Hotchkiss TT 6

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Hotchkiss TT 6
Image illustrative de l’article Hotchkiss TT 6
Chenillettes Hotchkiss, musée de Dresde
Caractéristiques de service
Service 1959-1987
Utilisateurs France, Allemagne
Production
Concepteur Hotchkiss
Année de conception 1950
Constructeur Hotchkiss et Klöckner-Humboldt-Deutz-Magirus-Deutz
Production ~2 600 exemplaires
Variantes 9
Caractéristiques générales
Équipage 5
Longueur Hotchkiss CC 2 : 3,80 m ; Hotchkiss TT 6 - Schützenpanzer : 4,47 m
Largeur Hotchkiss CC 2 : 2,26 m Hotchkiss TT 6 - Schützenpanzer : 2,34 m
Hauteur Hotchkiss CC 2 : 1,73 m Hotchkiss TT 6 - Schützenpanzer : 2,02 m
Masse au combat Hotchkiss CC 2 : 6,4 t
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type de 8 mm à 20 mm d'acier homogène
Mobilité
Moteur 6 cylindres en ligne essence Talbot
Puissance 170 ch
Vitesse sur route sur route, Hotchkiss CC 2 : 65 km/h, Schützenpanzer : 58 km/h
Puissance massique Hotchkiss CC 2 : 19 ch/t ; Schützenpanzer : 18 ch/t
Réservoir Hotchkiss CC 2 - TT 6 : 240 l ; Schützenpanzer : 330 l
Autonomie km

Le Hotchkiss CC 2, Hotchkiss TT 6 ou chenillette Hotchkiss est un véhicule blindé conçu par la société Hotchkiss en 1950 pour l'armée française et adopté massivement en 1956 sous le nom de Schützenpanzer Kurz par la Bundeswehr[1]. Il constitue un des plus gros succès d'exportation de l'industrie militaire française à cette période[2].

Description[modifier | modifier le code]

Hotchkiss CC 2

La caisse blindée de plan rectangulaire est constituée de plaques d'acier soudées, avec un glacis avant fortement incliné et une inclinaison moins prononcée des côtés et de l'arrière. Le poste de pilotage, situé sur la gauche du glacis, comporte trois épiscopes et une écoutille d'accès. Le moteur est placé à sa droite, sous des grilles de refroidissement.

L'habitacle est situé en arrière et accueille quatre combattants, diverses armes, munitions et un émetteur/récepteur de radio. L'accès s'effectue par l'arrière de la caisse, à l'aide de deux portes indépendantes. La version Schützenpanzer Kurz reçoit sur le toit un tourelleau, où le chef de char s'installe, armé d'un canon automatique de 20 mm Hispano-Suiza 820/L35 et d'un lance-grenades triple sur chaque côté.

Les flancs de la caisse reçoivent de l'outillage, des leviers, pelle, hache, pics et un câble en acier de remorquage. Le véhicule n'est pas doté de capacités amphibies ou de protection NBC.

Variantes[modifier | modifier le code]

Hotchkiss CC 2 et TT 6[modifier | modifier le code]

La firme Hotchkiss est sélectionnée en août 1950 par les autorités françaises pour développer un nouveau blindé chenillé. Deux prototypes sont construits[3].

Le Hotchkiss CC2 de ravitaillement repose sur un train de roulement à quatre galets et la partie arrière de la caisse n'est pas protégée[4].

Le Hotchkiss TT6 de transport de troupes est doté de cinq galets et d'un châssis allongé. Il contient un demi-groupe de combat.

Les essais ont lieu en juin 1953 et sont suivis de la commande de 50 exemplaires en 1954[5]. L'extension de la guerre d'Algérie grève les budgets et signe l'abandon de la série des chenillettes Hotchkiss, au profit d'autres programmes[6].

Engin léger de combat[modifier | modifier le code]

ELC bis avec un canon de 90 mm.,

L'ELC AMX - Engin léger de combat - est un chasseur de char essayé dans sa première version en 1955[7]. Il est conçu à partir d'un châssis de chenillette Hotchkiss à quatre galets. Un conducteur et un tireur sont disposés de part et d'autre d'un canon de 90 mm, installé dans une tourelle casemate. La tourelle tourne à 360° à l'arrêt mais reste fixe en roulant.

Caractéristiques Données
poids 6 000 kg
longueur 4,49 m
largeur 2,24 m
hauteur 1,43 m
armement canon de 90 mm D 914 (Vo 780 m/s)
munitions 36 obus

Un second prototype est essayé en 1961 avec un nouveau châssis, l'ELC bis armé de deux canons de 30 mm ou d'un canon de 90.

Schützenpanzer Kurz[modifier | modifier le code]

Type 11-2 Schützenpanzer en 1967.

Une délégation allemande vient en novembre 1955 évaluer les chenillettes Hotchkiss, après un rapprochement franco-ouest-allemand[8].

Un contrat est signé en mai 1956 pour une série de prototypes adaptés aux besoins allemandes. Une commande est passée en août 1956 et porte sur le Schützenpanzer Spz 42-1, un véhicule de ravitaillement dérivé du Hotchkiss CC 2. Le Schützenpanzer SPz 11-2 Kurz apparaît ensuite. Ce dérivé du Hotchkiss TT 6 est destiné à la reconnaissance et constitue la version la plus nombreuse avec 1 600 exemplaires[9]. Elle est équipée d'une tourelle armée d'un canon de 20 mm.

Cinq autres versions lui succèdent, pour l'évacuation sanitaire, l'observation d'artillerie, le support d'artillerie et la surveillance du champ de bataille par radar. La production est partagée[10] entre Hotchkiss-Brandt[11] et Klöckner-Humboldt-Deutz AG, 600 exemplaires étant produits en Allemagne de l'Ouest et 2 000 en France[12]. Un total de 2 575 exemplaires[13] équipent la Heer.

  • Versions
Modèle d'évacuation sanitaire Type 2-2
Modèle logistique Type 42-1 en mouvement

Six versions du Schützenpanzer Kurz ont été mises en service[6] :

Type mission équipage équipement charge
2-2 Sänitatspanzer kurz évacuation sanitaire chauffeur et infirmier 2 lits 2 blessés
11-2 Schützenpanzer reconnaissance-combat 6 tourelle avec 20 mm Hispano-Suiza HS 820/L85 demi-groupe de combat
22-2 Beobachtungspanzer observation d'artillerie radio et système de visée
42-1 Nachschubpanzer transport logistique 2 soute arrière 1 t
51-2 Mörserträger support d'artillerie mortier de 81 mm 51 munitions
91-2 Radarpanzer surveillance du champ de bataille radar AN/TPS-33a

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SchutzenpanzerSPz 11-2, tanks-encyclopedia.com ; Ferrard 2010, p.73
  2. Revue de défense nationale 1962 ; Société d'études allemandes 1993 : p. 611 , "chenillettes Hotchkiss de 1956 (2000 livrées à l'armée allemande de 1958 jusqu'en 1966)" ; Ferrard 2010, p.73
  3. Le Génie civil, vol. 132, 1955, p. 57, véhicules tactiques
  4. 1952 www.chars-francais.net, HOTCHKISS CC2
  5. Débats 1954
  6. a et b SchutzenpanzerSPz 11-2, tanks-encyclopedia.com
  7. chars-francais.net, elc-amx
  8. Bossuat 1997 : p. 46, accord entre Mendès-France et Adenauer, janvier 1955 ; p. 59, coopération militaire franco-allemande, chenillettes Hotchkiss ; Lefèvre 1998, Troisième partie : vers la coopération franco-allemande 1950-1955 Chapitre VII. Les débuts de la coopération économique II. A. les accords de paris 23 octobre 1954 6. Une coopération pour les productions d'armement, p. 373-425 [1]
  9. Hammerich et alii 2006 : p. 596
  10. Hammerich et alii 2006 : p. 596, 340 millions de deustchmark pour Hotchkiss
  11. fusion en 1956, Daumas 2010 : notice Paul Richar 1909-1976
  12. Hammerich et alii 2006 : p. 596 Société d'études allemandes 1993 : p. 611
  13. Ferrard 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Débats 1954 : Direction des Journaux officiels, Débats, 1954, France. Parlement (1946-..). Assemblée nationale, vol. 23, p. 1067.
  • Génie civil 1955 : Le Génie civil, vol. 132, 1955, p. 57, véhicules tactiques.
  • Revue de défense nationale 1962 : Revue de défense nationale, 1962, p. 1087.
  • Société d'études allemandes 1993 : Revue d'Allemagne, Société d'études allemandes, ed. A. Colin, 1993, vol. 25.
  • Bossuat 1997 : G. Bossuat, Les conceptions françaises des relations économiques avec l'Allemagne (1943–1960). Détruire, supporter, coopérer. Le Quai d'Orsay et le Ministère des Finances entre l'illusion et la résignation, in Andreas Wilkens (Hg.): Die deutsch-französischen Wirtschaftsbeziehungen 1945–1960/Les relations économiques franco-allemandes 1945–1960. Kolloquium des Deutschen Historischen Instituts Paris. 8.–10. Dezember 1994/Colloque tenu à l'Institut Historique Allemand de Paris du 8 au 10 décembre 1994 (Beihefte der Francia, 42), Sigmaringen (Thorbecke) 1997, (ISBN 3-7995-7343-7).
  • Lefèvre 1998 : Sylvie Lefèvre, Les relations économiques franco-allemandes de 1945 à 1955, colloque, 1993, Institut de la gestion publique et du développement économique, Collection Histoire économique et financière - XIXe-XXe, 1998, (ISBN 9782110900845), ISBN électronique 9782821837003, XVIII-527 p.
  • Hammerich et alii 2006 : Helmut R. Hammerich, Dieter H. Kollmer, Martin Rink, Rudolf J. Schlaffer, Das Heer 1950 bis 1970: Konzeption, Organisation und Aufstellung, Sicherheitspolitik und Streitkräfte der Bundesrepublik Deutschland, vol. 3, Oldenbourg Verlag, 2006, (ISBN 3486711873), 9783486711875, 832 p.
  • Trucks & Tanks 2008 : La valse des chenillettes HOTCHKISS TT6 ou une vraie fausse bonne idée, Trucks & Tanks N°7 mai-juin 2008.
  • Daumas 2010 : Jean-Claude Daumas (dir.), Dictionnaire historique des patrons français, Flammarion Sciences Humaines, (ISBN 2081255162), 9782081255166, 1617 p.
  • Ferrard 2010 : Stéphane Ferrard, Les engins blindés de combat français des origines à nos jours, Histoire & Stratégie n°1, H.-S. DSI, juin-juillet 2010, 100 p.

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