Penjing

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Un Penjing dans le musée national américain du Bonsaï et du Penjing

Le Penjing (Pun Ching ou Punsai) est un terme chinois qui signifie littéralement « pot et paysage ». L'art du Penjing est un ancien art chinois consistant à faire pousser des arbres et des plantes dans des pots tout en recréant un paysage. Il est à l'origine des bonsaï japonais, plus connus.

Le Penjing existerait depuis le IIe siècle mais il s'est surtout développé à l'époque de la dynastie Tang (618-907)[1].

Historique[modifier | modifier le code]

La culture des plantes en pots commence en Égypte il y a environ 4 000 ans, essentiellement pour des raisons pratiques, d'utilité et de mobilité. Les Grecs, Babyloniens, Perses et Indiens copièrent la technique. Les Chinois furent les premiers à cultiver des arbres en pot dans un but esthétique, à l'ère de la dynastie des Han (-206 à 220). À cette époque on ne parlait pas encore de bonsaï mais de penjing (pénjǐng 盆景) (représentation d'un paysage dans une coupe). Peu après, sous la dynastie Qin (220 - 581) apparaissent les pensai (盆栽 pénzāi) (arbre unique dans une coupe).

Pour preuve de l'existence de cet art à cette époque, des archéologues ont découvert, en 1971, dans la tombe du prince Zhang Huai décédé en 705, sous la dynastie Tang (618 à 907), une fresque peinte sur les parois de sa tombe. Celle-ci représente deux valets portant, l'un un paysage en miniature et l'autre un vase en forme de lotus contenant un arbre avec des feuilles vertes et des fruits rouges.

L'art du bonsaï gagna le Japon aux environs des VIe et VIIe siècles avec les moines, qui amenèrent aussi le bouddhisme. Cet événement est confirmé par le célèbre rouleau du moine bouddhiste Honen Shonin de la période Kamakura (1192 à 1333), la représentation de petits arbres alignés dans des coupes. Or il faut savoir que les œuvres de ce moine retracent surtout la vie à la période Heian (794 à 1191). On peut donc raisonnablement en conclure que cet art apparut au Japon au plus tard en l'an 800.

Sous la dynastie Yuan (1279 à 1368), des ministres et des marchands japonais vont ramener des arbres dans leur pays. Cependant cet art ne sera réellement intégré au Japon que lorsqu'un fonctionnaire chinois, Chu Shun-sui, fuyant la domination mandchoue en 1644, emportera sa collection avec lui. Il initiera ainsi quelques Japonais à la culture des futurs arbres en pot appelés bonsaï.

Penjing dans les jardins du Musée de Suzhou.

Différence entre l'art du Bonsaï et du Penjing[modifier | modifier le code]

À la différence du bonsaï, qui est un arbre solitaire ou une forêt en pot, le penjing évoque plutôt un paysage grâce à divers éléments associés aux arbres, comme des pièces d’eau, des pierres ou des figurines.

Dans l'école chinoise, plus patiente, les arbres sont moins travaillés que dans l'école japonaise. La ligature, qui ne date que de 1890 au Japon, n'est pas ou peu utilisée. La forme des branches n'est modifié essentiellement que par la taille, ce qui demande plus de temps pour obtenir des résultats presque identiques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'art du penjing sur le site du jardin botanique de Montréal.