 10 ans, le site présente un nouveau logo et une refonte de ses pages[11].

Le site[modifier | modifier le code]

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le fonctionnement du site suppose la confiance entre vendeurs et acheteurs. Pour la plupart des transactions, vendeurs et acheteurs n'ont pas besoin de s'inscrire pour poster des annonces[réf. nécessaire] ou y répondre et n'ont donc pas de profil ni d'évaluation. Les vendeurs peuvent à la fois être des particuliers et des professionnels. Poster une annonce est reservé aux résidents français. De même l'affichage des numéros de téléphone pour contacter un vendeur n'est possible qu'à partir d'un ordinateur situé en France.

Catégories[modifier | modifier le code]

Les petites annonces peuvent être des biens, des services ou des emplois. Elles sont réparties en dix catégories : emploi, véhicules, immobilier, vacances, multimédia, loisirs, matériel professionnel, services, maison et autres.

Sécurité[modifier | modifier le code]

Le délit le plus ancien consiste à publier une annonce fictive et à faire payer par l'acheteur appâté tout ou partie de la somme par mandat anonyme (mandat-cash) avant de disparaître. Les guet-apens consistent à braquer le vendeur et son bien lors du rendez-vous fixé pour la vente. Si les guet-apens sont rares, l'assassinat par Mohamed Merah d'un sous-officier du 1er Régiment du train parachutiste, Imad Ibn Ziaten, venu lui vendre sa moto a fait date (Le Bon Coin a permis l'identification du terroriste en livrant la liste des adresses IP qui s'étaient connectées à cette annonce [réf. nécessaire]. Lorsque la méfiance des utilisateurs grandit, d'autres délits apparaissent, comme verser l'argent, demander un remboursement, puis annuler le 1er versement, en sachant qu'annuler le remboursement est impossible en France, alors que cela est possible dans la majorité des pays du monde, dont l'Espagne au sein de l'Union européenne. En Irlande il est même possible d'annuler un chèque déjà encaissé[12].

Les signalements d'abus peuvent recevoir pour réponse « Il est possible que cette annonce soit abusive mais nous n'avons pas suffisamment d'éléments pour la supprimer. Vous êtes libre de ne pas donner suite si vous ne le souhaitez pas. », à l'exception de la vente d'objets nazis. Cette dernière, illégale depuis une jurisprudence de 2005, est d'ailleurs pénalisée par le Sénat à partir de novembre 2014[13].

En décembre 2015, Le Bon Coin est condamné par un tribunal français, pas directement pour ses réponses insuffisantes, mais pour publicité mensongère, car les règles de diffusion mentionnaient un contrôle préalable des abus avant mise en ligne des annonces. Cette affaire faisait suite à un refus par Le Bon Coin de retirer des annonces de vente de maroquinerie de contrefaçon. Rappelant la jurisprudence française et communautaire (Union européenne), le tribunal ajoute qu'un hébergeur ne peut être reconnu coupable de contrefaçon sur le fond, que si la demande de retrait d'annonce est complète sur la forme. En effet, en France, les demandes de résolution extra-judiciaires, telles qu'une mise en demeure de s'acquitter de ses obligations doivent être formulées de façon suffisamment explicite et précise, c'est-à-dire avec nom véritable et coordonnées complètes du demandeur[10],[14].

En décembre 2015, deux escrocs qui utilisaient le site pour se faire payer des commandes qu'ils n'honoraient jamais ont été condamnés à huit mois de prison ferme et à indemniser leurs victimes à hauteur de 5 666 euros[15].

Analyse économique et sociologique[modifier | modifier le code]

Analyse économique[modifier | modifier le code]

Le Bon Coin remplit une fonction d'évaluation des prix du marché pour un grand nombre de biens. Il se place en concurrent du site américain d'enchères en ligne eBay. Son modèle économique est basé sur trois piliers : la publicité, les services aux professionnels et les options de visibilité[16]. Concernant ces dernières, le site applique la stratégie commerciale dite du freemium[17],[18].

Analyse sociologique[modifier | modifier le code]

D'après une enquête réalisée par Médiamétrie en octobre 2012, Le Bon Coin serait le deuxième site Web le plus populaire en France en temps passé par ses utilisateurs, derrière Facebook et devant Google[2].

En janvier 2013, le journal Le Monde consacre trois pages au phénomène Le Bon Coin[2] et propose une analyse sociologique de son succès, spécifiquement en France. À cette occasion, le sociologue Alain Caillé estime que le site recrée du lien social de proximité sur Internet, et constitue un espace de reconstitution de la solidarité nationale. Il est rejoint en cela par l'historien Jacques Le Goff, qui compare son rôle économique et social à celui des foires médiévales[19].

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entrevue avec Olivier Aizac, « Le succès du site a remis en cause la logique du payant », sur journaldunet.com, Le Journal du Net, .
  2. a, b, c et d Laure Belot, « La France au miroir du « Bon Coin », sur lemonde.fr, Le Monde, .
  3. Olivier Aizac, Le Bon Coin sur lesechos.fr
  4. « Antoine Jouteau a choisi le bon coin », Les Échos, 11 février 2015.
  5. « Comment Le Bon Coin est devenu le site français le plus bankable », sur lesinrocks.com, (consulté en septembre 2017).
  6. Spir Communication : cède leboncoin.fr à Schibsted et lui reprend lacentrale.fr et caradisiac.com, combourse.com.
  7. Alexa, Amaury Beautru, « Les 100 sites internet les plus visités en France », sur Blog-Pro d'A. Beautru, .
  8. Alexa, Amaury Beautru, « Le Top 100 des sites les plus visités en France en 2013 », sur marketing-pgc.com, .
  9. a et b « LeBonCoin revoit ses tarifs pour les professionnels », BFM Business, (consulté le 10 avril 2016).
  10. a et b « Leboncoin a prétendu à tort qu’il relisait toutes les annonces avant validation », Clubic, 17 décembre 2015.
  11. http://tempsreel.nouvelobs.com/tech/20160209.OBS4313/alleluia-le-bon-coin-devient-moins-moche.html
  12. Eric Treguier, « Le bon coin : 5 arnaques à connaître avant de répondre à une annonce », Challenges, 25 décembre 2014.
  13. Proposition de loi tendant à sanctionner la vente d'objets liés au nazisme ou à d'autres auteurs de crimes contre l'humanité, Jacques Legendre, sur le site du Sénat, 5 novembre 2014.
  14. Leboncoin.fr condamné pour pratique commerciale trompeuse, Legalis, 4 décembre 2015.
  15. « Deux escrocs sur Leboncoin iront en prison », Clubic, 14 décembre 2015.
  16. Leboncoin, le site qui valait 400 millions d'euros sur Journal du Net, 2012
  17. http://www.franceinfo.fr/emission/c-est-mon-boulot/2014-2015/le-bon-coin-vivastreet-les-nouveaux-sites-d-emploi-22-09-2014-14-45
  18. http://www.1001actus.com/leboncoin-reussite-qui-tient-dun-modele-economique-solide-113185.html
  19. Jacques Le Goff, sur Laure Belot, « La France au miroir du « Bon Coin », sur lemonde.fr, Le Monde,  :

    « D'une certaine façon, Le Bon Coin est au XXIe siècle ce que la foire était au Moyen Âge. À cette époque, il n'y avait pas tellement de boutiques, ni en ville ni à la campagne. Le grand centre où les gens se procuraient de tout, c'était les foires. […] J'analyse plutôt l'essor du Bon Coin comme une expression de la « débrouillardise » française. C'est cet état d'esprit qui a attiré un nombre incalculable de gens vers Paris très tôt. […] Le site démocratise l'acquisition de produits dont une grande partie du prix peut être liée aux intermédiaires. Il propose un retour à la vie de qualité médiévale, avec convivialité et entraide. Il apparaît également très efficace sur le marché de l'immobilier, de l'automobile et de l'emploi, ce dernier point étant particulièrement important actuellement. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres sites de petites annonces :

Liens externes[modifier | modifier le code]