Bonsaï

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Bonsaï d'érable palmé dans les jardins de Kew à Londres
Pommier en floraison.

Un bonsaï ou plus rarement bonzaï[1] (du japonais 盆栽) est un arbre nain (ou arbuste) cultivé dans un pot, dont la forme évoque celle des arbres matures dans la nature. Le bonsaï est un art traditionnel japonais, mais des pratiques similaires existent dans d'autres cultures, comme la tradition du penjing en Chine, au Vietnam et en Corée.

Cet arbre est miniaturisé par différentes techniques (taille des branches et racines, gestion des apports nutritifs...) et sa forme est modelée par d'autres techniques (ligature), afin d'en faire une œuvre d'art esthétique ressemblant à l'arbre dans la nature.

Terminologie et étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme français est la transcription du mot japonais bonsai (盆栽?). Ce terme japonais signifie littéralement une « plante (généralement un arbre ou un arbuste) cultivée dans un pot » (ch. & jap. : 盆 ; py : pén ; bon signifiant pot ou bassin et ch. & jap. : ; py : zāi ; sai, plante). Le mot est prononcé [bõ̞säi] en japonais (transcription phonémique : /boɴsai/), et non [bõ̞zäi] (transcription phonémique : /boɴzai/) comme on le prononce le plus souvent en français, ce qui a donné la forme écrite bonzaï.

Ce terme japonais est dérivé du chinois : 盆栽 ; pinyin : pénzāi ; littéralement : « planter, prendre soin de plantes dans un pot »[2]), également traduit en coréen 분재, bunjae et en vietnamien bồn tài , variation du penjing (chinois : 盆景 ; pinyin : pénjǐng ; littéralement : « paysage en pot »). La culture en pot de plants nanifiés apparait en effet dans la culture chinoise, puis japonaise, coréenne et vietnamienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

La culture des plantes dans des pots a débuté en Égypte il y a environ quatre mille ans, essentiellement pour des raisons pratiques, d'utilité et de mobilité. Les Grecs, Babyloniens, Perses et Indiens en copièrent la technique. Les Chinois furent les premiers à cultiver des arbres dans des pots dans un but esthétique, à l'ère de la dynastie des Han (-206 à 220). À cette époque on ne parlait pas encore de bonsaï, mais de penjing (盆景, pénjǐng) (représentation d'un paysage dans une coupe). Peu après, sous la dynastie Qin (220 - 581) apparurent les 盆栽, pénzāi (arbre unique dans une coupe). Aujourd'hui, en Chine, la tradition des pengjing se perpétue, avec plus d'ardeur que celle des bonsaïs.

Pour preuve de l'existence de cet art à cette époque, en 1971, des archéologues ont découvert dans la tombe du prince Zhang Huai, décédé en 705 sous la dynastie Tang (618 à 907), une fresque peinte sur les parois de sa tombe. Elle représente deux valets portant, l'un un paysage en miniature, et l'autre un vase en forme de lotus, contenant un arbre avec des feuilles vertes et des fruits rouges.

La codification des bonsaïs la plus connue en Occident est celle du Japon. Le bonsaï aurait été introduit au Japon à l'époque de Heian (794-1192)[3]. Un événement marqua la fin du siècle du XIe siècle, celui de l'entrée du bouddhisme zen au Japon. Des influences nouvelles venues de Chine apparurent au Japon imprégnant principalement les hautes classes de la société. Durant la période de Kamakura (1192 à 1333), les bonsaïs étaient assimilés à des objets d'art. Ils symbolisent l'éternité et l'harmonie entre l'homme et la nature[2]. Ils étaient signe de grandeur pour les seigneurs de l'époque et les nobles de la cour. Objets de luxe, ils évoquaient bien un nouvel état d'être dont le raffinement était poussé à l'extrême.

Au XIIe siècle, le zen joua un rôle important dans l'art des jardins nippons. Ce fait est confirmé par le célèbre rouleau du moine bouddhiste Honen Shonin, de la période Kamakura, et la représentation de petits arbres alignés dans des coupes. Il faut savoir que les œuvres de ce moine retracent surtout la vie à la période Heian (794 à 1191). On peut donc raisonnablement en conclure que cet art apparut au Japon au plus tard en l'an 800.

Au XVIe siècle, la bourgeoisie devenue abondante et la noblesse moins importante, cette première étudia à son tour le raffinement de cet art de vivre. Les bonsaïs à cette époque étaient assez grands si on en juge par les gravures et peintures les représentant. Ils pouvaient s'élever à 1,40 m. Les bonsaïs se dressaient souvent en forme de pyramide, très arqués.

Sous la dynastie Yuan, des ministres et des marchands japonais ramenèrent des arbres dans leur pays. Cependant cet art ne fut réellement intégré à la culture japonaise que lorsqu'un fonctionnaire chinois, Chu Shun-sui, fuyant la domination mandchoue en 1644, emporta sa collection avec lui. Il initia ainsi quelques Japonais à la culture des futurs arbres en pot appelés bonsaï.

Le XVIIe siècle fut l'époque des grandes créations. Citons au passage la villa impériale de Katsura (une ville située à 30 km au nord de Tokyo). L'art du bonsaï (ou Pun-saï) gagna une popularité encore plus étendue durant toute l'époque d'Edo, qui se confirma au XVIIIe siècle[3]. Cependant, les principaux styles étaient déjà connus des éleveurs de l'époque. Le choix des arbres se portait sur un grand nombre de conifères et d'arbrisseaux couramment utilisés par ailleurs. Les bonsaïs étaient installés dans des grands vases en céramique, finement travaillés, aux couleurs vives et brillantes, ce qui donnait une véritable allure à ces arbustes de l'époque.

Au XIXe siècle, après la chute du gouvernement féodal en 1868, le pays ouvrit les portes d'une ère nouvelle. Le Japon tout entier, n'étant plus limité à lui-même, se tourna vers l'Occident. De ce fait, les échanges commerciaux se firent plus nombreux. Ainsi, les voyageurs et les grands collectionneurs transportèrent du Japon une moisson de plantes et d'arbustes peu connus. Le grand siècle de l'exotisme fit connaître les bonsaïs en Europe. Ces arbustes souvent centenaires et plus, se transmettaient en héritage comme un bien précieux et symbolisaient pour les Européens le raffinement nippon. Vu la patience requise pour sa taille et son entretien, le bonsaï devient, à partir de l'ère Meiji (1868-1912), le passe-temps favori des hommes du troisième âge qui disposaient de suffisamment de temps libre[3].

Pendant longtemps les bonsaïs furent réservés aux classes dominantes, féodales et religieuses, appréciant surtout les bonsaïs colorés. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas et bon nombre de Japonais s'adonnent à la culture des bonsaïs, renouant ainsi avec les traditions ancestrales. De nos jours, les majestueux bonsaïs centenaires ne sont plus exportés et restent gardés au Japon. Ils font partie du patrimoine national, légués de père en fils. Les bonsaïs font l'objet d'un commerce très florissant au Japon. Mais aujourd'hui les Japonais ne sont plus les seuls à les cultiver.

La première exposition nationale de bonsaïs à Tokyo date de 1914. La culture des bonsaïs n'a été reconnue comme art au Japon qu'en 1934. Depuis lors, une exposition annuelle se déroule au musée d'Art de la capitale.

En Europe, les bonsaïs ont été introduits pour la première fois, lors de la troisième exposition universelle de Paris, en 1878, puis dans une exposition privée en 1909 à Londres. La première allusion aux bonsaïs a été faite par Paul Sédille dans la Gazette des Beaux-Arts de septembre 1878. En 1902, Albert Maumené publiait le premier essai sur les bonsaïs[4]. En 1904, une approche un peu plus sérieuse a été faite par Henri Coupin. On peut constater sur des documents d'archives que les bonsaïs avaient des formes absolument différentes des bonsaïs modernes. Leur codification actuelle date d'après la dernière guerre mondiale, et a été principalement répandue par John Naka.

En Europe, si la culture d'arbres en pot existait déjà au Moyen Âge (cf. les orangeraies), on n'avait encore jamais tenté de recréer la nature à une si petite échelle. Il n'y a d'ailleurs que de lointains rapports entre les deux types de culture. On ne peut pas non plus voir les bonsaïs comme un art topiaire, bien que les bonsaïs, vietnamiens principalement, guidés dans leur croissance par des fils métalliques, aient à une époque représenté des formes animalières.

Aux États-Unis, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, des bonsaïs furent importés massivement du Japon. À partir de 1965, les bonsaïs furent importés en grande quantité en Europe par Gerritt Lodder, aux Pays-Bas, puis par P. Lesniewicz, en Allemagne. Il fallut quelques années, et la participation de Rémy Samson pour voir les bonsaïs faire leur apparition en France, où il connurent un succès marqué, au milieu des années 1980.

Techniques[modifier | modifier le code]

Le plant d'arbre (ou d'arbuste) est miniaturisé et modelé par l'homme au moyen de différentes techniques : coupe de la cime (bourgeons apicaux), régulation des apports nutritifs (eau, dosage des engrais), coupe régulière des racines et branches.

Les feuilles (ou aiguilles des conifères) des arbres sont également nanifiées (miniaturisée) : notamment par des défoliations partielles ou complètes, le pinçage (coupe de bourgeons terminaux ou chandelles), un contrôle des conditions d'ensoleillement et une limitation des nutriments azotés.

La forme des branches est modelée typiquement par la taille (coupe régulière des bourgeons et des débuts de branche), par des techniques de ligature des branches (tuteur métallique ou ficelle) et par l'orientation du pot (favorisant la croissance dans une certaine direction). Par exemple, la croissance dans un pot très incliné donnera l'apparence naturelle d'un arbre penché (battu par le vent), une fois le pot remis à l'horizontale.

Le pied de l'arbre (nebari) est modelé par exemple par des techniques de taille des racines (ou d'incision du tronc), le déterrage des racines supérieures, le choix d'orientation (implantation) du végétal dans un nouveau pot. La racine pivot peut être coupée ou bien un caillou enterré sous le pied de l'arbre, afin de forcer la croissance des racines vers la surface.

Le bois des branches mortes, l'écorce et les cicatrices de coupe peuvent également être sculpté (voire teinté), afin d'imiter les couleurs et formes naturelles des vieux arbres.

Les fleurs et les fruits de ces arbres sont de taille relativement normale. La fructification d'un bonsaï est contrôlée (coupe, tuteur, nutriments), afin de limiter l'affaiblissement de l'arbre et le risque de casse de branches, en raison de fruits trop gros et nombreux par rapport à la taille de l'arbre.

La qualité du substrat, la « terre du bonsai », permet de contrôler les apports nutritifs, les risques de maladie et la croissance racinaire. Le substrat doit faciliter le drainage de l'eau (éviter le pourrissement des racines), l'aération des racines et la rétention d'eau.

Classification[modifier | modifier le code]

Les dimensions[modifier | modifier le code]

Les bonsaïs sont habituellement groupés en trois catégories, selon leur dimensions ; de nombreux noms japonais distinguent avec précision les différents paliers, mais on les classe souvent d'après « le nombre de mains » qu’il faut pour les transporter, ainsi :

  • Mame ou Shôhin : bonsaï à une main (jusqu'à 13 cm pour les Mame, et jusqu'à 23 cm pour les Shôhin), souvent très fascinant pour l’amateur ; on parle souvent de « mini-bonsaï ». Cette taille restreint de manière importante le nombre des variétés qui sont susceptibles d’être travaillées en mame : de trop grandes feuilles qui seraient difficilement réductibles donneraient à l’arbre une disproportion inesthétique (quelques variétés répandues : Buxus, Lonicera nitida, Acer palmatum, Pinus pentaphylla, Ulmus parvifolia, Juniperus chinensis, et Serissa, Carmona, Portulacaria).

La culture est plus délicate que pour un arbre plus grand : le pot à bonsaï étant de petite taille, la terre va s’assécher très rapidement et demander des soins constants, en été par exemple, où plusieurs arrosages quotidiens sont nécessaires.

  • Kotate-mochi ou Komono : bonsaï à deux mains, de 15 à 60 cm, jusqu’à 30 cm, puis Chūmono jusqu’à 60 cm, est sans doute le plus répandu parmi les amateurs ; sa taille permet de travailler sa structure et sa ramification avec beaucoup plus de finesse, et ainsi donne plus de liberté créatrice au bonsaïka (pratiquant de l'art du bonsaï). À peu près toutes les variétés conviennent à cette catégorie.
  • Ômono: bonsaï à quatre mains (il faut en effet deux personnes pour porter ces grands bonsaïs), de 60 cm à 1,20 m voire plus, était autrefois au Japon un signe de la prospérité du propriétaire ; aujourd’hui, il reste un bonsaï imposant, et souvent vénérable par son âge.

Les styles[modifier | modifier le code]

Les bonsaïs généralement vendus dans la grande distribution possèdent, du fait de leur mode de production, un défaut majeur : outre les grosses plaies souvent inaltérables, ils se ressemblent tous, et il serait difficile de penser art à propos de végétaux cultivés de manière non pas individuelle mais en masse. Il existe une classification des bonsaïs en fonction de la forme qui leur est donnée.

Bien souvent un bonsaï fait partie de plusieurs styles distincts, il n’existe aucune règle rigide dans la création d’un bonsaï du point de vue esthétique.

La création des styles renvoie constamment aux formes des arbres dans la nature ; les professionnels conseillent d’ailleurs de ne pas s’inspirer de la forme d’autres bonsaïs, mais directement des arbres dans la nature.

Le bonsaï ne cherche pas le mimétisme avec la nature, mais l’évocation en miniature de la puissance de l’arbre : il doit posséder l'essence d’un grand arbre.

Les styles ne sont pas classés par ordre d'importance, cela étant sujet à controverse ; néanmoins, les premiers styles sont les plus courants.

Chokkan[modifier | modifier le code]

Bonsai streng aufrechte Form.svg

Tronc droit formel. Très apprécié des puristes, la ligne que dessine le tronc est difficile à obtenir, il doit en effet être conique tout en restant parfaitement droit.

Tachiki[modifier | modifier le code]

Bonsai locker aufrechte Form.svg
Psidium littorale var. longipes style Tachiki — BBG

(ou Moyogi) Tronc droit informel. Le tronc révèle quelques courbes, il est parfois le résultat d’un Chokkan raté ; néanmoins, l’arbre peut être très esthétique.

Shakan[modifier | modifier le code]

Bonsai geneigte Form.svg

Tronc incliné comme penché par le vent, situation observables dans les régions côtières.

Kengai[modifier | modifier le code]

Bonsai Kaskaden-Form.svg

Tronc en cascade, il retombe en dessous du pot. De nombreux arbres poussant à flanc de montagnes donnent l’impression de « tomber dans le vide ».

Han-Kengai[modifier | modifier le code]

Bonsai Halbkaskaden-Form.svg

Tronc en semi-cascade ; en général, le sommet de l’arbre le plus bas ne dépasse pas le bord du pot. On voit dans certains cas un autre sommet qui monte mais reste cependant assez bas.

Bankan[modifier | modifier le code]

Bonsai Bankan-Form.svg

Tronc tortueux s’enroulant sur lui-même en torsade. C’est l’image que les gens se font des bonsaïs, en France du moins : « un arbre qui souffre », il est vrai qu’il s’inspire des arbres qui ont eu des difficultés dans leur croissance.

Bunjingi[modifier | modifier le code]

Bonsai Literaten-Form.svg

dit style du lettré, du fait que ses créateurs étaient des personnages de l'aristocratie : ce style se distingue fortement des autres : le tronc mince reste dénudé sur une grande partie avant de montrer quelques masses de feuillages uniquement dans la partie aérienne. L’ensemble donne une impression de légèreté et une grande élégance. En France, on peut le comparer au pin sylvestre ou au pin laricio de Corse.

Hôkidachi[modifier | modifier le code]

Bonsai Besen-Form.svg

En forme de balai, le tronc droit distribue tout le feuillage à partir du même point (situé au tiers ou à la moitié de l’arbre). Le feuillage se répand de part et d’autre dessinant un rond ou un ovale. Le Zelkova carpinifolia (ou Zelkova serrata) est l'arbre représentatif de ce style dans la nature, ainsi on le traite souvent en bonsaï, sa ramification fine met en valeur ce style en hiver.

C'est un style que l'on peut aisément associer aux arbres solitaires présents dans les prés, qui profitent de l'espace pour s'élargir.

Fukinagashi[modifier | modifier le code]

Bonsai windgepeitschte Form.svg

Battu par le vent, à la différence du Shakan, les branches et le tronc expriment un même mouvement. C'est le seul style pour lequel on admet que les branches croisent le tronc.

C'est un style que l'on peut associer aux arbres du bord de mer ou de hautes montagnes, battus par des vents forts qui arrachent les branches et même l'écorce des zones les plus touchées.

Neagari[modifier | modifier le code]

Bonsai Wurzelstamm-Form.svg

Les racines sont exposées au-dessus du niveau de terre.

Acer de style Sekijojû

Sekijojû[modifier | modifier le code]

Bonsai über-Felsen-Form.svg

Les racines enserrent la roche avant de plonger dans la terre. Situation observable à l'état naturel en montagne où l'arbre a poussé sur une pierre et ensuite l'érosion a progressivement mis ses racines à nu.

Ishitsuki[modifier | modifier le code]

Bonsai-auf-Felsen-Form.svg

L'arbre (ou les arbres) est planté dans la roche (celle-ci contient de la terre). Ce style représente les îlots rocheux qui bordent les côtes du japon.

Sabamiki[modifier | modifier le code]

Tronc fendu et déchiré

Sharimiki[modifier | modifier le code]

Tronc écorcé à la façon des arbres soumis à des catastrophes naturelles.

Nejikan[modifier | modifier le code]

Le tronc partiellement tortueux, parfois enroulé sur lui-même comme le fait le grenadier dans certains cas.

Takozukuri[modifier | modifier le code]

Le tronc et les branches sont sinueux. Peut s'apparenter au style dit "du Burton".

Bonkei ou Saikei[modifier | modifier le code]

Paysages miniatures.

Troncs multiples[modifier | modifier le code]

Nom donné en fonction du nombre de troncs : 1 : Tankan, 2 : Sokan, 3 : Sankan, 5 : Gokan, 7 : Nanakan, 9 : Kyukan, + de 9 : Tsukami-Yose. Les spécificités sont :

  • Kabudachi : Troncs groupés sur une racine.
  • Kôrabuki : Troncs groupés sur une souche en forme de carapace de tortue.
  • Nestsunagari : Plusieurs troncs sortent d’une racine sinueuse. Les ormes créent souvent cet aspect dans la nature.
  • Ikadabuki :
Bonsai Floss-Form.svg

Tronc en radeau, l’arbre, couché par terre crée de nouveaux troncs avec ses branches. Représente un arbre tombé qui repart sur ses branches pour en faire ses nouveaux troncs, situation facilement observable dans les forets de feuillus.

  • Plantations de groupes :
Bonsai Wald-Form.svg

Nom donné en fonction du nombre d’arbres : 2 : Soju, 3 : Sambon Yose, 5 : Gohon Yose, 7 : Nanahon Yose, 9 : Kyuhon Yose, + de 9 : Yose-ue. C'est le style le plus difficile à réaliser car il faut créer un ensemble et non un individu.

Âge des bonsaïs[modifier | modifier le code]

Les bonsaïs peuvent atteindre un âge très respectable. Le plus vieux bonsaï connu serait un Pinus parviflora, datant de l'an 1500, et toujours visible au Takagi Bonsai Museum de Tokyo.

Au fil des années, les techniques ont évolué, ce qui permet à l'amateur de changer la hauteur et la direction de la croissance de l'arbre, et dans certains cas de nanifier le feuillage de la même façon que l'arbre. Aujourd'hui, la culture des bonsaïs est un art : de la sculpture vivante. Il y a certaines formes classiques et traditionnelles que l'on peut trouver et suivre.

Commerce des bonsaïs[modifier | modifier le code]

Exposition de bonsaïs en Chine.

Il existe deux filières de production distinctes pour les bonsaïs :

  • la production de masse en provenance d'Asie, qui alimente les supermarchés européens en petits arbres peu onéreux. Les Anglo-Saxons les surnomment péjorativement « Mall-Saï », c’est-à-dire bonsaïs de supermarché ;
  • la production provenant de quelques pépinières de luxe ou d'artisanat local, où les arbres sont nettement plus chers mais beaucoup plus beaux également. Les amateurs fortunés peuvent débourser jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour un beau sujet.

Au Japon, les bonsaïs sont notamment produits dans l'arrondissement Ōmiya-ku à Saitama au nord du grand Tokyo, et dans le quartier Kinashi à Takamatsu[5].

Exposition[modifier | modifier le code]

Chaque année a lieu à Tokyo au musée d'art métropolitain de Tokyo la Kokufū bonsai ten (国風盆栽展?), où sont exposés les plus beaux bonsaïs du monde. Lors de ce genre d'exposition, les bonsaïs sont souvent présentés, associés à un kusamono. Dans de nombreux pays, les fédérations nationales organisent un congrès annuel où les amateurs et les professionnels peuvent venir présenter leurs œuvres.

Espèces utilisées[modifier | modifier le code]

Contrairement à certaines idées reçues, les bonsaïs ne sont pas obtenus à partir d'arbres spécifiques. Un bonsaï peut être créé à partir de n'importe quelle essence d'arbre ou d'arbuste. Mais certaines espèces sont plus couramment utilisés, notamment les essences d'arbres à petites feuilles à l'état naturel, qui seront donc plus simples à nanifier que les autres. Les essences les plus classiques sont les pins noirs japonais (Pinus thunbergii), les pins à cinq aiguilles (Pinus pentaphylla ou Pinus parviflora au Japon), les genévriers (Juniperus chinensis var. Sargentii), les ormes de Chine et les érables japonais.

Espèces rustiques les plus courantes[modifier | modifier le code]

Forêt d'érables japonais (Acer palmatum).
Forêt de Ginkgo biloba.
Bonsaï de pin blanc du Japon (Pinus parviflora).
Bonsaï de Pinus.

Bonsaïs d'orangerie[modifier | modifier le code]

Ces bonsaïs requièrent une protection hors gel en hiver.

Bonsaïs de serre chaude[modifier | modifier le code]

Bonsaï de Crassula ovata

Ces arbres requièrent un local où la température ne descend pas en dessous de 10 °C en hiver.

Photographies[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La forme bonzaï a été introduite dans la 9e édition du Dictionnaire de l'Académie française
  2. a et b .Mots nature, Tinka Kemptner.
  3. a, b et c Le bonsaï, une passion qui gagne le monde, Nippon.com, le 21 juin 2015
  4. Formation des arbres nains japonais
  5. Francesca Alongi, « Voyage initiatique à Kinashi, le pays des bonsaïs », Le Figaro, le 2 mars 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédérique Dumas, La Taille japonaise en pratique, Le Souffle d'Or.
  • Benoît Grandjean, La connaissance du bonsaï en 3 tomes, Édisud.
  • Isabelle Santoni, Les Bonsaï, Coll. Les pratiques du jardinage, Paris, Larousse, 1990, 128p.
  • Isabelle et Rémi Samson, Comment créer et entretenir vos bonsaï, Larousse, (ISBN 978-2-03-560428-6), 192p.
  • Paul Lesniewicz - Bonsai d'intérieur, titre original Bonsai für die Wohnung, éditeur BCH : Bonsaï Centrum Heidelberg ; (ISBN 3-9800345-8-5)
  • Le monde des Bonsaï, grand volume de 134 reproductions photographiques en couleur, aux éditions Erscher.
  • Ulrich Dietiker, Bonsaï, arbres nains japonais, Editions Payot Lausanne, 96 p. (ISBN 2-601-02097-0)
    Petit atlas Payot Lausanne n°97 – 98. Dessins au trait : Ulrich Dietiker, Rédaction : Christian Bachmann, Traduit de l’allemand par Fernand Gay

Liens externes[modifier | modifier le code]