Augustin Gérard

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Officier général francais 3 etoiles.svg Augustin Grégoire Arthur Gérard
Augustin Gérard
Le général Gérard présenté dans Le Miroir.

Naissance
Dunkerque
Décès (à 69 ans)
Château-Gontier
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade Général de division
Années de service 1875[1] – 1919
Commandement 41e division d'infanterie
2e corps d'armée
1re armée
8e armée
Conflits Première Guerre mondiale
Distinctions Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918 1 palme

Médaille interalliée de la Victoire
Médaille commémorative de la guerre 1914-1918
Médaille coloniale
Famille Maurice Guillaume, Pierre Guillaume

Augustin Grégoire Arthur Gérard (21 novembre 1857 à Dunkerque- 2 novembre 1926 à Château-Gontier) est un général qui a servi pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Avant la guerre il a été chef d'état-major de Joseph Gallieni à Madagascar[2]. Il était général de division

Lors de la bataille de la Marne il commandandait du 2e corps Les différentes armées qu'il a commandées sont : la 8e armée (dénommé « détachement d'armée de Lorraine » jusqu'au ) du au , la 1re armée du au , puis de nouveau la 8e armée du au . Il fut président du conseil de l'ordre du Grand Orient de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Il est fils d'officier : sa famille est originaire d'Essoyes, son père, le capitaine Gérard est Capitaine de l'Infanterie 1817-1893

Il entre à onze ans au Prytanée national militaire de La Flèche. Il prépare Saint-Cyr. Admis en novembre 1875, il en sort sous-lieutenant à la 69e division d'infanterie. Il en sort dans l'infanterie; puis il passe dans l'infanterie de marine en 1885[3].

Il se marie le 12 mars 1890 à Elisabeth Vallois dont il divorce le 5 févier 1896, puis avec Louise-Augustine-Marie Couëtà Paris le 2 octobre 1902, morte le 12 juillet 1936.

Armée coloniale[modifier | modifier le code]

Il choisit l'armée coloniale pour débuter dans la carrière militaire. Il est envoyé au Tonkin dans le 3e régiment de tirailleurs tonkinois.

Il y obtient les grades de lieutenant, de capitaine (1887). Il fait partie successivement de l'état-major de l'Indochine (1885-1887 et 1888-1889) et du Tonkin.

Il est ensuite envoyé en mission au Siam (1892-1895). Son retour en Indochine en 1892 est comme aide de camp du général Albert Duchemin. Il remplit deux missions : au Siam à Chanthaburi[4] lors de la Guerre franco-siamoise de 1893; En Chine à Long-Tchéou en 1893. Il devient chef de bataillon le 1er septembre 1894.

Il est à Madagascar en 1896, à ce dernier poste en qualité de chef d'état-major du corps d'occupation du général Joseph Galliéni pendant l'expédition de Madagascar[3]. Il lui est reproché d'avoir fait présenter des massacres effectués à Madagascar à Ambiky comme une superbe opération militaire[5]. Il est à Madagascar de 1896 à 1899. Chef d'état-major à Madagascar, il tiens en même temps, de 1893 à 1897, les fonctions de secrétaire général.

Retour en France[modifier | modifier le code]

Il est lieutenant-colonel en 1898 et passe dans l'infanterie territoriale[3]. Il est promu colonel en 1903. Colonel à Poitiers puis à Paris au 104e régiment d'infanterie.

Il envoyé par Georges Clémenceau lors de la crise vinicole du Midi dans le cadre de la Révolte des vignerons de 1907[3]. Il est chargé de l'enquête sur la mutinerie du 100e régiment d'infanterie[6], et les incidents de Narbonne du 19 au 20 juin 1907.

Il est général de brigade en 1909 à Remiremont. Membre du comité technique de l'infanterie, il est nommé général de division en décembre 1912.

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il commande en 1914 à la mobilisation le 2e corps d'armée, à Amiens, suite au décès de Marie-Georges Picquart.

Appelé en 1915 à commander le groupe des armées de Lorraine, il reçoit plus tard le commandement en chef du 1re armée, puis de la 8e armée.

Le général Gérard exerçe le haut commandement qui lui était confié selon les principes démocratiques[7]. Il échoue à la députation en Lorraine en 1919.

Après l'armistice, le général Gérard commanda les troupes de Rhénanielors de l'occupation de la Rhénanie après la Première Guerre mondiale.

La réserve[modifier | modifier le code]

Affecté le 2 novembre 1919, à la 2e section du cadre de réserve, le général Gérard reçoit, peu avant, la médaille militaire[3]. Cette distinction lui est accordée par Georges Clemenceau. Passé au cadre de réserve, le général Gérard se consacre à la défense des idées républicaines. Il se retire à Château-Gontier, où « il se prodigua dans tous les milieux où l'on pratiquait la solidarité, la mutualité et où l'on défendait l'idéal républicain »[7].

Il est avec Gaston Doumergue, Paul Painlevé, Edouard Herriot, Ferdinand Buisson, Joseph Paul-Boncour, et Frédéric Brunet un des présidents d'honneur de La Fédération nationale des combattants (FNCR). Se classant à gauche, elle ne rassemble que des « républicains », c'est-à-dire des radicaux et des socialistes[8], dénonçant le faux apolitisme des grandes fédérations du monde combattant, l'Union Fédérale des Associations Françaises d'Anciens Combattants (UF) et plus encore l'Union nationale des combattants (UNC), et protestant contre la présence de l'Église catholique à des manifestations d'anciens combattants[9].

Ses obsèques civiles sont célébrées le 6 novembre 1926 à Château-Gontier. L'inhumation a eu lieu dans un cimetière de famille à Saint-Laurent-des-Mortiers.

Les Invalides[modifier | modifier le code]

En juin 1931, on place dans le caveau des Maréchaux, à l'Hôtel des Invalides, le cercueil du général Gérard[3]. La veuve Gérard effectue un legs à sa mort en 1936. Une partie de la collection est léguée au Musée d'art et d'archéologie - Hôtel Fouquet de Château-Gontier.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Augustin Gérard est initié en franc-maçonnerie en 1904 au sein de la loge « La Clémente Amitié » à Paris. Il est élu membre du Conseil de l'ordre du Grand Orient de France en 1920, puis président du Conseil de l'ordre de 1921 à 1923[10]. Titulaire du 33e et dernier grade du Rite écossais ancien et accepté, il est membre du Grand Collège des rites. Sa participation est décisive lors de la création de l'association maçonnique internationale en 1921 à Genève. Il est également membre par affiliation à la Grande Loge de France alors sous la présidence du général Peigné, cette double appartenance obédientielle se concrétise en tant que membre fondateur de la loge n°383 « La République »[3].

Grades[modifier | modifier le code]

Postes[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Army Distinguished Service Medal Army Distinguished Service Medal
  • Ordre du Bain Ordre du Bain chevalier commandeur
  • Drapeau de la Tunisie Tunisie : officier du Nicham El-Anouar
  • Commandeur de l'Ordre du Cambodge et de l'Etoile d’Anjouan des Comores ;
  • Officier du Dragon d’Annam, de l'Etoile du Bénin, de l'Ordre de Tadjourah.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.culture.gouv.fr/Wave/savimage/leonore/LH068/PG/FRDAFAN83_OL1117051v017.htm
  2. Raymond Poincaré, Au service de la France : neuf années de souvenirs, Tome V, L’invasion – Du 25 novembre au 8 décembre 1914, 1926.
  3. a b c d e f et g Jean Luc Le Bras (préf. Daniel Keller), Les grands maîtres du Grand Orient de France : Du XVIIIe siècle à nos jours, Conform Edition, , 125  p. (ISBN 978-2-917075-72-2), « 35 »Voir et modifier les données sur Wikidata.
  4. [1]
  5. Paul Vigné d'Octon, La Gloire du Sabre. Flammarion, 1900.
  6. En garnison à Narbonne durant la révolte des vignerons du Languedoc en 1907, le 100e est consigné cinq dimanches de suite. Cependant, des groupes d’appelés acclament les manifestants et entonnent l'Internationale. Le régiment est envoyé en manœuvres dans le Larzac, puis en garnison à Tulle. G. Guiraudet, La Révolte des vignerons de 1907, bulletin no 2 de la SSH, 1992, en ligne sommieresetsonhistoire.org, consulté le 3 août 2008.
  7. a et b Le Poilu républicain : organe officiel de la Fédération nationale des combattants républicains. Numéro du 15 novembre 1926.
  8. Le Radical, 19 octobre 1930
  9. Le Poilu républicain, 19 mai 1922
  10. Daniel Ligou, Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Paris, Presses universitaires de France, , 5e éd. (1re éd. 1986), 1 376  p. (ISBN 2-13-055094-0), « Gérard (Augustin Grégoire) », p. 501Voir et modifier les données sur Wikidata .

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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