Cognassier de Chine

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Chaenomeles sinensis

Le cognassier de Chine (Chaenomeles sinensis[1]) est un arbre de la famille des Rosaceae, originaire des provinces du Sud-Est de la Chine (Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hebei, Hubei, Jiangsu, Jiangxi, Shaanxi, Shandong et Zhejiang) où il pousse jusqu'à 1 000 mètres d'altitude.

En chinois, cet arbre et son fruit se nomment 木瓜, mùguā (morph. « courge ligneuse »), terme polysémique désignant aussi 1) le genre Chaenomeles : les arbres de ce genre sont appelés communément mugua 2) le papayer (Carica papaya) et son fruit (voir l’entrée 木瓜 dans le wikipedia chinois).

En japonais, elle se dit karin (カリン?), du chinois 花梨, huālí (morph. « Poirier à fleurs »). Cette appellation, avec la même étymologie est également donné à Pterocarpus indicus en Japonais.

Étymologie et histoire de la nomenclature[modifier | modifier le code]

Le nom de genre Chaenomeles vient du grec χαίνω chaïnen, se fendre et μηλέα mêlea, pommier. John Lindley croyait, d’après les écrits de Carl Peter Thunberg, que le fruit éclatait en cinq divisions. Ce qui n’arrive que très rarement.

L’épithète spécifique sinensis est dérivé du latin sina « Chine » et du suffixe -ensis « originaire de », ce qui donne « originaire de Chine ».

Les plantes du genre Chaenomeles Lindley font partie de la sous-famille des Maloideae (dans la Classification de Cronquist, 1981), en compagnie des cognassiers (Cydonia), des Crataegus, Amelanchier, des pommiers (Malus) et des poiriers (Pyrus) etc.

La première description revient à André Thouin (1747-1824), botaniste au Muséum national d’histoire naturelle, publiée en 1812 dans les Annales du MNHN[2]. Il appela l’espèce Cydonia sinensis Thouin, (son basionyme). En 1890, le botaniste prussien Koehne, la reclassa dans le genre Chaenomeles.

Synonymes[modifier | modifier le code]

D'après Tropicos[1], les synonymes sont :

  • Pseudocydonia sinensis (Thouin) C.K. Schneid
  • Cydonia sinensis Thouin (basionyme)
  • Pyrus cathayensis Hemsl.
  • Pyrus sinensis (Thouin) Spreng.
  • Pyrus chinensis Spreng.

Description[modifier | modifier le code]

Le cognassier de Chine est un arbre originaire de Chine de 5 à 10 m de hauteur[3].

Sa belle écorce brun foncé se détache par plaques à la manière du Lagerstroemia.

Ses feuilles simples, alternes, elliptiques-ovales, brillantes mesurent de 5 à 8 cm de long et 3 à 5 cm de large. Les marges sont serretées. Elles se renouvellent totalement sous la poussée des nouveaux bourgeons et prennent de très belles couleurs rouge orangé à l'automne.

Ses petites fleurs solitaires de 2 à 3 centimètres de diamètre à 5 pétales roses apparaissent à la mi-printemps. Leur nectar est très apprécié des abeilles.

Elles donnent de gros fruits (de 10 à 18 cm de long) jaune foncé ovales très aromatiques. Ils sont comestibles mais ligneux et astringents et demandent donc à être cuits avant d'être consommés.

Culture[modifier | modifier le code]

Rustique (-20 °C, Zone USDA 6), le cognassier de Chine a besoin de plein soleil au printemps précédé d'une saison froide pour bien fructifier. Il est peu cultivé en Europe où on lui préfère le cognassier du Japon plus résistant.

Se propage par semis de graines fraîches à l'automne ou par marcottage.

Cultivars[modifier | modifier le code]

  • 'Chino': gros fruit vert blanchâtre parfumé contenant peu de graines. Auto-stérile.
  • 'Dragon Eye': fruit jaune de taille moyenne. Auto-stérile.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Un cognassier de Chine formé en bonsaï.
  • Alimentaire

Le « coing de Chine » peut être utilisé de la même manière que le coing (fruit du Cydonia oblonga) pour faire des confitures et des marmelades.

Très aromatique, le fruit peut être utilisé en pot-pourri.

  • Médicinales

Les coings de Chine sont riches en proanthocyanidols (tanins condensés). Ils contiennent plus de procyanidols fortement polymérisés que le coing, lui-même riche en dérivés de l'acide hydoxycinnamique. Les polyphénols montrent une activité antivirale contre le virus de la grippe[4].

Ils sont traditionnellement utilisés en Chine sous forme de boissons pour traiter les "maladies de la gorge" et au Japon il entre dans la composition de sirop contre les maux de gorge. En Corée, ils servent à traiter l'asthme et la tuberculose.

  • Ornementale

L'espèce est parfois utilisée en bonsaï.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Référence Tropicos : Chaenomeles sinensis (Thouin) Koehne (+ liste sous-taxons)
  2. Référence Biodiversity Heritage Library : 3499343#page/171 3499343#page/171
  3. (en) Référence Flora of China : Chaenomeles sinensis (Thouin) Koehne
  4. Sawai R, Kuroda K, Shibata T, Gomyou R, Osawa K, Shimizu K., « Anti-influenza virus activity of Chaenomeles sinensis », J Ethnopharmacol., vol. 118, no 1,‎ , p. 108-12 (lire en ligne)

Liens internes[modifier | modifier le code]

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