Toucouleurs

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Toucouleurs
Description de cette image, également commentée ci-après
Femme Toucouleur du Sénégal
Populations significatives par région
Population totale env.
Autres
Langues Peul
Religions Islam
Ethnies liées Peuls

Les Toucouleurs sont une population de langue peule en Afrique de l'Ouest, vivant principalement dans le nord du Sénégal (où ils représentent 26 % de la population, dans la vallée du fleuve Sénégal), en Mauritanie, en Guinée (Dinguiraye) et au Mali.

Même s'ils sont souvent présentés comme un groupe ethnique, il ne s'agit pas, selon l'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ, d'une ethnie, mais plutôt « d'un ensemble culturel assez homogène du Sénégal et de Guinée (ancien royaume de Fouta-Toro) , islamisé et foulaphone (c'est-à-dire parlant peul) »[1]. En résumé ce sont des Peuls métissés.Les Toucouleurs sont issus du métissage entre les peuls et d'autres groupes ethniques (Malinkés, Sérères, Wolofs), à l'époque de Koli Tenguella le terme Haal Pular désignait uniquement les Toucouleurs qui étaient considérés par les peuls nomades comme un sous groupe non peul mais qui pratiquait la langue le "pular" d'où la désignation Haal Pular (qui parle le Pular).

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe de très nombreuses variantes : Foutanké (variantes Foutankoré, Futankobé), Futatoro (Futa Toro), Haal Pulaaren (Haalpulaar, Haal Pulaar, Halpular, Hal Pular, Haalpulaaren), Pulaar, Takruri (Tekarir, Tekrourien, Tekrour, Tekruri, Tukri, Tokoror), Torado (Torodo), Toucouleurs (Tuculeur, Tokolor, Toucouler, Tukuler, Tukuleur, Tukuloor, Tukulor, Turkylor)[2].

Le nom « Toucouleur » est la déformation du mot Tekrour, le nom d'origine du royaume qu'ils ont fondé, le Tekrour. Dans ce nom « Toucouleur », cette population a trouvé un statut juridique territorial et une identité stable, donnés par l'administration coloniale française de la fin du XIXe siècle. Ils se définissent Haalpulaar'en (ceux qui parlent le pulaar, au singulier Haalpulaar) et Foutankobé (ceux qui habitent le Fouta).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire toucouleur.

Selon Cheikh Anta Diop, les purs Toucouleurs seraient originaires de la vallée du Nil. Ils sont eux-mêmes à l'origine de l'ancien royaume du Tekrour. Leur nom français est une déformation du nom de ce royaume.

Femmes toucouleures du Boundou (gravure de 1890)

Les Toucouleurs, qui sont une branche des Peuls, qui ont cohabité auprès des Sérères, mais ils ont aussi vécu auprès d'autres ethnies : Wolofs, Soninkés, Maures, etc.

Les Toucouleurs ont créé l'État du Fouta-Toro avec les Peuls, ainsi que le royaume du Boundou au Sénégal, et sont à l'origine de l'empire peul de Sokoto au Nigeria actuel fondé par Usman dan Fodio, dit Torodo qui était toucouleur.

On trouve également quelques familles Toucouleur au Mali dans le cercle de Nioro et au Fouta-Djalon. Les Toucouleurs étaient présents au Cayor – un royaume wolof –, dans la province du Ndiambour, au Baol, et au Saloum où ils sont arrivés par vagues successives en partant du Fouta-Toro, au milieu du XVe siècle, sous la conduite de Ali Elibana Sall, puis à la fin du XVIIIe siècle.

De religion traditionnelle à l'origine, les Toucouleurs ont été convertis par les commerçants musulmans arabo-berbères, venus commercer avec l'empire du Wagadou, au XIe siècle, et les Maures. Les Toucouleurs ont plus tard participé à la guerre sainte que les Almoravides menaient contre l'empire du Ghana.

Avec leur prosélytisme religieux, les Toucouleurs allaient figurer par la suite parmi les plus grands propagateurs de l'islam en Afrique de l'Ouest, par le biais du djihad. Au Fouta-Toro, les Toucouleurs commencèrent leur prise de pouvoir à partir de l'année 1776, qui marque le début de la révolution torodo, avec les marabouts Souleymane Baal et Abdoul Kader Kane, tous deux formés au Daara de Pire Saniokhor au Cayor. Abdoul Kader connut une grande défaite militaire à Bankhoye en allant combattre les troupes wolofs Tiédos dirigés par le damel (roi) du Cayor, Amary Ngoné Sobel Fall, allié au brack (roi) du Waalo, Fara Peinda Tégue Rella Mbodj. Il fut retenu captif à la cour du Damel pendant de nombreux mois avant d'être relâché. Abdul Kader, considéré comme le premier almamy (roi) du Fouta-Toro, délivrera cet État du joug des Maures, qui razziaient les villages du Fouta, à la recherche d'esclaves.

El Hadj Oumar Tall a fondé un empire toucouleur au XIXe siècle sur une partie de l'actuel Mali.

Au milieu du XIXe siècle, Maba Diakhou Bâ, de père toucouleur et de mère wolof, originaire du royaume du Saloum, sous les recommandations de Oumar Tall, mena une guerre sainte au Saloum, et réussit à en annexer quelques provinces. Il prit par la suite le titre d'almamy du Rip, sa province d'origine, où il renomma la capitale du Rip en Nioro du Rip. Il meurt en allant combattre les Sérères du royaume du Sine, dirigés par le Bour Sine, Maat Sine Coumba Ndofféne Famak Diouf.

Population[modifier | modifier le code]

Issus des Peuls, ils se différencient d'eux surtout par leur sédentarité.

Les Toucouleurs sont presque tous musulmans. Ils sont à l'origine de l'islamisation du Sénégal et une grande partie de l'Afrique de l'ouest. La langue parlée est le peul du Fouta-Toro. Ils se nomment eux-mêmes Haalpulaaren, ce qui signifie « ceux qui parlent le pulaar », la langue peul. Leur langue présente toutefois de légères différences avec d'autres dialectes de la langue peul.

Adhérant à 99,99 % à l'islam, la religion est d'autant plus un facteur d'unité de ce peuple d'identités diverses.

Mêmes si les méthodologies ont été différentes, plusieurs enquêtes permettent de tenter une évaluation du nombre de Toucouleurs au Sénégal. En 1921, un recensement en dénombre 1 946 657[3], soit 14,22 % de la population totale. Pour 1948, un annuaire de l'AOF estime leur nombre à 2 994 500, soit 19,90 %[4]. Des statistiques de 1960 portent leur nombre à 3 422 000[5], soit 19,6 %. Au recensement de 1976, les Toucouleurs sont 5 523 990[6], soit 25,6 %. Lors de celui de 1988 ils ne sont pas décomptés séparément, mais réunis aux Peuls et aux Laobés (Haalpulaaren) pour former un groupe de 7 572 510 personnes[7], soit 47,2 %.

Les castes[modifier | modifier le code]

La maison « dite » des Toucouleurs à Bandiagara au Mali

De type patriarcal, la société Toucouleur est très fortement hiérarchisée en treize castes réparties en trois classes[8].

♦ La classe des nobles, appelée RimBes, (Dimo au singulier), constituée par : Les Toorobbe, les Fulbe, les Jaawanbe, les Sebbe et les Subalbe.

  • Les Fulbe (Pullo au sing.) : 

Déniyanké, Seybobbé, Yallalbé, Diawbé, Yirlaabé, Woodaabé, Ururbé, etc. La terre du Fouta est la leurs, ils ont régné durant des années dans tous le Fouta, ils ont le titre de Satigué (à l'origine un titre religieux de la tradition animiste), Joom ou Ardo. Ils ont pour alliés et amis les Sebbe (Ceddo) et Subalbe (Cuballo), la tradition orale indique quatre patronymes originaux : les Bâ, les Sow, les Diallo, les Barry, ayant donné des dérivés. Dans la société Toucouleur, les individus considérés comme étant des Fulbe sont avant toute chose ceux dont l'élevage est le métier. Quelques célèbres Satigué et guerriers Fulbe : Teguéla guédal Ba, Koly Tenguella, Satigue Bouboly Hola Nima Ténguéla Guédal ou Bubu Samba Bubu Awdy Sawa Donde Bocar Yero Koly Tenguéla, la caste des Fulbe serait à distinguer au moyen des patronymes suivants:

· Ba, Barry, Deh, Ka, Dia, Diallo, Niokane, Sow

Les Fulbe Toucouleur seraient d'origine Peul, les patronymes les plus représentés sont Ba, Sow et Diallo.

  • Les Sebbe (Ceddo au sing.) ;

Qui sont des guerriers d'origines diverses, pour certains descendants des soldats Koli Tenguella, les Deniankobé. Ils sont chargés de l'administration et de la défense. Il y a deux catégories de Sebbes, mais il n'y a pas de hiérarchie entre elles. Ils étaient aussi chasseurs, et agriculteurs en temps de paix. Ils étaient à l'origine au plus haut dans la hiérarchie, c'est après la prise du pouvoir par les Toorobé en 1776, qu'ils ont régressé. Malgré cela, ils étaient très indépendants et redoutés des Toorobé qui n'ont jamais pu leur imposer une véritable domination. Les Sebbes étaient connus pour leur fierté et leur intrépidité, ils n'avaient nulle peur de la mort. Belliqueux ils intervenaient dans la plupart des conflits. À l'époque de l'Empire du Djolof, le Buurba Jolof Tyukuli Ndiklam dirigeant de l'empire, installa des gouverneurs Farba, pour son compte, tous d'origine Sebbe, au Fouta-Tooro passé sous domination du Djolof. Koly Tenguella Ba et son groupe Denianke, délivrèrent le Fouta-Toro de l'emprise du Djolof, et les Sebbe gardèrent leur rôle. De religion traditionnelle à l'origine, ils ont selon les uns, été convertis à l'islam de façon pacifique, à une époque où cette religion gagnait de plus en plus d'adeptes. Mais il semblerait qu'ils se soient tournés vers l'islam, pour des raisons politiques, à une époque où le Fouta-Toro était sous le joug des Maures, afin de se concilier ceux-ci. Ils pratiquaient toutefois un islam très superficiel. Ils sont les plus anciens habitants du Tékrour / Fouta. Ils comptent parmi eux le Président Macky Sall du Sénégal, cette caste des Sebbe est rigoureusement partagée en deux fractions constitutives : les Sebbe Kolyaabe et les Sebbe Wurankoobe ou Worgankoobe. En définitive, que ce soit Kolyaabe ou bien Wurankoobe, la caste des Sebbe serait à distinguer au moyen des patronymes suivants:

· Ane, Aw, Ba,Baal, Basse, Baculy, Bajak, Banor, Bekere, Thiam, Thialaw, Thibilaan, Thimbo, Thiongane, Thione, Thioye, Darame, Fall, Faye, Fofana, Ly, Lom

· Gadio, Gasamma, Gaye, Geye, Goloko, Dia, Diako, Diany, Diawara, Diaginte, Diallo, Kadisoko, Kamara, Kely, Kobor, Konté, Lekore, Lo, Lodiane, Lukwar, Nya

· Mangane, Mbaye, Mbenat, Mbenyuga, Meloor, Ndaw, Ndoom, Ndongo, Nguette, Ngalane, Ngayɗo, Ngethiane, Ngilane, Ngom, Ndianor, Ndiaye, Ndiouk, Niang 

· Pam, Jeng, Diaw, Diop, Mbac, Mbooc, Samoure, Sarr, Sakho, Sall, Sambu, Sawadiac, SeD, Seck, Sow, Sonian, Sook, Soumare, Sy, Timbo, Toop, Wade, Wilaan 

Les Sebbe Toucouleur seraient majoritairement d'origine Wolof (Mbaye, Ndiaye, Niang, Ngom...), Peul (Ba, Sow, Diallo, Dia...) et Tekrouri (Aw, Ane, Diaw, Sall...), une infime partie serait Sérère (Sarr, Ndongo, Faye...), Soninké (Kamara, Soumare), Maure (Sy, Jeng, Diany...) et Mandingue (Sambu, Seed...), les patronymes les plus représentés sont Ndiaye, Fall, Ba, Sakho, Sy...

  • Les Tooroɓɓe (sing; Toorodo) ;

Selon toute probabilité, cette caste serait assez récente, car sa formation est souvent confondue avec l'achèvement de l'islamisation du Fuuta-Tooro. Étaient considérés comme Toorodo tous ceux qui étaient instruits en Islam sans distinction de classe. Les Tooroɓɓe se seraient constitués en groupements distincts, à partir du moment où l'Islam, ne rencontrant plus de résistance, avait au contraire soumis toute la population du Fouta à son règne. Or, les militants de l'Islam, venus de tous les horizons sociaux et n'ayant d'autre fonction que celle d'un clergé, par là-même se voyaient reconnaître une certaine autorité par leurs concitoyens. Les premiers militants de l'Islam (seeremɓe) se donnaient d'une certaine manière pour prophètes et prédicateurs, traducteurs des saintes écritures (Coran) et guérisseurs des maladies. Ils étaient également des intercesseurs auprès de Dieu pour en obtenir, entre autres vœux à exaucer, que leur « clientèle » ne tombe par exemple jamais entre les mains impitoyables de l'ennemi, faute de vaincre constamment cet ennemi. Représentant le pouvoir religieux, les Toorobbe se seraient constitués en groupement distinct, à partir du moment où l'Islam, ne rencontrant plus de résistance, avait au contraire soumis toute la population du Fouta à son règne et serait issus de plusieurs ethnies diverses, voici leur patronymes ;

· Aidara, Ane, Any, Aac, Aw, Ba, Baal, Bane, Baro, Basse, Thiam, Thielo, Thioye, Datt, Deh, Deme, Faye, Jeng, Digo, Diop, Gadio, Gaye, Geye, Touré, Sow

· Dia, Diako, Diallo, Diany, Diaw, Ka, Kamara, Kane, Kebbe, Kely, Kontay, Konte, Lam, Ly, Buso, Maal, Mbac, Mbaye, Mbooc, Ndongo, Ngayɗo, Ngette, Yall, Wone

· Ndiac, Ndiaye, Ndioum, Nya, Niagane, Niang, Sakho, Sall, Sam, Sao, Sylla, Sook, Soumare, Sy, Tall, Talla, Tambadou, Timbo, Wane, Wany, Warr, Watt, Wele

On attribue à une grosse partie des Toorobbe Toucouleur des origines Peul (Ba, Sow, Diallo, Dia, Deh, Sam...) et Tekrouri (Tall, Talla, Aw, Ane...), moins nombreux, certains seraient d'origine Maure (AIdara, Sy, Jeng..), Soninké (Sylla, Sakho, Soumare..) et Wolof (Geye, Niang, Mbaye...) et une petite minorité seraient Mandingue ( Kély, Tambadou...) et Sérère (Gaye, Ndioum...).

Ba, Sow, Dia, Kane, Ly, Tall et Sy sont les patronymes les plus représentés.

  • Les Jaawanbe ou Diawanbes (Jaawando ou Diawando au singulier) :

Ils sont réputés pour être intelligents; ils sont fortement apparentés au Fulbe avec qui ils ont cohabité depuis des siècles et s'entre-marient très souvent. D'ailleurs au Macina, ils sont appelés "Fulbe Jaawanbe" c'est-à-dire Peul-Diawando. Parmi les Jaawanbe on retrouve d'éminents marabouts tels que Thierno Siddick Daff de Kanel (Sénégal), Thierno Abdoul Karim Daff de Seno Paalel (légendaire pour avoir décliné le titre de premier Almamy du Fouta Toro), des conseillers de Rois et Almamys tel qu'Ibrahima (Boureima) Khalilou du temps de Cheikhou Ahmadou, fondateur de l'Empire Peul du Macina, et d'illustres intellectuels et hommes politiques comme le Docteur Elhadji Mamadou Ndiade (Sénégal) ancien Président de l'Ordre des Pharmaciens du Sénégal, l'ancien Ministre Malien des Affaires Étrangères Baréma Bocoum, l'ancien Ministre Sénégalais de la Justice et Directeur Adjoint de l'UNESCO Gabriel D'arboussier (dont la mère Aminata Koita est Diawando de Djenné), au temps des royaumes africains, les Jaawambe étaient à la fois courtisans et conseillers des rois. Assurément, les patronymes des Jaawambe sont en nombre fort limité, ces patronymes sont en outre spéciaux aux seuls Jaawambe, et ne seront donc présents dans aucune autre caste Toucouleur (sauf pour le patronyme Sam). Le Jawando du Fuuta-Tooro se reconnaîtra pour ainsi dire infailliblement, au fait constant qu'il porte l'un de ces dix patronymes, qui sont respectivement :

· Bassoum, Bocoum, Bathily, Daff, Koita, Kaam, Lah, Ndiade, Ndjim, Niane, Sam

On attribue majoritairement au Jaawanbe Toucouleur des origines Peul et Daff est le patronyme le plus représenté.

  • Les Subalbe (sing. Cuballo) ;

Le chef des Subalbe porte le titre de diagodin, teen. Au fouta-toro, ce sont eux qui contrôlaient le trafic du fleuve. Ils nouent des alliances avec les Sebbe, avec qui ils ont beaucoup en commun, en temps de guerre, ils constituaient aussi de puissantes flottes guerrières, Baaba Maal, un des Toucouleurs les plus populaires dans le monde appartient a la caste des Subalbe, la caste des Subalbe aura les patronymes de :

· Beye, Diaw, Thiam, Thioubou, Dieye, Diba, Diol, Faye, Diop, Gadio, Gaye, Geye, Diack, Diako, Kome, Konte, Wade

· Lo, Diouf, Maal, Mbaye, Mbooc,·Ngette, Ndiouk, Ndiaye, Niang, Pam, Sakk, Diatara, Sall, Sarr, Seck, Sow, Sy, Wone

Il est probable, comme le laissent à penser les anthroponymes, qu'ils soient d'origine Sérère (Sarr, Wade, Mboc, Gaye, Diba, Pam...) mais aussi Peul - Tekrouri (Sall, Diaw, Maal, Sow, Thiam...) et Wolof (Ndiaye, Seck, Niang, Mbaye, etc.), plus rare certains seraient d'origine Soninké (Kome, Konte, Diako) et Maure (Sy, Fall), les patronymes les plus représentés sont Sarr, Diouf, Faye.

♦ La classe des NyenyBe, ils se distinguent des nobles de par leurs métiers, soit artisans ou laudateurs, ils sont d'origine variée, et de nombreux interdits les touchent, pratiquant l'endogamie stricte; il n'y a pas de véritable hiérarchie entre eux, chaque catégorie a ses croyances et ses rites, liées au métier. Ils sont divisés selon leur métier : il existe à l'intérieur de ces castes des sous-castes: constituée par les Wayilbe, les Lawbé, les Buurnabe, les Sakkebbe, les Awlube, les Waambaabe et les Maabuube.

  • Les Wayilbe (Baylo au singulier) :

Les artisans du fer, les forgerons et les bijoutiers, le nom de cette caste définirait en même temps le métier correspondant, c'est-à-dire la transformation (forgerons) du métal brut en objets utilitaires. Les forgerons bénéficiaient à l'époque du Tekrour de grands privilèges. La première dynastie du Tekrour, les Dia-ogo, étaient de grands forgerons. Leur prestige diminua au fil des siècles, jusqu'à être marginalisés, craints et frappés de nombreux interdits. Parmi les wayilbe, certains devinrent de grands marabouts, cette caste aura les patronymes de ;

· Thiam, Dokhonce, Fene, Galo, Gethe, Geye, Diankha, Diaw, Diop, Kante, Konte, Marr, Mbaye, Mboh, Ndiaye, Pene, Sylla, Sawadiari, Soggo, Toure, Lam

On attribue aux Wayilbe Toucouleur des origines Soninké (Dokhonce, Diankha, Sawadiari, Kante), Peul (Thiam, Lam) et Wolof (Mbaye, Pene, Geye..). Mboh, Thiam et Kante sont les patronymes les plus représentés.

Article détaillé : Laobés.
  • Les Laobés (Labbo au sing.) ;

Les artisans du bois, ils sont très indépendants, à tel point qu'on les considère souvent comme une ethnie distincte. Ils sont aussi nomades en ce qui concerne les Laobes worworbe qui pour certains voyagent avec les Peuls dans leur transhumance pour leur fournir des matériaux. Ce sont ces Laobés que l'on retrouve chez les Wolofs et les Sérères où ils constituent également dans leur société la caste des artisans du bois, la caste des Laobés serait à distinguer au moyen des patronymes suivants:

· Ba, Fam, Gadiaga, Galidio, Dia, Diallo, Dioum, Kebe, Sook, Sow, Tall, Tounkara, Wany, Wele

Les Laobés Toucouleur seraient d'origine Peul, Sow et Dioum sont les patronymes les plus représentés.

  • Les MaabubeMaabo au singulier :

Les Maabube sont les Nyeenbe spécialisés dans la technique du vêtement. Tous tisserands à l'origine, certains d'entre eux sont devenus des Maabube Jaawambe, griots des Jaawambe ou Maabube suudu paate, griots des Subalbe. Qu'il tisse ou qu'il chante le Maabo portera indifféremment l'un ou l'autre des patronymes ;

· Dabo, Guisse, Ndiaye, Dia, Diong, Kasse, Koume, Keneme , Kide, Koundoul, Pum, Mbaye, Sangott, Sy, Sarr, Sokomo,Tall

Les Maabube Toucouleur seraient d'origine Tekrouri (Guisse, Tall), Mandingue (Sangott, Pum, Koume, Dabo) et Peul (Dia). Gise, Sangoot et Taal sont les patronymes les plus représentés.

  • Les Sakkeebe (Sakke au singulier) :

Les fondateurs de la sous-caste des cordonniers appartenant au clan des Darame, et c'est la raison pour laquelle ce clan détient le titre de Foosiri, porté par le doyen ou chef politique de l'ensemble des Sakkeebe, ils sont reconnaissables aux patronymes de :

· Beye, Thiam, Darame, Gako, Diarawa, Diouwar, Kaloga, Mboh, Ndiaye, Sy, Sow, Simakha, Tagourla, Toure

Quoi qu'il en soit, si l'on s'en tient strictement à la consonance des patronymes, les Sakkeebe Toucouleur sont manifestement d'origine Soninké, à l'exception des Thiam, Mboh, Sy et Sow qui sont d'origine Peul ou Maure, les patronymes les plus représentés sont Darame, Beye et Gako.

  • Les Buurnabe (Burnaajo au sing.) :

L'origine linguistique de cette caste serait nettement formulée dans l'infinitif buurnoyaade, qui traduit l'opération ultime à laquelle procède le potier-céramiste : il cuit au feu pour les durcir tous les objets et instruments façonnés à partir de l'argile, ils répondent généralement aux noms patronymiques de :

· Barry, Boye, Gaye, Diack, Diaw, Kontay, Niang, Sall, Sooy, Taay, Wade

On attribue au Buurnaabe Toucouleur majoritairement des origines Peul-Tekrouri (Barry, Sall, Diaw..) et Serere (Wade, Diack, Gaye...), Wade est le patronyme le plus représenté.

  • Les Waambaabe (Bambado au sing.) : 

Qui représentent les guitaristes, les musiciens, spécialistes des chants épiques et guerriers. À la guerre, ce sont les porte-étendards. On les retrouve dans la légende des trois frères Dicko. Quelques LaobesWayilbe, et Maabube sont devenus Bambado, ce qui explique la présence du nom Guissé chez eux, entre autres.

Chanteurs, guitaristes et généalogistes, dont l'effectif est très limité.

La majorité des Wammbaabe Toucouleur ont le patronyme Ba et seraient d'origine Peul.

  • Les Awlube (Gawlo au sing.) : 

Les griots, qui clôturent la classe des Nyenybe, Il y a plusieurs catégories de Awlube (Awlube Toorobbe, Awlube Fulbe, Awlube Sebbe, Awlube Nyeenbe). Si l'on en juge par les différents patronymes des Awlube. Ils sont respectivement :

· Thiam, Lam, Diabaye, Jeng, Diop, Mbaye, Mbengue, Mboum, Ngom, Ndiaye, Niang, Sam, Sambu, Seck, Sook

Les Awlube Toucouleur seraient majoritairement d'origine Wolof (Diop, Ngom, Mbengue, Seck...) et Peul (Sam, Lam, Thiam, Sook..) mais aussi Maure (Jeng, Sambu) et Mandingue (Diabaye), les patronymes les plus représentés sont Mbaye, Sam, Ndiaye et Seck.

♦ La classe des Maccube, constituéé par les esclaves.

Les Maccube ou Jiyaabe (maccudo au sing. Kordo au féminin) ;

Ils représentent la caste des captifs. Ils se situent au plus bas dans la hiérarchie. Ils proviennent de toute origine, on distingue les Jyaabe sottiibe représentant les captifs affranchis, et les Jyaabe haalfabe qui eux sont demeurés captifs.

Les Maccube Toucouleur qui répondent aux patronymes de Keita, Coulibaly, Traore, etc., sont de provenance Mandingue, quand ils sont de souche Peul-Tekrouri (Ba, Barry, Dia, Diallo, Sow, Talla, Tall, etc.), les Maccube d'origine Maure sont Sy, Jeng, Hameyti, Diaby, Diany, Sy, etc., les Maccube originaires de l'ethnie Wolof/Sérère (Sarr, Ngom, Diop, Ndiaye, Lom, etc. ) et les Maccube d'origine Soninké (Kamara, Kebbe, etc.) constituent couramment leurs clans patronymiques.


La société Toucouleur est très hétérogène. Le mot 'Haal Pulaar', sous lequel les Toucouleur se désignent, veut dire ( qui parlent Peul) et non (qui est Peul). Ainsi on ne peut pas, affirmer l'idée, que les Toucouleurs sont Peuls, bien que dans la société Toucouleur, la plupart soient d'origine Peul, et ont les trouvent dans toutes les castes de la société des Toucouleurs, aussi bien chez les nobles que chez les artisans, griots ou esclaves.

Les castes des Fulbe, Lawbe, Jaawanbe et Wammbaabe, sont les plus liés aux Peuls, car ce sont des castes de la société Toucouleur, dont les Peuls sont à l'origine. 

Maintenant y a-t-il un noyau purement Tekrouri qui a donné Toucouleur , comme on pourrait le voir avec les patronymes, Aw, Hane, Sall, Talla, Lo, Athie, Ly, Tall, Guissé, Maal, Kane, Talla... qu'on ne retrouve pas chez les Peuls ni chez les autres ethnies mais uniquement chez les Toucouleurs, car les traditions orales des griots Peuls (Gawlo) mentionnent la naissance de nom de famille, suite au brassage ethnique s'étant opéré, au Tekrour d'où les noms Wade, Diop, Mbodji, pour les Wolofs. D'après Cheikh Anta Diop, il y a bien une souche purement Toucouleur-Tekrouri, venus comme la plupart des ethnies d'Afrique de la Vallée du Nil dans l'Égypte-Nubie.

Mis à part la souche Tekrouri, les Toucouleurs sont un ensemble de Peuls, Arabo-berberes (Maures), Séréres, Wolofs, Soninkés et Mandingues, ils parlent Peul et sont tous musulmans.

Les Toucouleurs sont avant tout les fidèles de plusieurs ethnies (majoritairement des Peuls), qui ont suivi Elhadj Oumar Tall dans sa guerre sainte.

Également au fil des siècles, de nombreuses familles Peuls venues du Djolof et du Macina se sont intégrées à cet ensemble culturel et se définissent aujourd'hui comme Toucouleurs.

Malgré leurs origines diverses, ils parlent tous le Peul, cependant beaucoup d'entre eux n'acceptent pas le terme "Toucouleur'", qu'ils jugent péjoratif et préfèrent qu'on les appelles les Foutanké ou bien les Peul-Tooro, d'après eux ils n'y aurait aucune différence entre les Peuls et les Toucouleurs, car l'adage confirme bien que, le Peul quelle que soit sa région sera toujours Peul [Fulbe fof ko gotum].

En résumé, ce sont des Peuls métissés.

Patronymes[modifier | modifier le code]

Femme Toucouleur du Fuuta Tooro

Les Toucouleurs étant un peuple regroupant des groupes ethniques variés, on trouve parmi eux la plupart des patronymes sénégalais :

Les études des chercheurs tels que Cheikh Anta Diop, le professeur Saïdou Kane, démontrent que les patronymes Hane, Athie, Kane, Ly, Talla, Tall, Baal, Bousso, Wane... appartiennent à la souche Tékrouri (Toucouleur), cependant bon nombre de clans maures, se sont alliés à ces familles, raison pour laquelle des familles Kane, Hane, ly, Sy, revendiquent des origines maures. Les Aw, Talla, Tall, Baal, Thiello, Bousso, Yock, Maal, Lô, Wane, Wone, sont purement toucouleurs (Tekrouri). Il existe encore plusieurs dizaines d'autres noms. Le nom Thiam, porté par des familles Peuls et Toucouleurs au Sénégal et au Mali, l'est aussi par de nombreuses familles Wolofs castées. Cela est dû aux migrations Peul en pays wolof.

Les noms Dia, Diallo, Lam, Ka, Sow, Barry, Ba, Thiam.. sont d'origine Peul, on y trouve aussi la souche Fulbe chez les Toucouleurs. Ces familles peules étaient regroupées dans une multitude de groupes et de sous-groupes, appelés Leeyi ou KinDe, tels les UrurBeWodaaBeWalwaalBeJaawbe, etc. Chacun de ces groupes marquait ses particularités, liées à sa provenance géographique (Fouta-Toro, Diara, Macina, Diafunu, Tagant, Ferlo, etc.), à ses Ardo, chef du groupe ou du lignage, ceux ayant conservé la religion traditionnelle et ceux ayant adhéré à l'islam, ceux étant nomades ou bien sédentaire. Les Peuls nomades, quels que soient leurs groupes ou lignages, étaient régis par une étude nommée pulaaku, que tout Peul se devait de respecter. Le socle de base du pulaaku, était avant tout le mode de vie nomade et l'activité pastorale. Les Fulbe Toucouleur sont appellé 'Fulbe Saare' par opposition au Peuls nomades appelés Fulbe Jeeri, qui n'ont pas d'habitat fixe et transhument dans le Ferlo à la recherche de pâturages, il faut ajouter que leurs migrations peuvent être de grande amplitudes, les Fulbe Jeeri ce sont les Peuls du Djolof (Ferlo) on les trouvent aussi a l'ouest du Fouta et au Sine et Saloum, semi nomades, ils sont généralement moins métissés avec les autres ethnies noires que les autres Fulbe et ont en communs la langue avec la Toucouleurs. Un éleveur, quelle que soit son origine, sera toujours qualifié de Pullo, dans la société Toucouleur, les individus considérés comme étant des Fulbe sont avant toute chose ceux dont l'élevage est le métier. Les Fulbe Toucouleur, sédentarisés, sont devenus des agriculteurs, tout en conservant un goût prononcé pour l'élevage du gros bétail, ils ont donné le goût de l'élevage aux populations sédentarisées sur le bord du fleuve (waalo), les Fulbe Saare font partie de la classe des nobles chez les Toucouleurs et sont divisés en plusieurs groupes, les Deeniyankoobe, les Sammankoobe, les Yaalalbe, les Sayboobe, les Yirllaabe, les Jaawbe, les Ranaabe Waalo, les Ururbe, etc. ces Fulbe Saare sont aussi appelés sous le nom de 'Waalwaalbe' (les habitants du Waalo) par les Fulbe Jeeri, nom qu'ils partagent avec tous les habitants du Daande Maayo et du Jeejegol, que les étrangers appellent improprement Toucouleurs[9].

Les Toucouleurs portant les noms Ndiaye, Diop,Mbengue, Ngom Diouf, Mbodji, Seck, sont d'origine Wolof ou Sérère, et très souvent du groupe Sebbe/Ceddo et Subalbé. Beaucoup descendent des Farba Wolofs ayant dominé le Fouta-Toro durant l'empire Djolof. Les Sérères sont parmi les plus anciens habitants du Fouta-Toro.

Les Toucouleurs portant des noms Soninkés / Mandingues (Camara, Touré, Cissé...) viennent souvent de la caste des Maccube et Wayilbe, et ceux portant des noms d'origine Maures (Aïdara, Jeng,Djany.. ) de familles Toorobbe et Awlube.

Les Toorobe (Peul / Tekrouri / Maure / Soninké)

Les Fulbe (Peul)

Les Jaawanbe (Peul)

Les Subalbe (Sérère / Wolof / Peul)

Les Sebbe (Wolof / Peul / Tekrouri)

Les Wayilbe (Soninké / Peul / Wolof)

Les Maabube (Tekrouri / Mandingue / Peul) 

Les Sakkebbbe (Soninké / Peul / Maure)

Les Buurnabe (Tekrouri / Peul / Sérère)

Les Waambaabe (Peul)

Les Laobé  (Peul)

Les Awlube  (Wolof / Peul / Maure / Mandingue)

Les Maccubé (Peul / Soninké / Tekrouri / Maure)

Le mariage entre castes chez les Toucouleurs ;

Les castes, en effet, dressent une barrière matrimoniale, plus difficile à franchir que celle des ethnies, le terme de caste est entendu ici dans le sens général de classe sociale, à caractère d'exclusive, et non dans le sens qu'on lui donne dans la vallée, où le terme est réservé aux castes artisanales. [2]

C'est le mariage qui distingue le plus nettement les barrières sociales dont l'enfant hérite par son père, sans être rigoureusement un interdit, il existe un tel ostracisme qu'il est pratiquement impossible à un homme d'épouser une femme de caste inférieure, sans risquer de déchoir et de se mettre au banc de la société. Une exception : il arrive qu'un maître épouse sa captive, pour en avoir des enfants qui seront libres, la mère sera affranchie par ce fait, mais si l'union est stérile, la femme demeure dans sa condition serve. Le système des castes est encore très vivace et divise réellement les castes en populations partielles, moins nombreuses cependant que dans l'Inde. La nature fonctionnelle des castes a entraîné au cours de leur histoire l'apparition d'une hiérarchie.

Chez les Toucouleurs viennent en premier lieu les hommes libres (Rimbé), n'appartenant pas aux castes de métier, et parmi eux, en, tête, les Toorobbe qui représentent environ 30 % de l'ethnie Toucouleur et les Fulbe (environ 16 %), ce sont les classes dominantes, entre ces deux castes, les unions sont très fréquentes puis viennent les Jaawanbe qui représentent environ 1 % de l"ethnie, même s'ils sont plus endogames que les deux castes précédentes, les mariages entre Fulbe/Jaawanbe où Toorobe/Jaawanbe sont fréquents.

La couche sociale qui vient au-dessous est celle du Ceddo (Sebbe) et du Cuballo (Subalbe) qui représentent respectivement 13 % et 9 % de l'ethnie, on pense que leurs ancêtres étaient les premiers occupants du sol, et ils ont conservé leurs traditions, la caste des Subalbe est assez fermée, beaucoup se marient entre eux ou dans certains cas avec les Sebbe alors que la caste des Sebbe changerait des unions avec les Toorobe, les Fulbe et les Subalbe.

Libres aussi, mais à un rang social inférieur, sont situées les castes de métier, les castes de la classe Nyeenbe « Laobé, Wayilbe, Buurnabe, Sakkebbe, Awlube, Waambaabe, Maabuube », ils représentent seulement 15 % des Toucouleur, toutes castes confondues, même s'il n'y a pas de réelle hiérarchie entre eux, ils pratiquent une endogamie stricte, les mariage entre différentes castes de la classe des 'Nyeenbe' sont trés rare voire impensable, en gros il serait impossible de voir un jour une union entre un Mabo et un Bailo ou un Sakke et un Gawlo.

Enfin en bas de la hiérarchie sociale se trouve le groupe des captifs, les Maccube représentent 16 % de l'ethnie. Il existe une distinction entre l'affranchi (Galounke) et le captif (Maccudo), mais ils sont en fait réunis par le même préjugé qu'ont vis à vis d'eux les autres castes, les Maccubé ne prendront femme qu'au sein de leur propre caste.

Culture[modifier | modifier le code]

Entre les Toucouleurs et les Sérères, il existe un lien de cousinage, qu'on appelle la parenté à plaisanterie. Ce lien qui unit les deux ethnies leur permet de se critiquer, mais les oblige aussi à l'entraide, au respect mutuel. Les Haalpulaaren appellent ce cousinage le dendiraagal ou jongu. Ce lien existe aussi entre les noms claniques ou patronymes. Les classes d'âge concernaient surtout les enfants et les adolescents.

Les Toucouleurs sont reconnaissables grâce à leur chapeau conique, que les Sérères, Diolas et Peuls portent aussi. Traditionnellement, les hommes se rasaient le crâne et laissaient pousser leur barbe qu'ils taillaient en pointe. Certains se tressaient les cheveux et il y avait une multitudes de coiffures. Les femmes se coiffaient à la manière des femmes wolofs, des coiffures très complexes, et portaient toujours un léger voile par-dessus la tête. Les Toucouleurs pratiquent encore de nos jours la scarification. Souvent ils se font deux incisions sur les tempes, autant les hommes que les femmes. Il y avait aussi le tatouage des lèvres pour les femmes, que les femmes de sakeebe, caste des travailleurs du cuir, pratiquent.

L'excision des femmes est une pratique que les Toucouleurs partagent avec les Mandingues au Sénégal, au Mali et en Mauritanie, mais avec les dispositifs de lutte contre cette pratique, elle se fait de moins en moins.

Le yela est un chant d'origine haalpulaar.

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Traditionnellement et toutes castes confondues, les Toucouleurs pratiquent en général l'agriculture (mil, sorgho, melon, niébé, oignons) et l'élevage de bovins, ovins, volaille, chevaux. Ils ont créé la race chevaline foutanké, née d'un croisement entre un mbayar[10], race locale du Sénégal, en particulier des pays wolofs, sérères, et un naru-gor, « cheval du fleuve », descendant des races barbes[11] et pur sang arabe. Les jeunes enfants toucouleurs apprenaient très tôt à monter à cheval, en vue de la guerre.

Les souverains du Fouta-Toro et leurs liens avec la traite orientale et occidentale[12][modifier | modifier le code]

Les Rois du Fouta du haut fleuve Sénégal étaient souvent les principaux vassaux des négriers arabes de Mauritanie dès le XIIIe siècle. À de très nombreuses reprises, sous le joug des Arabes ou des Maures, les rois du Fouta-Toro leur ont payé un tribut, très souvent constitué d'esclaves Foutankobés. C'est à grand peine que les Foutankobés réussirent à mettre un terme aux razzias des Arabo-berbères au XIXe siècle.

Il en fut de même avec l'arrivée des Européens à partir du XVIIIe siècle ou les almamys étaient les principaux vassaux des colons occidentaux basés dans le comptoirs de Saint-Louis du Sénégal. Les almamys, divisés en clans nommés Jagoordo, étaient souvent liés aux commerçants européens par des liens de vassalité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Toucouleurs : peuple d'Afrique occidentale, vivant surtout au Sénégal et en Guinée (ancien royaume du Fouta Toro). Il ne s'agit pas d'une ethnie, mais d'un ensemble culturel assez homogène (islamisé et foulaphone, c'est-à-dire parlant peul) », Amadou Hampâté Bâ, « Vie et Enseignement de Tierno Bokar : Le Sage de Bandiagara », 1957
  2. Source RAMEAU, BnF [1]
  3. Chiffres d'Iba Der Thiam cités par Makhtar Diouf, Sénégal. Les ethnies et la nation, NEAS, Dakar, 1998, p. 26
  4. Annuaire statistique de l'AOF, volume IV, tome I, p. 57, cité par M. Diouf, Les ethnies et la nation, op. cit., p. 26
  5. Démographie Africaine, novembre-décembre 1986, chiffres cités par M. Diouf, Les ethnies et la nation, op. cit., p. 27
  6. Démographie Africaine, mars-avril 1987, chiffres cités par M. Diouf, Les ethnies et la nation, op. cit., p. 27
  7. Chiffres cités par M. Diouf, Les ethnies et la nation, op. cit., p. 28
  8. HalPoularen, « Blog de HalPoularen », sur Skyrock (consulté le 25 janvier 2018)
  9. Oumar Kane, La première hégémonie peule: le Fuuta Tooro de Koli Ten?ella à Almaami Abdul, KARTHALA Editions, (ISBN 9782845865211, lire en ligne)
  10. J. P. Dehoux, A. Dieng (École Nationale Supérieure d'Agriculture, Thiès (Sénégal) et A. Buldgen, « Le cheval Mbayar dans la partie centrale du bassin arachidier sénégalais », Bulletin d'Information sur les Ressources Génétiques Animales (FAO/PNUE), 1996, no 20, p. 35-54
  11. La race barbe
  12. source manquante.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Seynabou Cissé-Male, L’émigration Toucouleur en Casamance : Exemple de trois villages de Balantacounda, Dakar, Université de Dakar, 1984, 72 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Babacar Coulibaly, L’armée toucouleur, du Jihad omarien à la fin de l’Empire, Dakar, Université de Dakar, 1978, 180 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Abdoulaye Bara Diop, L’Immigration Toucouleur à Dakar (enquête 1958-1959), Dakar, Université de Dakar, 1962, 98 p. (Mémoire de Maîtrise géographie)
  • Abdoulaye Bara Diop, Société toucouleur et migration (enquête sur l’immigration toucouleur à Dakar), Dakar, IFAN-Univ. de Dakar, 1964, 309 p. (Thèse de 3e cycle, éditée en 1965)
  • Bassirou Diop, Le rôle joué par les marabouts toucouleurs dans l’islamisation du Sénégal, Dakar, Université de Dakar, 1983 (Mémoire de Maîtrise)
  • Cheikh Anta Diop, Nations nègres et culture, Éditions africaines, 1955 (nombreuses rééditions, dont Présence africaine, 2000, 564 p. (ISBN 978-2708706880)
  • Oumar Kane, La première hégémonie peule : le Fuuta Tooro de Koli Teŋella à Almaami Abdul, Karthala, Presses universitaires de Dakar, 2004, 672 p. (ISBN 2-84586-521-X)
  • Gérard Kisyeti, Recherches sur le commerce dans l’empire toucouleur : 1860-1890, Dakar, Université de Dakar, 1980, 147 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Boubacar Ly, L’honneur et les valeurs morales dans les sociétés ouolof et toucouleur du Sénégal. Étude de sociologie, Paris, Université de Paris I, 2 vol., 1966, 574 p. (Thèse de 3e cycle)
  • Yves Jean Saint-Martin, L’empire toucouleur et la France. Un demi-siècle de relations diplomatiques (1846-1893), Dakar, Univ. de Dakar, 1967, 482 p. (Thèse de 3e cycle publiée en 1968, Dakar, Publications FLSH, no 11)
  • Adama Yaya Sow, Approche socio-historique de l’éducation en milieu toucouleur, Dakar, Université de Dakar, 1984, 180 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Yaya Wane, Les Toucouleurs du Fouta Tooro (Sénégal). Stratification sociale et structure familiale, Dakar-IFAN-CNRS, 1966, 369 p. (Thèse de 3e cycle, publiée en 1969 dans Initiations et Études Africaines no 25)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]