Magnus V de Norvège

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Magnus V Erlingson (1156- † Bataille de Fimreite le 15 juin 1184) roi de Norvège de 1162 à 1184

Origine[modifier | modifier le code]

Magnus Erlingsson né en 1156 était le fils Christina de Norvège, la fille légitime du roi Sigurd Ier, et du noble Erling Skakke.

Élection et couronnement[modifier | modifier le code]

Illustration de 1899 de La saga de Magnus Erlingson, Heimskringla gravure de Gerhard Munthe

Après la mort de Inge Ier, il est élu roi à Bergen en 1161 avec l'appui de l'église. Son père nommé régent du royaume, élimine divers prétendants Håkon Herdibreid, Sigurd Markufostre afin d'assurer le trône à son fils. Magnus V est couronné roi à l'été 1164 à Bergen par l'archevêque Eystein Erlendsson et par le Légat du Pape, assistés de cinq autres évêques dont Brand Sæmundsson le nouvel évêque de Hólar en Islande. Des représentants des Lagdömme et le magnat islandais Jón Loftesson de Odda sont également présents. Il s'agit de la première cérémonie de ce type en Norvège[1].

Magnus V et son père reçoivent ensuite une ambassade du roi Valdemar Ier de Danemark qui réclame la suzeraineté sur le Viken et l'est du Rygjarbit. Après une expédition d'intimidation des forces danoises dans le sud de la Norvège, Erling devra se rendre lui-même au Danemark en 1170 et reconnaitre cette vassalité.

C'est peu avant en 1167 qu'Olaf le jeune fils de Gudbrand Skafhoggson et de Maria la fille du roi Eystein Ier de Norvège qui avait été élevé dans l'Oppland par Sigurd Agnhatt se laisse proclamer roi par la population locale. Erling est dans un premier temps surpris par l'ampleur du mouvement et ses troupes sont battues à Rydjokul. Toutefois en 1168 les partisans d'Olaf sont écrasés à Stange ou tombent Sigurd Agnatt et les autres chefs du mouvement. Le jeune prétendant s'enfuit à Aalborg au Jutland où le printemps suivant en 1169 il y meurt de maladie.

Les Birkebeiner[modifier | modifier le code]

Le régime autoritaire imposé à partir de 1161 par le régent Erling Skakke père du jeune roi Magnus V Erlingsson et sa tentative d’exterminer toute la descendance du roi Harald IV qu’il considérait comme un usurpateur, engendrent une opposition très forte à son pouvoir et dressent contre lui de nouvelles forces qui rallument la guerre civile.

Beaucoup d’opposants convaincus qu’Erling recherchait à les éliminer estiment que la lutte armée était leur seul moyen de survivre. Avec leurs suivants ils se retirent dans les forêts et les montagnes où comme des brigands ils vécurent une vie de dangers constants. Ce parti de mécontents populaires s’était rassemblé dans les régions peu peuplées des confins orientaux d'où ils se jetaient alternativement sur le Vestfold ou Viken et Oslo ou le Trondelag et Trondheim. Ils pouvaient ainsi aisément chercher refuge en Suède. Dans le souci de légitimer leur combat, ils apportèrent leur soutien à tous les prétendants, rejetons vrais ou supposés de la famille royale. On les appela « Birkebeiner » (i.e jambières de bouleau) parce qu'ils étaient parfois obligés de recouvrir leurs pieds d’écorce de bouleau à la place de chaussures.

Dans leur combat contre le régime « tyrannique » d’Erling et du roi mineur Magnus, les Birkebeiner devaient se transformer en parti « patriotique » qui peu après sous la conduite d’un chef extraordinaire réalisa une révolution et fit revivre l’idéal perdu d’un Norvège unie et indépendante dirigée par une monarchie forte.

Dans un premier temps les Birkebeiner se rallièrent en 1174 autour d’Eystein Eysteinsson un petit-fils d’Harald IV et un fils naturel du roi Eystein Haraldsson. Il était jeune, petit et avait un joli visage et fut surnommé pour cela Møyla (i.e pucelle). Le Jarl suédois Birger Brosa (+1202) qui était marié avec Brigitta une fille d’Harald IV promis son aide et la fourniture d’argent et d’hommes. Mais Eystein est battu et tué par Magnus V à la bataille de Re, dans le Vestfold, en janvier 1177. les Birkebeiner rallient alors le parti de Sverre Sigurdsson, un ancien prêtre, prétendant au trône aux droits très douteux, qu'ils proclament roi à son tour en 1178.

Fin de règne[modifier | modifier le code]

Le régent Erling Skakke tombe avec son gendre Jon Thorbergsson dès le 19 juin 1179 dans un combat contre Sverre Sigurdsson. Magnus est vaincu à son tour lors de la Bataille d’Illuvelli le 27 mai 1180 et il se réfugie temporairement au Danemark pendant que le roi Sverre progresse vers le sud. Les deux parties se rencontre de nouveau le 31 mai 1181 lors de la Bataille de Nordness au cours de laquelle Magnus V est blessé et mis en fuite.

Les deux prétendants acceptent finalement de négocier mais leur positions sont inconciliables Magnus V se prévaut de sa légitimité comme roi couronné et Sverre de son hérédité royale, Sverre rejette par ailleurs la proposition de combat singulier qui lui est fait par son adversaire. Magnus et ses hommes se retirent vers Bergen pendant que Sverre gagne Oslo. Magnus en profite pour reprendre l’offensive dans le nord et occupe provisoirement Nidaros au cours des combats Erik Kongsson un fils illégitime de Sigurd Mund qui avait été reconnu comme tel par Sverre est tué.

En 1182 Sverre lance une offensive vers le Nord il reprend Nidaros, l’année suivante en 1183 il attaque Magnus Erlingsson à Bergen. Le roi Magnus V vaincu se réfugie une nouvelle fois au Danemark. L’archevêque Eystein Erlendsson qui s’était exilé depuis trois ans revient en Norvège et se réconcilie avec Sverre.

Au printemps 1184 alors que Sverre quitte Nidaros et réprime brutalement le soulèvement des fermiers de Sogn qui avaient tué plusieurs de ses baillis Magnus Erlingsson quitte le Danemark à la tête du flotte de 24 navires de combats. Il aborde à Konungahella se fait reconnaître de ses fidèles à Tønsberg remonte la côte vers Bergen puis il fait voile vers le nord à la rencontre de la flotte de Sverre.

Les deux flottes se confrontent le 15 juin 1184 lors de la sanglante bataille de Fimreite où périt Magnus Erlingsson et ses principaux lieutenants. Comme il l'avait déjà fait pour son père, Sverre fait l'éloge funèbre du roi Magnus V dont le corps est ensuite inhumé avec une pompe royale dans la « Kristkirken », (i.e: l'église du Christ) de Bergen.

Postérité[modifier | modifier le code]

Magnus V avait épousé Elrid Bjarnsdatter, fille de Bjarne Byrdarsvein et de Rangrid Guttormsdatter et jeune veuve de Thoerer Skindfeld. Le couple a trois filles légitimes:

  • Christina mariée en 1208 avec Hreidar Sendemand un chef du parti des Baglers.
  • Ingeborg morte en 1213 et mariée en 1204 avec Peter Steyper, fils d'une sœur du roi Sverre Sigurdsson.
  • Magareta mariée en 1206 avec Philippe de Vegin

De sa relation avec Gyrid fille d'Aslak Ungi.

De nombreux prétendants au trône soutenus par le parti des Baglers se proclamèrent, après sa mort, ses fils illégitimes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (is) & (la) Annales Islandici:AD 1164 p. 69 & Saga Magnus Erlingsson, chapitre XXII

Sources[modifier | modifier le code]

  • (no) Knut Hell, « Magnus 5 Erlingsson », Norsk biografisk leksikon, consulté le 5 octobre 2013.
  • (en) Byron J. Nordstrom Dictionary of Scandinavian History, Londres 1986 (ISBN 0313228876) p. 371-373.
  • (en) Heimskringla de Snorri SturlusonSagas of the Norse Kings, Everyman's Library: Livre XVII « Magnus Erlingson », pour les années de 1162 à 1177, p. 392-422.
  • (en) Sverissaga de Karl Jonsson La Saga du roi Sverre de Norvège (traduction anglaise) pour la fin du règne
  • Karl Jónsson La Saga de Sverrir, Roi de Norvège: traduite, annotée et présentée par Torfi H. Tulinius. « Collection Les classiques du Nord ». Les Belles Lettres. Paris 2010 (ISBN 2251071148)