DUKW

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Photo d'un DUCK prise de côté.
Photo d'un DUCK prise de l'avant.

Le DUKW 353 est un véhicule amphibie destiné à décharger les cargos en l’absence de ports. Il est conçu en 1941 par la firme Sparkman and Stephens Inc. pour le compte de l'armée américaine sur la base du GMC AFKWX 353 6x6. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, 21 247 unités sont produites.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie militaire de l'époque, DUKW signifiait :

  • D : année 1942 (première fabrication)
  • U : véhicule amphibie
  • K : toutes les roues sont motrices
  • W : deux essieux moteurs à l’arrière

Très vite, il pendt le surnom de duck (canard). Le premier essai a lieu le à Milford dans le Michigan.

Bien qu'il existe plusieurs tentatives d'explication du nom comme acronyme (Dual Utility Kargo Waterborne ou Duplex Universal Karrier, Wheeled), celles-ci ont été inventées a posteriori[1].

Le DUKW est la version amphibie du camion Chevrolet GMC double essieu moteur utilisé par l'US Army, la conversion est étudiée et réalisée en quelques semaines par le fameux cabinet d'architectes navals Sparkman et Stephens, plus connu pour ses voiliers de plaisance très performants qui remportèrent à plusieurs reprises la Coupe de l'America.

Les frères Rod et Olin Stephens, excellents régatiers eux-mêmes, ainsi que Denis Puleston, plaisancier et aventurier connu pour diverses traversées océaniques audacieuses testent et améliorent le prototype, et parviennent à le rendre relativement « marin » , ce qui n'était en général pas le cas avec les engins amphibies développés au cours de la seconde guerre mondiale, en particulier les tanks Sherman DD.

Mais le DUKW faillit ne jamais être utilisé par l’armée. C’est lorsqu’un patrouilleur des gardes-côte américain s’échoua près de Provincetown dans le Massachusetts et qu’un DUKW en démonstration à proximité parvient à sauver les 7 gardes-côte dans une mer démontée où les navires conventionnels ne pouvaient intervenir, que l’armée reconnut l’utilité du DUKW. À la suite de cela, le secrétaire d’État à la guerre annonçe au président Roosevelt : « Il y a deux nuits, un camion de l’Army a sauvé l’équipage d’un bateau de la Navy en perdition ».

L’intendance générale de l’armée américaine en commande 2 000 pour le .

En , la War Production Board mit le DUKW dans les priorités des programmes de fabrications de guerre.

Après la livraison des 2 000 premiers exemplaires, un système de télégonflage permettant de modifier la pression des pneus est ajouté, offrant ainsi au DUKW la possibilité de s’adapter au terrain.

On ajoute par la suite des projecteurs, un pare-brise, la capote et une plaque de blindage frontale repliable.

Le premier usage militaire du DUKW est en 1943 lors de l’opération Husky en Sicile.

Par la suite, les DUKW sont utilisés en Afrique du Nord, en Europe lors du débarquement et dans le Pacifique (notamment à la Bataille d'Iwo Jima). Ils aident à franchir le Rhin.

Des DUKW sont utilisés lors de l'assaut sur la Pointe du Hoc.

De nombreux pays utilisèrent par la suite le DUKW. Il ne fut réformé en France qu'en 1990 (une centaine d'exemplaires étaient alors utilisés).

Unités produites[modifier | modifier le code]

1942 2 000
1943 4 053
1944 11 316
1945 21 247

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Propulsion 6 roues motrices
Boîte de vitesses 5 vitesses + marche arrière
Longueur 9,45 mètres
Largeur 2,50 mètres
Hauteur 2,70 mètres
Garde au sol 0,30 mètre
Poids à vide 6,560 tonnes
Poids en charge 9,450 tonnes
Charge utile 2,5 tonnes sur terre et 5 tonnes sur l'eau
Vitesse maximum sur route 70 km/h
Vitesse maximum sur l'eau 10 km/h (5,5 nœuds)
Consommation 38 litres / 100 km et 180 l / 100 km sur l'eau
Autonomie 385 kilomètres
Autonomie sur l'eau 80 kilomètres
Armement Possibilité d'une mitrailleuse de 12,7 sur affût M36 ou canon 105 mm HM2
Équipage minimum deux hommes, maximum 25

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Plusieurs DUKW sont toujours en état et sont utilisés pour faire des parcours touristiques dans les villes de Londres, Boston, Philadelphie, Pittsburgh, Baltimore, Wisconsin Dells, Seattle, San Francisco, Santa Barbara, Halifax, Liverpool, Dublin, Rotorua en Nouvelle-Zélande, Coxyde et Blankenberghe en Belgique et Kobe.

Une paire de DUKW « civilisés » servent de ferries et d'attractions touristiques dans l'île anglo-normande de Jersey en permettant d'accéder à toute heure de marée au château Elizabeth, situé sur un îlot rocheux dans la rade de Saint-Hélier.

Plus anecdotique a été l'usage des DUKW pour l'exploitation ostréicole et mytilicole sur l'estran de la côte ouest du Cotentin dans les années 1960 et 1970 qui a été assez rapidement supplanté par l'emploi de tracteurs agricoles réformés, moins gourmands en carburant, plus fiables et surtout moins problématiques à réparer (disparition des pièces détachées).

Il est également utilisé pour transporter les touristes, pour une balade en mer, sur la plage du Touquet-Paris-Plage, France, dans les années 1950 ainsi que pour des balades touristiques en mer sur la plage de Dunkerque, le GMC baptisé « Charlot » se retournera le . Cet accident cause la mort de deux personnes et l'utilisation des GMC en mer pour des opérations touristiques est interdite par les affaires maritimes[2].

Un modèle y est également présent dans le clip de Lomepal (feat. Roméo Elvis) : 1000°C.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Guégan, « Les canards sont toujours vivants », dans Pays de Normandie, no 53, été 2006
  1. (en) Harold A. Skaarup, Ironsides : Canadian Armoured Fighting Vehicle Museums and Monuments, iUniverse, (ISBN 1462034640, lire en ligne), p. 109
  2. Philippe Boutelier, « Tragédie du Charlot », sur https://www.sauveteurdudunkerquois.fr/,

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :