Guerre franco-siamoise de 1893

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Guerre franco-siamoise de 1893
Description de cette image, également commentée ci-après
l'incident de Paknam.
Informations générales
Date de
à
Lieu Chine, Taïwan et Viêt Nam
Issue Victoire française : resserement de l'Entente cordiale
cession du Laos à l'Indochine
Belligérants
Drapeau de la France France
Flag of Colonial Annam.svg Indochine française
Flag of Siam (1855).svg Siam
Commandants
Drapeau : France Auguste Pavie
Drapeau : France Jean-Marie de Lanessan
Flag of Siam (1855).svg Rama V
Flag of Siam (1855).svg Devawongse Varopakarn (en)
Flag of Siam (1855).svg Phraya Chonlayutthayothin (en)

La guerre franco-siamoise opposa la France de la Troisième République au Siam en 1893.

Contexte[modifier | modifier le code]

Cet épisode militaire fait partie de la lente prise de contrôle de cette région du monde par la France et d'autres puissances européennes pendant la seconde moitié du XIXe siècle. C'est un enjeu majeur pour la politique coloniale française qui souhaitait acquérir des positions fortes au sud de la Chine.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Territoires perdus par le Siam entre 1862-1909.

La guerre a été provoquée par deux incidents isolés: en 1892, trois hommes d’affaires français de la région du Mékong central ont été expulsés par les autorités siamoises dans les provinces de Ganmen et de Nong Khai, et deux d’entre eux, Champenois et Esquilot, ont été condamnés pour trafic d’opium. Bientôt, le consul de France à Luang Prabang, Massie, s'est suicidé sur le chemin du retour à Saigon. En France, les colonialistes ont utilisé ces deux événements pour susciter des sentiments nationalistes anti-siamois et créer une opinion publique en vue de l'agression ultérieure.

En 1893, plusieurs incidents opposent le Siam et la France : cette dernière les provoque parfois ou en exagère l'importance, faisant ainsi monter la pression, jusqu’à l’envoi de deux canonnières à l’embouchure de la Chao Phraya, dont les commandants annoncent leur intention de remonter jusqu’à Bangkok.

Le gouverneur français de l'Indochine, Jean-Marie Antoine de Lanessan, a envoyé Auguste Pavia à Bangkok pour demander la région du Laos. Les autorités de Bangkok ont mal calculé la situation et ont pensé que les Britanniques les aideraient. Elles ont donc refusé de céder la zone située à l'est du Mékong et d'envoyer davantage de troupes dans la région.

En avril 1893, les Français envoient trois légions sur le territoire litigieux. L'armée française du nord était assiégée sur l'île de Khong, l'officier Thoreaux a été capturé, le sud progressait sans à-coups, mais l'embuscade siamoise était toujours en place et l'inspecteur Grosgurin a été tué.

La France a formé l'artillerie au Grand Palais de Bangkok et lancé un ultimatum au Siam le 20 juillet, exigeant que le Siam livre le Laos, retire ses défenses, verse une indemnité de 2 millions de francs français et punisse les soldats sur le territoire litigieux. Les Siamois ont refusé d'obéir inconditionnellement et l'armée française lance une percée sur les territoires du Siam.

Le Siam défend son territoire et répond à l’agression en ouvrant le feu sur l’envahisseur français, entamant la guerre franco-siamoise de 1893 : le casus belli est saisi par M. Pavie, résident français à Bangkok. Il exige l’abandon de la rive orientale du Mékong ; un blocus est mis en place à l’embouchure du Chao Phraya.

À la fin, les Siamois ont constaté qu'ils ne bénéficiaient pas du soutien britannique et se rendent à la France cédant le Laos au cours du Traité de Bangkok du 3 octobre 1893.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le Siam cède et la France ajoute à ses exigences une zone démilitarisée large de 25 km le long de la rive occidentale du Mékong, plus les provinces de Battambang et de Siem Reap. La ville de Chanthaburi est occupée par une garnison française (traité signé le ).

Les Français renoncent à mettre le Siam sous protectorat, mais partagent le pays en zones d'influence avec les Britanniques. La France voit en outre son autorité reconnue sur les pays lao, qui sont regroupés en 1899 au sein du protectorat du Laos. En ajoutant cette entité à l'Annam, au Tonkin, à la Cochinchine déjà occupée et au Cambodge, la France achève de constituer le territoire de l'Indochine française.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]