Valeri Legassov

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Valeri Legassov
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MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
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Académie russe des sciences, Académie des sciences d'URSS (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Valeri Alexeïevitch Legassov (en russe : Валерий Алексеевич Легасов), né le à Toula, en RSFS de Russie (Union soviétique) et mort (par suicide[1]) le à Moscou (Union soviétique), est un scientifique soviétique membre de l'Académie des sciences d'URSS, ayant travaillé dans le domaine de la chimie inorganique (professeur à l'Institut de chimie et de physique de Moscou, puis nommé directeur d'un institut national de recherche sur l'énergie atomique alors nommé Institut Kurchatof sur l'énergie atomique (devenu depuis centre national de Recherche Kurchatof). Il a été le chef de la délégation soviétique à la conférence de vienne (août 1986).

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Legasov est né à Tula dans une famille de « travailleurs civils »

Il est diplômé de l'Université de technologie chimique Dmitri Mendeleïev de Moscou en 1967. Il obtient le grade de Doktor nauk en génie chimique en 1972 (à l'âge de 36 ans). Il étudie ensuite la physique nucléaire à l'Institut Kourtchatov de l'énergie atomique.

Legasov devient ensuite professeur à l'Institut de physique et de technologie de Moscou.

En 1981, il est nommé membre à part entière de l'Académie des sciences de l'URSS.

De 1983 jusqu'à sa mort, il préside le département de technologie chimique du Département de chimie de l'Université d’État de Moscou.

Il a épousé Margarita Mikhaïlovna

Rôle dans la gestion de la catastrophe de Tchernobyl[modifier | modifier le code]

Selon les documents autobiographiques qu'il a laissé, le 26 avril, durant le début d'une réunion du parti communiste il apprend de la bouche du responsable du département dont dépend l'institut Kurchatov qu'un accident touche la centrale de Tchernobyl.

A la mi journée, à l'occasion d'une pause dans la réunion, il monte au second étage du bâtiment, dans le bureau du secrétaire scientifique et apprend qu'une commission gouvernementale vient d'être créée et qu'il en fera partie[2] (en tant que directeur de l'Institut Kurchatov). C'est la première Commission gouvernementale chargée de la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (en 1986) et Legassov en sera le rapporteur à l'occasion de la remise du rapport à l'AIEA en août 1986[3]. Le lendemain, il embarque alors dans un avion envoyé par le gouvernement, qui le transporte à Kiev. De loin il voit les lueurs de l'incendie. Un hélicoptère le transporte près de la centrale avec le Président de la Commission gouvernementale et le ministre Chacharine[4].

Après la publication du rapport, extrêmement déçu par la gestion de la catastrophe par l'Union soviétique et ne supportant plus les pressions auxquelles il était soumis, il se suicide (par pendaison) le jour qui suit le second anniversaire de l'accident nucléaire, le 27 avril 1988, en laissant un document enregistré, qui sera publié le 20 mai 1988 dans La Pravda. Dans ce document, intitulé « Il est de mon devoir de parler... », il révèle ou relate les manquements à la sécurité et à la sûreté des installations nucléaires civiles soviétiques. Legassov y porte particulièrement ses critiques sur 3 points :

  1. violation des règles de sécurité au nom de la productivité au travail[5] ;
  2. manque d'esprit critique des ingénieurs concernant des anomalies récurrentes de fonctionnement des centrales[5] ;
  3. impréparation du personnel et des autorités (nucléaires et civiles) à des dysfonctionnement graves[5].

Publications[modifier | modifier le code]

Peu avant l'accident (en mars 1986) un article de lui était paru (en français) en Suisse dans la Revue Polytechnique, intitulé « Le nucléaire, facteur de stabilisation de l'économie mondiale », présentant le Nucléaire comme un facteur de stabilisation géopolitique. Un peu plus de 2 ans après l'accident, dans la même revue, un article publié sous sa signature (peu après son suicide), il dit que la Russie n'envisage pas d'alternative au Nucléaire[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Chap "1988 Le suicide de Legassov" p 72, in Bella Belbéoch & Roger Belbéoch (1993 ) Tchernobyl, une catastrophe: Quelques éléments pour un bilan Ed. Allia, Chernobyl Nuclear Accident, Chornobylʹ, Ukraine, 1986 - 220 pages
  2. Zweiacker, P (), Morts pour la science ; PPUR presses polytechniques, 2007 - 252 pages (voir p 107 et suivantes)(Lien Google Livre)
  3. Marguet, Serge (2012) Les accidents de réacteurs nucléaires ; Ed:Lavoisier, 20 avril 2012 - 144 pages (Lien Google livre)
  4. Jérôme Strazzulla & Jean-Claude Zerbib (1986 ) Tchernobyl Documentation française, 1991 - Chernobyl Nuclear Accident, Chernobylʹ, Ukraine, - voir p 56/96
  5. a, b et c Thébaud-Mony A (2007) Le travail, lieu de violence et de mort. Le Monde diplomatique, 640(7), 7A-7. voir p2/4
  6. Legassov V (1987) Nuclear energy in USSR after Chernobyl (Le nucléaire en URSS après Tchernobyl) ; Revue Polytechnique; (no.6-7) p. 661, 663, 665; ISSN 0374-4256; Worldcat; CODEN RVPTB; 25 Juin 1987 (notice dans la base bibliographie de l'AIEA / INIS)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Legassov, V., Feoktistov, L., & Kouzmine, I. (1986). Nuclear energy-stabilising factor in the world economy notice dans la base bibliographie de l'AIEA / INIS
  • Legassov V (1987) Nuclear energy in USSR after Chernobyl (Le nucleaire en URSS apres Tchernobyl) ; Revue Polytechnique; (no.6-7) p. 661, 663, 665; ISSN 0374-4256; Worldcat; CODEN RVPTB; 25 Juin 1987.