Asnelles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Asnelles
La mairie.
La mairie.
Blason de Asnelles
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Bayeux
Canton Courseulles-sur-Mer
Intercommunalité Communauté de communes Seulles Terre et Mer
Maire
Mandat
Alain Scribe
2014-2020
Code postal 14960
Code commune 14022
Démographie
Gentilé Asnellois
Population
municipale
593 hab. (2014)
Densité 235 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 20′ 18″ nord, 0° 34′ 58″ ouest
Altitude Min. 1 m – Max. 21 m
Superficie 2,52 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Calvados

Voir sur la carte administrative du Calvados
City locator 14.svg
Asnelles

Géolocalisation sur la carte : Calvados

Voir sur la carte topographique du Calvados
City locator 14.svg
Asnelles

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Asnelles

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Asnelles
Liens
Site web www.asnelles.fr

Asnelles est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de 593 habitants[Note 1] (les Asnellois).

La commune est une station balnéaire et sa plage a hébergé à l'été 1944 une partie du port artificiel d'Arromanches après le débarquement de Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune est située à 3,5 kilomètres à l'est d'Arromanches-les-Bains et à environ 27 kilomètres au nord-ouest du centre de Caen. Elle se situe en bord de mer. Au large, on aperçoit le rocher du Calvados.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Asnelles[1]
Mer de la Manche Mer de la Manche Mer de la Manche
Saint-Côme-de-Fresné Asnelles[1] Meuvaines
Saint-Côme-de-Fresné Meuvaines Meuvaines

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La commune est classée en zone de sismicité 2, correspondant à une sismicité faible[2].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Logement[modifier | modifier le code]

En 2014, le nombre total de logements dans la commune était de 855 (dont 72,5% de maisons et 5,9% d‘appartements).

Parmi ces logements, 34% étaient des résidences principales, 64% des résidences secondaires et 2% des logements vacants.

La part des ménages propriétaires de leur résidence principale s’élevait à 72,9%[3].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous les formes Anerias en 1063, Asnelae au XIVe siècle[4].

L'étymologie renvoie à un marché aux ânes qui se tenait, autrefois, dans le champ, devant l'église[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La tradition rapporte que Guillaume le Conquérant, pour échapper à ses poursuivants, après s’être réfugié chez le baron Hubert de Ryes, aurait regagné son château ducal en empruntant des petits chemins creux, dont celui qui porte aujourd’hui le nom de “ Sente au Bâtard“. Cette sente qui part du calvaire et qui franchit la Gronde, contourne une partie du village et permet de découvrir anciennes fermes et vieilles maisons construites en pierre de Creully.

Le nom d’Asnelles (du latin asinellas, “petites ânesses”) apparaît pour la première fois dans un acte officiel de la fin du XIIe siècle, au moment où commencent les travaux de l’église primitive dédiée à Saint-Martin. À cette époque, un marché aux ânes se tenait dans le champ situé en face de l’église, près de la place publique, le “planître”. Le littoral était alors occupé par un vaste marécage qui engendrait souvent des fièvres : les habitants allaient implorer la protection de sainte Honorine dans une petite chapelle construite sur les ruines d’une villa gallo-romaine, qui se situerait non loin du nouveau cimetière.

Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, il existait, à l’embouchure de la Gronde, un petit havre, le port des Heurtault, accueillant chaque année près de 2000 bateaux qui faisaient du cabotage. Il fut comblé par une tempête, si bien que le tribunal de l’Amirauté créé en 1554 à Asnelles, fut transféré à Bayeux. Pendant le XVIIIe siècle, Asnelles fut le siège d’une capitainerie : une milice côtière était chargée de surveiller la mer et de signaler toute approche de navire anglais.

C’est au milieu du XIXe siècle que le village va connaître de grands changements. Sous l’impulsion du maire, le docteur Théodore Labbey, d’importants travaux sont entrepris, notamment l’assèchement du marais, la construction d’une digue et de nombreuses villas, dont quelques-unes demeurent aujourd’hui. Asnelles devient « Asnelles-la-Belle-Plage », qualificatif donné par les nombreux baigneurs fréquentant la station qui prend, selon les journaux de l’époque, des allures de “petit Trouville”, avec son casino, ses hôtels très confortables. La station balnéaire est desservie de 1899 à 1932 par les Chemins de fer du Calvados. La construction d’un préventorium destiné aux enfants dont l’un des parents travaille à la Société nationale des chemins de fer français, est imposée à la commune en 1926 : jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il va accueillir plus de 1500 garçons et filles.

Le , les soldats britanniques débarquent à Asnelles : la 231e Brigade d’infanterie est commandée par le général sir Alexander Stanier. Le régiment du Dorset, qui touche terre à 7h25, est le premier régiment britannique à avoir foulé le sol de Normandie. Il est suivi des régiments du Devon et du Hampshire, ainsi que du 47e Commando des Royal Marines. Le village est libéré dans l’après-midi au prix de lourdes pertes dues notamment à un canon de 88 mm qui prenait en enfilade toute la plage, du côté est.

Dès le lendemain du débarquement commence la construction du port artificiel d'Arromanches, dont Asnelles constitue la partie orientale, la jetée constituée de caissons Phoenix fermant le port à l'est partait de la plage de la commune.

Le porte-parole du général de Gaulle, l’une des « voix de la France », Maurice Schumann, va également débarquer à Asnelles. Il repose aujourd’hui dans le cimetière voisin du calvaire. Le village se relève lentement des opérations du D Day : de nombreuses villas ont été très endommagées, voire anéanties ; la digue, ainsi que les cales, ont beaucoup souffert ; une grande partie de la voirie doit être refaite. Mais aucune victime civile n’a été à déplorer.

Aujourd’hui, l’activité d’Asnelles est essentiellement touristique avec ses nombreuses résidences secondaires, son camping, son parc résidentiel de loisirs, ses gîtes et ses maisons familiales.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes d'aSnelles

Les armes de la commune d'Asnelles se blasonnent ainsi :
D'azur à la barque de gueules, habillée d'argent, mouvant du flanc dextre et voguant sur une mer agitée de sinople, accompagnée en chef à dextre d'une étoile d'or rayonnante vers la pointe[6].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
 ? mars 2001 Emmanuel Deneffle    
mars 2001 avril 2014 Jean-Pierre Malo SE Ingénieur chimiste
avril 2014[7] en cours Alain Scribe SE Consultant marketing retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et quatre adjoints[7].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[9],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 593 habitants, en augmentation de 1,72 % par rapport à 2009 (Calvados : 1,56 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
407 358 400 408 423 426 450 448 416
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
410 394 407 414 438 375 361 354 375
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
407 365 329 287 243 337 471 323 334
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
303 267 284 334 478 571 589 576 593
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Asnelles est une station balnéaire située sur la côte de Nacre. Elle possède une belle plage de sable fin et dispose d'un club de chars à voile. Asnelles se situe sur le circuit des plages du Débarquement. Un chemin pédestre « la Sente au Bâtard » est nommé en souvenir de Guillaume le Conquérant.

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

Le nombre de ménages fiscaux en 2013 était de 296 et la médiane du revenu disponible par unité de consommation de 19 088 €[3].

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2014, le nombre total d’emploi au lieu de travail était de 155 .

Le taux d’activité de la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 73,7% contre un taux de chômage de 11,9% [3].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château d'Asnelles : ancienne demeure édifiée entre 1840 et 1865 sur l'emplacement d'une maison de pêcheurs pour le maire Théodore Labbey, docteur en médecine, promoteur de la station balnéaire de la commune. Il est ensuite racheté par le maire d'Asnelles, Louis Barrault, qui fait rebâtir la demeure en conservant les armes qu'avait fait sculpter Théodore Labbey. La façade principale du corps de logis est ordonnancée en briques et pierres et l'avant corps en pierre de taille. La façade nord est asymétrique à travées, en brique et pierre, la façade ouest en pierre de taille est également asymétrique à travées et comporte un avant-corps en brique et pierre. Enfin, la façade sud est asymétrique à travées, en brique et pierre, avec une tourelle en pierre de taille. Quant au parc, il a depuis été grandement réduit, d'autant que des bâtiments annexes servant de colonie de vacances pour la SNCF ont été ajoutés.
  • Caissons Phoenix (au large), ayant servi pour la constitution des digues et jetées du port artificiel après le débarquement dans la mer et blockhaus sur la côte.
  • Batterie d'Asnelles, inscrite au titre des Monuments historiques depuis le 10 novembre 1992[12].
  • La grange aux dîmes.
  • L'église Saint-Martin (XIIe siècle, remaniée).
  • La sente au Bâtard (Guillaume le Conquérant y est passé selon la légende).
  • La biscuiterie qui prépare les fameux « sablés d'Asnelles ».
  • La Gronde, ruisseau-fleuve côtier.
  • Plage de varech.
  • Lavoir rue du Débarquement qui fait l'objet d'un recensement à l'Inventaire général du patrimoine culturel[13].
  • Pont en pierre sur la Gronde, rue Paul Hélaine, daté de 1846 qui fait l'objet d'un recensement à l'Inventaire général du patrimoine culturel[14].
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Manifestations[modifier | modifier le code]

La fête de la Mer a lieu le 15 août, tous les deux ans les années paires.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Maurice Schumann (1911-1998), compagnon de la Libération, homme politique et journaliste, est enterré au nouveau cimetière municipal d'Asnelles.
  • Théodore Labbey (1804-1873), maire d'Asnelles sous le Second Empire, et auteur du premier livre consacré à l'histoire de la commune, Asnelles, tableaux et souvenirs, 1865, est enterré dans l'ancien cimetière.
  • Chigouesnel, magistrat, auteur de la monumentale "Nouvelle Histoire de Bayeux", 1867, est enterré dans l'ancien cimetière.
  • Paul Fouquet (1876-1920 à Asnelles), syndicaliste enseignant.
  • Charles Hargrove (1922-2014), journaliste, qui débarqua à Asnelles le 6 juin 1944, a été fait Citoyen d'Honneur de la commune et a inauguré le 6 juin 2014 la digue piétonne qui porte désormais son nom. Il est enterré à Asnelles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  • Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[15].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Labbey (Théodore), Asnelles, tableaux et souvenirs, Typographie Saint-Ange Duvant, Bayeux, 1865.
  • Chanterenne (H. de), Analyse d’anciens registres paroissiaux - Asnelles-sur-mer, Meuvaines, Henri Delesques, Caen, 1912.
  • Pouchain (Gérard), Asnelles et son histoire, photographies de Pierre Touraine, Imprimerie La Renaissance du Bessin, Bayeux, 1973.
  • Pouchain (Gérard), Asnelles-la-Belle-Plage en cartes postales, Imprimerie Lebrun, Caen, 1979.
  • Pouchain (Gérard), Asnelles-sur-Mer, préface d'Alain Garnavault et Gilbert Rameaux, photographies de Pierre Touraine, La Renaissance du Bessin, Bayeux, 1990.
  • Ducouret (Bernard), Villas d’Arromanches-les-Bains, Asnelles, Tracy-sur-Mer, Ver-sur-Mer, Itinéraires du patrimoine, 1993.
  • Pouchain (Gérard), Asnelles-la-Belle-Plage et ses environs, préface de Frédéric Gavard, Éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1997.
  • Le Bessin, églises au cœur, “Saint-Martin d’Asnelles”, A.D.T.L.B., 1997.
  • Pouchain (Gérard), L’église Saint-Martin d’Asnelles, préface de Monseigneur Pierre Pican, évêque de Bayeux et Lisieux, Éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1999.
  • Pouchain (Gérard), Bains de mer et thermalisme en Normandie, “Naissance des bains de mer à Asnelles”, Actes du XXXVIe congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie, Annales de Normandie, Caen, 2002.
  • Saunders (Tim), Gold beach - Jig, Jig sector and west - June 1944, Leo Cooper, 2002.
  • Pouchain (Gérard), Cent cartes postales d’Asnelles à la Belle Époque, Éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 2003.
  • Hargrove (Charles), Asnelles, 6 juin 1944, préface de l’amiral Brac de La Perrière, Collection Histoires normandes, Esther Flon Éditions, Lisieux, 2004.
  • Benamou (Jean-Pierre), Gold beach, Collection Memory 1944, OREP Éditions, 2004.
  • Trew (Simon), Gold beach, Sutton publishing, 2004.
  • Cormier (Antoine) et Vermont (Bertrand), C’était comme une ville sur la mer, Les Sablés d’Asnelles, Les Tourelles, 2004.
  • Meigh (Harry J), Mes souvenirs de la campagne de Normandie, juin 1944, (s.n.), (s.d.).
  • Pouchain (Gérard), Asnelles à travers la presse (1808-1873), 2005; Asnelles à travers la presse (1874-1892), 2006; Asnelles à travers la presse (1893-1901), 2007, La Renaissance du Bessin, Bayeux, Asnelles à travers la presse (1902-1921), 2008; Asnelles à travers la presse (1922-1937), 2009; Asnelles à travers la presse (1938-1957), Diamen, Bayeux.
  • Pouchain (Gérard), Asnelles la Belle Plage (1894-1896), photographies de Philibert Bonvillain, Diamen, Bayeux, 2008.
  • Pouchain (Gérard), Le Marcia C. Day, [Les Tamaris, Les Tourelles, Les Sablés d’Asnelles], Diamen, Bayeux, 2008.
  • Pouchain (Gérard), 6 juin 1944, Asnelles - Le Hamel, [Les Tamaris, Les Tourelles, Les Sablés d'Asnelles], Diamen, Bayeux, 2010.
  • Pouchain (Gérard), Maurice Schumann - Asnelles et Bayeux, terres de Liberté et de Fidélité (6 juin 1944-13 février 1998), 2011, Diamen, Bayeux.
  • Pouchain (Gérard), Les préventoriums d'Asnelles, Imprimerie moderne bayeusaine, février 2014.
  • Le Trait d’union [journal paroissial], 1932-1937 et 1948-1958.
  • La Belle Plage [journal de l’école], 1949-1964.
  • Asnelles Informations [journal municipal], 1983-1993.
  • Asnelles Infos [journal municipal], 1995-2000.
  • Asnelles Nouvelles [journal municipal], depuis 2001.
  • La Renaissance Le Bessin - Côte de Nacre, “ Asnelles à la loupe”, 2 août 2005.
  • Ducouret (Bernard) et Perrein (Christian), Inventaire topographique d’Asnelles, Base Mérimée (site du Ministère de la Culture), 1990.

Liens externes[modifier | modifier le code]