Arthur Groussier

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Arthur Groussier
Description de cette image, également commentée ci-après

Arthur Groussier revêtu de ses décors maçonniques

Naissance
à Orléans, Drapeau de la France France
Décès
à Enghien-les-Bains
Profession
Activité principale
Homme politique (syndicalisme, socialisme)
Autres activités
Conjoint
Julie Roux

Compléments

Arthur Groussier, né à Orléans le et mort à Enghien-les-Bains le , est un ingénieur, syndicaliste, franc-maçon et homme politique socialiste et communiste français.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Arthur Groussier (avec la barbe) lors d'une manifestation au cimetière du Père-Lachaise le 24 mai 1914
Tombe au columbarium du Père-Lachaise (case 6380).

Il entre en 1878 à l’École nationale supérieure d'Arts et Métiers d'Angers, où il fait de brillantes études qui le mènent à un diplôme d'ingénieur-mécanicien[1]. Il s'installe ensuite à Paris, où il rencontre Julie Roux avec qui il aura un enfant. Par principe libertaire, ils ne se marient pas. Elle restera sa compagne jusqu'à son décès en 1918

Syndicalisme et politique[modifier | modifier le code]

Arthur Groussier s'intéresse aux problèmes sociaux et à l'amélioration de la condition ouvrière. De 1890 à 1893, il est secrétaire général de la Fédération nationale des ouvriers métallurgistes, qui deviendra par la suite la Confédération générale du travail (C.G.T.)[1].

Il glisse bientôt du syndicalisme militant vers le socialisme en adhérant à la Fédération des travailleurs socialistes de France. En 1893, il est élu député du 10e arrondissement de Paris au nom du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR)[2]. Il se rend à Carmaux pendant la grève de 1895, étant visé par une information judiciaire pour « entrave à la liberté du travail » avec Jean Jaurès.

Il participe en 1896 à la création de l'Alliance communiste révolutionnaire, qui fusionne en 1902 au sein du Parti socialiste de France, l'un des deux partis qui créent la Section française de l'Internationale ouvrière en 1905.

Il obtient plusieurs mandats à l'Assemblée nationale : 1893-1898, 1898-1902, 1906-1910, 1910-1914, 1914-1919, 1919-1924. Battu en 1902, il se représente en 1906 au nom de la SFIO. Battu de nouveau en 1924 et 1928, il se retire de la vie politique active[1],[2].

Durant ses mandats, il est artisan de l'évolution sociale et s'implique dans l'élaboration de nombreuses lois de progrès social : conventions collectives, accidents du travail, hygiène et sécurité, organisation syndicale, contrats de travail, conseil des prud'hommes. Sa grande réalisation est la mise en œuvre du Code du travail[3]. Il a été président de la Commission du travail et vice-président de la Chambre en 1917[2].

Promu officier de la Légion d'honneur le 22 octobre 1952, Arthur Groussier meurt le 6 février 1957 à Enghien-les-Bains à l'age de 93 ans[2]. Ses cendres ont été déposées dans la case 6 380 du columbarium du Père-Lachaise.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Arthur Groussier est initié en 1885 à la loge L'Émancipation du Grand Orient de France. Il s'affilie aussi à la loge Bienfaisance et Progrès. En 1907, il est élu au conseil de l'ordre. Il ne quittera pour ainsi dire pas cette instance jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Ayant abandonné la vie politique, il devient en 1925 le président du Conseil de l'ordre du Grand Orient de France, c'est-à-dire grand maître. Son mandat est interrompu en 1940 par le Gouvernement de Vichy, puis renouvelé en 1944-45. Il a alors 82 ans et devient presque aveugle. Il reste encore très actif au sein de l'obédience[4].

Son œuvre comme maçon a été considérable. C'est lui qui dans l'Entre-deux-guerres plaidera pour un retour aux sources symboliques du Rite français. Le texte établi sous la direction d'Arthur Groussier et adopté en 1938, puis 1955 et marque un début de retour du symbolisme dans le rituel de référence du Grand Orient sous le nom de « Rite français dit Groussier »[5].

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Le plus grand des temples du Grand Orient de France installés au siège de l'obédience, rue Cadet, à Paris porte son nom. Il sert en particulier aux conférences publiques et aux tenues exceptionnelles.
  • Une rue du 10e arrondissement de Paris, à proximité de l'hôpital Saint-Louis, porte son nom. Une autre rue à proximité de l'hôpital Jean-Verdier à Bondy porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Denis Lefebvre, « Arthur Groussier, le fondateur du Code du travail », sur http://hebdo.parti-socialiste.fr,‎ (consulté le 8 janvier 2016).
  2. a, b, c et d « Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly) », sur http://www.assemblee-nationale.fr (consulté le 8 janvier 2016).
  3. Alain Chatriot, Réformer le social sous la Troisième République, Belin,‎ (ISBN 9782701151090, lire en ligne), p. 47 (inscription nécessaire) – via Cairn.info.
  4. Denis Lefevre, « L'Homme qui n'a jamais menti », La Chaîne d'union, no 38,‎ , p. 23-33.
  5. Ludovic Marcos, Histoire illustrée du Rite Français, Paris, Dervy,,‎ (ISBN 9782844549440), p. 121.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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