Valeri Legassov

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Valeri Legassov
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Biographie
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Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
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Nom dans la langue maternelle
Валерий Алексеевич ЛегасовVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
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Chaires
Professeur, Académicien de l'Académie des sciences d'URSS (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parti politique
Membre de
Académie des sciences de l'URSS (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Valeri Alekseïevitch Legassov (en russe : Валерий Алексеевич Легасов), né le à Toula, en RSFS de Russie (Union soviétique) et mort (par suicide[1]) le à Moscou (Union soviétique), est un scientifique soviétique membre de l'Académie des sciences d'URSS, ayant travaillé dans le domaine de la chimie minérale (professeur à l'Institut de chimie et de physique de Moscou, puis nommé directeur d'un institut national de recherche sur l'énergie atomique alors nommé Institut Kourtchatov de l'énergie atomique (devenu depuis Centre national de recherche Kourtchatov). Il a été le chef de la délégation soviétique à la conférence de Vienne ().

Biographie[modifier | modifier le code]

Legassov est né à Toula dans une famille de « travailleurs civils »

Il est diplômé de l'université de technologie chimique Dmitri Mendeleïev de Moscou en 1967. Il obtient le grade de doktor naouk en génie chimique en 1972 (à l'âge de 36 ans). Il étudie ensuite la physique nucléaire à l'institut Kourtchatov de l'énergie atomique.

Legassov devient ensuite professeur à l'institut de physique et de technologie de Moscou.

En 1981, il est nommé membre à part entière de l'Académie des sciences de l'URSS.

De 1983 jusqu'à sa mort, il préside le département de technologie chimique du département de chimie de l'université d’État de Moscou.

Il épouse Margarita Mikhaïlovna et ils ont eu deux enfants, Inga Valerievna et Alexey Valeriévitch. Legassov et sa femme ont eu aussi deux petits-fils, Misha et Valerik.

Il est hospitalisé en 1987 pour des troubles psychiques ; dépression, insomnie, perte de poids et perte d'appétit. Après l'élimination du diagnostic d'un cancer et son amélioration, il est admis à sortir de l'hôpital. Mais, après un laps de temps, il est de nouveau hospitalisé pour troubles de conscience à la suite de l'ingestion d'une grande quantité de somnifères. Les médecins soviétiques réussissent à sauver la vie du grand scientifique. Legassov enchaine ses activités scientifiques ; il est nommé pour recevoir l'étoile de héros de l'Union soviétique.

Déçu par la non application de ses recommandations sur la sécurité nucléaire, il se suicide par pendaison le , deux ans jour pour jour après la catastrophe de Tchernobyl.

Rôle dans la gestion de la catastrophe de Tchernobyl[modifier | modifier le code]

Selon les documents autobiographiques qu'il a laissés, le , durant le début d'une réunion du parti communiste, il apprend de la bouche du responsable du département dont dépend l'Institut Kourtchatov qu'un accident est en cours dans la centrale de Tchernobyl.

À la mi-journée, à l'occasion d'une pause dans la réunion, il monte au second étage du bâtiment, dans le bureau du secrétaire scientifique et apprend qu'une commission gouvernementale vient d'être créée et qu'il en fera partie[2] (en tant que directeur de l'Institut Kurchatov). C'est la première Commission gouvernementale chargée de la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (en 1986), et Legassov en sera le rapporteur à l'occasion de la remise du rapport à l'AIEA en [3]. Le lendemain, il embarque alors dans un avion envoyé par le gouvernement, qui le transporte à Kiev. De loin il voit les lueurs de l'incendie. Un hélicoptère le transporte près de la centrale avec le vice-président du conseil des ministres Boris Chtcherbina[4].

Après la publication du rapport, extrêmement déçu par la gestion de la catastrophe par l'Union soviétique et ne supportant plus les pressions auxquelles il était soumis, il se pend le , en laissant un document enregistré, qui sera publié le dans La Pravda. Dans ce document, « Il est de mon devoir de parler... », il révèle les manquements à la sécurité et à la sûreté des installations nucléaires civiles soviétiques. Legassov porte particulièrement ses critiques sur trois points :

  1. Violation des règles de sécurité au nom de la productivité au travail[5] ;
  2. Manque d'esprit critique des ingénieurs concernant des anomalies récurrentes de fonctionnement des centrales[5] ;
  3. Impréparation du personnel et des autorités (nucléaires et civiles) à des dysfonctionnements graves[5].

Publications[modifier | modifier le code]

Peu avant l'accident (en ) un article de lui en français parait, en Suisse dans La Revue polytechnique, intitulé « Le nucléaire, facteur de stabilisation de l'économie mondiale », présentant le nucléaire comme un facteur de stabilisation géopolitique. Un peu plus de deux ans après l'accident, dans la même revue, un article publié sous sa signature (peu après son suicide), alerte sur le fait que la Russie n'envisage pas d'alternative au nucléaire[6].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Legassov est le personnage principal de la mini-série Chernobyl (2019), dans laquelle il est interprété par Jared Harris[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir chap. « 1988 Le suicide de Legassov », p. 72, dans Bella Belbéoch et Roger Belbéoch, Tchernobyl, une catastrophe : quelques éléments pour un bilan, éd. Allia, Chernobyl Nuclear Accident, Chornobylʹ, Ukraine, 1986, 220 p.
  2. Zweiacker, P (), Morts pour la science ; PPUR presses polytechniques, 2007 - 252 pages (voir p 107 et suivantes)(Lien Google Livre)
  3. Marguet, Serge (2012) Les accidents de réacteurs nucléaires ; Ed:Lavoisier, 20 avril 2012 - 144 pages (Lien Google livre)
  4. Jérôme Strazzulla & Jean-Claude Zerbib (1986 ) Tchernobyl Documentation française, 1991 - Chernobyl Nuclear Accident, Chernobylʹ, Ukraine, - voir p 56/96
  5. a b et c Thébaud-Mony A (2007) Le travail, lieu de violence et de mort. Le Monde diplomatique, 640(7), 7A-7. voir p2/4
  6. V. Legassov, « Nuclear energy in USSR after Chernobyl » (Le nucléaire en URSS après Tchernobyl) ; Revue Polytechnique, (no 6-7) p. 661, 663, 665 (ISSN 0374-4256), CODEN RVPTB, 25 juin 1987 (notice dans la base bibliographie de l'AIEA / INIS).
  7. (en) Chernobyl sur l’Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Legassov, V., Feoktistov, L., & Kouzmine, I. (1986). Nuclear energy-stabilising factor in the world economy notice dans la base bibliographie de l'AIEA / INIS
  • Legassov V (1987) Nuclear energy in USSR after Chernobyl (Le nucleaire en URSS après Tchernobyl) ; Revue Polytechnique; (no.6-7) p. 661, 663, 665; (ISSN 0374-4256); CODEN RVPTB; .


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