Bataille des Ardennes

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la bataille de la Seconde Guerre mondiale. Pour la bataille de la Première Guerre mondiale, voir Bataille des Ardennes (1914).
Opération Wacht am Rhein
Bataille des Ardennes
Soldats américains du 290e régiment d'infanterie près d'Amonines.
Soldats américains du 290e régiment d'infanterie près d'Amonines.
Informations générales
Date
Lieu Ardenne (Belgique, Luxembourg, Allemagne)
Issue Victoire des Alliés
Belligérants
États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau du Canada Canada
Drapeau de la Belgique Forces belges libres
Drapeau du Luxembourg Résistance luxembourgeoise
Drapeau : Troisième Reich Reich allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Bernard Montgomery
Drapeau des États-Unis Dwight Eisenhower
Drapeau des États-Unis Omar Bradley
Drapeau des États-Unis George Patton
Drapeau de l'Allemagne Walter Model
Drapeau de l'Allemagne Gerd von Rundstedt
Drapeau de l'Allemagne Adolf Hitler
Forces en présence
au 16 décembre 1944
83 000 hommes
424 chars
394 pièces d'artillerie
300 000 hommes
2500 chars
1 900 pièces d'artillerie
Pertes
(États-Unis):
8 607 à 19 276 tués
47 139 à 47 493 blessés
21 144 à 23 554 capturés ou disparus
(Royaume-Uni):
200 tués
1400 blessés ou disparus
2 501 civils belges tués et 350 disparus
15 652 à 17 236 tués
34 439 à 41 600 blessés
16 000 à 27 582 capturés ou disparus
Batailles
Front d'Europe de l'Ouest

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Théâtre américain

La bataille des Ardennes est l'appellation donnée à l'ensemble des opérations militaires qui se sont déroulées sur le plateau de Bastogne en Belgique et dans le nord du Grand-Duché de Luxembourg pendant l'hiver 1944-1945 . La bataille commence le par une attaque surprise allemande à laquelle on a donné le nom d'« offensive von Rundstedt ». Ce dernier y était opposé : il estimait que l'objectif était trop ambitieux.
Les Allemands l'appellent « opération Wacht am Rhein » et les Anglo-Américains l'appellent « Battle of the Bulge » (« Bataille du Saillant ») vu la forme de coin que la ligne de front avait prise lorsque la pénétration allemande fut arrêtée. La bataille des Ardennes se termine fin janvier 1945 après le refoulement des Allemands au-delà de leur ligne de départ.

Notions préliminaires[modifier | modifier le code]

La division est la grande unité tactique de référence pour les opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale.

La division US

  • La division d'infanterie (Infantry Division ou Inf Div) a, en théorie, un effectif de 832 officiers et 13 386 sous-officiers et soldats.
Le charroi est composé de 1 440 véhicules dont 636 Jeeps
Son armement lourd est composé de 54 obusiers de 105 mm, 12 obusiers de 155 mm, 57 canons antichars de 57 mm, 13 canons antichars de 37 mm, 90 mortiers de 60 mm, 54 mortiers de 81 mm.
Son armement léger est composé de 6 356 fusils M1 cal .30, 172 fusils 1 903 cal .30, 5 279 carabines M1, 243 Fusils automatiques BAR, 67 mitrailleuses .30 (air), 90 mitrailleuses .30 (eau), 236 mitrailleuses .50, 93 mitraillettes .45, 1 157 pistolets .45, 557 bazookas
Un certain nombre d'unités sont rattachées à la division dont un bataillon de tank moyens (Sherman M4A1) et de tank légers (Stuart ou Chaffee M24), un bataillon d'artillerie antiaérienne (canons de 40 mm Bofors tractés ou mitrailleuses .50 sur halftrack), un bataillon de chasseurs de chars avec 36 tanks destroyers et une escadrille de 10 avions légers de liaison.
  • La division blindée (Armored Division ou Armd Div) a un effectif de 11 000 hommes. Elle comprend 195 chars moyens, 77 chars légers, 50 chasseurs de chars, de l'infanterie blindée et des unités d'appui. L'appellation américaine est Armored Division tandis que la division blindée britannique s'écrit Armoured Division.
  • La division aéroportée (Airborne Division ou Abn Div) est une division d'infanterie légère de 10 000 hommes pouvant être aéroportée.

La division allemande

  • La division d'infanterie (Volksgrenadier Division) comporte en cette fin d'année 1944, en théorie, 342 officiers, 1 724 sous-officiers et 8 006 soldats.
Le charroi est composé de 426 véhicules, 119 motos, 1 522 bicyclettes, 1142 chariots, 346 remorques, 3 002 chevaux.
L'armement lourd se compose de 12 obusiers de 15 cm, 24 canons de 10,5 cm, 18 canons de 7,5 cm, 38 obusiers de 7,5 cm, 14 canons antitank de 7,5 cm autotractés, 9 canons antitank de 7,5 cm tractés, 9 canons antiaériens de 3,7 cm autotractés, 24 mortiers de 12 cm, 42 mortiers de 8,1 cm, 12 lance-flammes
L'armement léger se compose de 6 504 fusils, 1 536 pistolets, 2 064 mitraillettes, 369 mitrailleuses légères, 54 mitrailleuses lourdes, 216 lance-roquettes (Panzerfaust ou Panzerschreck)
  • La division aéroportée (Fallschirmjäger division). Outre le fait que ces divisions peuvent comporter des troupes parachutées qui ne transportent que des armes portatives, elles disposent toutefois d'un matériel équivalent aux divisions d'infanterie.

Les échelons au-dessus de la division :

Le corps d'armée est une grande unité dont la composition n'est pas fixe. Il comprend un commandement, un certain nombre de divisions (2 à 7) et des unités d'appui et de logistique.
L'armée comprend un nombre variable de corps d'armée. Les Allemands utilisent le terme Panzer Armee (Pz Armee) lorsque le nombre de divisions blindées (Pz Div) affectées est important.
Le groupe d'armées comprend un certain nombre d'armées (2 à 5).

Sur le front occidental :

Situation des Alliés début décembre 1944[modifier | modifier le code]

Le front occidental le 15 décembre 1944
  • Le front occidental s'est étendu. Après l'échec d'Arnhem, il suit d'abord une ligne est-ouest coupant les Pays-Bas en deux et ensuite une ligne nord-sud suivant très approximativement la frontière allemande jusqu'en Suisse. Depuis les ports français, les lignes de communication sont longues. Libéré dès le 4 septembre, Anvers permettrait aux Alliés de ne plus faire transiter les énormes quantités de ravitaillement divers par les ports français. Mais si le port est libéré dès le 4 septembre, l'estuaire de l'Escaut long de 80 km, ainsi que l'ile de Walcheren qui en permettent l'accès, seront encore tenus par les Allemands pendant 85 jours, interdisant aux navires alliés d'entrer dans le port. Hitler veut à tout prix empêcher son utilisation et dès le 13 octobre, les premiers missiles V1 s'abattent sur Anvers. Le 27 novembre, c'est au tour des V2 d'entrer en scène.
  • Les Alliés manquent de moyens mais, pour ne pas permettre à l'ennemi de se ressaisir, ils doivent continuer leur offensive. Au nord, une attaque vient d'être lancée pour s'emparer des barrages de la Roer afin d'empêcher les Allemands de déclencher d'éventuelles inondations. Au sud, la 3e armée de Patton prépare une offensive vers Francfort. Pour réunir les moyens nécessaires, le front a été dégarni dans les Ardennes où quatre divisions US tiennent 120 km de front.

Le dispositif des Alliés comprend :

Au total, cela représente 69 divisions.

Situation des Allemands début décembre 1944[modifier | modifier le code]

  • Pour les Allemands, les lignes de communication et la longueur des fronts se sont réduites ; ce qui permet de regrouper les forces et même de constituer quelques réserves. Les fronts d'Italie et de Russie sont stabilisés. La mobilisation de tous les hommes entre 16 et 60 ans permet de rétablir les effectifs. La défense de la patrie ressaisit le moral de ceux qui ne sont pas encore résignés. Dos au mur, les Allemands acceptent l'idée de combattre sans idée de recul.

Quatre groupes d'armées sont déployés face aux Alliés :

Avec les réserves, le total est de 74 divisions, soit un nombre équivalent à celui des Alliés.

Objectifs allemands[modifier | modifier le code]

Enjeux pour le Reich[modifier | modifier le code]

Depuis l'écroulement du front de Normandie au début du mois d'août 1944, les cercles militaires dirigeants du Reich, sur une consigne de Hitler en personne, préparent une réédition de la campagne de 1940 : une offensive dans les Ardennes[1]. Hitler lui-même expose aux commandants des unités engagées dans cette action sa vision de ce que doit être l'offensive à venir quatre jours avant le déclenchement des opérations : faire prendre conscience aux alliés occidentaux, par une action offensive de grande ampleur, de la vanité de défaire le Reich dans un délai court, tout en créant les conditions, une fois l'offensive couronnée de succès, d'une paix à l'Ouest[2].

Le Reich tente aussi de profiter de la fatigue des troupes alliées engagées sur le front occidental, harassées par plusieurs mois de durs combats à travers la France et par l'ampleur des pertes, et du calme relatif du front de l'Est durant l'automne[3].

Le plan allemand[modifier | modifier le code]

Plan de l'offensive « Wacht am Rhein »

Le , peu de temps après la prise de commandement de Gerd von Runstedt sur le front de l'Ouest[2], et après une conférence tenue à l'Oberkommando der Wehrmacht, Hitler charge un état-major restreint sous le contrôle du général Jodl de préparer une offensive en Ardennes. Cette opération reçoit le nom de « Wacht am Rhein » (allusion à l'hymne Garde au Rhin).

Reportée plusieurs fois, l'offensive se concentre sur la forêt des Ardennes, et le port d'Anvers, pour aboutir à un nouveau Dunkerque[4], dans un contexte d'incursions alliées sur le territoire du Reich[3]. Peu de commandants de troupes estimaient réalisables les plans visant à rééditer la campagne de 1940 : Model et Runstedt eux-mêmes, en dépit des proclamations publiées dans les jours qui précèdent l'offensive[5], doutent des chances de succès des plans grandioses imaginés par Hitler et ses proches conseillers, Alfred Jodl et Wilhelm Keitel[6]. Les deux responsables de la mise en œuvre de cette opération, Model et Runstedt, défendent une petite solution, consistant à neutraliser, puis repousser les forces alliées stationnées entre Aix-la-Chapelle et la Meuse[6]. Ce doute est partagé à tous les échelons supérieurs de la hiérarchie militaire allemande, malgré des bouffées d'optimisme, liées au discours de Hitler devant les commandants des unités destinées à être engagées dans cette opération, les 11 et 12 décembre 1944[5].

Malgré ces réserves, Hitler, conforté par Jodl et Keitel, maintient les objectifs grandioses qu'il a assignés à l'offensive en préparation, notamment la reconquête d'Anvers ; il finit même par convaincre les plus sceptiques, parmi lesquels Model lui-même[6], tandis qu'aux échelons immédiatement inférieurs, Manteuffel et Dietrich se contentent d'émettre de solides réserves sur les chances de succès de la solution proposée par Hitler, puis, une fois ces réserves écartées, de faire le maximum pour assurer le succès de l'opération[5].

Le secret entoure la préparation de l'opération, aidé en cela par des mesures draconiennes pour le préserver. Les maréchaux von Rundstedt et Model sont informés le 24 octobre. Parmi les dirigeants du Reich, Albert Speer est l'un des rares à être tenu informé de la préparation et de la mise en œuvre de cette offensive[5].

Model est un fidèle du régime ; il commande le groupe d'armées B qui sera chargé de l'attaque et dont les unités auront du nord au sud les objectifs suivants :

  • La 15e armée fixera l'ennemi en front ;
  • La 6e armée blindée SS (neuf divisions) sera chargée de l'effort principal. Nouvellement constituée, elle sera mise en place au dernier moment. Elle franchira la Meuse au sud-ouest de Liège, protègera elle-même son flanc nord, coupera les forces alliées du nord de leur ligne de communication et s'emparera d'Anvers ;
  • La 5e armée blindée (neuf divisions) franchira la Meuse dans la zone de Namur et avancera jusqu'à Bruxelles pour protéger le flanc sud au-delà de la Meuse ;
  • La 7e armée (onze divisions) attaquera pour protéger le flanc sud à la hauteur d'Arlon jusqu'à la Meuse.

L'opération devra être appuyée par :

  • Le parachutage de nuit au nord de Malmedy de l'unité du colonel von der Heydte chargée de bloquer les routes venant du nord (opération Stösser) ;
  • L'infiltration en Ardennes de l'unité spéciale du colonel Skorzeny composée de militaires allemands en uniforme américain parlant l'anglais et chargés de créer la confusion dans les lignes américaines (opération Greif).

La bataille[modifier | modifier le code]

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Forces Allemandes

L'ensemble des forces allemandes participant à la bataille des Ardennes font partie du groupe d'armée B sous les ordres du Generalfeldmarschall Walter Model.

200 000 hommes répartis en 5 divisions de Panzers et treize divisions de Volksgrenadier participent à la première vague de l'offensive. À ces unités s'ajoutent la 6e armée panzer SS, commandée par Sepp Dietrich et la 5e armée de Panzers, placée sous le commandement de Hasso Von Manteuffel, chargées de porter les coups les plus durs aux troupes alliées ; ces deux armées sont épaulées par la 7e armée allemande, chargée de la protection du flanc sud[6]. Ces unités comptent ensemble environ 600 chars et 1600 canons d'assaut, mais dans leurs rangs se trouvent des unités harassées par les combats de l'automne ou inexpérimentées; de plus, les deux tiers de ce qui reste des chasseurs allemands forment le soutien aérien pour les troupes au sol[6]. Malgré ces faiblesses, la Wehrmacht dispose dans les premiers jours de l'offensive d'une supériorité numérique importante sur la partie du front où doit se dérouler l'offensive[6].

Drapeau des États-Unis Drapeau du Royaume-Uni Forces Alliées

L'ensemble des forces Alliées participant à la bataille des Ardennes font partie du 12e groupe d'armée sous les ordres du General of the Army Omar Bradley.

Samedi 16 décembre 1944[modifier | modifier le code]

Les positions avant l'attaque des Ardennes 16 décembre 1944 : la 6e armée blindée SS compte neuf divisions, la 5e armée blindée sept et la 7e armée onze

Dès 5 h 30, une importante préparation d'artillerie est déclenchée. À 6 h 00, des patrouilles de combat allemandes s'infiltrent entre les points d'appui américains afin de s'emparer de quelques passages obligés.

À 8 h 00, couverte par le brouillard, la véritable offensive allemande commence :

  • À la 6e SS Pz Armee.
    • Au nord, l'avance est rapidement bloquée, suite, principalement, à l'action de la 2e Div Inf US et à la réaction de l'artillerie américaine.
    • Au sud, la progression de l'infanterie est freinée par l'ouverture des champs de mines et la résistance des points d'appui américains. Les blindés « piétinent » d'impatience, surtout la 1re SS Pz Div qui dispose de 164 chars dont 45 « Tigre royal » et 38 « Panther ». Sa colonne principale est commandée par le jeune lieutenant-colonel SS Peiper (29 ans). Fin d'après-midi, fatigué par l'attente, il traverse volontairement un champ de mines en perdant quelques blindés, et continue sa progression de nuit.
  • Devant la 5e Pz Armee, quatre malheureuses divisions du VIIIe Corps US, dirigé par le général Troy Middleton, déployées sur un front de 120 km résistent mais elles sont attaquées par des forces largement supérieures.
  • Plus au sud, la 7e armée pénètre dans Echternach mais ne réalise qu'une percée de 5 km ; la 4e Div Inf US, solidement appuyée par l'artillerie, parvient à se maintenir.

En fin d'après-midi, Eisenhower et Bradley qui sont en réunion à Versailles, sont informés de l'attaque. Ils n'en mesurent pas encore l'ampleur. Le mauvais temps empêche les reconnaissances aériennes. Néanmoins, Bradley donne des ordres à la 9e et à la 3e armée pour envoyer respectivement les 7e et 10e division blindée (États-Unis) vers la 1re armée. Ces unités commenceront leur mouvement dans la nuit.

Dimanche 17 décembre 1944[modifier | modifier le code]

Soldats de la Waffen-SS rattachés au Kampfgruppe Peiper, sur la route de Saint-Vith à Malmedy, durant l'offensive des Ardennes ; certains observateurs de cette photo ont cru identifier à tort le lieutenant-colonel Joachim Peiper comme le sous-officier à droite.
Prisonniers américains massacrés à Baugnez (Malmedy) le 17 décembre 1944

Vers 03h00, des avions Junkers 52 larguent un millier de Fallschirmjäger (parachutistes allemands) sous le commandement du colonel von der Heydte sur le plateau des Hautes Fagnes au nord de Malmedy, avec pour objectif le carrefour du Mont Rigi (opération Stösser). La dispersion est extrême, et pour cause, les pilotes sont inexpérimentés en cette fin de guerre et de plus, on leur demande de voler de nuit et par un temps exécrable ; les colis avec l'armement lourd sont rarement retrouvés. L'action sera peu efficace. Beaucoup d'hommes seront capturés assez rapidement. Non rejoints, les derniers se rendront aux Américains le 23 décembre.

Les hommes de l'unité Skorzeny (Allemands habillés et équipés à l'américaine) coupent les lignes téléphoniques et créent la confusion, surtout dans les mouvements US. Ils n'auront toutefois pas l'effet espéré.

Au nord de la pénétration, la colonne Peiper qui a déjà fait de nombreux prisonniers, s'empare vers 07h00 d'un dépôt US à Bullange et peut faire le plein de carburant. Elle reprend ensuite sa progression vers l'ouest. La 7e Div Bl US qui descend vers Saint-Vith passe quelques kilomètres devant la tête de la colonne allemande. À 12h30, Peiper capture, à Baugnez près de Malmedy, une centaine d'artilleurs de la colonne de la Div US. Ceux-ci sont rassemblés dans une prairie mais, vers 14h00, avec les troupes SS qui suivent, un officier déclenche la tuerie des prisonniers. Plusieurs peuvent s'enfuir et pour certains même rejoindre leurs lignes. L'information du « massacre de Baugnez » parviendra rapidement aux unités US (principalement via un article du Stars and Stripes du 22 décembre) qui, au lieu d'être terrorisées, penseront surtout à venger leurs camarades. Le soir, la 1re SS Pz Div rejette vers le nord la jeune 99 Div Inf US et la colonne Peiper arrive devant Stavelot.

Au centre, soumis à l'attaque de la 5e Pz Armee :

  • à Saint-Vith, la 106 Div Inf US composée de jeunes recrues résiste comme elle peut. Presque encerclée, elle attend avec impatience le renfort de la 7e Div Bl US dont les premiers éléments arrivent vers 16h00. Il faut bien se rendre compte que le mouvement d'une Div Bl avec plus de 1 000 véhicules dont des chenillés, dans les conditions qu'on imagine, constitue à lui seul une véritable opération.
  • En avant de Clervaux, la 28e Div Inf US, commandée par le major general Cota (célèbre depuis son action à Omaha Beach) est déployée sur un large front. Ce sont des vétérans mais ils sont attaqués par des forces cinq fois supérieures. Les points d'appui sont encerclés mais ils résistent et freinent ainsi la progression allemande.

Au sud, le flanc de la pénétration allemande est contenu sur la ligne Echternach-Diekirch.

À Reims, vers 20h30, les 82e et 101e Div Abn reçoivent leurs ordres de mouvement et partent dans la nuit.

Les 18 et 19 décembre 1944[modifier | modifier le code]

Infanterie allemande progressant à travers la forêt ardennaise

Au nord :

Avec les renforts qui arrivent, le commandant de la 1re armée US organise sa ligne de défense de la région d'Elsenborn vers le sud-ouest.
Le 18, la colonne Peiper prend Stavelot mais ne peut s'emparer d'un dépôt américain qui est incendié par des éléments de l'Armée belge qui en avaient la garde. Il en résulte un manque de carburant qui va ralentir les mouvements de la colonne lorsque celle-ci s'engage dans la vallée encaissée de l'Amblève, prend La Gleize et s'avance vers Stoumont. Elle est alors immobilisée par une attaque aérienne, ce qui permet au génie américain de faire sauter un pont devant les premiers chars, les obligeant à faire demi-tour. Dès le 19, des unités US dont la célèbre 82e Div Abn qui vient d'arriver, la stoppent à Stoumont et attaquent même ses arrières.

Au centre :

Dans la région de Saint-Vith, isolés, deux des trois régiments de la 106e Div Inf ont été faits prisonniers mais la 7e Div Bl tient fermement une position en forme de fer à cheval. Elle oblige les Allemands à adapter leurs plans et à engager prématurément des renforts, alors qu'ils affrontent de constants problèmes de ravitaillement en carburant.
Du nord de Clervaux à Diekirch, les points d'appui de la 28e Div US luttent jusqu'à l'extrême. Les rescapés des deux régiments nord s'exfiltreront vers Saint-Vith et Bastogne où ils continueront le combat.
À Bastogne, le 18 à 16h00, le groupement blindé B de la 10e Div Bl US et un bataillon antichar se sont déployés. À partir de 22h30, venant de Reims, la 101e Div Abn les rejoint. Le lendemain, ils subiront les premières attaques sérieuses.

Au sud :

Le 109e Régiment de la 28e Div, commandé par le colonel Rudder (le chef des rangers de la pointe du Hoc) mène le combat retardateur depuis Diekirch. Il tiendra jusqu'à l'arrivée des renforts.

Au haut commandement allié :

Le 19, Eisenhower (« Ike ») réunit les commandants de groupes d'armées et d'armées. Il prescrit à Devers d'étendre le front de son 6e groupe d'armées vers le nord afin de permettre à Patton de regrouper des unités en vue d'une attaque sur le flanc sud du saillant. Il charge Bradley d'agir de manière similaire au nord. Ces directives du commandant en chef auront pour effet le déplacement de centaines de milliers d'hommes. Lorsque Ike demande à Patton le temps qui lui sera nécessaire pour tourner son armée de l'est vers le nord, ce dernier répond promptement 3 jours. Ce délai irréaliste fait sourire les généraux présents; surtout Monty qui prévoyait 6 jours pour une manœuvre similaire venant du nord. Ce qu'ils ignorent, c'est qu'avant de recevoir les instructions de Ike, Patton a déjà donné des ordres pour préparer le mouvement. Malgré les routes gelées, la célérité de la 3e armée sera surprenante : l'attaque de Patton aura lieu dans les 3 jours annoncés !

Les 20, 21 et 22 décembre 1944[modifier | modifier le code]

Char Américain (Chasseur de char M10 Wolverine)
Soldats américains prisonniers des Allemands (22 décembre 1944)

Depuis le 19 et jusqu'au 22, le temps bouché empêche toute action importante de l'aviation.

Au nord

Peiper est coupé de ses arrières. À Stoumont, le 20 et le 21, la bataille est féroce. La nuit, il y a des combats corps à corps entre les parachutistes et les SS. Peiper doit se replier sur La Gleize.
La 6e SS Pz Armee est définitivement arrêtée et les Américains ont même repris Stavelot.

Au centre

À Saint-Vith, les Allemands attaquent en force et prennent la ville le 21 vers minuit. La 7e Div Bl se rétablit à l'ouest mais reçoit l'ordre de se replier. Sa remarquable défense de Saint-Vith a brisé la marée allemande et a surtout permis aux autres unités américaines de venir former la digue nord du saillant.
Entre Saint-Vith et Bastogne, les 116e et 2e Pz Div de la 5e Pz Armee, après avoir été retardées par les ravitaillements en carburant qui suivent difficilement, atteignent le 22 respectivement Hotton et Marche. Elles se heurtent à la 84e Div US qui y a pris position la veille.
À Bastogne, dès le 20, les « Panzer » allemands contournent par le nord et par le sud. La nuit du 21 au 22, la ville est complètement encerclée. Les Allemands mènent successivement mais infructueusement plusieurs attaques pour s'emparer de ce nœud routier particulièrement important. La place est défendue par 18 000 Américains comprenant la 101e Div Abn, un groupement blindé de la 10e Div Bl, un bataillon antichars, deux bataillons d'artillerie et des rescapés de la 9e Div Bl et de la 28e Div. La 101e Div est normalement commandée par le général Taylor mais il est aux États-Unis. C'est le brigadier général Anthony McAuliffe qui assure l'intérim. On lui a confié le commandement de toutes les unités encerclées. Officier d'artillerie, il utilise de manière remarquable le feu des sept bataillons d'obusiers dont il dispose (cinq organiques, deux en renfort). Le 22 à 12h00, les Allemands exigent la reddition de la ville sous menace de destruction. La réponse de McAuliffe est ferme et brève : « Nuts » (traduite dans ce contexte par « Des clous » dans le sens « Hors de question, non catégorique… »).

Au sud

Le 22, la Pz Lehr Div qui a contourné Bastogne par le sud, s'empare de Saint-Hubert.

Plus au sud

Depuis le 20, la 4e Div Bl US s'est déployée dans la région d'Arlon. Le 22 à 06h00, sans attendre l'arrivée de toutes ses unités, Patton démarre sa contre-attaque en direction de Bastogne.

Au haut commandement allié

Le 20 décembre, Eisenhower décide de confier le commandement temporaire des unités US nord du saillant, soit la 9e armée et la 1re armée (sauf son VIIIe corps), à Montgomery. Vu la situation, Ike juge que ces forces échappent désormais au contrôle de Bradley. Il estime aussi que c'est la meilleure manière d'obtenir un engagement franc du XXXe Corps britannique, seule grande réserve tactique disponible.
Le XXXe Corps se porte en effet rapidement vers le sud afin de garantir d'abord la sûreté des passages sur la Meuse.
La décision de « Ike » sera mal accueillie par Bradley et d'autres généraux américains qui n'apprécient pas l'orgueilleux maréchal britannique.

Les 23, 24 et 25 décembre[modifier | modifier le code]

Des soldats américains de la 101e Airborne surveillent la route qui mène à Bastogne

Dès le 23, le temps s'éclaircit et l'aviation alliée passe à l'attaque. Le 24, il y a 5 000 sorties alliées contre seulement 1 000 sorties allemandes.

Au nord

La ligne de défense alliée est fermement installée.
Le 24, avant l'aube, Peiper, en panne de carburant et abandonné, fait sauter ses véhicules et s'exfiltre à travers bois. Il laisse à La Gleize ses blessés et des prisonniers américains. Tous ses chars sont perdus, la 1re SS Pz Div est brisée.

Au centre

Bastogne subit de violentes attaques. Les défenseurs, qui disposent de moyens de communication, guident les attaques aériennes rapprochées. Chaque jour, plus de cent tonnes d'approvisionnement (surtout des médicaments et des munitions d'artillerie) leur sont parachutées.
Plus à l'ouest, les blindés allemands ont progressé dans la trouée entre Marche et Dinant mais avec lenteur car ils manquent de carburant et subissent sur leur flanc nord le harcèlement d'une brigade blindée britannique. Le 24, la 2e Pz Div prend Celles (8 km à l'est de Dinant) ; la Meuse est en vue. Hasard d'appellation, en face se trouve la célèbre 2e Div Bl US surnommée « Hell on wheels » (« l'enfer sur roues »), déjà combattue en Normandie et renforcée par une brigade blindée britannique. Une légende persiste depuis cette époque, expliquant que Marthe Monrique[7], propriétaire d'un café (Le Pavillon Ardennais) au carrefour de Celles, après que le char de tête (toujours visible aujourd'hui) ait sauté sur une mine, a expliqué aux Allemands que la route était minée jusqu'à Dinant. Les Allemands se seraient alors réfugiés dans les bois sans tenter de prendre cette route. La vérité est sans doute plus complexe, même si sans doute il est possible que ce mensonge ait été dit.
Lorsque les Allemands arrivent à Celles par le petit chemin de Conjoux, ils sont exténués et à court de carburant. Une partie de la division fonce vers le carrefour de Celles et une avant-garde est envoyée vers Foy-Notre-Dame.
Le soir du 24 décembre, une Jeep fonce vers Dinant par le chemin du Froidveau. À son bord, 3 soldats allemands habillés de vêtements américains. Ils tentent de forcer le passage du rocher Bayard. Ils ne s'arrêtent pas aux injonctions des gardes et un cordon de mines est tiré en travers de la route. La Jeep saute et les trois Allemands sont tués. Pourquoi cette reconnaissance ? On peut imaginer que les Allemands devaient s'assurer que les chars pouvaient passer par le goulot formé par le rocher Bayard et la falaise avant de risquer de descendre sur Dinant par ce chemin. Or, il faut savoir que ce passage est de 2,7 mètres et que les plus petits chars allemands avaient une largeur de 3,2 mètres. Il eut donc été impossible d'atteindre Dinant par le Froidveau !
Cette nuit du 24 au 25, le Baron Jacques de Villenfagne de Sorinnes est persuadé de pouvoir faire une reconnaissance de nuit des positions allemandes. Il demande l'autorisation au Major John Watts du 3rd Tank Battalion qui accepte. Avec son ami Philippe le Hardy de Beaulieu, ils parviennent à recueillir assez d'éléments pour indiquer aux Anglais les positions sur lesquels un tir d'artillerie doit être dirigé.
Le lendemain matin, le ciel est clair et l'aviation alliée peut sortir et attaquer les positions allemandes. Conjointement, l'artillerie pilonne les endroits désignés par le Baron de Villenfagne. Également, la 2e division blindée US lance une attaque depuis Ciney et les Britanniques attaquent depuis Sorinnes. Face à eux, les Allemands désemparés subissent des attaques auxquelles ils ne peuvent résister, contraints d'abandonner la majorité de leurs véhicules du fait du lancinant problème de carburant que, dans l'ensemble, l'offensive allemande des Ardennes n'a cessé d'affronter. Aussi, certains se rendent-ils tandis que les autres tentent de rejoindre à Buissonville leurs troupes dont ils ont été coupés.


Au sud

Les unités de Patton attaquent et la 4e Div Bl pousse sur la route Martelange - Bastogne. Le 24, elle est bloquée à 10 km au sud de Bastogne et doit effectuer un débordement par l'ouest. Elle ne pourra pas atteindre Bastogne pour la Noël comme espéré.

Tristesse

La veille de la Noël, une tragédie s'accomplit à Bande (commune de Nassogne, à 10 km de Marche-en-Famenne). Le 24 décembre, des troupes chargées de représailles suite à des actions de résistance du mois de septembre font leur apparition dans le village. Ces troupes ont déjà sévi à Noville-lez-Bastogne les jours précédents et n'ont rien à voir avec la 2e Panzer Division qui occupe le village.
Ce dimanche matin, ces troupes spéciales arrêtent des hommes du village dont une partie à la sortie de la messe. Ils les rassemblent dans une scierie abandonnée le long de la route Nationale 4 et les interrogent un par un. Dans le courant de l'après-midi, ils en libèrent une partie mais en gardent 33 dont le plus jeune, André Gouverneur a fêté ses 17 ans le mois précédent. Pendant une partie de l'après-midi, ces jeunes hommes doivent rester debout, en rang et les bras levés par un froid glacial. Puis un premier homme est emmené par un garde vers la maison Bertrand (maison qui a été incendiée en septembre lors de précédentes représailles). Un coup de feu retentit puis un deuxième homme est emmené et le scénario se renouvelle avec les autres. Quand vient le tour de Léon Praile, celui-ci frappe violemment le garde et s'enfuit en courant à travers champs dans la pénombre du jour qui tombe. Il entend siffler les balles autour de lui et parvient jusqu'aux bois où il se cache un certain temps avant de trouver refuge dans un fenil de la ferme de son oncle. Il s'y cache jusqu'au 11 janvier, date à laquelle les Britanniques entrent dans Bande. Léon Praile indiquera le lieu où le massacre fut commis. Aux 32 fusillés du 24 décembre se rajoutèrent les corps des frères Malempré de Roy le lundi 25 portant le nombre de victimes à 34.
Les 23, 24 et 25 décembre, la ville de Malmedy est bombardée, par erreur, par des avions alliés. Il y a plusieurs centaines de tués parmi la population belge et les militaires américains.

Du 26 au 31 décembre 1944[modifier | modifier le code]

Tank et infanterie de la 82e Airborne Division avançant vers leur objectif en Belgique

Chaque jour l'aviation alliée fait des milliers de sorties. Le 26, Saint-Vith considéré comme un objectif capital est complètement détruit. Les sorties allemandes sont de moins en moins nombreuses ; elles dépassent rarement quelques centaines.

Sur le bord nord du saillant

Dix divisions alliées sont en ligne et deux en réserve. Le XXXe Corps britannique peut intervenir à bref délai et la 6e Div Abn UK est arrivée à Dinant.

À Bastogne,

Les ravitaillements par air continuent. Plusieurs planeurs atterrissent dont un amenant une équipe de chirurgiens.
Le 26 à 16h45, l'avant-garde de la 4e division blindée américaine parvient à réaliser la jonction. Le couloir est extrêmement étroit et les combats seront âpres pour l'élargir.
Le 27, un convoi d'ambulances peut évacuer des blessés. Le général Taylor a rejoint sa division. Après avoir remercié et félicité MacAuliffe, il reprend le commandement.
Les jours suivants, munitions, équipements chauds, cigarettes et même, avec un peu de retard, dindes de Noël arrivent à Bastogne.

À Celles,

La 2e Pz Div, encerclée par la 2e Div Bl US, laisse 1 500 prisonniers et de nombreux véhicules.

À l'OKW,

Le 28, Hitler finit par admettre qu'Anvers ne peut être atteint et change la mission : détruire les forces alliées dans les Ardennes.
Le 30, la 5e armée de Hasso von Manteuffel lance une attaque importante pour essayer de couper le corridor vers Bastogne.

Janvier 1945[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier, la Luftwaffe exécute une riposte bien conçue et exécutée par surprise; il s'agit de l'opération Bodenplatte. Volant en rase-mottes, l'aviation allemande attaque une trentaine de bases alliées. Selon certaines sources, 800 avions sont détruits ou endommagés ; 300 selon d'autres, mais pour ne pas inquiéter la population, les services d'information alliés ont minimisé les faits. La Luftwaffe perd toutefois dans ce raid 277 avions et beaucoup de ses derniers pilotes chevronnés. Elle n'est plus en mesure de combler ses pertes et de jouer un rôle dans la fin de la guerre. Les Alliés qui n'ont presque pas perdu de pilotes dans cette opération remplacent les avions perdus en deux semaines.
Le même jour, profitant du déforcement du groupe d'armées Devers, les Allemands lancent une attaque de diversion en Alsace, sans aucune répercussion en Ardennes.

En ce mois de janvier 1945, les conditions atmosphériques sont épouvantables. Dans les Ardennes, il y a beaucoup de neige et la température est tellement basse qu'il faut faire tourner régulièrement tous les moteurs pour que l'huile ne gèle pas. C'est dans ces conditions que démarre le 3 janvier la contre-attaque de Montgomery. En fait, il s'agit de l'attaque du VIIe corps US du général Collins qui a été relevé sur ses positions par le XXXe Corps britannique. Elle démarre de la région de Hotton en direction de Houffalize. Elle sera appuyée sur sa droite, à partir du 6 janvier, par des unités britanniques (Welsh Div et la 6e Abn Div). La jonction avec la contre-attaque de Patton qui a commencé 12 jours plus tôt est prévue dans la région d'Houffalize. Les opérations sont lentes car les journées sont courtes et les Allemands se sont bien retranchés derrière des canons antichars et de nombreux champs de mines. La jonction a lieu le 16 janvier. À la même date, le XXXe Corps britannique retourne vers le front de Hollande.
Le 17 janvier, la 1re armée US est replacée sous le commandement de Bradley mais la 9e reste sous celui de Montgomery.
Le Commandement suprême allemand (OKW) ordonne le repli car, après trois mois d'arrêt, les Soviétiques ont repris l'offensive. Constatant l'échec définitif de cette offensive, Hitler rentre par train à Berlin le 15 janvier[8].
Le 24 janvier, Saint-Vith est repris et le 30, les Allemands sont rejetés au-delà de leur ligne de départ.

Conséquences et conclusions[modifier | modifier le code]

Tout en reconnaissant la précarité des a posteriori, les historiens militaires estiment que les Américains ont commis deux erreurs :

  • sur le plan du renseignement, malgré le remarquable secret du plan allemand, les Alliés disposaient d'informations qui auraient dû les mettre en garde mais ils les ont parfois ignorées, parfois mal interprétées ; ainsi des renseignements Ultra[9] n'ont pas été pris au sérieux.
  • sur le plan du dispositif, le déploiement en Ardennes constituait un fameux coup de poker.

Quant aux Allemands qui avaient connu un succès foudroyant sur le même terrain en mai 1940, ils n'ont pas tenu compte (Hitler, du moins) des conditions qui avaient changé :

  • un hiver rigoureux a remplacé un printemps radieux ;
  • la supériorité aérienne a changé de camp ;
  • la coordination char-artillerie-aviation de la blitzkrieg n'existe plus ;
  • le ravitaillement, particulièrement en carburant, n'est pas assuré ;

La bataille des Ardennes aura des conséquences militaires majeures pour les Allemands puisqu'ils y épuiseront leurs meilleures unités. Elle aura aussi des conséquences politiques importantes car en attaquant sur le front occidental, Hitler a fait le jeu de Staline. L'Armée rouge pourra ainsi franchir rapidement l'Oder et atteindre l'Elbe avec les suites que l'on connaît. De leur côté, les armées alliées occidentales ne bénéficieront pas autant qu'on l'aurait souhaité de l'épuisement des réserves allemandes.

Monument du Mardasson à Bastogne

Le vainqueur de la bataille des Ardennes, c'est le général Eisenhower qui, de nouveau, a assumé avec compétence les énormes responsabilités qui lui étaient confiées. Le véritable héros reste néanmoins le soldat américain qui, dans des conditions extrêmement difficiles a rempli sa mission avec courage et avec la conséquence, pour beaucoup d'entre eux, d'y perdre la vie. Pour témoigner leur reconnaissance, les Belges ont érigé à Bastogne un énorme monument sur la colline de la ville appelée Mardasson. Au cœur de ce mémorial, on peut lire la phrase latine « Populus belgicus memor liberatoribus americanis » (Le peuple belge se souvient de ses libérateurs américains). Le , lors de l'inauguration, le président de la cérémonie ajouta : « Puisse cette inscription dans la pierre, l'être également dans les mémoires ».

Régions concernées[modifier | modifier le code]

Les environs de Stavelot, Malmedy, La Gleize, Stoumont, Trois-Ponts, Bastogne, Clervaux, Diekirch, Ettelbruck, Houffalize, Rochefort, Saint-Vith, Vianden, Wiltz

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Les pertes varient selon les sources.

Selon le SHAEF, les pertes américaines seraient de 75 685 hommes dont 10 733 tués. Il est toutefois certain que les pertes ont été supérieures à celles du débarquement de Normandie (10 000 dont 2 500 tués).
Selon L'OKW, les Allemands auraient perdu 110 000 hommes en tenant compte du fait qu'ils ont laissé plus de 28 000 prisonniers.
Le Department of Defense reconnait 19 000 tués, 47 500 blessés et 23 000 disparus ainsi que la perte de 773 Tanks et tank destroyers et 592 avions.
Les pertes allemandes officielles sont de 84 834 hommes dont 12 600 tués et 38 000 blessés ainsi que la perte de 600 à 800 blindés dont un grand nombre furent réparés et environ 800 avions

Une autre source donne les chiffres suivants :

Morts

Disparus

Blessés

Total

Perte en matériel

Allemands

  17 236

16 000

34 439

67 675

600 à 800 blindés
800 avions

Américains

   8 607

21 144

47 139

76 890

773 blindés et 592 avions

Civils

2 501 Belges

350

?

?

Les pertes belges sont celles de quelques troupes engagées avec les alliés et, surtout, elles sont le résultat des bombardements de l'aviation, notamment à Bastogne et à Houffalize. On compte aussi les 34 jeunes civils fusillés à Bande par les S.S., ainsi que l'instituteur du village de Givry fusillé avec trois anciens élèves au bord d'une route où ils ont été surpris alors qu'ils tentaient de rallier les rangs alliés.

Musées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il est impossible de préciser le nombre exact de véhicules de chaque sorte pour une division blindée en décembre 1944 car chaque division était réapprovisionnée tant bien que mal avec ce qu'il était possible de lui procurer. Par exemple, certaines divisions possèdent encore quelques chars, vétérans de Normandie (exemple, le Nr 111 de la 116e Pz Division encore visible aujourd'hui à Houffalize). D'autres divisions doivent être entièrement rééquipées

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ian Kershaw, La Fin, p. 175.
  2. a et b Ian Kershaw, La Fin, p. 178.
  3. a et b Ian Kershaw, La Fin, p. 180.
  4. Ian Kershaw, La Fin, p. 179.
  5. a, b, c et d Ian Kershaw, La Fin, p. 182.
  6. a, b, c, d, e et f Ian Kershaw, La Fin, p. 181.
  7. Marthe Monrique dans un article du Soir
  8. R.J.Evans, Le Troisième Reich 1939-1945.p. 765.
  9. C'était le nom ultra-secret des messages interceptés et analysés par un groupe de cryptanalystes situés à Londres, à Bletchley Park, qui avaient cassé le code allemand et sa machine ENIGMA, voir La Bataille d'Ardenne du Cpt.Charles.B.Macdonald, vétéran de la bataille et historien militaire, édition Luc Pire, 2004, ISBN 2-87415-468-7, imprimé à Stavelot

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • LtCol Hre Emile Engels, La campagne des Ardennes, Éditions "Racine"
  • Guy Franz Arend, La Bataille pour Bastogne : le trou dans le beignet : récit chronologique de la Bataille pour Bastogne avec quelques réflexions, Bastogne, Bastogne Historical Center, 1985
  • Jean-Michel Delvaux, La bataille des Ardennes autour de Celles, 160 p, auto édition 2003 (basé sur une complémentarité entre des témoignages des civils et des comptes rendus militaires et agrémenté de photos pour la plupart inédites provenant de collections privées). L'auteur est également le créateur du site Ardennes44
  • Jean-Michel Delvaux, La bataille des Ardennes autour de Rochefort, 352 p, auto édition 2004 (basé sur une complémentarité entre des témoignages des civils et des comptes rendus militaires et agrémenté de photos pour la plupart inédites provenant de collections privées).
  • Jean-Michel Delvaux, La bataille des Ardennes autour de Rochefort 2, 288 p, auto édition 2004 ISBN 2-930398-01-9
  • Lt-Colonel Bauer - Colonel Rémy, L'offensive des Ardennes, Édition Christophe Colomb, 1984, 144p ISBN 2-88097-101-2
  • Abbé F. Bertin, La ruée de von Rundstedt à travers nos Ardennes, Ed Librairie Moderna , 1945, 71 p
  • Guy Blockmans, Bataille des Ardennes, les routes du souvenir, Ed P Coenegrachts O.P.T., 2003, 43 p
  • Marcel Bovy, La Bataille de l'Amblève, les combats sur le front nord du saillant des Ardennes, Ed Les Amitiés Mosanes 1949 , 189 p
  • Yves Buffetaut, La bataille des Ardennes, Hors Série Militaria Magazine Nr 39, Ed Histoire et Collection, 2000, 84 p
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  • Lucien Cailloux, Ardennes 44, Pearl Harbor en Europe (1re partie 15 au 21 décembre), Auto ed, 1969, 162p
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  • Yann Mahe, La Bataille des Ardennes Tome 1, in Batailles & Blindés Hors Série no 17, Éditions Caraktère, 2011
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  • Giovanni Hoyois, L'Ardenne dans la tourmente, Ed Dupuis, 1945, 167p
  • Danny S. Parker, The Battle of the Bulge, the German View, Ed D. S. Parker, 1999, 237 p, ISBN 1-85367-272-6
  • Luc Rivet-Yvan Sevenans, La bataille des Ardennes, les civils dans la guerre, Ed Didier Hatier, 1985, 252 p ISBN 2-87088-542-3
  • Pierre Stéphany, Ardennes 44 : la dernière offensive allemande, Bruxelles, Ixelles éditions,‎ 2013, 376 p. (ISBN 978-2-87515-196-4).
  • Peter Taghon, La bataille d'Ardenne, l'ultime blitzkrieg de Hitler, Ed Racine, 1994, 224p ISBN 2-87386-024-3
  • Eric Urbain, Un front méconnu, bataille des Ardennes Dans les régions de Libramont, Saint-Hubert, Sainte-Ode, auto Ed, 2002, 304 p
  • Voet-Housiaux-Prémont-Hoven, Marche, souviens-toi 1944-1994, Étude du Cercle historique de Marche en Famenne A.S.B.L., 1994, 80 p

Filmographie[modifier | modifier le code]