Battling Siki

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Battling Siki
Description de cette image, également commentée ci-après
Battling Siki
Nom de naissance Amadou Mbarick Fall
Naissance
Saint-Louis
Drapeau de la France Afrique-Occidentale française
Décès (à 28 ans)
New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité franco-sénégalais
Profession
Distinctions
Champion du monde poids mi-lourds(1922)
Champion d'Europe
Champion de France
Croix de guerre
Médaille militaire

Amadou (ou Louis) Mbarick Fall appelé Battling Siki est un boxeur franco-sénégalais né le 16 septembre 1897 en France à Saint-Louis (actuel Sénégal) et mort le 15 décembre 1925 à New York. À 25 ans, il fut le premier Africain à devenir champion du monde.

Identité[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative à Saint-Louis

Ses divers noms illustrent bien la difficulté pour un Africain à produire un état civil officiel au début du XXe siècle, bien qu'en 1897, année de sa naissance, les personnes nées à Saint-Louis — comme à Dakar, Gorée et Rufisque (les « Quatre Communes ») — bénéficiaient de la citoyenneté française, alors que les autres habitants de la colonie avaient un statut d'indigènes.

Il est né avec les prénom et nom Baye Fall, puis il changea son prénom et devint Louis Fall. L'orthographe de son nom de famille changera parfois en Louis Phal. On lui attribue également ce prénom et nom : Amadou M'Barick Fall. Mais il sera connu surtout par son surnom « Battling Siki ». Le nom de Siki serait la déformation du terme Siggil! qu'il lançait aux boxeurs qu'il entraînait et qui veut dire en wolof (sa langue maternelle), « Relève la tête ! ».

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Adolescent, il plongeait du haut d'une falaise pour aller chercher dans la mer les pièces de monnaies jetées par les Français. Il est remarqué par une danseuse hollandaise qui lui propose de l'emmener vers l'Europe. C'est en France qu'il fait escale. Il prendra son indépendance en lavant la vaisselle. Puis à 14 ans, il commence sa carrière dans la boxe.

Sa carrière[modifier | modifier le code]

Elle commence entre 1912 et 1914 avec 16 combats (8 victoires, 6 nuls, 2 défaites). La Première Guerre mondiale va interrompre sa carrière. Incorporé comme soldat au 8e régiment d'infanterie coloniale, il y recevra la médaille militaire et la croix de guerre. Il reprend les gants de boxe en 1919. Entre novembre 1919 et 1922, il remporte un total de 43 victoires, contre 2 nuls et 1 défaite.

François Deschamps, qui est le manager de Georges Carpentier, boxeur préféré des Français et dernier champion du monde, propose, en 1922, une rencontre au stade Buffalo de Montrouge devant 40 000 personnes. Le combat se termine au 6e round par un uppercut du droit du boxeur franco-sénégalais. L'arbitre disqualifie Battling Siki, puis, sous la pression de la foule, accepte de donner la victoire près de 20 minutes plus tard. Deschamps fera appel le 26 septembre, mais sera débouté. Battling Siki ayant fait perdre beaucoup d'argent aux parieurs de mèche avec les promoteurs de ce match, Battling Siki est ostracisé et sera finalement exclu de la Fédération française de boxe[1]. Ce combat est le premier élu Surprise de l'année Ring Magazine.

Siki en Irlande avec Eugene Stuber.

Battling Siki remet en jeu son titre face à Mike McTigue en Irlande. Il sera déclaré vaincu après 20 rounds âprement disputés, ce qui fit dire qu'il perdit à cause d'un arbitrage « à domicile ».

Par la suite, il perd ses titres de champion d'Europe et de France par disqualification contre Émile Morelle [2],[3],[4]

Il gagne encore deux combats par KO, puis part aux États-Unis où il perd deux combats successifs en novembre et décembre 1923. Il perdra l'un de ses derniers combat en 1925 par KO technique contre Paul Berlenbach[5].

Sa vie[modifier | modifier le code]

Elle ressemble à celle de beaucoup de personnes de couleur qui ont connu la gloire malgré les préjugés de l'époque.

Battling Siki devra subir des insultes racistes :

« beaucoup de journalistes ont écrit que j’avais un style issu de la jungle, que j’étais un chimpanzé à qui on avait appris à porter des gants. Ce genre de commentaires me font mal. J’ai toujours vécu dans de grandes villes. Je n’ai jamais vu la jungle. »

On lui reprochera d'aimer l'alcool et les femmes blanches. Il se mariera avec deux femmes occidentales, ce qui était très mal vu à cette époque.

Une fin tragique[modifier | modifier le code]

Les journaux ne s'intéressent plus qu'à ses frasques. Le 15 décembre 1925, M'barick Fall « Battling Siki », qui était sorti en disant à sa femme qu'il allait « faire un tour avec des amis » est retrouvé mort, au pied d’un immeuble de la 41e rue, dans le quartier de Hell's Kitchen, près de chez lui. Il a été abattu de deux balles dans le dos, tirées de près. Il n’avait que 28 ans.

Sa femme Lilian dira :

« a good boy, he was just mischievous. He would never harm anybody »

« Un bon garçon, il était juste facétieux. Il ne voulait de mal à personne. »

Georges Carpentier :

« Il est dommage qu'un athlète possédant un talent aussi magnifique ait trouvé une telle fin. Le temps est passé où les boxeurs peuvent céder à la beuverie, la bombance et être des champions. J'espère seulement que le destin du pauvre Siki sera une leçon pour les aspirants pugilistes. »

En 1993, les ossements de Battling Siki auparavant entreposés dans une fosse commune de New-York sont rapatriés au Sénégal à l'initiative de José Sulaimán, alors président de la World Boxing Council (WBC)[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Timothée Jobert, Champions noirs, racisme blanc. La métropole et les sportifs noirs en contexte colonial (1901-1944), Presses universitaires de Grenoble, , 230 p.
  2. Le Journal Derniéres sportives, (lire en ligne)
  3. Le Journal : Vie sportive - Boxe - la rentrée de Siki, (lire en ligne)
  4. Le Journal : Siki battu par une disqualification, (lire en ligne)
  5. « Battling Siki », sur boxrec.com (consulté le 14 août 2018)
  6. « Les étoiles noires du sport (2/5) : Battling Siki, un éclair puis la nuit », sur lequipe.fr (consulté le 14 août 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Peter Benson, Battling Siki: A Tale of Ring Fixes, Race, and Murder in the 1920s, University of Arkansas Press, 2006, 420 p. (ISBN 155728816X)
  • Jean-Marie Bretagne, Battling Siki, Éditeur Philippe Rey, coll. À Tombeau Ouvert, 2008, 220 p. (ISBN 2848761091)
  • Herman Grégoire, Le Boniment de Battling Siki, illustré par Raymond Gid, éditions Guy Lévis Mano, 1934, tiré à 213 ex., 8 p.
  • Aurélien Ducoudray, Championzé. Une histoire de Battling Siki, champion du monde de boxe, 1922. Futuropolis, 2010. (ISBN 9782754802482)
  • Grégoire Fauconnier et Naïl Ver Ndoye, Noir, entre peinture et histoire, Omniscience, 2018, 244 p. (ISBN 979-1097-502003).

Liens externes[modifier | modifier le code]