Chernobyl (mini-série)

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Chernobyl
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo originel de la mini-série
Type de série Mini-série
Autres titres
francophones
Tchernobyl (Québec)
Genre Drame historique
Création Craig Mazin
Production Craig Mazin
Carolyn Strauss
Jane Featherstone
Chris Fry
Sanne Wohlenberg
Johan Renck
Acteurs principaux Jared Harris
Stellan Skarsgård
Emily Watson
Musique Hildur Guðnadóttir
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Chaîne d'origine HBO
Sky Atlantic
Nb. de saisons 1
Nb. d'épisodes 5
Durée 60-72 minutes
Diff. originale
Site web hbo.com/chernobyl

Chernobyl ou Tchernobyl au Québec et au Nouveau-Brunswick est une mini-série télévisée dramatique historique britannico-américaine en cinq épisodes créée et écrite par Craig Mazin, réalisée par Johan Renck et diffusée du au sur HBO et Sky.

Elle décrit la catastrophe nucléaire de Tchernobyl survenue en en Union soviétique et les efforts de nettoyage sans précédent qui ont suivi.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du réacteur no 4 ayant explosé à la suite de la fusion du cœur.

Cette mini-série retrace l'histoire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl : le 26 avril 1986, une explosion secoue la centrale nucléaire soviétique Lénine et réveille la ville de Prypiat. Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la centrale, scientifiques, ingénieurs et habitants n'ont aucune idée du drame qui se joue.

Distribution[modifier | modifier le code]

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Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Le , il a été annoncé que HBO avait passé une commande de série sur Chernobyl, leur première coproduction avec Sky UK. La mini-série en cinq épisodes a été écrite par Craig Mazin et réalisée par Johan Renck. Mazin a également servi de producteur exécutif aux côtés de Carolyn Strauss et Jane Featherstone, avec Chris Fry et Renck en tant que co-producteurs exécutifs[1],[2]. L’intérêt de Mazin pour la création de la série a commencé quand il a décidé d’écrire quelque chose qui dirait « comment nous luttons actuellement contre la guerre mondiale contre la vérité »[3]. Le 11 mars 2019, il a été annoncé que la minisérie serait diffusée le 6 mai 2019[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le quartier de Fabijoniškės, à Vilnius, en Lituanie, où a été tourné en partie la mini-série.

Le tournage de Chernobyl dure seize semaines[5].

Le tournage principal commence en avril 2018 en Lituanie[2]. Le tournage initial commence le 13 mai 2018 à Fabijoniškės, un quartier résidentiel de Vilnius, en Lituanie, qui est utilisé pour représenter la ville ukrainienne de Prypiat, dans la mesure où une atmosphère soviétique y règne encore. Une zone dense d'immeubles d'habitation sert de lieu pour les scènes d'évacuation. Le réalisateur Johan Renck critique le nombre de fenêtres modernes dans les maisons, diverses et accrocheuses, mais ne s'en inquiète pas pour leur suppression lors de la post-production. Fin mars, la production est transférée à Visaginas, en Lituanie, afin de photographier à la fois l'extérieur et l'intérieur de la centrale nucléaire d'Ignalina, une centrale nucléaire désaffectée parfois appelée « sœur de Tchernobyl » en raison de sa ressemblance visuelle avec la centrale nucléaire ainsi que pour le réacteur utilisé (réacteur nucléaire RBMK), qui est commun entre la centrale de Tchernobyl et celle de Ignalina.

Au début du mois de juin 2018, la production s'est déplacée en Ukraine pour tourner des scènes finales mineures[6].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Diffusion[modifier | modifier le code]

La série est diffusée aux États-Unis le 6 mai 2019 et au Royaume-Uni le 7 mai 2019. Au Québec, elle est diffusée depuis le sur Super Écran[8]. En France et en Suisse, elle est diffusée sur OCS.

Épisodes[modifier | modifier le code]

  1. 1:23:45 (1:23:45)
  2. Veuillez garder votre calme (Please Remain Calm)
  3. Que la terre s'ouvre ! (Open Wide, O Earth)
  4. Le Bonheur de toute l'humanité (The Happiness of All Mankind)
  5. Mémoire éternelle (Vechnaya Pamyat)

Controverses[modifier | modifier le code]

Si les médias russes apprécient quasi-unanimement le réalisme de la série[9], certains saluant « le grand respect pour les gens ordinaires » qui « ont sauvé l’Europe au prix de leur vie et de leur santé, mais ne sont pas honorés aujourd’hui en Russie »[9],[10], des médias proches du pouvoir dénoncent une série « caricaturale », motivée par de la propagande anti-russe[9]. La chaîne publique NTV annonce son propre projet sur le même sujet, afin de présenter « une version alternative » de la tragédie ; il devrait mettre en scène la théorie selon laquelle un agent de la CIA était présent dans la centrale au moment du drame[9].

D’après Michael Shellenberger « l'exemple le plus flagrant de la volonté d'aller vers le sensationnalisme de Chernobyl est la description du rayonnement, agissant comme un virus contagieux. Les irradiés seraient comme des zombies qu'il faudrait à tout prix éviter […] Rien ne prouve que le rayonnement de Tchernobyl ait tué un bébé [par contact entre la mère enceinte et son père irradié], ni que cela entraîne une augmentation des anomalies congénitales »[11]. Néanmoins, le contact avec les vêtements des personnes ayant été irradiées pouvait bien entendu provoquer un risque de contamination. Concernant les trois employés de la centrale nucléaire qui, dans la mini-série, se dévouent pour aller ouvrir les vannes afin de drainer l'eau radioactive, ils n'auraient en réalité agi qu'après avoir « simplement reçu des ordres par téléphone du responsable de l'atelier du réacteur pour ouvrir les vannes »[12]. De plus, les conséquences sanitaires de la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl décrites à la fin de la mini-série, seraient exagérées : le médecin de l'UCLA Robert Gale rapporte en 1987 qu'« aucun d'entre eux [les enfants nés près de Tchernobyl], du moins à la naissance, n'a présenté d'anomalies détectables »[13], un rapport des Nations Unies publié en 2017 indique « seuls 25% [des 20 000 cas documentés de cancer de la thyroïde chez les moins de 18 ans au moment de l'accident], [...] peuvent être attribués au rayonnement nucléaire de Tchernobyl »[14], et enfin l'Organisation mondiale de la santé établit que les habitants de la Biélorussie et de l'Ukraine ont été « exposés à des doses légèrement supérieures aux niveaux de rayonnement d'origine naturelle. »[15]. Par ailleurs, il n'y aurait pas de preuve de l'existence du « pont de la mort » évoqué dans la série, d'où les gens qui auraient regardé l'incendie seraient tous morts (« […] il a été rapporté qu’aucun n’avait survécu »)[11] ; ceci étant, la présence en ce lieu à ce moment-là présentait un fort risque d'exposition à des doses de radiation supérieures aux seuils maximum autorisés.

L'hypothèse de la survenance possible d'une seconde explosion beaucoup plus violente n'est pas une invention de la série. À l’époque de la catastrophe, il était évoqué l’équivalent de quatre à cinq mégatonnes et la possibilité que « Minsk, qui est à 320 kilomètres de Tchernobyl, [eut] été rasée et [que] l'Europe [soit] devenue inhabitable ». Michel Chouha explique que « l'hypothèse d'une seconde explosion n'est pas bien fondée »[16], que quatre mégatonnes est « probablement une exagération »[17]. La distance de destruction des bâtiments civils par une explosion nucléaire va de 6,2 km pour un mégatonne et jusqu'à 17 km pour vingt mégatonnes, sachant que Minsk est à 320 km[18].

Accueil[modifier | modifier le code]

Audiences[modifier | modifier le code]

À la mi-juin 2019, la série a rassemblé quelque huit millions de personnes en audience cumulée — sur toutes les plateformes — selon Deadline. En ce qui concerne les mini-séries, elle a enregistrée une meilleure audience que Sharp Objects (7,3 millions) et se rapproche de l'audience de la troisième saison de True Detective (8,1 millions)[19].

Critiques[modifier | modifier le code]

Chernobyl est salué par la critique[10]. Sur IMDb, la mini-série obtient la note historique de 9,6 sur 10, se classant devant Breaking Bad, Band of Brothers et Game of Thrones (9,4)[20]. Sur Allociné, les spectateurs lui accordent 4,7 sur 5 et la presse 4,1[21]. Sur les Rotten Tomatoes, elle a un taux d'approbation de 96 % avec un score moyen de 8,96 sur 10[22]. Sur Metacritic, elle a un score moyen pondéré de 83 sur 100[23].

Des critiques de The Atlantic, du Washington Post et de la BBC ont noté que la série établit des parallèles avec la société contemporaine en mettant l'accent sur le pouvoir de l'information et sur la façon dont des dirigeants malhonnêtes peuvent involontairement commettre des erreurs qui vont au-delà de leur compréhension[24],[25],[26].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Denise Petski, « 'Chernobyl' Miniseries Starring 'The Crown's Jared Harris Set By HBO & Sky – TCA » [archive du ], sur Deadline Hollywood, (consulté le 24 novembre 2017)
  2. a et b (en) Cynthia Littleton, « HBO Sets ‘Chernobyl’ Miniseries to Star Jared Harris », sur Variety, (consulté le 24 novembre 2017).
  3. (en) Fred Topel, « ‘Chernobyl’ Creator Craig Mazin on His New HBO Miniseries and the Debt We Owe to the Truth », sur /Film, (consulté le 9 mai 2019).
  4. (en) Maggie Dela Paz, « HBO Miniseries Chernobyl Sets May Premiere Date », sur Comingsoon, (consulté le 7 mai 2019).
  5. (ru) « Prodiuserė: HBO projektas Lietuvoje paliks ne mažiau 7 mln. eurų », sur 15min.lt (consulté le 25 mai 2019).
  6. (ru) « Fabijoniškėse filmuojamo „Černobylio“ režisierius pakeitė požiūrį į branduolinę energiją: tai pabaisa, kurios negalime suvaldyti », sur 15min.lt (consulté le 25 mai 2019).
  7. https://biiinge.konbini.com/
  8. Richard Therrien, « «Tchernobyl», série hautement radioactive », sur Le Soleil, (consulté en juin 2019)
  9. a b c et d « « Caricature » ou film « magistral et réaliste » ? En Russie, la série « Chernobyl » fait débat », sur Le Monde, (consulté le 12 juin 2019).
  10. a et b « De quoi le phénomène de la série « Chernobyl » est-il le signe? », sur France Culture (consulté le 13 juin 2019).
  11. a et b (en) Michael Shellenberger, « Why HBO's "Chernobyl" Gets Nuclear So Wrong », sur Forbes, (consulté le 7 juin 2019).
  12. (en) Adam Higginbotham, Midnight in Chernobyl: The Untold Story of the World's Greatest Nuclear Disaster, Simon & Schuster, , 538 p. (ISBN 1501134612).
  13. (en) William J. Broad, « Rise in Retarted Children Predicted from Chernobyl », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 9 juin 2019).
  14. (en) Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants, Evaluation of data on thyroid cancer in regions affected by the Chernobyl accident, New York, Nations Unies, , 30 p. (lire en ligne), p. 7.
  15. (en) Organisation mondiale de la santé, « Health effects of the Chernobyl accident: an overview », sur www.who.int, (consulté le 9 juin 2019).
  16. « "Chernobyl" est-elle vraiment fidèle à la réalité ? On a vérifié ce qui est vrai et ce qui l'est moins », sur France Info, (consulté le 15 juin 2019).
  17. (en) « How Much Of HBO's Chernobyl Really Happened? », sur Lifehacker Australia, (consulté le 16 juin 2019).
  18. (en) « Effects of nuclear explosions », dans Wikipedia, (lire en ligne).
  19. « Les audiences de la série Chernobyl atteignent des records aux Etats-Unis », sur businessinsider.fr, mis en ligne le 15 juin 2019 (consulté le 30 juin 2019).
  20. « Pourquoi vous devez voir "Chernobyl", la série plus populaire que "GoT" », sur RTL (consulté le 12 juin 2019).
  21. http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=22429.html.
  22. (en) « Chernobyl: Miniseries (2019) », Rotten Tomatoes, Fandango Media (consulté le 6 mai 2019).
  23. (en) « Chernobyl », Metacritic (consulté le 6 mai 2019).
  24. (en) Sophie Gilbert, « 'Chernobyl' Is a Gruesome, Riveting Fable », sur The Atlantic, (consulté le 25 mai 2019).
  25. (en) Hank Stuever, « A grim ‘Chernobyl’ shows what happens when lying is standard and authority is abused », sur The Washington Post, (consulté le 25 mai 2019).
  26. (en) Emma Saunders, « Chernobyl disaster: 'I didn't know the truth' », sur BBC News, (consulté le 25 mai 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]