Valgaudemar

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Valgaudemar
La vallée du Valgaudemar, vue depuis les pentes des Vernets.
La vallée du Valgaudemar, vue depuis les pentes des Vernets.
Massif Massif des Écrins (Alpes)
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Communes La Chapelle-en-Valgaudémar, Villar-Loubière, Saint-Maurice-en-Valgodemard, Saint-Jacques-en-Valgodemard, Saint-Firmin
Coordonnées géographiques 44° 49′ N 6° 09′ E / 44.817, 6.1544° 49′ Nord 6° 09′ Est / 44.817, 6.15

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Alpes

(Voir situation sur carte : Hautes-Alpes)
Valgaudemar

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Valgaudemar
Orientation sud-ouest
Longueur 30 km
Type Vallée glaciaire
Écoulement Séveraisse
Voie d'accès principale D 985a

Le Valgaudemar est une vallée située au centre du massif des Écrins, dont le point culminant est la barre des Écrins (4 102 m). D'origine glaciaire, étroite et encaissée, elle est dominée par des sommets mythiques comme l'Olan (3 564 m) ou les Bans (3 669 m). Elle fait partie des grandes vallées du massif, à côté de celles du Vénéon, de la Vallouise et du Valjouffrey. Elle est creusée par la Séveraisse, une bouillonnante rivière venue des glaciers, longue de 33 km.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Valgaudemar est composé de val (« vallée ») et le nom de personne d'origine burgonde Godemar, probablement un roi burgonde qui vécut au VIe siècle et qui, d'après la légende, se serait retiré au fond de cette vallée des Alpes[réf. nécessaire].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Valgaudemar entaille profondément le massif des Écrins dans sa partie sud-ouest, entre le sommet des Bans et la vallée du Drac. Il est inclus dans la zone périphérique du parc national des Écrins mais, bien que pénétrant dans la zone centrale à partir de Villar-Loubière, le fond de la vallée en est exclu.

Topographie[modifier | modifier le code]

La vallée est fortement encaissée. Dès l'entrée, Saint-Firmin (alt. 950 m), sur la rive droite, est dominé par le Grun de Saint-Maurice (2 775 m), et Saint-Jacques, sur la rive gauche, par le Petit-Chaillol (2 777 m). Plus haut, Villar-Loubière (1 033 m) est dominé par le pic des Souffles (3 098 m) au nord et le pic de Pian (2 826 m) au sud. La Chapelle (1 110 m) est entre l'Olan (3 584 m) et le pic de Parières (3 076 m). Le fond de la vallée est entouré par les Rouies (3 589 m) au nord, le sommet des Bans (3 669 m, plus haut sommet de la vallée) à l'est, et le Sirac (3 440 m) au sud.

Le Valgaudemar est entouré par une série de sommets dépassant les 3 000 mètres. Les principaux sont :

  • Les Bans (3 669 m), point culminant du Valgaudemar ;
  • Les Rouies (3 589 m) ;
  • le pic d'Olan (3 564 m), dont l'ascension est réservée aux meilleurs alpinistes (passages en ED) ;
  • le pic des Aupillous (3 505 m) ;
  • le pic de Bonvoisin (3 480 m) ;
  • Le Sirac (3 440 m), composé de six pics ;
  • le pic du Says (3 421 m) ;
  • la cime du Vallon (3 409 m) ;
  • le mont Gioberney (3 351 m) ;
  • la pointe de la Muande (3 315 m) ;
  • le pic du Vaccivier (3 312 m) ;
  • le Vieux Chaillol (3 163 m) ;
  • le pic des Souffles (3 098 m) ;
  • le pic de Turbat (3 023 m).

Près de 3 000 m de dénivelé séparent le point le plus bas et le plus haut de la vallée. C'est l'un des plus importants dénivelés des vallées alpines.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Valgaudemar est parcouru d'est en ouest par la Séveraisse, affluent du Drac. La Séveraisse est une rivière de type torrentiel au régime nivo-pluvial. Ses crues sont redoutables. Elle a peu d'affluents importants : le torrent de Giobreney dans sa partie haute, puis le torrent de Navette à la Chapelle, et le torrent de Prentiq à l'ubac de Saint-Maurice.

L'eau de la Séveraisse est depuis toujours utilisée pour l'agriculture et pour l'action des moulins. Les canaux d'irrigation, nombreux, ont été pour la plupart abandonnés au cours du XXe siècle. Le principal d'entre eux, le canal des Herbeys, prenait l'eau de la rivière au pont du Roux, et alimentait en eau la plaine d'Aubessagne (aujourd'hui Chauffayer). Restent aujourd'hui deux canaux d'amenée d'eau aux centrales hydroélectriques de Saint-Maurice et de Saint-Firmin.

Géologie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Le Valgaudemar est composé de cinq communes : Saint-Firmin, Saint-Jacques-en-Valgodemard, Saint-Maurice-en-Valgodemard, Villar-Loubière et La Chapelle-en-Valgaudémar, qui formaient ensemble jusqu'en mars 2015 le canton de Saint-Firmin, mais sont désormais rattachées au canton de Saint-Bonnet-en-Champsaur.

Ces cinq communes sont associées à trois communes du bassin du Drac (Aspres-les-Corps, Le Glaizil, Chauffayer) au sein de la communauté de communes du Valgaudemar. Ces huit communes sont également membres de la Commission locale de l'eau du Drac-Amont (CLEDA).

Habitat[modifier | modifier le code]

Les lieux habités se situent auprès de la rivière, mais à l'écart du cours d'eau pour être à l'abri de ses crues parfois violentes. Pour être à l'abri des avalanches de pierres et de neige des pentes rocheuses inhospitalières et nues de la rive droite, plusieurs hameaux ont choisi l'ubac, protégé par des bois et taillis. De ce fait, certaines habitations ne voient pas le soleil de tout l'hiver, au point que, dans son Histoire des Hautes-Alpes[1], le préfet Ladoucette a pu faire crédit à la légende selon laquelle les habitants du hameau des Andrieux célébraient le retour du soleil en février par une omelette collective sur le pont de la Séveraisse[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

On sait peu de choses des premiers habitants du Valgaudemar. Le Répertoire archéologique des Hautes-Alpes de Joseph Roman ne mentionne aucun vestige d'époque antérieure à l'occupation romaine[3]. Jean Gueydan se borne à signaler que les Ligures, installés dans le Beaumont voisin dès 800 av. J.-C., ont laissé comme trace des toponymes, dont celui de Severasca, qui a donné le nom de Séveraisse. Les Tricorii, ensemble de tribus celtes, ont occupé la région vers 300 av. J.-C. On leur doit le toponyme morge, qui signifiait « frontière », et se retrouve dans l'un des sommets du Valgaudemar.

L'époque romaine a laissé peu de traces. Roman, sans citer d'élément matériel, voit dans la Chapelle le lieu appelé Geminae sur la carte de Peutinger, et pense que la route de Briançon à Mens parcourait tout le Valgaudemar dans lequel elle entrait pas le col de Bonvoisin (altitude 3 297 m)[4] ; d'où certains ont déduit que Hannibal aurait pu faire le trajet en sens inverse. Pour Gueydan, une seule route est avérée, passant par Saint-Firmin et Saint-Jacques mais se dirigeant ensuite vers le Champsaur[5]. L'hypothèse d'un passage d'Hannibal par le Valgaudemar est pour lui sans fondement[6]. D'autres historiens locaux font même passer la route romaine de Chorges à Grenoble par la rive gauche du Drac, au Glaizil. De l'époque romaine date le toponyme Villard, dérivé du latin villa, désignant un ensemble de bâtiments à usage agricole. En Valgaudemar, on a le Villard de Saint-Firmin et Villar-Loubière.

Au milieu du Ve siècle, les Burgondes envahissent la région. La tradition attribue le nom de la vallée au chef burgonde Gaudemar, qui s'y serait retiré au VIe siècle[7]. Cette origine expliquerait la fréquence dans la vallée de patronymes et de toponymes germaniques. Du Xe au XVe siècle, la région fait partie du Saint-Empire romain germanique, mais est en réalité sous l'autorité des dauphins de Viennois. Le Valgaudemar relève du bailliage de Grésivaudan, mais ses paroisses dépendent de l'évêque de Gap[8]. En 1377, Pierre III d'Ambel fait construire le château de Saint-Firmin[9]. Vers 1445, Raymond III d'Ambel cède ses terres de Valgaudemar à ses filles[10],[11]. Ces possessions formeront les communes de Clémence-d'Ambel et de Guillaume-Peyrouse, qui ont subsisté sous ce nom jusqu'en 1962 avant de fusionner pour former la commune actuelle de la Chapelle.

Article connexe : La Chapelle-en-Valgaudémar.

Activités[modifier | modifier le code]

Agriculture et industrie[modifier | modifier le code]

L'activité traditionnelle de la vallée est essentiellement pastorale, peu rentable mais maintenue grâce aux subventions du parc national des Écrins. Les rares terres cultivables se situent aux abords de la rivière, et plus particulièrement aux alentours des confluents avec ses affluents : le torrent de Prentiq à l'Ubac de Saint-Maurice, le torrent de Navette à la Chapelle. Le haut des vallons de Prentiq et de Navette permettent l'estive.

L'activité industrielle de la vallée est réduite. Plusieurs exploitations minières ont donné un peu de travail aux habitants au début du XXe siècle, mais ont totalement disparu. La Filature du Valgaudemar établie à Saint-Firmin depuis 1830 sur le bord de la Séveraisse conserve la tradition du travail de la laine. Deux installations hydroélectriques sont présentes, l'une à Saint-Maurice l'autre à Saint-Firmin.

Comme le Champsaur voisin, le Valgaudemar offre des spécialités culinaires telles que la tarte des Alpes, les tourtons, les ravioles et les oreilles d'âne.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme, notamment estival, est de plus en plus l'activité motrice de la vallée. Le village de la Chapelle en est le centre, et s'équipe de plus en plus pour l'accueil des visiteurs. En été, le Valgaudemar, « Himalaya français » pour Gaston Rébuffat, « la plus himalayenne des vallées alpines » pour Lionel Terray, accueille de nombreux alpinistes et randonneurs. Le sentier de randonnée la Valgaude propose un aller-retour de l'entrée de la vallée jusqu'à la Chapelle par les deux rives ; le GR de pays Tour du Vieux-Chaillol remonte toute la rive gauche depuis Saint-Jacques jusqu'au col de Vallompierre, rejoint à Villar-Loubière par le GR 54 venant du Valjouffrey par le col de la Vouize. Les nombreux refuges de moyenne et haute montagne (refuge Xavier-Blanc, refuge-hôtel du Gioberney, refuges de l'Olan, de Chabournéou, de Vallompierre, etc.) permettent l'accès aux sommets. En hiver, le ski de fond se pratique autour de la Chapelle, et le ski de randonnée au départ du refuge Xavier-Blanc vers les cirques du Gioberney et du Sirac.

Refuges d'altitude[modifier | modifier le code]

Le refuge du Gioberney en novembre 2008.
  • Refuge du Gioberney
  • Refuge-bivouac de Chalance (2 570 m).
  • Refuge du Pigeonnier (2 430 m), reconstruit en 2003 (CAF).
  • Refuge de l'Olan (2 344 m), détruit deux fois par des avalanches, il a été reconstruit de façon originale : précédé d'une butte pare-avalanches, le toit épouse la pente, ce qui permet aux avalanches de passer par-dessus le refuge et non de le détruire (CAF).
  • Refuge de Vallonpierre (2 271 m), reconstruit en 2000 au bord d'un petit lac à côté de l'ancien refuge du même nom (CAF).
  • Refuge de Chabournéou (2 020 m, CAF).
  • Refuge des Souffles (1 975 m, CAF).

Sites remarquables[modifier | modifier le code]

La cascade du Casset, à quelques minutes de la Chapelle
  • La cascade dite du « voile de la mariée », au Gioberney ; la cascade du Casset, en face du Bourg, la cacade de Combefroide en face de la Chapelle.
  • Les « Oules du diable », marmites formées par le torrent de Navette dans les roches, entre le hameau des Portes et le village de la Chapelle
  • Le lac de Pétarel, surnommé « le miroir de l'Olan »
  • L'église de Saint-Maurice, la plus ancienne de la région, et son tilleul de Sully
  • Le moulin-musée de Villar-Loubière

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-François de Ladoucette, HIstoire, topographie, antiquités, usages, dialectes des Hautes-Alpes, éd. Allier, 1806.
  • Joseph Roman, Département des Hautes-Alpes, Répertoire archéologique, 1888, rééd. Res Universis, Paris, 1991.
  • « Le Vieux Dauphinois à La Chapelle-en-Valgaudemar », in Almanach du Vieux-Dauphinois, 1995, Annecy-le-Vieux (ISSN 0183-102X), pp. 47-56.
  • Jean Gueydan, Les Seigneurs du Beaumont, éd. du Cosmogone, 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles-François de Ladoucette, op. cit., p. 600
  2. Almanach du Vieux-Dauphinois, op. cit., page 53 ; légende encore rapportée par le Courrier des Alpes en 1907 (voir Alman'Alp 2007, page 8) ; Robert Faure, dans son Encyclopédie du Champsaur, page 165, relate qu'une telle coutume aurait été observée à Saint-Jean-Saint-Nicolas jusqu'à la fin du XIXe siècle.
  3. Joseph Roman, op. cit., pp. 143-149
  4. Joseph Roman, op. cit., p. 144
  5. Jean Gueydan, op. cit., p. 40
  6. Jean Gueydan, op. cit., p. 36
  7. Almanach du Vieux-Dauphinois, op. cit., pp. 48-49
  8. Almanach du Vieux-Dauphinois, op. cit., p. 49.
  9. Joseph Roman, op. cit., p. 148.
  10. Jean Gueydan, op. cit., p. 209
  11. Joseph Roman, op. cit., p. 144.