Tchernobyl

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Tchernobyl
Чорнобиль (uk)
Tchernobyl
Centre administratif.
Administration
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Subdivision Flag of Kiev Oblast.svg Oblast de Kiev
Maire maire de Kiev
Indicatif tél. +380
Démographie
Population 800 hab. (2016)
Densité 133 hab./km2
Géographie
Coordonnées 51° 16′ 35″ nord, 30° 13′ 00″ est
Superficie 600 ha = 6 km2
Divers
Fondation 1193
Statut Ville (depuis 1941)
Localisation
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Liens
Site web www.pripyat.com
Sources
Liste des villes d'Ukraine
Image satellite de la région de Tchernobyl.

Tchernobyl [ t͡ʃɛʁnɔbil][1] (en ukrainien Чорнобиль [ t͡ʃɔrˈnɔbɪlʲ][2]) est une ville de l'oblast de Kiev, en Ukraine.

Elle se trouve à 96 km au nord de Kiev.

La ville de Tchernobyl est connue pour la catastrophe à la centrale nucléaire de Tchernobyl, bien que cette centrale se trouve dans la ville de Pripiat à 15 km au Nord-Ouest de Tchernobyl, qui a eu lieu le à h 23, provoquée par la fusion du réacteur. La catastrophe a propagé dans l'atmosphère l'équivalent radioactif de 400 fois la bombe d'Hiroshima[réf. nécessaire], ou de 0,5 fois une bombe nucléaire actuelle et jusqu’à 4 000 personnes pourraient, à terme, décéder des suites d'une radio‑exposition consécutive à l'accident selon l'OMS[3].

Tchernobyl est incluse dans la zone de sécurité qui entoure la centrale et qui décrit un cercle d'un rayon de 30 km, censé être inhabité et où seuls les ouvriers de la centrale peuvent se déplacer. Cependant, certaines personnes sont retournées y vivre. Certains bâtiments ont été décontaminés pour y loger les ouvriers de la centrale nucléaire et d'autres ont été construits via des règles de sécurité bien spécifiques. La population de Tchernobyl était de 500 habitants environ en 2010 et a augmenté de 125 habitants en cinq ans pour une population totale de 625 habitants en 2015. En 2016, on recense 800 habitants et la population ne cesse de croître. L'autoroute P56 passe par la ville et relie la ville de Ivankiv à la ville de Tchernihiv en passant par la Biélorussie.

Récemment, les tragédies de Tchernobyl ont été représentées dans une série nommée Chernobyl[4].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la ville est Tchornobyl (en ukrainien Чорнобиль), Tcharnobyl (en biélorusse Чарнобыль) et Tchernobyl (en russe Чернобыль).

Ce toponyme est d'origine ukrainienne : il signifie « herbe amère »[5] ou plus spécifiquement « absinthe »[6] dans cette langue.

Malgré le fait que la ville se trouve en Ukraine et que seul son nom ukrainien est officiel, c'est généralement sous son nom russe que la ville est connue en français. En effet, la ville ne devient connue internationalement qu'à la suite de son accident nucléaire, un accident qui a eu lieu durant l'époque soviétique ; or à cette époque c'est surtout la langue russe qui est officielle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de Tchernobyl apparaît pour la première fois dans une charte de 1193 en tant que chalet de chasse du prince Rurik II de Kiev. La ville, Czarnobyl, passe ensuite sous le contrôle du grand-duché de Lituanie puis de la République des deux nations. Des Juifs s'y établissent au XVIIe siècle en faisant un des plus vieux établissements juifs d'Ukraine[7]. Au milieu du XVIIIe siècle, Menahem Nahoum Twerski y fonde la dynastie hassidique de Tchernobyl aujourd'hui principalement établie aux États-Unis. À la fin du XIXe siècle, la population de Tchernobyl se monte à 9 303 habitants dont 5 526 Juifs soit 59,4 % du nombre total d'habitants[7]. Les Juifs y sont victimes de pogroms en octobre 1905 et en mai 1919.

La république socialiste soviétique d'Ukraine est créée en 1921 et le , l'URSS naît, regroupant la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et la Transcaucasie. Après l'établissement du régime communiste, les Juifs sont encore 3165 (39 % du total) en 1926[7].

En 1932-1933, la ville de Tchernobyl comme tout le reste de l'Ukraine est durement touchée par la famine (l'Holodomor), provoquant de 3 à 7 millions de morts dans tout le pays. La communauté polonaise de Tchernobyl est déportée au Kazakhstan en 1936. Les Juifs ne sont plus que 1 783 en 1939 sur une population totale de 8 470[7].

La ville est occupée par les Allemands le 25 août 1941 et de nombreux Juifs y sont massacrés le 7 novembre 1941. Quelques Juifs ont pu y revenir après la guerre et malgré l'hostilité ambiante, on comptait encore 150 familles juives en 1970[7].

Dans les années 1960, la première centrale nucléaire d'Ukraine voit le jour non loin de Tchernobyl, près de Prypiat, une ville nouvelle en construction entre 1950 et 1970, année de sa fondation.

Le 26 avril 1986, le réacteur no 4 de la centrale nucléaire explose, provoquant la plus grande catastrophe nucléaire civile à ce jour.

Contamination nucléaire[modifier | modifier le code]

Depuis la catastrophe, les immeubles récents (années 1970-1980) du centre-ville ont été décontaminés pour permettre le logement des ouvriers de la centrale (environ 5 000). Les maisons particulières de la vieille ville sont laissées à l'abandon. La végétation les recouvre peu à peu et donne une impression de ville fantôme.

La ville de Tchernobyl est encore « habitée » mais d'une manière bien particulière puisque les enfants et les femmes enceintes ou en âge de procréer n'y sont pas autorisés. Officiellement, un millier d'habitants peuplent le no man's land. Officieusement, elle en compte trois ou quatre fois plus.[réf. nécessaire]

La radioactivité qui s'était déposée sous forme de taches a diminué. Mais, en 2011, elle atteint encore par endroits des niveaux dépassant vingt ou trente fois les seuils autorisés[réf. souhaitée]. Le 27 janvier 2011, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch (2010-2014) a déclaré[réf. souhaitée] au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, qu'il souhaitait reprendre l'exploitation des terres agricoles contaminées. Cependant, une disparition, ou une réduction du périmètre de la zone interdite a peu de chances d'aboutir tant que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'y opposera.

Une recontamination de l'air est notamment possible par les incendies tel que celui d'avril 2015 (environ 400 ha)[8] ou d'avril 2020 qui a touché au moins une centaine d'hectares situés dans la zone d'exclusion entourant la centrale, en engendrant une émission de radioactivité 16 fois supérieur à la normale, en pleine période de pandémie de COVID-19[9]. À la mi-journée, Greenpeace affirme que l'incendie n'est qu'à « environ 1,5 kilomètre » de l'arche servant à recouvrir le réacteur qui a explosé en . D'après Volodymyr Demtchouk, un haut responsable des services d'urgence ukrainiens, « la centrale nucléaire de Tchernobyl, les lieux de stockage de déchets radioactifs et les autres infrastructures cruciales de la zone d’exclusion ne sont pas menacés »[10].

Population[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[11] :

Évolution démographique
1880 1897 1923 1926
10 7009 3008 9438 071
1959 1970 1979 1986
8 22110 13612 4580
1996 2010 2016 -
50500800-

Selon l'office des statistiques d'Ukraine, la ville est inhabitée depuis la catastrophe du [12].

Géographie du site[modifier | modifier le code]

Le site de la catastrophe se situe au nord du plateau ukrainien ; dans cette région (Kiev y compris) la couche supérieure du sol est constituée principalement d'un sable foncé. De vastes forêts de conifères alternent avec de grandes prairies herbeuses. Depuis la catastrophe, de vastes périmètres ont été définis autour du site. Un premier périmètre dont les limites s'étendent à une centaine de kilomètres serait interdit aux habitations mais un nombre non négligeable de personnes y vivent encore.

La zone interdite, qui entoure à trente kilomètres l'ancienne centrale, est gardée par une police armée et aidée de chiens, placée à chaque ancien axe routier ou chemin. La zone est délimitée par une clôture barbelée d'environ 2,2 m de haut, par un fossé, par une autre clôture, et par un glacis d'une vingtaine de mètres de large[13].

Personnalité liée à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le dessinateur et scénariste français Emmanuel Lepage s'est rendu à Tchernobyl au printemps 2008. Il en a tiré deux ouvrages :

  • Les Fleurs de Tchernobyl, avec Gildas Chasseboeuf, association les Dessin'acteurs, 2008
    Republié en version augmentée chez l'éditeur la Boîte à bulles fin 2012[14]
  • Un printemps à Tchernobyl, BD-Reportage « engagé », éd. Futuropolis, 2012
  • Tchernobyl La Zone, bande dessinée documentaire-fiction de Francisco Sanchez et Natacha Bustos, éd. Des ronds dans l'O[15], 2011 - Prix Tournesol, Angoulême 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en français de France standardisé standardisé retranscrite selon la norme API.
  2. Prononciation en ukrainien standardisé retranscrite selon la norme API.
  3. http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2005/pr38/fr/index.html
  4. Chernobyl (lire en ligne)
  5. Le Petit Robert des noms propres - 2012 : édition des 60 ans : dictionnaire illustré, paru en mai 2011, page : 2220. (ISBN 978-2-84902-888-9)
  6. « "Une étoile nommée Absinthe" », sur France Culture,
  7. a b c d et e (en) « Chernobyl, Ukraine », sur Jewish Virtual Library,
  8. « Incendie à Tchernobyl: "En France, on peut s'attendre à un triplement de la radioactivité" », sur LExpress.fr, (consulté le 6 avril 2020)
  9. (en) « Ukraine continues to battle forest fire near Chernobyl », sur Colorado Springs Gazette (consulté le 6 avril 2020)
  10. « Un gigantesque incendie est « à 1,5 km de Tchernobyl », selon Greenpeace », sur L'Obs (consulté le 14 avril 2020)
  11. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 », sur pop-stat.mashke.org(uk) « Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2010, 2011 et 2012 », sur database.ukrcensus.gov.ua« Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2011, 2012 et 2013 », sur database.ukrcensus.gov.ua
  12. (uk) « Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2011, 2012 et 2013 », sur database.ukrcensus.gov.ua
  13. « Je pars en vacances à Tchernobyl », La Provence, (consulté le 25 avril 2016).
  14. L'ouvrage, sur le site de l'éditeur, La Boîte à Bulles.
  15. Des ronds dans l'O

Liens externes[modifier | modifier le code]


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